Mardi 20 mai 2008
C'est non sans mal que nous arrivons enfin a El Remate.

Nous n'avons jamais reussi a prendre le bus de la Fuente del Norte de Coban a Flores. Pas d'agence d'information et de nombreux guatemalteques, chauffeurs de minibus pour la plupart, qui nous disent que ce service ne roule plus. Que des mensonges evidemment, mais comme nous etions presses et que nous n'avions pas envie d'attendre un hypothetique bus au milieu de nulle part, nous nous sommes resignes. Resignes a prendre l'une des navettes speciales touristes. Le Guatemala a tellement bien compris le tourisme. Ils ont de nombreuses agences qui vous proposent un service de navettes entre les principaux points touristiques contre deux fois le prix normal environ. Et ca marche tres fort ! En echange, pas de souci, pas de changement de gare routiere, pas d'attente...

Fatigues, nous nous offrons un delicieux diner en compagnie d'un sympathique couple suisse qui demarre son tour du monde (http://lespecs.blogspot.com/).

Le lendemain, nous decidons de nous la jouer routard et de rejoindre le site de Tikal en stop en prenant deux voitures de touristes successives. Il faut dire que les prix ont flambe. L'entree qui coutait 50 quetzales jusqu'a fin 2007, coute aujourd'hui 150 quetzales. Trois fois le prix ; dur, dur. Et pour ca, vous avez... euh... rien... l'entree du site, c'est tout... pas un depliant, pas un panneau explicatif...
Heureusement, les ruines au milieu de la foret sont magnifiques. Le temple I du haut de ses 54m est a couper le souffle, l'ascension du temple V, impressionnante et deconseillee si vous avez le vertige, le monde perdu, un petit havre de paix. Le tout baigne par la lumiere du soleil couchant. Quasiment seuls dans le parc anime par les nombreux perroquets, toucans, singes hurleurs et araignees. Nous en oublions nos 150 quetzales. Au moins, ils servent a proteger ce superbe environnement.

Le jour suivant, nous decidons de nous rendre au parc de Yaxha. Mais a la basse saison, rien d'organise. Du coup, soit nous payons une fortune, soit nous nous debrouillons par nous-memes. Nous optons finalement pour la location de velo. 35 km pour rejoindre Yaxha. Ca veut dire 35 autres pour le retour. Ca semble faisable.

Nous nous levons vers 5h00 du matin pour eviter la canicule. Premiere erreur : Meme a 7h du matin, la chaleur est deja insupportable.
Deuxieme erreur : La route que nous avions imaginee plate s'avere particulierement vallonnee. Ca monte, ca descend, ca monte, ca descend... En plus, les descentes ne permettent jamais de prendre suffisamment d'elan pour remonter. Franck en profite pour me rappeler mes cours de physique sur les frottements. Tres drole ! D'autant plus que mes freins s'actionnent d'eux-memes en permanence ; sans parler des vitesses qui n'en font qu'a leur tete. Ah, les velos d'Amerique Centrale. J'aurais du me souvenir du Nicaragua avant de me lancer la-dedans.
Troisieme erreur et oui, ce maudit proverbe "jamais deux sans trois" s'applique bien : Ne jamais croire un guatemalteque qui, pour vous vendre un service, en l'occurence une location de velo, a tendance a diminuer un peu les distances. En fait, c'est 45 km qui separent El Remate de Yaxha, soit 90 km en plein soleil.
Euh... et une seule bouteille d'eau chacun pour la journee. Tant qu'a se planter, autant le faire bien, non ?

Nous jetons l'eponge et nous nous faisons prendre par un bus, qui ne manque pas de nous arnaquer, pour terminer les 10 km de la route principale. Pas l'energie de discuter. Tant pis !

En tout cas, nous arrivons les premiers aux ruines de Yaxha et nous avons la chance de rester seuls durant toute la visite. Un site calme, bien agreable meme s'il n'a pas la grandeur de Tikal, des singes hurleurs endormis et de nombreux toucans que nous n'avions jamais eus la chance de voir d'aussi pres.
On est bien content de notre visite. Merci du conseil Sylvain.

Oui mais voila, maintenant, il faut reprendre le velo. Allez seulement 11 km de route en terre pour rejoindre la principale ou nous attrapons un minibus. Nous ne demandons rien ; les tarifs viennent de changer et sont donc affiches a l'interieur. Sauf qu'en descendant, ils nous demandent 50 quetzales au lieu des 16 prevus. C'est ecrit noir sur blanc mais ca ne leur pose pas de probleme. Ils y vont au culot. Sauf qu'aujourd'hui, nous en avons un peu marre de leur attitude, alors sans dire un mot, Franck monte sur le toit du minibus et me passe les velos (oups, 15 kg a bout de bras ; attention, ce n'est pas le moment de flechir et d'accrocher le vehicule), nous leur donnons les 16 quetzales et nous partons sur nos velos. Contents, pas contents, c'est pareil ; mais evidemment en tort, ils n'insisteront pas.

