Lundi 10 mars 2008
A peine revenus des Galapagos, on cherche un medecin car mon cou ne va pas mieux, au contraire. Ca va etre l'occasion de tester notre assurance voyage et le systeme medical equatorien. On ne se refuse aucune experience. Pour l'identification du mal, sorte de gros torticolis, et le remede, une injection d'un produit relaxant, c'est assez similaire a ce qu'on peut avoir en France en pareil cas. Pour la guerison par contre, on a quelques doutes. La gene et les douleurs vont durer bien plus que les 3 jours predits par le medecin traumatologue. Bien bien plus. J'espere que ca ne sera bientot plus qu'un mauvais souvenir.

Mon etat physique va nous donner une excellente excuse pour finir en roue libre L'Equateur et l'Amerique du Sud. La meteo, execrable cette annee, ne nous donne pas plus l'envie de bouger. Seule la selva aurait pu nous motiver, mais il ne nous reste pas suffisamment de jours d'ici le vol pour le Panama.

Apres quatre mois par monts et par vaux, ne "presque rien faire" et trouver une simili routine fait du bien aussi. Petit-dejeuner devant Friends a 9h30 (meme si avec le cable americain, c'est presque une epreuve : 10 min de serie pour autant de publicite), aller acheter des croissants ou des pains au chocolat dans une boulangerie qui fait des bonnes viennoiseries, passer du temps sur internet, ecrire des articles, lire et discuter. Avec une irlandaise qui se pose elle aussi a Quito et qui n'a pas trop le moral car son amie a du repartir precipitamment au pays, son frere de 20 ans ayant surement ete enleve. Avec Francois, un breton, qui attend lui aussi son depart pour le Panama ou il devrait retrouver sa copine et faire sa vie. Avec un canadien et sa magnifique guitare Taylor. Avec un finlandais et son chapeau. Avec Antoine et Alain enfin, http://www.cyclocanciones.fr , deux tres sympathiques francais qui tentent d'allier musique et pedalage dans leur periple americain. Il finissent la partie Sud a Quito et decollent bientot pour le Panama - decidemment - d'ou ils vont remonter dare dare vers le Mexique. Ils on pris un peu de retard sur le planning...

Des soirees agreables, presque tranquilles. On va quand meme visiter le Musee de la Ville pour constater l'influence francaise en Equateur fin 19ieme-debut 20ieme et se balader dans les marches artisanaux environnants. On craque aussi au supermarche : un blanc moelleux vendanges tardives ; de quoi faire une salade aux pommes, noix et supremes d'orange ; des toasts de chevre et de jambon Serrano ; des yaourts et du chocolat pour le dessert... une note qui s'approche ni plus ni moins d'une note de "Carrefour Meylan" mais en voyage, ce n'est pas habituel. Vous l'aurez compris, on a beau aimer decouvrir la cuisine locale, le gout francais est quand meme bien ancre en nous, et a juste titre !

Apparte : pendant que je redige cet article, Solene me lit a voix haute un passage de l'Epouse  hollandaise, de Eric McCormack, tres bon livre soit dit en passant. "Je ne suis pas de ceux qui peuvent passer une vie entiere dans le meme endroit a faire les memes choses. Je veux que ma vie soit une aventure meme si ce n'est pas toujours drole". 
A mediter...


On va avoir tout le temps de choisir le restaurant ou on va feter l'anniversaire de Solene. La Boca del Lobo. La note remporte haut la main le high score mais Solene va passer la soiree a encenser tout ce qu'elle mange : une tarte au camenbert, noix et pommes, un carpaccio de boeuf et une crepe au Nutella, le tout precede d'une excellente Pina Colada... entre ca et le tres joli bracelet en argent (qui va super bien avec son bronzage precise-t-elle) que je lui ai offert, elle aura certainement un bon souvenir de son anniversaire equatorien.

Pour finir sur une note d'actualites, c'est au kebab du coin qu'on va ecouter en direct le discours du President equatorien denoncant les agissements colombiens contre les FARC sur le territoire national. On aura le lendemain, la vision colombienne lors de notre escale a Bogota : les journaux, la tele a l'aeroport ne parlent que de ca et les gens sont tous tres attentifs. Heureusement qu'on n'a pas eu assez de temps pour aller dans la selva a Campo Agrio. Ici ils parlent de risque de guerre, ca a l'air tendu. Tout va bien dans le meilleur des mondes...

Au revoir l'Amerique du Sud !
par Franck publié dans : Equateur
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Samedi 1 mars 2008

Marre de la pluie, de la grisaille et du froid ? Preparez vos sacs et n'oubliez pas maillot de bain, palmes et creme solaire... Aujourd'hui, on vous emmene aux Galapagos.

On arrive en milieu de journee sur la petite ile de Baltra. L'aeroport est minuscule, une seule piste d'atterissage. Des la descente de l'avion, on penetre dans un autre monde. Un iguane terrestre est juste la, a nos pieds, a l'ombre d'un cactus. A l'ombre, oui, parce qu'ici, il y a un peu de soleil. Ca nous change du continent.
100 dollars de droit d'entree a payer, 6 seulement pour les equatoriens. Bienvenue dans l'archipel des Galapagos !

