Samedi 22 mars 2008
La gentillesse et l'accueil des panameens. C'est ce qui me marque le plus en voyageant dans ce pays. Ce n'est pas encore du niveau de l'Argentine, mais on s'en rapproche. Que c'est agreable apres des pays comme le Perou...

On s'en est bien rendu compte en arrivant a Boquete a la nuit tombee. Entre les americains toujours prets a vous aider et un panameen qui a fait le tour de tous les hotels pour nous en trouver un libre et pas cher, on peut dire que l'accueil a Boquete est agreable. Moins pour Franck qui est toujours un peu rebute par l'anglais. Tout comme le proprietaire de notre hotel, bien content de pouvoir parler notre langue. Il semble lasse de l'invasion des americains dans le coin et de la suprematie de l'anglais. C'est la faute de Napoleon, nous dit-il. C'est vrai qu'ils sont nombreux ici ces Americains !

Boquete, c'est surtout un petit detour pour faire le chemin des quetzals au milieu de la foret tropicale humide. Une demi-journee de marche a la recherche desesperee d'un des ces oiseaux. Pris par le temps, on se resigne a faire demi-tour sans n'avoir rien vu. Et puis quelques minutes plus tard, juste en face de nous, un quetzal s'envole et se pose sur un arbre.  Un vol colore de vert, bleu turquoise et rouge. Superbe ! On en aperçoit un autre quelques secondes plus tard. Le temps d'une photo et ils ont disparu. Ce sera les seuls et uniques de notre randonnee, mais au moins, on ne rentre pas bredouille.
Pour rejoindre Boquete, on se fait tres rapidement prendre en stop par deux sympathiques gars qui travaillent pour la television nationale, la chaine 3, et sont dans le coin pour un reportage. J'oublierai mon bob dans leur voiture. A rajouter sur notre liste des objets perdus depuis le debut du voyage : un cahier, une paire de chaussettes pour Franck et feu mon bob donc... En 4 mois 1/2, ca aurait pu etre pire...

Nous manquons definitivement de temps pour l'Amerique Centrale alors apres une longue et mure reflexion commune, nous avons decide de concentrer notre voyage sur des environnements que nous n'avons pas encore rencontres. Boquete et la foret tropicale humide, on connait, alors hop, on part le lendemain. 

Route vers Bocas del Toro en minibus et c'est notre premier accident. Deux camions se sont rentres dedans. Le mini-bus devant s'arrete a temps. Tout comme le notre. Manque de bol, le 4*4 derriere n'a pas la meme sagesse et nous fait tous jouer aux autos tamponneuses. Au total, six vehicules sont accidentes. Pas de blesse, tout va bien.
Apres avoir recupere non sans mal nos sacs coinces dans un coffre desormais impossible a ouvrir, nous continuons la route dans le mini-bus suivant, debout cette fois-ci... Il y en a pour 4 heures et on est dans une position plutot inconfortable. Il fait chaud. Dur, dur. Un gentil panameen me cede sa place au bout d'une heure ; ouf, je souffle. Quelques temps plus tard, ravitaillement. On s'arrete sur le bord de la route et de nombreuses vendeuses se precipitent pour proposer leurs produits... Franck, toujours debout au milieu de l'allee, fait l'intermediaire. De mon cote, je gagne un sac d'oranges offert par la mamie assise a cote de moi. Decidement, les panameens sont bien sympathiques.

Arrives sur l'ile de Colon a Bocas del Toro, ca semble on ne peut plus touristique et on decide de fuir immediatement sur l'ile Bastimentos. C'est encore une fois de nuit qu'on arpente les rues, ou plutot la rue cette fois-ci, a la recherche d'un hotel. Tout est plein. Et ce sont, encore une fois, des locaux qui nous trouvent une petite chambre pas trop chere.
On descend ensuite pour diner dans un restaurant monte sur pilotis au-dessus de la mer des Caraibes. Ambiance des iles, tranquille, reggae et surf... et de nombreux touristes. On se sent en complet decalage et on a un peu de mal a apprecier. En tout cas, on voit mieux pourquoi Sylvain s'est plu ici... Enfin, je me comprends (Euh... Je crois que la je vais me defiler tout de suite. On m'a tres legerement souffle cette phrase)
On profite quand meme bien de notre diner. Une belle assiette de porc, de "patacones" c'est-a-dire de bananes vertes frites, de riz a la noix de coco avec des haricots et une salade de choux blanc et carottes, le tout legerement epice. Les iles, ça a du bon.