Avant l'hotel, nous faisons une petite pause rafraichissante devant une echoppe. Un enfant de 6 ans est tout heureux de nous montrer qu'il vient d'apprendre a lire. Moi, qui en espagnol n'arrive pas a rouler le r, j'en suis quitte pour un cours.

Le lendemain matin, nous delaissons notre jolie chambre et tous nos co-locataires : crapauds, grenouilles, moustiques, araignees, blattes et le petit dernier, le scorpion.

Et c'est sur une note bien guatemalteque que nous partons en direction du Belize. Pour la premiere fois, nous ne trouvons personne pour nous prendre en stop et nous deposer a l'embranchement de la route pour la frontiere. Quelques kilometres de plus a pied avec les sacs sur le dos.
Un premier minibus s'arrete et nous propose un prix bien trop eleve. Non merci, nous preferons rester assis sur le bord de la route. Le second minibus est le bon. Il nous arnaque aussi mais de peu cette fois-ci. Au moment de payer, nous lui faisons quand meme remarquer que ca ne correspond pas au prix affiche. La discussion s'installe entre le chauffeur et nous. Puis finalement, ce sont les passagers qui interviennent tous en coeur pour dire... que c'est normal que les etrangers payent plus, que c'est pas grave... Franck essaie de defendre notre point de vue, d'expliquer que c'est le meme bus, les memes sieges, le meme trajet... Pas moi, trop ecoeuree.

Nous descendons du minibus. Plus qu'un pont a traverser et nous entrons au belize. Ouf ! Le Guatemala ne va pas nous manquer.

Nous terminons ce pays sur le meme type d'arnaque que nous l'avons commence. Notre avis ne vaut que pour ce qu'il est, c'est-a-dire, dix jours dans les endroits les plus touristiques, mais c'est ici que nous avons rencontre les gens les plus filous de tout notre voyage. Perso, je ne le recommenderai pas.

par Solene publié dans : Guatemala
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Jeudi 15 mai 2008
Dans notre periple des sites les plus courrus du Guatemala, nous voila a Semuc Champey. A l'arrivee, le chauffeur du minibus propose de nous laisser a El Retiro, l'hotel a la mode de Lanquin. Ok, on va voir. C'est complet mais il reste des hamacs nous dit-on. Ca a beau etre l'endroit "in", on ne va pas faire n'importe quoi pour autant.
C'est d'ailleurs sans trop de regret qu'on regagne le village ou un gamin de 12 ans nous mene a une hospedaje bien tranquille. Il fait l'intermediaire avec notre hote qui parle mieux le quekchi que l'espagnol apparemment. Apres, il nous raconte qu'il ne va pas a l'ecole : le cout de l'inscription et l'achat de l'uniforme c'est trop pour lui. Des sandales c'est deja bien trop d'ailleurs...

Nous on file aux grottes de Lanquin. Les formations calcaires interieures ne sont pas exceptionnelles mais se laissent regarder tout de meme. C'est plutot pour les chauves-souris qui sortent par centaines de la grotte a la nuit tombee pour se nourrir que l'on est venu. Elles vont et viennent dans le noir. On les sent qui nous frolent par moment, on entend le bruit de leur vol et on peut meme les prendre en traite avec le flash de l'appareil photo. Et non elles ne s'accrochent pas dans les cheveux...

On rentre au village manger au comedor local. Des oeufs, du riz et des haricots rouges pour changer. On discute ensuite avec un jeune qui vend un peu de tout sur le marche la journee. Il nous parle de la criminalite dans le pays, de l'argent public mal utilise, des promesses politiciennes, des gens qui ne reflechissent pas au Guatemala. On ne peut pas verifier grand chose mais la description qu'il fait de son pays n'est pas flatteuse.

Le lendemain, notre hote - version masculine cette fois ci - est la alors qu'on petit dejeune tranquillement dans la cour de l'hospedaje. C'est son jour de repos et il en profite bien. Il ne fait absolument rien. Apparemment la semaine, il ne chaume pas avec sa plantation de 5 hectares de cafe. Il me parle du travail quotidien "muy duro". Le temps est agreable aujourd'hui me dit-il. C'est a dire qu'on a un peu de mal a s'en rendre compte en ce moment. On est juste avant la periode de semence du mais et les paysans brulent tout ce qu'il reste de la recolte precedente. Le ciel est envahi de fumee.