Premier contact avec Cesar, notre guide pour 5 jours, qui se presente comme une "espece endemique des iles". Quel sens de l'humour, ca promet !
On rencontre aussi les autres passagers du voilier : trois finlandais, deux australiens et une suisse. Tout le monde a a peu pres le meme age, ca a l'air plutot bien parti.

On rejoint rapidement le port pour embarquer. Sur le ponton, des lions de mer partout : sur les bancs, au sol, qui observent du coin de l'oeil ces nouveaux humains qui viennent les envahir. 
On saute dans l'annexe qui nous emmene au bateau. Le voila, le Merak, un sympathique petit voilier francais de 16m pour 8 passagers. A l'interieur, c'est petit, tout petit. Du bois partout. 
Distribution des cabines. Waouh, une fois nos gros sacs a dos poses au sol, plus de place pour marcher dans la chambre. Va falloir s'organiser surtout avec le grand sens du rangement de Franck. Au surprise, il fera attention presque tout le temps... Deux petits lits superposes en forme de trapeze, 30 cm au pied. Une petite lucarne qui donne sur le pont du bateau. Une fenetre au-dessus de ma couchette de 10cm sur 30. Voila a quoi ressemble notre 45eme lieu de vie depuis le debut du voyage.

Le temps d'enfiler le short et en route pour notre premiere visite, la plage de Bachas sur l'ile de Santa-Cruz. On a tout de suite la chance d'apercevoir lions de mer, iguanes marins, fous a pattes bleues et crabes aux couleurs vives orange, jaune et bleu.
Je ne peux m'empecher de penser a ce qu'a pu ressentir Charles Darwin en decouvrant ces iles et tous ces animaux, especes endemiques pour la plupart, qui l'ont inspire pour rediger sa theorie de l'evolution.
On prend le temps d'observer. Franck est captive par les fous a pattes bleues, pour la couleur de leurs pattes tout d'abord, si rare dans la nature et pour le spectacle qu'ils offrent en attaquant tous ensemble un banc de poissons. Ils referment leurs ailes et foncent tete la premiere comme des missiles dans l'eau. De mon cote, je suis fascinee par les iguanes marins, uniques au monde et tellement representatifs de l'evolution. Partout ailleurs, ce sont des animaux terrestres.
Le guide nous saoule un peu d'informations dans un anglais fatiguant. Dur pour Franck qui ne comprend pas qu'on s'acharne a parler anglais dans des pays hispanophones. 
Un premier bain dans l'ocean pacifique et retour sur le voilier ou un delicieux diner nous attend. 

Le vent se leve. Le bateau tangue, tangue de plus en plus. Pas evident l'equilibre, surtout dans la douche et aux toilettes.

Au milieu de la nuit, la pluie commence a tomber et c'est le reveil en catastrophe pour beaucoup. L'equipage qui dormait sur le pont rapplique vite fait a l'interieur. Edita, la suisse, sort recuperer ses vetements mis a secher dehors. Et nous, nous refermons fenetre et lucarne et essayons de colmater tant bien que mal les fuites... Pas la nuit la plus reposante.

Le lendemain matin, on accoste difficilement, apres un riche petit dejeuner, sur la cote decoupee de l'ile Mosquera.
L'ile est surpeuplee. Une colonie organisee par les lions de mer suivants leurs propres regles : De gros males qui se sont repartis le territoire et qui regnent sur des harems de 15 a 20 femelles ; des jeunes qui doivent rester sur le sommet de l'ile sans pouvoir approcher les femelles sous peine de se faire repousser ; des bebes qui tetent leur mere, les plus jeunes ont 2 mois et les plus ages 2 ans. Ce ne sont plus vraiment des bebes d'ailleurs, mais comme leur mere n'a pas eu d'autres portees, ils continuent a teter.
Ils se comportent comme si nous n'etions guere que des paparazzi un peu agacants. Ils nous surveillent du coin de l'oeil sans bouger. Seuls les males nous chargent parfois quand on s'approche un peu trop pres de leur harem... des fois qu'on veuille leur piquer une ou deux femelles !
Pour une premiere matinee, on n'est pas decu. Il n'est pas necessaire d'etre biologiste pour apprecier cet endroit, un des rares de la planete ou la presence humaine respecte encore une certaine discretion. 

Toutes nos journees s'organisent ainsi entre visites sur les iles pour observer la faune et snorkelling.

L'ile la plus exceptionnelle est certainement Espanola avec ses grandes plages de sable blanc et sa faune abondante. Les jeunes lions de mer font du surf sur les vagues ; les fous de Nasca et les fous a pattes bleues couvent un peu partout leurs oeufs ou nourrissent leurs nouveaux nes au duvet tout blanc ; les iguanes marins prennent un bain et reviennent se faire dorer au soleil et les crabes jouent les danseuses sur les rochers de lave.
Du haut des falaises, la vue est impressionnante. De l'ecume jaillit du soplador en contrebas tandis que des oiseaux tropicaux evoluent gracieusement dans les airs. 
L'ile est aussi reputee pour ses albatros qui font une halte ici lors de leur migration. Malheureusement, on n'en verra aucun. La majorite a apparemment ete decimee par des pecheurs peruviens.