Le lendemain, ca ne s'annonce pas si facile. L'inconvenient de ne pas avoir de guide ; on ne sait jamais trop ce que l'on peut faire. On demande aux locaux et on opte finalement pour un peu de marche et farniente sur Wizard Beach. Hasard des rencontres, on retombe sur Luc, un suisse croise quelques jours plus tot a Panama. Luc qui a peur de l'avion et prefere traverser l'Atlantique en trois semaines sur un cargo tenu par des philippins sur le pont et des russes aux machines, plutot que de prendre un vol long courrier. En revanche, il n'hesite pas a prendre un petit coucou qui doit bien secouer pour faire Panama - Bocas, possible autrement en onze heures de bus. Enfin, comme le dit si bien Franck "tout le monde a ses contradictions".
On quitte la plage les derniers et on reprend le petit sentier survoles par des perroquets verts.

Le jour suivant, pas question de rester a ne rien faire, alors on s'organise un petit tour en bateau autour de l'ile de Bastimentos. Les dauphins viennent jouer autour du bateau, puis on fait halte a deux endroits pour faire du snorkeling. Peu de poissons, mais beaucoup de coraux. Franck, entre deux mots doux pour son masque de qualite mediocre, me dit que les fonds lui semblent plus colores que ceux de la Mer Rouge. Je ne parierais pas mon dejeuner la-dessus. D'autant plus, que de dejeuner on n'en a pas eu justement et comme on n'avait rien prevu... Au moins, on fait des economies comme ca !
On continue sur le village indigene dont l'entree est cachee derriere un etroit couloir de mangroves cotieres. On profite du paysage en attendant de voir apparaitre le village de la Quebrada de Sal. Un peu decus finalement. Je ne sais pas vraiment a quoi je m'attendais, mais pas a ca. Il y a cinq ans environ, cette communaute ne connaissait pas le tourisme. Aujourd'hui, ils en vivent et forcement, l'impact sur leur mode de vie est important.
Un dernier stop sur une belle plage de sable blanc et un peu de snorkeling sur des tombants de coraux. L'impression quand on passe au-dessus et qu'on s'enfonce dans les profondeurs le long de la paroi nous semble toujours aussi exceptionnelle.
Une journee bien remplie au final.

Etant trop tot dans la saison pour assister a la ponte des tortues, nous decidons de partir le lendemain matin.

On quitte le Panama sur deux images : celle d'un chauffeur de bus qui nous serre la main, nous aide a charger nos sacs sur le dos et nous souhaite un agreable voyage et celle de quatre gamins de 6-10 ans qui gagnent leur vie en cirant des chaussures et a qui nous offrons des assiettes de frites liquidees en un temps record. Ils nous remercient tous en partant...

par Solene publié dans : Panama
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Mardi 18 mars 2008
- Pourquoi on y va deja aux San Blas, Solene ?
- Parce que c'est paradisiaque, peu touristique et que c'est le territoire des indiens Kunas.

Objectivement, il n'y a que des bonnes raisons effectivement mais quand ca fait 5h qu'on attend, seuls sur le ponton du petit port de Miramar, une hypothetique barque d'indiens Kunas qui nous meneraient sur El Porvenir, on commence a douter.

Miramar. Apres 2h de bus pour Colon depuis Panama Ciudad, on prend un deuxieme "school bus" pour Miramar. Ils ont du lui enlever les amortisseurs. Pendant 3h, le coccyx se rappelle au bon souvenir de Solene. On passe par Portobelo, Nombre de Dios, Viento Frio. Autant de villages qui ont servi de ports de marchandises et de cibles pour les pirates des Caraibes, tels Sir Francis Drake, dans le temps. On arrive de nuit et on nous indique l'hospedaje de D'Agustin comme la moins chere. Ca tombe bien, c'est aussi le seul "restaurant" ouvert a cette heure ci. Je n'ai pas grand chose nous previent Agustin, qui pourtant parle peu. Il nous sert deux galettes et une saucisse a la friture. Pour presque rien par contre. Autant sa literie penche dangereusement, autant lui n'abuse pas sur les prix. Des moustiques nous tiennent compagnie.

