On s'en est bien rendu compte en arrivant a Boquete a la nuit tombee. Entre les americains toujours prets a vous aider et un panameen qui a fait le tour de tous les hotels pour nous en trouver un libre et pas cher, on peut dire que l'accueil a Boquete est agreable. Moins pour Franck qui est toujours un peu rebute par l'anglais. Tout comme le proprietaire de notre hotel, bien content de pouvoir parler notre langue. Il semble lasse de l'invasion des americains dans le coin et de la suprematie de l'anglais. C'est la faute de Napoleon, nous dit-il. C'est vrai qu'ils sont nombreux ici ces Americains !
Boquete, c'est surtout un petit detour pour faire le chemin des quetzals au milieu de la foret tropicale humide. Une demi-journee de marche a la recherche desesperee d'un des ces oiseaux. Pris par le temps, on se resigne a faire demi-tour sans n'avoir rien vu. Et puis quelques minutes plus tard, juste en face de nous, un quetzal s'envole et se pose sur un arbre. Un vol colore de vert, bleu turquoise et rouge. Superbe ! On en aperçoit un autre quelques secondes plus tard. Le temps d'une photo et ils ont disparu. Ce sera les seuls et uniques de notre randonnee, mais au moins, on ne rentre pas bredouille.
Pour rejoindre Boquete, on se fait tres rapidement prendre en stop par deux sympathiques gars qui travaillent pour la television nationale, la chaine 3, et sont dans le coin pour un reportage. J'oublierai mon bob dans leur voiture. A rajouter sur notre liste des objets perdus depuis le debut du voyage : un cahier, une paire de chaussettes pour Franck et feu mon bob donc... En 4 mois 1/2, ca aurait pu etre pire...
Nous manquons definitivement de temps pour l'Amerique Centrale alors apres une longue et mure reflexion commune, nous avons decide de concentrer notre voyage sur des environnements que nous n'avons pas encore rencontres. Boquete et la foret tropicale humide, on connait, alors hop, on part le lendemain.
Route vers Bocas del Toro en minibus et c'est notre premier accident. Deux camions se sont rentres dedans. Le mini-bus devant s'arrete a temps. Tout comme le notre. Manque de bol, le 4*4 derriere n'a pas la meme sagesse et nous fait tous jouer aux autos tamponneuses. Au total, six vehicules sont accidentes. Pas de blesse, tout va bien.
Apres avoir recupere non sans mal nos sacs coinces dans un coffre desormais impossible a ouvrir, nous continuons la route dans le mini-bus suivant, debout cette fois-ci... Il y en a pour 4 heures et on est dans une position plutot inconfortable. Il fait chaud. Dur, dur. Un gentil panameen me cede sa place au bout d'une heure ; ouf, je souffle. Quelques temps plus tard, ravitaillement. On s'arrete sur le bord de la route et de nombreuses vendeuses se precipitent pour proposer leurs produits... Franck, toujours debout au milieu de l'allee, fait l'intermediaire. De mon cote, je gagne un sac d'oranges offert par la mamie assise a cote de moi. Decidement, les panameens sont bien sympathiques.
Arrives sur l'ile de Colon a Bocas del Toro, ca semble on ne peut plus touristique et on decide de fuir immediatement sur l'ile Bastimentos. C'est encore une fois de nuit qu'on arpente les rues, ou plutot la rue cette fois-ci, a la recherche d'un hotel. Tout est plein. Et ce sont, encore une fois, des locaux qui nous trouvent une petite chambre pas trop chere.
On descend ensuite pour diner dans un restaurant monte sur pilotis au-dessus de la mer des Caraibes. Ambiance des iles, tranquille, reggae et surf... et de nombreux touristes. On se sent en complet decalage et on a un peu de mal a apprecier. En tout cas, on voit mieux pourquoi Sylvain s'est plu ici... Enfin, je me comprends (Euh... Je crois que la je vais me defiler tout de suite. On m'a tres legerement souffle cette phrase)
On profite quand meme bien de notre diner. Une belle assiette de porc, de "patacones" c'est-a-dire de bananes vertes frites, de riz a la noix de coco avec des haricots et une salade de choux blanc et carottes, le tout legerement epice. Les iles, ça a du bon.
Le lendemain, ca ne s'annonce pas si facile. L'inconvenient de ne pas avoir de guide ; on ne sait jamais trop ce que l'on peut faire. On demande aux locaux et on opte finalement pour un peu de marche et farniente sur Wizard Beach. Hasard des rencontres, on retombe sur Luc, un suisse croise quelques jours plus tot a Panama. Luc qui a peur de l'avion et prefere traverser l'Atlantique en trois semaines sur un cargo tenu par des philippins sur le pont et des russes aux machines, plutot que de prendre un vol long courrier. En revanche, il n'hesite pas a prendre un petit coucou qui doit bien secouer pour faire Panama - Bocas, possible autrement en onze heures de bus. Enfin, comme le dit si bien Franck "tout le monde a ses contradictions".
On quitte la plage les derniers et on reprend le petit sentier survoles par des perroquets verts.
Le jour suivant, pas question de rester a ne rien faire, alors on s'organise un petit tour en bateau autour de l'ile de Bastimentos. Les dauphins viennent jouer autour du bateau, puis on fait halte a deux endroits pour faire du snorkeling. Peu de poissons, mais beaucoup de coraux. Franck, entre deux mots doux pour son masque de qualite mediocre, me dit que les fonds lui semblent plus colores que ceux de la Mer Rouge. Je ne parierais pas mon dejeuner la-dessus. D'autant plus, que de dejeuner on n'en a pas eu justement et comme on n'avait rien prevu... Au moins, on fait des economies comme ca !
On continue sur le village indigene dont l'entree est cachee derriere un etroit couloir de mangroves cotieres. On profite du paysage en attendant de voir apparaitre le village de la Quebrada de Sal. Un peu decus finalement. Je ne sais pas vraiment a quoi je m'attendais, mais pas a ca. Il y a cinq ans environ, cette communaute ne connaissait pas le tourisme. Aujourd'hui, ils en vivent et forcement, l'impact sur leur mode de vie est important.
Un dernier stop sur une belle plage de sable blanc et un peu de snorkeling sur des tombants de coraux. L'impression quand on passe au-dessus et qu'on s'enfonce dans les profondeurs le long de la paroi nous semble toujours aussi exceptionnelle.
Une journee bien remplie au final.
Etant trop tot dans la saison pour assister a la ponte des tortues, nous decidons de partir le lendemain matin.
On quitte le Panama sur deux images : celle d'un chauffeur de bus qui nous serre la main, nous aide a charger nos sacs sur le dos et nous souhaite un agreable voyage et celle de quatre gamins de 6-10 ans qui gagnent leur vie en cirant des chaussures et a qui nous offrons des assiettes de frites liquidees en un temps record. Ils nous remercient tous en partant...
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