Quant au snorkelling, meme si les fonds n'ont rien de comparable avec ceux de la Mer Rouge, on vit quand meme des moments inoubliables pres de l'ile de Floreana a Corona del Diablo. Un cone volcanique erode depasse au-dessus de l'ocean, un demi-cercle de roche dechiquetee ou l'on croise une faune marine des plus etonnantes : raie pastenague et raie leopard, requin corail, diodons, tortues, concombres et etoiles de mer, poissons perroquets divers... et surtout pour Franck et moi, un peu a l'ecart, quelques instants a nager avec un jeune lion de mer joueur et plutot curieux apparemment de nous entendre imiter son cri. Pas de temoin alentours et le ridicule ne tuant pas... on a tente.

On passe le reste de notre temps pieds nus sur le voilier a prendre le soleil, les cheveux au vent, a profiter de la navigation a la voile, a discuter... et pour Franck a essayer de tenir le cap...

Que les vacances sont douces !

C'est trop tot qu'on jette l'ancre a Puerto Ayora sur l'ile de Santa Cruz pour la derniere soiree sur le voilier. Jussi, le finlandais, a achete du vin chilien Concha y Toro et un alcool finlandais au gout de reglisse. L'ambiance est sympathique et on termine la soiree sur le pont. L'air est doux, le ciel degage et la lune pleine. 
C'est l'occasion pour Franck et moi d'un petit bilan personnel sur notre voyage en Amerique Latine qui touche a sa fin. Bilan que Franck conclura par :"Tellement de choses a faire dans la vie et le boulot est la plus chiante." Tout est dit ! Rien a ajouter !

Le lendemain matin, on dit adieu au Merak. Comme pour nous saluer un jeune requin marteau passe sous le voilier. Le seul et unique de tout le sejour.

Un rapide tour au Centre Darwin pour voir les tortues terrestres dont certaines atteignent les 250 kg et notamment Georges, dernier de son espece, age de 80 ans environ. Et c'est la fin. Nous sommes de nouveau seuls tous les deux.

Heureusement, les Galapagos ne s'arretent pas la. On s'est prevu trois jours supplementaires sur l'ile d'Isabela, la plus grande de l'archipel. 
Ce qui frappe en arrivant, c'est son petit port de peche colore et borde de mangroves ou se reposent de nombreux lions de mer. Ambiance des iles, paisible.

On s'organise quelques sorties notamment aux Tuneles et au volcan Sierra Negra. 
Les Tuneles sont des tunnels de lave baignes par l'ocean, un coin sympathique pour le snorkelling et l'occasion de voir les manchots des Galapagos et de nouveau des tortues de mer, raies, lions de mer...
Le Sierra Negra que l'on parcourt a cheval est un volcan actif dont la derniere eruption remonte a 2005. Son diametre de 10 km est le 2eme plus grand au monde. 

Le reste du temps, c'est repos, promenades au bord de mer et glaces systematiques au dessert. Grand luxe !

Tout aurait ete parfait si Franck ne s'etait pas blesse en faisant du snorkelling. Un gros torticolis, disons. C'est risque les vacances !

Il est temps de partir et de retrouver Quito sous la pluie. Dernier lever de soleil sur Isabela avec les fous qui nous survolent : derniere carte postale.
Les Galapagos, peut-etre la seule et unique fois de notre vie, c'est dur de s'en aller mais que c'etait bien !

PS : Choix difficile. Du coup, la galerie photos est plutot longue...

par Solene publié dans : Equateur
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Jeudi 28 février 2008
- Je vous assure ingenieur, j'ai essaye toute la journee mais je n'ai pas reussi.
- Oui ingenieur toute la journee mais la machine est trop petite.
- Mais demain ceux du consejo (equivalent DDE) y vont, avec une pelleteuse plus grande, ils vont le sortir de la.
- Oui ingenieur je vous tiens au courant. A demain.

C'est a peu pres la conversation qu'on pouvait entendre le soir de notre arrivee au seul telephone de Pucara. Il est situe dans une petite maisonnette prevue a cet effet, lieu de rencontre des villageois. C'est du materiel Alcatel soit dit en passant, dont des batteries que Don Felipe etait tout content de nous montrer.
En ces termes, Don Pablo faisait comprendre a l'ingenieur que le camion venu porter du ciment pour le chantier des canalisations d'eau de Pucara resterait ce soir bloque dans l'eboulement de la route.

Pucara. 1h de marche de Santa Rosa. 1h de marche d'Apuela. Un telephone. Oubliez le portable et sa connexion internet ou le dernier telephone Nokia, inutiles ici. Le coeur de la sierra et sa foret subtropicale humide qu'on atteint par 3h de bus depuis Otavalo puis 20 minutes a l'arriere d'une camionnette depuis Apuela, eboulement oblige.

La camionnette. Le seul moyen de transport pendant une semaine qu'on partage avec les locaux, des bidons de lait, des rondins de bois ou parfois un tas de sable et deux vaches, trois vaches et deux chevaux ou des dejections porcines... ca laisse plus de place mais on ne sait pas plus ou se mettre. Et le sac, je le pose ou?
Mais tout le monde s'aide, vous aide. "Oui il y a du monde la, mais serrez vous quand meme car il ne vaut pas mieux se tenir a la porte de derriere qui a tendance a s'ouvrir." Solene est bien contente du conseil. Tout le monde est la ? Vamos...