On suit le conseil des villageois. On se leve tot car les barques kunas partent tot pour El Porvenir. 6h15 on parcourt le ponton. 13h15 on appareille enfin, avec la seule barque du jour... apres un petit dejeuner sur la plage, un dejeuner avec vue sur l'embarcadere, avec quelques dizaines de kilos de marchandises et quatre indiens kunas. On a bien failli partir avec la police qui venait chercher un detenu mais le bateau est arrive tard. Ils ne repartent que le lendemain. On est ici au rythme des iles. 3h de navigation dans la mer des Caraibes avec un moteur de 15ch nous attendent. On se dit qu'ils doivent avoir l'habitude...

Nous voila donc en route pour El Porvenir, la derniere ville sur le continent avant les 378 iles des San Blas selon la carte dont on dispose, un guide touristique du Panama, trouve a l'hotel.
" - Et tu as un adresse Solene a El Porvenir ?
  - Oui, j'avais note l'Hotel de l'Aeroport, a cote de la piste. Mais je ne sais pas ou est l'aeroport. "
On verra bien.

On arrive en vue d'El Porvenir. Ou est le continent ? C'est en fait une ile, et la piste de l'aeroport est en plein milieu, qui la parcourt sur sa longueur. Un macadam douteux, une manche a air, c'est l'aeroport d'El Porvenir. Quelques palmiers autour, une plage de sable blanc. Quelle surprise. On hallucine un peu, tout de suite conquis. C'est a la fois presque un gag et un endroit surprenant, paradisiaque effectivement, et perdu au milieu de rien. Waouh !
On discute un peu avec le kuna charge d'encaisser le droit d'entree sur le territoire. 35 dollars pour l'hotel, on trouve ca un peu cher. Ni une ni deux, un coup de fil et un kuna vient nous chercher pour nous emmener dans une famille. Arki, le chef de famille, n'est pas forcement le kuna le plus sympathique mais Karen, la petite, adorable, adopte Solene tout de suite et son epouse nous sourie tout le temps dans son costume traditionnel. Pour autant, ce n'est pas evident de communiquer. Elle parle beaucoup mieux le kuna que l'espagnol. C'est tres bien en tout cas d'etre la, dans cette maison typique. La fee electricite n'a pas encore remplace la lampe a petrole dans cette maison de bois et bambous, au toit de feuilles sechees, avec au sol, le sable tout simplement. Il y a un puits d'eau douce (ou viennent s'approvisionner aussi les voisins) pour remplir de grands seaux. Ce sont les reserves pour se laver les dents, se doucher (a l'aide d'un grand bol) ou faire la cuisine. Les toilettes ? C'est directement au-dessus de la mer. C'est triste a dire, et a voir, mais la mer est la poubelle des kunas. Tout y finit. D'un autre cote, leur seule solution serait de tout ramener sur le continent. Pas si evident certainement.

Le lendemain on va faire un tour dans ces iles. C'est vraiment l'image parfaite qu'on se fait des iles paradisiaques. Palmiers, eau d'un bleu transparent, sable fin. Rien ne manque. On jouerait bien les Robinson Crusoe quelques temps ici. On va sur l'ile Kuanidup qu'Antoine a qualifie de "plus belle ile du monde" dans un de ses livres sur les iles. On va aussi plonger sur l'epave de l'ile Achutupu. On se croirait dans un aquarium geant avec tous les poissons qui evoluent dans la structure rouillee. Solene sort de l'eau en disant qu'elle passe le niveau 3 de plongee des qu'elle rentre !
On rentre un peu tard car on a eu un petit probleme mecanique qui nous a oblige a attendre 3h sur l'ile Kuanidup. Sur l'ile la plus belle du monde, ce n'est vraiment pas de chance. Dur...
Arki parait contrarie. On ne sait pourquoi. Peut etre notre retard ou la reunion du village ou il se rend ce soir. Le ciel, lui par contre, est toujours aussi magnifique. Il y a peu de lumiere alentour. Un dernier regard a Orion avant d'aller se coucher. Ici, on vit au rythme du soleil.

