Jeudi 24 avril 2008
Sur la route d'Esteli, on repasse devant le Telica, le cone tout noir du Cerro Negro et le volcan Momotombo. Le Nicaragua est bien un pays de volcans.

On profite de notre premiere journee pour se poser un peu et se renseigner sur les activites du coin. On trouve meme un office de tourisme. Des animaux et des lettres d'imprimerie sont decoupes et colles pour confectionner les panneaux d'information. On sent que c'est le debut mais ca a le merite d'exister.

Le lendemain, on occupe notre matinee par la visite d'une usine de cigares, Nicasa. On nous explique les differentes etapes de la fabrication.  Le tri et la selection des feuilles par taille et couleur. Le prelevement de la nervure principale de celles-ci. On fait bien sourire tout l'atelier par notre maladresse quand le chef nous propose d'essayer ce geste qui demande un peu d'habitude. Je m'en sors le moins bien et prefere arreter rapidement les frais. Pour la fabrication du cigare proprement dit, ils fonctionnent en binome.  Une personne le met en forme avec une rouleuse et des gabarits de bois et sa voisine applique la feuille exterieure, de finition, qui peut etre de quatre couleurs differentes. 80 modeles de cigare sont ainsi produits ici. Les cigares sont ensuite traites - pour eviter le developpement des champignons - et entreposes avant une ultime selection et le conditionnement prevu par le client : etiquettes, emballages et autres etuis. On en a meme vus qui partaient pour Cuba... Tout est fait a la main en tout cas. Esteli compte une vingtaine de fabriques identiques qui font vivre la region.

L'apres-midi, on va voir une cascade dans  le parc Tisey-La Estanzuela. Deception en arrivant. Ce n'est pas la plus belle mais cela, passe encore. Par contre la presence des detritus un peu partout rend le lieu peu agreable. Quand l'habitude premiere des habitants, a l'instar de beaucoup de pays traverses dans ce voyage, est de tout jeter par la fenetre du bus, n'importe ou... Enfin le retour a Esteli a l'arriere de deux pick-up avec des locaux et un bout de chemin avec un vieux qui revenait de travailler dans une ferme sauve le deplacement.

Le soir on se rend dans un comedor famillial qui va devenir notre cantine. On voit l'apparition des enchiladas et des tacos au menu. Ca sent le Mexique. Depuis Granada, on a meme eu l'apparition de galettes de mais avec la "comida corriente". Autre influence, le "beisbol" qui est le sport numero 1 ici au Nicaragua.

Le lendemain, on file a Miraflor, un parc naturel avec le bus de 6h. On se rend a la partie haute, la plus humide avec son bosque nuboso. En pleine saison seche, c'est quand meme peu probant et la foret est peu envahissante. En discutant avec des locaux, on comprend qu'une union de cooperatives agricoles (15 en tout) essaye de se developper dans le cadre du parc naturel, en respectant l'environnement donc. Elles produisent, entre autres, du cafe pour le commerce equitable, des legumes destines au marche bio d'Esteli, un champignon biologique pour traiter les plantes contre les maladies (dont elles se servent egalement pour leurs cultures). L'eco-tourisme et ses fermes est aussi une source de revenus pour les agriculteurs. On a mange pour notre part a la "Fuente de Vida", une excellente assiette de legumes de la ferme. Il paraitrait meme que certain en aurait pris une deuxieme. Je me demande bien qui ?
On parcourt ensuite un sentier qui tarverse des plans de cafe, des bananiers et le bosque nuboso avec un tres beau matapalo dans lequel on peut rentrer entierement. Malheureusement, ce n'est pas l'epoque des orchidees. En attendant le bus du retour, un jeune nous apprend que nous ne sommes pas alles dans la zone qui comprend le plus de faune. Ce n'est pas tres grave pour une fois, on a rencontre des gens, vu un projet, c'est tout aussi interessant.
Tous les parcs sont encore gratuits par contre, la aussi on voit que le tourisme a peu demarre ici.