Une prise de contact rapide autour d'un repas simple, riz et lentilles, notre nourriture de base pour une semaine. Il ne faudra pas trop compter sur les extras. Il y a David, un anglais qui s'occupe du projet sur le terrain depuis 4 ans (Armando le fondateur du projet passant la majorite de son temps sur Quito maintenant), Celia la cuisiniere et les volontaires : Scott et Kate, australiens, Bosch, anglais, et Dorab canadien.
L'association tente de preserver l'ours andin ou ours a lunettes, menace d'extinction aujourd'hui. D'une part elle essaie de recuperer des animaux maltraites (zoo, cirques, particuliers) et de les rehabiliter a la vie sauvage dans un centre specialise avant de les relacher dans leur milieu naturel. D'autre part elle etudie le comportement de l'ours, ses deplacements afin de mieux le proteger. Pour cela, elle utilise notamment des colliers radios qui permettent de localiser les ours par telemetrie et triangulation. Actuellement, quatre ours sont ainsi suivis. Enfin, l'association mene une mission de sensibilisation aupres de la population locales car les ours ont parfois la facheuse tendance d'aller devorer les champs de mais. Et les cultivateurs a avoir la gachette facile. Pour etre plus persuasive, l'association essaie de les indemniser.

Permier jour, on va nettoyer le sentier de San Luis et ecouter les ours. C'est parti. Machettes a la main, bottes en caoutchouc aux pieds, deux bouts de pain, du thon en boite, trois biscuits et une pomme dans le sac. Pour le dejeuner aussi, c'est assez simple. Une bonne journee dans une foret subtropicale omnipresente a ecouter les ours et a se battre avec les bambous. En cet hiver 2007-2008, on n'aura pas trop manie les Quarks, mais la machette si. Sportif aussi. Pour le manche, je prefere le grip des Quarks. Moins agressif, il laisse moins d'ampoules...

Deuxieme jour. On fait deux groupes. Dorab, Bosch, Alberto (un local qui travaille regulierement avec l'association) et moi pour le debroussaillage. Solene, Kate, Scott et David pour la telemetrie. Activite differente mais on rentrera aussi mouilles les uns que les autres. Avec Bosch et Dorab, on sera bien content d'etre pris en stop, meme a 15 min de Pucara apres cette journee sous la pluie. La camionnette s'enlise dans le chantier des canalisations du village. Tout le monde aide. Tout le monde pousse. Dix minutes plus tard, la voie est libre. Poignees de main. Merci. Que le vaya bien...
Soiree sympathique avec tous les gamins qui viennent jouer au poker a la maison des ours avec comme mise des haricots blancs. L'essentiel est de jouer, pas de gagner et il se refilent des haricots les uns les autres quand ils sont en perdition.

Les deux prochains jours, c'est camping. Oui non, rien a voir avec la version Franck Dubosc. On prepare les sacs. On prend les tentes meme si a priori on n'en aura pas besoin. Pas plus mal avec la meteo du coin mais ca n'allege pas les sacs.
Ca commence par la camionnette du laitier. Une autre. Une derniere mais qui s'arrete bien vite pour cause d'eboulement. Les routes et les talus de terre souffrent beaucoup avec la pluie. Tout l'Equateur souffre d'ailleurs avec les pluies exceptionnelles de cette annee : une quinzaine de morts, des milliers de sinistres, des routes coupees, des centaines d'hectares de cultures inondees et perdues sur les regions cotieres. Ca fait les grands titres des journaux tous les jours. La sierra n'est pas en reste.
On poursuit par 4h de marche dans 20cm de boue bien souvent. Les bottes lisses nous jouent des tours, on est a 4 pattes dans du 20 degres...

On arrive enfin chez nos hotes. Une maison simple. Une cuisine avec les cochons d'inde qui vivent en liberte a meme le sol avant de finir en mets de choix. Avec les poules qui s'invitent aussi parfois. Avec le feu qui fait mijoter la soupe. L'eau courante ? Oui en prise directe du ruisseau, elle arrive au tuyau dehors au dessus du gros bidon. Ca sert aussi pour la douche. Pour les toilettes ? C'est ou on veut au dela des barbeles... avant il faut quand meme respecter l'espace des quatre cochons.