Malgre tout, le lendemain on se leve encore plus tot que lui, a 4h45. Comme vous le savez aussi bien que nous maintenant, les barques kunas partent tot le matin. 5h30 d'El Porvenir. Oui mais voila, aujourd'hui c'est dimanche et la mer est bien agitee. Les barques kunas vont rester dormir.
Ca nous laisse le temps d'assister a l'aterrissage et decollage des trois "coucous" venus transporter quelques touristes, de petit dejeuner puis dejeuner a l'hotel de l'aeroport, de lire, d'ecrire, de se baigner un peu et de discuter avec un italien qui a traverse l'Atlantique  pour la premiere fois en catamaran. Etre ici donne envie d'acheter un voilier un jour...
Ca nous laisse aussi le temps de discuter avec les Kunas et d'en apprendre un peu plus sur leur histoire, leurs coutumes, leur vie aujourd'hui et les problemes avec le gouvernement panameen. Eux ne resistent pas a nous demander le pourquoi de Kuanidup ? Une ile c'est une ile non ? Allez leur expliquer apres...

Vers 13h, ils apercoivent un gros bateau de marchandises qui fait route sur Miramar. Ils nous avertissent. On tente notre chance, c'est bon. 3h de navigation bien agitee malgre la taille du bateau. On se croirait dans un chalutier breton, le soleil et les palmiers en plus. Pour passer le temps, les marins jettent des lignes pour pecher. Avec succes. Ce soir, ils partageront un bien beau barracuda et quelques cierras.
On arrive a Miramar. Les gens nous reconnaissent et nous demandent comment c'etait. Ils sont vraiment tres sympas ici. Un petit diner dans le restaurant tout simple d'une colombienne (c'est aussi sa maison) tres accueillante pour rester dans le ton.

Pourquoi il faut y aller aux San Blas deja ?
Parce que c'est vraiment paradisiaque, peu touristique encore et authentique. Au fin fond du Panama. Il y a bien la solution d'y aller en avion mais ca devient trop simple et on passe a cote d'autres choses. C'est la fin du week-end. Demain on retourne voyager...

par Franck publié dans : Panama
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Jeudi 13 mars 2008

Le 03.03.08, 16h30. Notre avion aterrit enfin a l'aeroport de Panama. Nos premiers pas en Amerique Centrale. De retour dans l'hemisphere nord aussi. Il fait chaud, tres chaud. Ca nous change de Quito. Fini la saison des pluies pour nous. Ici, on est dans la saison seche qui dure de decembre a mars seulement.

Il y a quelques mois encore, avant de preparer ce voyage, le Panama, on n'en savait pas grand chose en dehors du canal, mais aujourd'hui, on a bien hate de decouvrir ce pays.

Sauf que pour rejoindre la ville depuis l'aeroport, ca ne semble pas si simple. Un policier nous conseille vivement, pour ne pas dire fermement, de prendre un taxi a 30 dollars. $30 ? Non, merci. Il y a bien un bus, oui, mais pas adapte aux sacs a dos parait-il... Pour plus d'informations, il faudra aller ailleurs.

On sort de l'aeroport, on traverse un grand boulevard, un rond-point et avec l'aide des panameens, on finit par trouver un bus qui va a la capitale, Panama Ciudad. Pour $1 seulement, c'est mieux ! 

Les bus ici sont pour la plupart des bus scolaires americains, les bus jaunes, repeints de plein de couleurs et de dessins varies. Les chauffeurs, plutot jeunes dans l'ensemble, conduisent pied au plancher en ecoutant du reggaeton. Avec les fenetres ouvertes, au moins, ca nous fait un peu d'air.

Direction la ville, donc. Pas d'information dans le bus. On demande le centre-ville, la place principale, mais a priori, ici, ca ne fonctionne pas comme ca. Tout est organise en quartiers. Pas simple pour choisir un endroit ou se poser dans une ville de 700 000 habitants. Les embouteillages nous laissent le temps de discuter avec les panameens assis a cote de nous et de choisir le quartier de Calidonia pour chercher un logement. Calidonia, situe entre le quartier financier de Via Espana et ses nombreux gratte-ciel d'un modernisme agressif ou on trouve quantite de publicites pour les investisseurs potentiels et les retraites en recherche d'un lieu de residence secondaire, et le vieux quartier de San Felipe. Le tout entoure de nombreux quartiers peu frequentables.

A la descente du bus, meme s'il n'est que 18h, dans le secteur ou nous sommes, deux panameens nous conseillent de prendre un taxi. On ne discute pas et on saute dans le premier qui passe pour trouver une auberge. On ne va pas risquer de tout se faire voler pour $1.50. Bien prevenants et bien sympathiques en tout cas les gens ici.

Le soir, pour diner, pas evident. Pas beaucoup de restos et tout semble bien mort. On se rabat sur un McDo. On sent qu'on a encore fait un pas vers les Etats-Unis ici. Quasiment que des fast-foods dans la rue et l'apparition de nouvelles chaines pas rencontrees jusqu'alors comme Dunkin' Donuts ou Baskin-Robbins...