Il y a beaucoup de projets comme cela au nord du pays d'apres ce que nous apprend un nicaraguayen de l'hospedaje. Managua c'est "loin", l'aide gouvernementale arrive difficilement meme si Esteli est une region historiquement sandiniste. Par contre les subventions de la communaute europeenne ont l'air de bien arriver elles et son drapeau fleurit partout. A Miraflor et ailleurs. Bruxelles, ce doit etre moins loin comme dit Solene en souriant.

Avant de quitter Esteli, on va dans un bar pour gouter le Flor de Caña, le rhum national nica. Assez doux. Tres agreable. Solene, elle, se contente de regarder Amityville, un film d'horreur, a la television du bar. Entre le cafe, le rhum et les cigares, ils sont bien dotes ici.

Le Nicaragua est un pays qui n'a rien d'exceptionnel mais les gens y sont gentils et l'on s'y sent bien. On ne sait pas trop pourquoi mais on a un peu de mal a le quitter. Peut etre parce qu'il y a des endroits qui sont restes authentiques. En frequentant les hospedajes remplies de locaux et les comedors typiques, on a en plus l'impression de ne pas trop modifier l'ordre des choses...
par Franck publié dans : Nicaragua
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Mardi 15 avril 2008
C'est le slogan de l'association Quetzaltrekkers (www.quetzaltrekkers.com) avec laquelle nous avons decide de partir pour faire l'ascension du volcan Telica. Ils fonctionnent avec des benevoles et reversent leurs benefices a l'association Las Tias qui aide les enfants de la rue, une centaine sur Leon environ. Sur le prix d'une ascension, 50% va aux enfants. Avec cet argent, ils menent de nombreux projets de soutien scolaire ou de sante. La semaine derniere par exemple, ils ont organise des visites medicales et la distribution de medicaments pour tous.

On a hesite entre faire l'ascension par nous-memes ou en tout organise et puis Thierry, le belge rencontre au projet des tortues, y avait travaille en tant que benevole et nous avait vendu leur serieux. On s'est dit que ce serait une bonne action pour aider ce sympathique pays qu'est le Nicaragua.

On reste un court dimanche apres-midi a Leon ou il ne se passe pas grand-chose. On se rend dans le seul bar-restaurant typique ouvert ou on croise les locaux qui laissent filer la journee autour d'un verre (voire plusieurs d'ailleurs) du rhum national, Flor de Caña. De notre cote, on se laissera finalement tenter par le cocktail local, le Macua.
Une petite balade pour visiter la ville et on voit un homme allonge par terre qui gemit "aidez-moi". Il a apparemment fait une chute a velo et s'est deboite ou fracture le bras. On essaie de l'aider, mais c'est mission impossible. Il n'a pas d'assurance et refuse medecin et hopital. On le confie finalement a des locaux qui, lorsqu'on partait, essayaient de le convaincre de voir au moins les pompiers. On se dit parfois qu'on a de la chance de vivre en France.

Le lendemain matin, on rejoint l'equipe des quetzaltrekkers pour preparer les sacs et petit-dejeuner ensemble. 6 litres d'eau chacun, les repas de la journee et les affaires communes, voila comment bien lester nos sacs a dos respectifs. Je suis bien contente d'avoir mon Berghaus dont le portage est excellent.

Depart de la petite troupe et on monte tous dans une betaillere transformee en taxi collectif. Pas de doute, on part bien avec une association a but non lucratif et pas avec un tour operator grand luxe. L'esprit nous convient bien. Le groupe compose de quebecois, hollandais et francais et de benevoles canadiens et allemands est bien sympathique.