Mais on n'est pas venu que pour profiter du cadre enchanteur, sinon pour reactiver une cage. L'association devrait bientot recevoir un collier GPS et il faut donc capturer un ours pour l'utiliser. Les rejouissances du jour consistent a porter la cage dans un endroit opportun, sur le passage des ours. Les garcons portent un ou deux elements, des plaques de fer, accroches avec un bout de corde dans le dos. Les filles s'occupent de l'intendance : le dejeuner pour tout le monde, le materiel de telemetrie, les vetements et l'eau. On a l'impression d'etre des clandestins en train de porter je ne sais quoi d'illegal dans une foret reculee. Marrant mais ca n'a rien de facile : la boue, les hautes herbes, les arbres tombes. On a bien merite une petite pause pour jouer a Tarzan !
En deuxieme partie de journee, on pose la cage et on continue l'exploration de la foret, tres dense, pour trouver un emplacement adequat. La progression est difficile dans ce terrain pentu et glissant, les machettes indispensables et la pluie toujours la. C'est rien de dire qu'on se fraye un chemin dans la foret. Il nous faut traverser un ruisseau bien virulent. Bosch, peut etre pas assez mouille, ou plus surement a l'insue de son plein gre opte pour un bain raffraichissant. Je lui laisse.
On continue notre avancee et enfin on decouvre des traces d'ours : la mousse absente des arbres (l'ours se frotte), un poil, les restes de bambous (nourriture principale de l'ours), des traces de griffe sur les arbres. Ah oui, l'ours, on ne le voit jamais. Il a un odorat trop performant. David en a vu un seul en 4 ans en liberte, dans un champ de mais, mais il a vu juste pour ce chemin d'ours en haut de la colline. Il est trop tard pour emmener la cage jusque la. Une partie du travail est faite.

On rentre au "camping" et on passe la soiree comme la veille au coin du feu, a boire de l'eau de guayusa (plante pour la tisane) avec un peu de puro, l'alcool local de canne a sucre. On prend le temps.
On discute. Les gens ici vivent avec 3$ par jour, moins que le prix d'un menu chez Mc Do a Quito. Quelles disparites en Equateur. Dans tous les pays qu'on a traverses d'ailleurs. Bien sur on le sait mais on y est encore plus confronte en voyageant. Partager, ca fait longtemps qu'on ne sait plus ce que c'est. Moi y compris qui, en meme temps que je fais secher mes chaussettes et bottes au dessus du feu, pense a la chance que j'ai d'etre bien, de vivre en France, d'avoir un appartement et le confort qui va avec. Tout ca est bien complique. Que faire ? Aider quelques personnes ? C'est un debut mais quid pour toutes les autres ?
David essaie d'aider les locaux en les faisant travailler quand l'association a des ressources et en les payant plus de 3 fois le salaire journalier normal. Pourquoi pas seulement le double et permettre un travail plus regulier. Je ne sais pas. Tout le monde fait ses choix. Tout le monde a parfois ses incoherences. En tout cas la population semble l'apprecier, lui et l'association. Beaucoup de questions autour de ce feu. Peu de reponses.

On regagne Pucara le lendemain. L'etat du chemin ne s'est pas ameliore.

C'est la fete a Santa Rosa. Une camionnette y descend a 17h. J'hesite. Je vais finalement voir avec Kate tandis que Solene, Bosch et Scott se font une soiree pop corn-DVD sur le PC portable de David. Il ne se passe pas grand chose. C'est la fin du tournoi de volley, sport "national" (apres le foot) mais qui ici se joue a 3 contre 3 et avec un ballon de foot. Allez comprendre. Le tournoi de cuarenta commence. Il s'agit d'un jeu de cartes tres prise dans la sierra. Tous les hommes sont la, occupes. Les femmes pour l'instant absentes se reservent apparemment pour la soiree dansante qui commencera bien plus tard. Un peu a l'ecart, on decide de rentrer avec Kate. Il est 20h, il fait nuit, il pleut et il nous reste 1h de marche jusqu'a Pucara. Au bout de 30 minutes a la frontale, une camionnette s'arrete et nous prend. Cool.

Je mange, je ferme le sac et au lit. Demain il ne faut pas rater la camionette qui descend au marche a Apuela. On est a l'heure mais c'est plein a craquer, un peu plus on ne rentrait pas. Les locaux nous prennent les sacs, nous aident a monter. L'esprit de la sierra : des gens gentils avant tout. "Muy buena gente" comme aime dire David. Il n'a sans doute pas tort.
De la, il nous reste plus qu'a prendre la route pour Otavalo. A priori la route du haut est a nouveau praticable. Le chauffeur se renseigne a Apuela et decide de tenter. Praticable, c'est vrai. Enfin, quand on voit le bus qui frole le bord de la route en terre, avec juste a cote... un ravin de terre, on se demande comment tout ca tient et on finit par trouver les routes boliviennes plus que sures.

On ne sait pas trop si on aura permis a l'ours a lunettes de survivre car on a parfois l'impression que l'association manque cruellement de moyens et que c'est un travail de fourmi, de longue haleine mais on a passe une semaine super au final, pour tout un tas de raisons et on a un peu touche du doigt la vie de la sierra.

par Franck publié dans : Equateur
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Lundi 18 février 2008
Quito. Un nom qui me plait. Je ne sais pas pourquoi. Peut etre parce que ca paraissait loin au depart. Maintenant on y est. Deja, j'aurais presque envie de dire. Mais c'est pas tout ca, il ne faut pas trainer, on a a faire.

On doit organiser nos envies de "benevolat" et... les Galapagos. Eh oui, on a craque. "Es una locura" (une folie) comme on dirait ici. Une semaine la-bas va nous couter autant que l'Argentine, la Bolivie et le Perou reunis (grace aux sous d'Iberia, il faut le dire) mais apres 3 mois de voyage, on s'est dit qu'on avait bien merite de prendre une semaine de vacances. Non c'est vrai quoi, trop de voyage, et apres... Il faut pas pousser le bouchon trop loin, n'est ce pas Maurice !