Un peu plus tard, on croise un boxeur qui se presente comme le "Tyson du Panama". Il faut reconnaitre qu'il en a un peu le physique. Il nous explique que mieux vaut ne pas trop s'aventurer dehors apres 20h et decide de nous raccompagner. Peu avant d'arriver a notre hotel, il nous reclame de l'argent pour avoir assure notre securite. Au moins, il y a des choses qui ne changent pas de l'Amerique Latine ! On refuse, on parlemente... et un garde de securite qui passait par la s'approche et nous sort de cette discussion de sourds. Tyson s'en va. Et le garde nous glisse "Mefiez-vous, au Panama, personne n'est l'ami de personne."

Le lendemain, on part pour la visite incontournable, le Canal de Panama et les ecluses de Miraflores dotees d'une plate-forme qui presentent leurs activites. 
Sur la terrasse, on peut voir passer d'enormes batiments qui naviguent dans cette voie d'eau etroite, entouree de foret. Spectacle impressionnant. D'autant plus qu'on la chance de voir passer deux "Panamax", bateaux de 32m de large construits specialement pour traverser le canal dont les ecluses ont une largeur de 33m. Faut pas se rater ! 
On y apprend aussi des informations surprenantes. Pour la traversee, un pilote forme specialement doit etre a la barre. Le canal ne pourrait pas fonctionner sans les 9 mois de saison des pluies au Panama. Environ 12 000 bateaux traversent le canal et on compte une vingtaine d'accidents chaque annee. Son chiffre d'affaires est de 3 millions de dollars par jour. Ils n'acceptent de paiement ni par CB, ni par cheque. Les bateaux ont besoin d'environ 8h pour parcourir les 80km qui separent les deux oceans, mais avec l'attente pour les ecluses, ils y passent en moyenne 24h. La traversee des ecluses de Miraflores prend entre 30 et 40 minutes environ. Les bateaux qui contournent par l'Amerique du Sud au lieu de prendre le canal depensent trois fois plus d'argent...

Le jour suivant, on visite le Casco Viejo. Ancien quartier colonial compose essentiellement aujourd'hui de vieux batiments decrepits avec de grands balcons. C'est aussi le secteur ou se trouve le palais presidentiel a 100 ou 200m d'immeubles en ruine. Etrange...

On en profite aussi pour completer notre connaissance sur le canal en visitant le musee qui lui est consacre : 
Suite au Congres International de Paris de 1879, Ferdinand de Lesseps commenca la construction d'un canal a niveau. Un francais visionnaire, Godin de Lepinay, avait annonce que seul un canal a ecluses pourrait fonctionner, mais personne n'osa contredire de Lesseps, apres son succes avec le canal de Suez. 
Les francais creuserent jusqu'en 1904 mais ce fut un echec eclabousse en plus par un scandale financier et de la corruption. Les americains prirent la suite.
La construction des ecluses commenca en 1909 et dura 4 ans. 
Au total, avec la terre et les gravats retires, on aurait pu construire 63 pyramides de Gizeh ou une muraille de Chine de 2500 miles de long contre 1500 pour la vraie.
L'ouverture officielle du canal eut lieu en 1914.
Cote record, Richard Halliburton traversa le canal a la nage du 14 au 23 aout 1928 en payant un droit de $0.36 pour son poids d'environ 75 kilos. A l'oppose, le paquebot de croisiere Rhapsody of the Seas paya le 23/05/97 un droit de $153 662.66.
Les americains ne cederent l'administration du canal aux panameens que le 31/12/99 suite aux accords conclus en 1977.

L'histoire de ce pays est indissociable de celle du canal et si aujourd'hui, le Panama est un veritable melting-pot, c'est parce que des travailleurs et des aventuriers sont venus du monde entier pour se lancer dans l'aventure du canal.

17h. Fin de la journee. Tout ferme. Il est temps de rentrer. On se depeche de parcourir la tres animee Avenida Central ou un garde de la securite nous dit a nouveau d'etre prudents dans ce secteur.
Quelques minutes plus pard, une fille ouvre le sac de Franck pour y voler mon appareil photos. Franck l'a sentie. Rate ! Ouf ! C'est bien la premiere fois que ca nous arrive...

par Solene publié dans : Panama
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