On entame l'ascension sous un soleil de plomb coupee par de nombreux arrets pour attendre tout le monde et boire de l'eau. Les nuages arrivent peu a peu et meme si le soleil est desormais cache, l'air reste tres lourd et on transpire tous a grosses gouttes. On est a la fin de la saison seche et cette annee est parait-il encore plus chaude que les precedentes. On se dit qu'un peu de pluie nous ferait le plus grand bien.
Et bien, on aurait mieux fait de se taire. Quelques minutes plus tard, un gros orage s'abat sur nous. Comme nous sommes arretes au milieu de grands arbres et que l'orage s'approche, on decide de plier le dejeuner vite fait bien fait. On prend meme le cheddar orange fluo et la moutarde americaine que j'aurais personnellement bien laisses la.
Quelques instants apres, nouvel arret. L'orage est juste a cote de nous et Claudia la benevole allemande qui mene le groupe n'ose plus avancer.
Un eclair, un coup de tonnerre et dans un reflexe commun, on s'accroupit tous pour attendre les derniers. On a neanmoins la mauvaise idee de s'accroupir a cote de barbeles. Nouveau coup de tonnerre, nouvel eclair si proche qu'on en entend le crepitement. La hollandaise a cote de moi prend le jus dans le bras. Rien de grave, mais un peu choquee quand meme. On deguerpit rapidement loin de ces barbeles pour attendre un peu plus loin, assis sur nos sacs, que l'orage s'eloigne.

Juste derriere apparait le cratere du volcan Telica dont s'echappe une grosse fumee. Entre l'orage qui vient de s'abattre sur nous et le volcan actif, on se sent tout petit devant ces forces de la nature.

On monte le camp juste au pied du volcan, a 10 minutes du cratere. Surement dans le Top 10 des endroits les plus insolites pour camper.

La soiree se deroule autour de reflexions sur le voyage. Entre Kris, le canadien qui est parti depuis 2 ans et Reynald le quebecois de 61 ans qui a voyage 30 mois sur les 4 dernieres annees, on se dit qu'on n
'a encore rien vu. En tout cas, le recul dont ils font preuve tous les deux sur leur voyage et leur facon de voyager est interessant. On parle de choix de vie, des attentes du voyageur, de sortir des sentiers touristiques, de voyager pour voir et comprendre plutot que de lire ce qui se passe dans les journaux... Une belle soiree autour de marshmallows grilles, les premiers pour Franck, meme si je ne suis pas sure qu'il y en ait beaucoup qui suivent.

A la nuit tombee, on monte au bord du cratere pour essayer d'en apercevoir le fond. Et on a de la chance. 100 m plus bas, on voit la lave bouillonner. Kris, lui, aura du attendre sa cinquieme ascension du Telica pour en profiter.
Ce spectacle me fascine. Cette lave rouge qui brille dans la nuit, la manifestation du centre de la terre... C'est beau !
Malheureusement, les gaz toxiques qui s'echappent du volcan nous empechent de rester trop longtemps et il faut redescendre.

Le lendemain matin, on remballe. Franck, qui n'est jamais le dernier pour proposer son aide, se charge encore plus que la veille.
Quelques minutes apres notre depart, je vois un des benevoles, Kris, charge de son sac a dos, d'un petit sac sur la poitrine et d'un sac plastique. Costaud le Kris du haut de ses 1.94m, mais quand meme. Je lui propose de l'aider et l'allege d'un sac.
D'autres au contraire se carapatent devant sans proposer de prendre le moindre petit sachet, enfin un surtout, et il a fallu que ce soit un parisien.

Sur le chemin, Kris deplie un grand sac poubelle que l'on remplit de bouteilles trouvees le long du chemin. Vraiment bon esprit les quetzaltrekkers !

De retour a Leon, ils nous proposent de rendre visite aux membres de leur association partenaire Las Tias et aux enfants. Ils veulent que tout soit le plus transparent possible. Malheureusement, nous devons prendre le bus pour Esteli. Pas assez de temps. On rate surement quelque chose.