On se decide a monter a l'arriere d'un pick-up pour se rendre aux piscines naturelles de Semuc. Une formation calcaire assez particuliere. Les piscines forment un pont, ou plutot un tunnel vue la longueur, au-dessus de la riviere qui devient ainsi souterraine sur 300m environ. Le vert emeraude des piscines est tres beaux, surtout depuis le mirador qu'on atteint par un sentier "fabrique" mais sympathique. Beau point de vue.
Au lieu d'aller nous baigner, on part a la chasse au papillon. En effet on a rencontre un morpho - ce superbe specimen bleu dont on parle souvent - plutot docile. Malgre notre prudence extreme, le resultat sur les supports numeriques n'est pas encore probant mais ca nous aura bien amuse en tout cas... mais c'est moins rafraichissant que la baignade.
par Franck publié dans : Guatemala
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Lundi 12 mai 2008
Note : Comme nous avons accumule un peu de retard dans la redaction du blog, aujourd'hui vous avez le droit a deux articles sur le Guatemala l'un juste derriere l'autre. Quelle chance !

Les chicken bus. C'est comme ca qu'ils nomment les bus scolaires americains ici. Est-ce que c'est parce qu'ils sont jaunes comme des poussins ? Ou parce que l'interieur ressemble a un elevage de poules en batterie et qu'on s'y entasse de la meme facon ? Il y a de la place pour deux personnes, on s'y serre a trois. En tout cas, il n'y a pas plus rapide. Ils ne respectent rien. Ils doublent toutes les files de voitures, un coup sur la voie de gauche, un coup par le bas-cote en terre. Ils passent en slalomant au milieu des travaux meme quand ce n'est pas leur tour, en evitant une pelleteuse, puis une autre. Il faut dire que tout est en travaux ; ils sont en train de faire une quatre voies. Ce qui ne semble nullement ralentir notre chauffeur de chicken bus.

Et oui, c'est par ce moyen de transport local anime que nous avons decide de rejoindre le lac Atitlan. Apres une longue hesitation sur notre lieu de villegiature en bordure de lac (le village de San Marcos ou celui de Santa Catarina...), nous avons finalement opte pour le plus simple, la ville tres touristique, nous a-t-on dit, de Panajachel. Et c'est vrai que les rues centrales sont touristiques. On ne compte plus les boutiques d'artisanat et les restaurants. Les vendeuses nous interpellent en espagnol tout d'abord "De quel pays vous venez ?" et hop, enchainent sans la moindre hesitation en francais "Beau textile, pas cher, cadeau pour la belle-mere". Et bien oui, mais je n'en ai pas de belle-mere, alors non merci.
Maman, pas de chance, on ne m'a rien propose pour ma mere, alors pas de textile du Guatemala pour toi.
En dehors de ca, Panajachel hors saison n'est pas si desagreable. On n'y croise pas grand monde a l'exception d'un bus tout entier de touristes francais en voyage organise de quatre jours au Guatemala ! Quatre jours pour un pays et nous qui nous plaignions de manquer de temps.

Le lendemain, on se leve tot pour profiter du panorama sur le lac. Une jolie vue qui vaut surtout pour les sommets des volcans qui entourent l'etendue d'eau : le San Pedro, le Toliman et l'Atitlan. "Il est beau ce lac, non, Franck ?" "Ouais, bof..." Ceux qui savent, comprendront.
On a de la chance de les voir degages parce qu'une heure plus tard, tous seront entoures de nuages et ne reapparaitront plus de tout notre sejour.

On enchaine avec le marche de Solola a 10km de la. Le vendredi, c'est le jour du grand marche et celui-ci est parait-il tres typique et bien moins touristique que celui de Chichicastenango. Effectivement, ca se confirme. On ne croise que cinq autres touristes pour des centaines de locaux. Etonnant que les tours-operators ne proposent pas encore cette visite.

On deambule dans les ruelles agitees du marche. On se fait bousculer dans tous les sens. Les descendantes des mayas ne sont pas tres grandes mais ne se laissent pas marcher sur les pieds pour autant. Elles poussent, encore et encore. Franck, bien eduque, s'arrete regulierement pour les laisser passer ; du coup, on avance pas tres vite. Ah, si il avait grandi comme moi dans le midi, on aurait pas ce probleme la.
Un marche bien colore. Tous, hommes et femmes, portent la tenue typique de la region. Des etals de fruits, de legumes, de fleurs, de poissons et de piments seches, d'iguanes cuits aussi. Des bouchers qui suspendent leurs morceaux de viandes a l'air libre ; pas de controle des services veterinaires ici.
On s'achete des tortillas de mais noir, des tamales, du fromage et des fraises. Ce midi, on dejeune local.