Le carnaval nous a retardes et il faut maintenant faire le tour des agences de l'avenue Amazonas pour trouver une croisiere aux Galapagos. Ce n'est pas si evident entre les prix, les disponibilites et les dates qu'on nous propose pour le benevolat. On hesite un peu, juste une heure, et une opportunite qui nous permettait de concilier les Galapagos et le centre de secours d'animaux dont Solene avait envie nous file sous le nez. Dommage. On est un peu depite. Les agences ferment. Le lendemain, il faut prendre une decision rapide car il ne reste plus que deux possibilites pour un depart sur 5 jours a un prix abordable en fevrier. On choisit finalement de partir pour une croisiere sur un voilier de 8 personnes. On doute un peu qu'il utilise souvent la force d'Eole, ce n'est peut-etre que pour faire joli, mais dans l'esprit ca nous correspond plus. La croisiere s'amuse, ce n'est pas pour tout de suite, comme dit Solene.
On oublie les quatre retraits indecents pour payer tout ca cash (c'est oblige, una locura je vous dis) et on dit merci aux cartes dorees au passage, parce que sinon... En tout cas voila, on va partir aux Galapagos ! Manque plus que les palmes et le tuba, histoire d'alleger encore un peu le sac.

Il nous faut encore occuper la semaine precedente. Le lendemain soir, on recoit une confirmation pour aller dans une association (www.andeanbear.org) qui etudie l'ours andin, en voie de disparition. C'est a l'heure actuelle l'espece d'ours la plus menacee au monde. Ca nous permettra en plus de decouvrir le nord de l'Equateur et sa foret subtropicale humide... a la saison des pluies. Tant qu'a faire !
Finalement, tout ca ne se goupille pas si mal.

On peut enfin profiter de Quito. On fait la visite "traditionnelle" du centre historique. Joli. Des places, des eglises, des batiments. A force, on a l'impression de "connaitre". L'ambiance de Quito est pourtant sympa pour une capitale. C'est aere. Ca grouille moins qu'a La Paz par exemple. On a l'impression que ca va moins vite. Au centre culturel, on tombe sur une super exposition photographique des prix de la presse 2007. Il y a de tout : les horreurs de la guerre au Moyen-Orient, la spontaneite animale, l'instantane de la vie quotidienne. Pour la France, on a droit au fameux coup de boule en 6 cliches et aux tentes Quechua sous les tuyaux du Centre Pompidou. On peut mieux faire. Heureusement, des images hallucinantes de break dancers dans les rues parisiennes sont la pour redorer un peu le blason. On va finir la journee par une petite flanerie au parc la Carolina.

Le soir on s'offre une petite escale culinaire... suisse. Ben oui, il faut varier parfois. C'est la "Fondue au chocolat" qui nous a parle de suite. Apres celle d'Argentine, de Bolivie, on avait rate celle du Perou a cause d'un retour trop tardif du trek de Santa Cruz. En Equateur, on ne voulait pas commettre d'impairs. On se met en appetit avec des rostis tout a fait honorables avant de terminer sur cette delicieuse fondue au chocolat. Je vais meme demander une petite cuillere pour ne pas en laisser une miette. Comme quand j'etais petit et que je demandais de ne pas tout verser dans le moule a gateau. Le chocolat fondu de la casserole, c'est le meilleur.
On va retourner dans ce restaurant suisse deux jours apres pour une fondue de viande qu'on faisait cuire dans un bouillon avec des legumes : champignons, brocolis et choux-fleur. Different de la fondue bourguignonne mais tres bon egalement. Je compte sur nos lecteurs suisses (si, si, on en a) pour nous dire si c'est typique ou s'il s'agit d'une libre adaptation. Bien sur on ne part pas sans gouter a la fondue au chocolat. Ah bon, on l'avait deja goute ? Il doit s'agir d'une legere confusion alors...

Le lendemain on s'en va a la "Mitad del Mundo" ou il y a un musee a la latitude 0 degre, calcule par GPS. Il y a un autre musee, plus "officiel" pour les instances touristiques de l'Equateur mais la ligne est en fait decale de 7 secondes. C'est un francais, M. Condamine, qui s'etait quelque peu trompe dans ses calculs il y a quelques 270 ans.
Le plus surprenant est l'ecoulement d'un lavabo portable pour montrer l'inversion des forces de Coriolis. Le "tourbillon" est dans le sens horaire au sud, anti-horaire au nord et... inexistant sur la ligne d'equateur ! La surface de l'eau n'est animee d'aucun mouvement particulier. L'eau semble juste tomber tout droit. A voir. Et ce, seulement pour quelques metres de difference. Une autre experience etonnante est realisee sur notre force. Alors que Solene n'arrive pas a contrecarrer la force de mes deux bras dans chacun des hemispheres, je ne parviens pas a lui resister a cheval sur la ligne d'Equateur. On pourrait dire que c'est subjectif, et pourtant.