En tout cas, sur cette ascension, 190 dollars iront aux enfants.
Une bonne action. Un beau volcan. Un bon moment.


par Solene publié dans : Nicaragua
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Jeudi 10 avril 2008
Cote face, Granada.

On y arrive avec d'autres voyageurs croises a Ometepe. Jamais on n'a eu autant d'etrangers avec nous dans un bus depuis l'Amerique du Sud. Du terminal, on arpente une rue tres animee : vendeurs de viande, de produits de beaute, de DVD graves, de boissons dans des sachets plastiques fermes avec une paille, des echoppes de cordonniers, de reparateurs de bicyclettes. On retrouve un parfum d'ambiance bolivienne. On puis on arrive a la place principale. Un tout autre parfum. De beaux batiments colores, des arbres, des kiosques a jus frais, une cathedrale imposante, des restaurants et des bars en veux tu en voila. A des prix costariciens presque, avec les taxes qui vont avec. Les terrasses sont malgre tout bondees. On savait que Granada etait touristique, mais ca depasse nos "esperances". C'est meme difficile de trouver une comida corriente a un prix decent. On se balade vers l'eglise de la Merced ou l'on peut monter au clocher apparemment. On se dit : "Il ne manquerait plus que ce soit payant..." Ca ne rate pas. Le debut du tourisme au Nicaragua coincide avec la fin de l'ultime revolution sandiniste en 1989. Certaines villes se sont vite adaptees. Vite mais avec style... Dans l'eglise de la Merced on peut lire : "Contribution pour aider a la maintenance de l'eglise". C'est vrai que la facade est bien mal en point.

Malgre tout on va y rester deux jours a Granada. A presque rien faire. Le premier jour parce qu'on a trouve un hotel sympathique avec une cour interieure ombragee et qu'on a surement besoin de souffler un peu. Le deuxieme parce qu'on rencontre un francais, qui nous parle de son voyage ici. Quand on regarde la montre, il est bien trop tard pour partir a la laguna d'Apoyo. Comme il fait deja bien chaud, on va boire un coup avec lui. Puis on le laisse, on doit quand meme mange notre pique-nique prevu pour notre excursion a la laguna. On le retrouve le soir pour la diffusion d'un documentaire americano-canadien sur la feuille de coca et la cocaine en Bolivie et l'attitude du gouvernement americain vis a vis de tout ca. Sur son interventionnisme, on devrait plutot dire. Ca nous rappelle le debut du voyage, les visages bien caracteristiques des boliviens. On comprend mieux l'arrivee d'Evo Morales au pouvoir. Sur ce, on va deguster une piña colada avec notre ami girondin. Trop de lait de coco ? Pas assez ? L'eternel debat... mais tout le monde est d'accord ce soir. Pas assez !