La journee defile tranquillement au bord du lac. Demain, il faut reprendre le chicken bus.
par Solene publié dans : Guatemala
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Lundi 12 mai 2008
A la frontiere du Guatemala, on prend un minibus pour 25 quetzales chacun. Malgre la hausse du carburant et donc des transports, on sent bien que ce n'est pas le prix normal mais on laisse courrir. On n'a pas toujours envie de lutter, c'est un peu fatiguant a force. En regardant ce que payent les locaux, on sait qu'on a raison. Le ton du Guatemala est donne...

A Chiquimula, on prend un bus pour Guatemala Ciudad, le terminal de la zone 4. La, il nous faut changer de terminal pour aller a Antigua. La course de taxi, a 30 quetzales, nous parait un peu chere. On se rendra compte plus tard que c'est le prix, ou pas loin. Tout augmente ici aussi. Nous voila donc partis a pied, sans trop savoir ou aller. Deux personnes, plutot serviables, nous indiquent un carrefour ou on peut prendre un bus de ville pour 1 quetzal. On marche 5 cuadras et on monte dans un bus rouge, non sans avoir redemande au chauffeur, qui nous depose a un rondpoint. Une centaine de metre plus loin, on monte dans notre bus pour Antigua qu'un mecanicien avec du cambouis jusqu'au coude nous arrete gentiment en nous avertissant de nous mefier des voleurs. Le lendemain, un jeune homme va se faire abattre de 16 balles par les "hommes de securite" charges de veiller sur les commerces du terminal de la zone 4. Ca ne change pas trop du Honduras. Les guatemalteques ne sont pas tendres entre eux et ont la gachette facile. Hormis la capitale, qu'on ne va que traverser, les zones que l'on va visiter sont par contre tranquilles.

1h15 plus tard, nous voila a Antigua avec son marche anime, ses rues pavees et ses maisons colorees. La ville parfaite pour le voyageur en quete d'exotisme mais avec tout le "confort de la maison" quand meme : bars, restaurants et agences de voyage. Cusco, Cuenca, Granada, Antigua... meme combat.

Le lendemain on va faire l'excursion phare depuis Antigua. J'ai nomme le volcan Pacaya et sa lave en fusion. A l'entree du parc national, le chauffeur du minibus nous dit : "Donnez moi les 40 quetzales pour l'entree, ca evite de faire la queue." Mouais, s'il le dit.
On commence l'ascension avec notre guide du village sur un bon rythme, histoire que les moins alertes du groupe, en l'occurrence un sympathique couple bresilien, grimpent sur un cheval-taxi que les gamins proposent juste derriere nous. Ils ont bien compris comment fonctionnent le tourisme au Guatemala.
Ceci dit, la lave en fusion c'est effectivement beau et spectaculaire. Tres chaud egalement. Impossible de s'approcher trop longtemps. On fait juste les malins le temps de prendre la photo qui va bien. Le Pacaya, c'etait a faire, on l'a fait.
Au retour, je demande a notre chauffeur les tickets du parc. Il me donne deux vieux billets, avec 2500 numeros d'ecart. On a parfois tendance a se dire qu'on devient trop mefiant a force de voyager mais la, c'est fort quand meme. Mais ca ne derange pas les autres participants apparemment. Une fois arrives et tout le monde parti, on lui demande d'ou viennent ces tickets qui n'ont pas l'air d'avoir ete achetes aujourd'hui. Il nous explique que ce sont les gardes du parc qui les lui ont donnes, ceci-cela... On lui en met plusieurs couches, histoire de bien lui faire comprendre ce qu'on pense, et on lui dit qu'on passera a l'agence le lendemain pour demander des explications. Rien a faire, il ne semble pas ciller. Mais qui voit-on devant la porte de notre hospedaje qui nous attend bien gentiment ? Notre aimable chauffeur avec les 80 quetzales de l'entree. "J'ai eu les gardes du parc (a 21h10 comme le fait remarquer Solene), ils vont me donner des tickets neufs, il n'y a pas de probleme. Surtout si quelqu'un vous demande demain, vous dites que je vous ai rendu le montant des entrees". Et de se fendre d'une poignee de main cordiale. Ceux la, on ne pensait pas les recuperer quand meme. Ca sert parfois d'avoir progresse en espagnol.

Du coup, nous aussi on profite du "confort comme a la maison" et on va manger dans une creperie, tenue par des francais, pour feter les 6 mois de voyage, jour pour jour, depuis le depart. On est enthousiaste sur la crepe au chocolat en dessert... un regal. Le supplement bananes marinees dans le brandy pour moi, ne gache rien non plus. On est par contre plutot mitige sur l'honnetete des guatemalteques...
par Franck publié dans : Guatemala
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