Pour notre dernier jour a Quito, on va visiter le musee de la Banco Central qui retrace l'histoire du peuple equatorien, depuis l'arrivee des premiers habitants du continent americain venus a pied d'Asie par le detroit de Bering, alors a sec, jusqu'a l'independance au 19ieme siecle. Tres interessant. De voir toutes les tribus qui ont peuplees l'Equateur, tribus qui semblaient tres avancees pour la confection de poterie, de ceramique, d'outils et le travail des metaux et de l'or en particulier. De (re)voir les productions plus basiques et pragmatiques, et pourtant posterieures des incas. On se rend bien compte que c'etait un peuple guerrier, politique et tres organise, ce qui lui a permis de dominer, au moins territorialement une grande partie de l'Amerique du Sud en son temps. Mais pour l'art... De voir aussi l'arrivee europeenne et tous ses symboles chretiens. Un changement radical. Pour quels effets ? Un tres beau musee en tout cas.

Bon c'est pas tout ca, mais il faut aller preparer les sacs et quitter l'ambiance quiteña, bien agreable au final. Demain on va sauver les ours !

ET VOUS, AU BOULOT ! 

(Qui va payer mon chomage apres, me glisse Solene en riant a cote de moi. En attendant, elle bosse aussi. Elle telecharge les photos. Il est 21h55 heure locale, on n'a pas encore mange, juste pour accompagner votre debut de semaine. On est vraiment trop gentil avec vous...)

par Franck publié dans : Equateur
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Lundi 11 février 2008

Comme prevu, on fait un petit detour sur Banos puisque le volcan Tungurahua s'est calme et que la route vient de re-ouvrir. Celui-ci a en effet eu une forte activite le mois dernier, menacant d'eruption. Il faut avouer qu'on espere bien avoir la chance de le voir et de l'entendre.

On arrive sur Banos dimanche en milieu d'apres-midi. Le carnaval bat son plein. Il faut etre bien sur ses gardes pour eviter les batailles de pistolet a eau et de mousse. Des kiosques a friandises ont fleuri un peu partout dans les rues. Des petites echoppes proposent cochons et cochons d'inde a la broche egalement. Et le soir, un orchestre rejoue tous les standards equatoriens (enfin, on imagine) et on a meme le droit a un feu d'artifice...

L'ambiance est detendue, sympathique ; l'hotel paisible mis a part les cris des perroquets en liberte dans la cour... On s'y plait tout de suite.

Malheureusement, le ciel est bien couvert. Impossible d'apercevoir le volcan et de toute facon, les bruits de la fete couvrent nettement celui qu'il pourrait faire. 

Pour se remonter le moral, on fait la razia au supermarche de Banos : olives vertes et vin blanc doux de Mendoza pour l'apero, fruits, legumes, tout ce qu'il faut pour preparer d'excellentes pates a la carbonara, tablettes de chocolat, pain et nutella... En Equateur, comme en Argentine, on retrouve des cuisines a disposition dans toutes les auberges, alors on en profite. Se mitonner ses propres petits plats, ca fait du bien. 
C'est aussi l'occasion d'echanger un peu plus avec les autres voyageurs et ce soir la, ce sera avec un sympathique israelien qui vient de passer deux mois dans une communaute aborigene dans le nord-est de l'Equateur. Interessante experience mais il n'a pas eu grand-chose a manger et est vraiment squelettique.

Le lendemain, Franck a mis le reveil a 6h pour jeter un coup d'oeil a la meteo et voir si par chance, le volcan est decouvert. Mais c'est un nouvel echec. Le ciel est encore une fois bien gris.

On dort encore un peu avant de prendre le bus pour aller marcher dans la foret subtropicale humide aux alentours. On commence par le sentier des 12 cascades, seuls au milieu d'une vegetation dense et de nombreux papillons de toutes les couleurs. C'est bien agreable de se trouver a nouveau dans la nature. Ca nous avait manque ! 
On termine ce chemin par un petit rafraichissement dans la cascade del Rocio.

On remonte ensuite sur la route principale a toute vitesse. Il parait qu'il faut que j'augmente ma VO2 max... Je vous laisse deviner d'ou vient cette drole d'idee...

Sur la route, a peine le temps de tendre le pouce qu'un pick-up nous prend en stop et fait un petit detour pour nous deposer au sentier suivant, a la cascade el pailon del diablo. Bien serviables les gens du coin...

On termine notre petite excursion sur cette jolie cascade avant de rentrer sur Banos.

A la descente du bus, je me retourne ; le ciel est enfin decouvert et laisse apparaitre un champignon de fumee noire qui emane du volcan Tungurahua. 
On reste quelques minutes a observer ses frequentes explosions. Au fur et a mesure que la nuit tombe, on voit apparaitre en plus de la fumee, des jets de pierres de lave.

Sans hesiter, on file voir une agence pour prendre un tour qui monte au mirador en face du volcan. Le ciel est bien degage, depart prevu a 21h soit 2 heures plus tard. Si tout se passe bien, on devrait avoir la chance d'assister a quelques petites explosions de lave. 