Le lendemain, on se decide quand meme pour aller a la Reserve Naturelle du volcan Mombacho. Un bus puis une petite marche nous menent a l'entree. De la, des camions de la reserve menent a la station biologique. C'est un peu cher mais 5km et 800 de denivele avec les camions et les voitures qui passent... on se laisse tenter, on aura plus le temps d'en profiter.
Arrives a la station "biologique", c'est un peu l'hallucination. Des antennes de telecommunications de partout et la station propose un hebergement a 30 dollars la nuit. Un seul sentier est accessible seul, les autres obligatoirement avec un guide. On va parcourir le sentier d'El Crater qui propose une belle vue sur le cratere du Mombacho, peu a peu gagne par un bosque nuboso. C'est la saison seche ici et c'est une des premieres fois qu'on voit une telle vegetation avec le soleil et le ciel bleu. Solene n'est pas mecontente de ca. Le panorama sur Granada, le lac Cocibolca et ses Isletas nees de l'eruption du volcan vaut aussi le coup. Cote faune par contre, c'est le desert. La fin de la saison seche ne semble pas la bonne periode pour ca. A moins que la profusion des antennes y soit pour quelque chose ? Du coup, les autres sentiers ne nous motivent guere vu le prix.
De toute facon, la question est vite reglee. Un incendie s'est declare sur la reserve et tous les guides y partent avec un equipement derisoire pour essayer de l'endiguer. Il ne nous reste plus qu'a attendre pour redescendre. Le camion ne vient pas. Peut etre l'incendie. Seul un 4x4 arrive qui descend toutes les personnes qui avaient pris un tour pour venir ici. Le directeur me dit qu'il ne nous avait pas vus. C'est impossible car Solene lui avait signifie qu'on etait deux a vouloir descendre. On peut comprendre qu'il ait un probleme d'organisation avec le feu mais nous mentir pour preserver ses interets commerciaux, c'est plus difficile a accepter. On essaie de discuter mais il a vraiment un comportement limite. On attend deux heures de plus pour descendre. Apres une discussion "courtoise" au guichet d'entree, on se fera rembourser la moitie du prix des entrees. Le Mombacho, c'est bien pour la vue mais au dela de ca, le business semble etre la premiere preoccupation. La nature vient apres. Des endroits s'adaptent au tourisme avec moins de style...

De retour a Granada, on va quand meme laisser notre dollar chacun pour la renovation de l'eglise de la Merced et monter au clocher. La lumiere du couchant, les couleurs de la ville, les toits de tuile, le lac au fond nous laissent une belle derniere image de Granada qui est definitivement une jolie ville. Definitivement touristique aussi...

Cote pile, Masaya.

Un saut en bus depuis Granada. On a un peu de mal a trouver un hotel. Ici ils se comptent sur les doigts de la main. On trouve finalement l'hotel Central, conseille par une quebecoise a Granada.  Une chambre toute simple mais avec une tele. La premiere depuis Quito. C'est quand meme bien TV5 Monde meme si cette fois-ci on rate les informations televisees francaises. Vous voulez des nouvelles de la Suisse ?
Avec les conseils du propietaire de l'hotel, on file a la laguna d'Apoyo. On se fait deposer sur le bord de la route en bus et on monte au village de Catarina. Il offre une tres jolie vue sur cet ancien cratere, rempli d'eau aujourd'hui. Tranquillite. On achete des fruits a une vieille dame. On rencontre une suisse dont la mere est nicaraguayenne et qui est venue six mois ici, chez sa tante, pour parfaire son espagnol. Elle nous aborde de suite, toute contente de pouvoir parler un peu francais. On laisse l'apres-midi s'effilocher la, a regarder les nicas profiter du lieu eux aussi et les acrobaties d'un parapentiste.

Au retour, on tombe sur le meme bus, les memes gars qui nous reconnaissent. L'un d'eux me tappe sur l'epaule comme pour dire : "Comment ca va, c'etait bien ?". Amical en tout ca. Solene n'est pas jalouse. Depuis notre entree au Nicaragua, elle ne compte plus les sourires charmeurs, les clins d'oeil et les mots doux. Elle doit correspondre au type...

On regagne l'hotel. "Como estan ? Mucho gusto" (Comment ca va ? Enchante). On ressort pour aller manger.
"Como estan ? Mucho gusto". La meme personne devant chez elle. La chemisette repassee. La barbe de trois jours poivre et sel impeccable. La trentaine. On s'arrete et on va discuter la un moment de notre voyage, de la ville, de la region. Il ne manque pas de saluer aussi des locaux qui passent pendant notre conversation. Charmante personne.

Le lendemain, on file au volcan Masaya. Un bus nous depose encore au bord de la route et on continue a pied. 6km jusqu'au volcan, en pleine chaleur. Avec une cote raide me dit d'ajouter Solene... Le centre des visiteurs est tres bien fait avec beaucoup d'informations et de nombreuses maquettes explicatives. On reprend notre route jusqu'au cratere. On croise la lave noire de la coulee de 1772. Peu avant la cote terminale, une famille nicaraguayenne nous charge a l'arriere de son pick-up. C'est bien plus frais et facile comme ca. On les remercie. Ils nous souhaitent de profiter de notre sejour dans leur pays.

Des qu'on s'approche du cratere, des gaz attaquent la gorge. Odeur d'amoniaque, de chlore. Les fumees forment un gros champignon. Tout le monde tousse un peu. C'est quand meme impressionnant de se retrouver au bord d'un volcan actif. Ca vit. Ca bouge. Ca fait du bruit.
On va ensuite faire le tour d'un ancien cratere, inactif. C'est le repere des vautours. Ils surveillent la laguna de Masaya, une ancienne caldera comme Apoyo.
On entame la descente a pied, non sans avoir repere un "school bus" marque Eglise Lutherienne. Ils nous rattrappent bientot. On tente le stop. Il nous prend. C'est un groupe d'americains ici pour une semaine venus confronter leur point de vue avec des membres de l'eglise lutherienne locale. La, ils font un peu de tourisme. Par chance, ils vont aussi visiter le marche d'artisanat de Masaya. Du coup, on se fait deposer a quatre cuadras de notre hotel. Service presque a domicile.

Samedi soir a Masaya. On fait comme de nombreux locaux. On va manger une pizza et boire un pepsi-cola sur la place tres animee. Ca change de la comida corriente. Ce n'est pas si mal pour une fois. On fait ensuite un tour pres du manege, propulse a la force humaine ici. Pas de lumieres clignotantes, pas de musique ni de queue de Mickey a attraper. Le sourire des enfants est le meme par contre.
On y croise aussi Monsieur "Mucho Gusto" qui flane lui aussi, avec un ami. Ils nous demande comment s'est passee notre journee. Son ami nous pose des questions. Il repond a notre place, il se souvient de tout ce qu'on lui a dit hier au soir. Un autre "bon oeil" du voyage peut etre...

On regagne l'hotel, s'abrutir un peu devant la television. Rien d'extraodinaire a Masaya. Tout de bien.

Alors, pile ou face ?





par Franck publié dans : Nicaragua
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Dimanche 6 avril 2008
Une nouvelle frontiere sinistre au milieu de gros camions, US$7 d'entree chacun, et hop, on saute dans notre premier bus au Nicaragua. 36 km jusqu'a Rivas. Le bus est bonde. On fait le voyage debout, ecrases contre la porte du fond. Ce qu'on voit de notre premiere heure dans ce pays, c'est la tole du bus scolaire et quelques nicaraguayens, tout aussi compresses que nous. Certains ont de beaux yeux marrons clairs, typiques parait-il de la region d'Esteli.

A la descente du bus, les chauffeurs de taxi se jettent sur nous. L'un d'eux nous reclame de l'argent pour avoir aide a descendre les sacs du bus. Un employe de la compagnie de transport public nous fait signe qu'il n'y a rien a payer, et se fait du meme coup traiter de "fils de pute" par cet aimable chauffeur.
Le harcelement continue. Les taxis nous proposent de 30 a 50 cordobas pour nous emmener au port de San Jorge, pretendant qu'il n'existe pas d'autre moyen de s'y rendre. On essaie de se renseigner, mais dans le fouilli qu'est la gare routiere de Rivas, ce n'est pas evident. Dans un moment de faiblesse, on finit par prendre un taxi ou plutot une epave toute cabossee, avec le pare-brise tellement fissure que meme Carglass n'y pourrait rien (oui, on fait dans la publicite en ce moment avec Franck). Au retour, plus avises, on prendra un mini-bus pour 5 cordobas, quand les chauffeurs de taxi proposeront US$ 50 a d'autres touristes voulant se rendre a Granada. (Pour info, 1 dollar = 19 cordobas).
En tout cas, pour ce qui est des taxis au Nicaragua, le ton est donne.

Une heure de ferry sur le lac Cocibolca et on debarque sur l'ile d'Ometepe, nee de l'eruption de deux volcans : le Conception au cone parfait et le Maderas couvert de foret humide.
On s'installe dans le village d'Altagracia. Le village des chaises a bascule comme je l'ai renomme. Peu importe, l'endroit ou vous vous trouvez, il y a toujours une chaise a bascule pour s'asseoir et regarder les gens passer... La vie y est tranquille, les gens se deplacent a velo, pas de touriste.

Deux journees a parcourir l'ile a velo.

C'est tres rural. Les gens ici vivent de la peche, de l'agriculture, des bananes, du riz, des haricots rouges ; les ingredients de base du plat typique qu'on mange quasiment a tous les repas depuis notre entree au Panama, peu importe son nom : comida corriente, gallo pinto ou casado.

On se rend sur la plage de Santo Domingo et dans les fermes ecologiques qui ont fleuri au pied du volcan Maderas. On comprend ou sont passes tous les touristes du ferry. Ils ont pris possession des hotels qui bordent la plage et des hamacs de ces fermes.
On visite celle d'El Zopilote qui fait sa propre culture de la banane, de cacao, son pain... On a l'impression d'etre en plein milieu d'une communaute hippie qui vit en toute autonomie.
On termine la journee par une petite baignade dans les sources thermales de l'Ojo de Agua. Heureusement, les eaux sont fraiches. Apres le velo, on a bien assez chaud comme ca.

Apres diner, on fait le tour du village, les os de poulet en main pour nourrir des chiens errants bien maigres au Nicaragua. On se retrouve devant une maison qui fete l'anniversaire de l'association des alcooliques anonymes. Celui-ci n'a pour le coup rien d'anonyme et regroupe une grande partie de la population. On nous invite a prendre place... Les alcooliques anonymes ? Franck a pris quelques bieres, OK et il m'est arrive de boire deux ou trois pina colada pendant le voyage, mais alcooliques non, on n'en est pas la quand meme. On decline l'invitation.

Le lendemain, on remonte en selle sur nos velos de l'enfer. Quelle galere ! Non seulement l'ile est bien vallonnee mais le velo nicaraguayen n'est pas des plus performants. Les vitesses ne sont pas indexees. De toute facon, il ne change de plateau que lorsqu'il le veut bien et m'oblige parfois a adopter la technique locale : quand ca monte, il faut pousser le velo. Au final, c'est la selle qui me lache. En essayant de la monter un peu, Franck reussit a la bloquer definitivement en position basse. Il reste 13 km a faire, la nuit tombe dans une heure, tout va bien. On decouvre du coup l'ile d'Ometepe by night. Un monde sans lumiere. Des gens qui marchent sur le bord de route, des enfants qui jouent, de nombreux velos qui comme nous circulent sans le moindre eclairage, des chevaux, anes et chats qui traversent la route - et quand le chat est noir, ce n'est vraiment pas facile de le voir - et quelques dos d'anes surprises a la fin des descentes. Aie, dur pour le coccyx !

Arrives a Altagracia, Franck estime qu'on a bien merite un bon repas. Je lui fais la demonstration que ce n'est pas possible puisqu'on a deja depense beaucoup d'argent : 50 de petit-dejeuner, 120 de velos, 20 d'entree a Charco Verde, 150 de chambre. Total : 340 cordobas, c'est-a-dire US$ 17 a nous deux... Bon, OK, la demonstration n'etant pas probante, on s'offre un bon resto. Enfin celui de l'hotel car c'est le seul endroit qui semble ouvert a Altagracia le dimanche soir pour manger. Choix limite...
Franck termine le sejour sur l'ile d'Ometepe avec trois gros poissons a manger. Moi avec le gallo pinto typique pour changer.
par Solene publié dans : Nicaragua
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