Et bien non ! Pas de chance ! A 21h, le brouillard recouvre a nouveau tout le paysage. 
Le bus nous monte jusqu'a 3800m d'altitude, mais en vain, on ne voit rien du tout. Comme dit Franck, ca nous permet au moins d'entretenir nos globules rouges. Ouais, maigre satisfaction...
On attend 2 heures autour d'un feu de camp, mais pas de cone a l'horizon, ni de lave qui en jaillit... En revanche, on entend parfaitement chacune des explosions. Enfin, quand les Equatoriens et les anes du coin veulent bien se taire un peu... Un bruit sourd, proche du tonnerre, resonne a intervalle regulier.

On remonte dans le bus pour Banos et puis sur la descente, tout d'un coup, le ciel se degage autour du volcan. Il est 23h15 et on assiste a de nombreuses explosions avec des jets de lave qui nous semblent de plus en plus puissants. Certains equatoriens presents avec nous disent que le volcan est tres agite. Vraiment tres impressionnant !

Malheureusement, les maigres performances de nos appareils photos ne nous permettent pas d'immortaliser ce moment.

On se couche donc vers 00h15 avec les grondements du volcan en fond. 

Une nuit agitee. La porte de notre chambre ne cesse de vibrer, de cogner a chaque nouvelle explosion. Mais vers 5h du matin, les vibrations que le volcan provoque dans notre chambre me reveille. Ses grondements se font entendre en continu. Franck ouvre les yeux a son tour. 

Impossible de se rendormir. J'ecoute le volcan et hesite quelques instants avant de sortir voir de quoi ca a l'air. Quatre nouvelles explosions plus fortes encore. On saute du lit a toute vitesse, on s'habille et on decide de filer rapidement a la sortie de la ville d'ou on a vue sur le volcan Tungurahua.

En sortant de la chambre, on croise une voyageuse allemande qui me dit qu'elle a fait son sac et qu'elle est prete a partir. Le proprietaire de l'hotel, lui aussi sur le pied de guerre, me montre le champignon de fumee au-dessus de nos tetes et m'explique que depuis 23h hier soir, les gens commencent a evacuer la ville. Il me dit qu'il faut maintenant que les touristes evacuent, que ca devient dangereux et rajoute : "Vous allez voir le volcan. Vous avez votre appareil photo au moins parce qu'on ne voit pas ca tous les jours."

On court vite, vite a la sortie de la ville. Quelqu'un nous crie: "Pour le volcan, c'est au fond de la rue. Beaucoup de lave, beaucoup de lave !"

On arrive au point de vue, mais on ne voit plus rien. La fumee qui sort du volcan recouvre tout le cone. 
Un coup d'oeil autour de nous. On est a la sortie qui sert en cas d'evacuation de Banos. Des gens sont installes un peu partout sur le trottoir. Les enfants sous les couvertures, les sacs au pied, chiens et perroquets a la main. Tous ecoutent la radio pour prendre les dernieres informations sur l'evolution de la situation. 

On retourne a l'hotel pour preparer notre sac et partir nous aussi au plus vite sur Quito. On rencontre notre ami israelien qui sort de sa chambre et constate que le tonnerre fait beaucoup de bruit ce matin. Franck lui explique qu'il s'agit en fait du volcan. "Ah bon ?"
 
On est pret a 8h et en arrivant a la gare routiere, un gars arrete un bus et nous dit que c'est le dernier qui part, qu'ils vont barrer la route. On ne sait pas si c'est vrai ou pas, mais on monte dans le bus plein a craquer et on fera donc une partie du voyage debout ou plutot assis dans le couloir.

On constate effectivement sur la route qu'ils sont en train de la fermer et que se rendre sur Banos ne semble plus possible. 

On a quitte Banos alors que le volcan etait en alerte orange. Depuis celui-ci est passe en alerte rouge, fait la une des journaux quotidiens et a entraine l'evacuation d'un grand nombre de personnes. 

Pas facile la vie au pied d'un volcan actif. 

par Solene publié dans : Equateur
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Samedi 9 février 2008

Nouveau changement de pays. Direction l'Equateur. Un pays qui m'attire depuis longtemps, un tout petit territoire et tellement d'ecosystemes differents : les Andes et l'avenue des volcans dont certains sont encore actifs, la foret subtropicale et la jungle amazonienne, les iles Galapagos, la cote pacifique et les mangroves...

L'arrivee en Equateur promet encore plus d'imprevus que d'habitude. A chaque nouvelle frontiere, de toute facon, c'est l'inconnu. On ne sait jamais trop ce qui nous attend de l'autre cote. 

Mais cette fois-ci, apres 3 mois de voyage on se dit qu'on va essayer de voyager differemment et de consacrer un peu de temps a du benevolat. Le probleme, c'est qu'emportes dans le tourbillon du voyage, nous n'avons encore pris aucun contact.

Il faut donc s'organiser un peu pour trouver un projet qui concilie les attentes de Franck et les miennes. On decide de monter sans plus attendre a Quito, la capitale. Deux stops rapides pour couper un peu le voyage : la ville de Cuenca tout d'abord et Banos ou le volcan Tungurahua semble s'etre calme depuis quelques jours tout juste.

Des le passage de la frontiere, on sent un petit d'air d'Etats-Unis souffler ici. De nombreux 4*4 dans les rues, le retour des McDonald's / KFC / Burger King, des cinemas multi-plex avec le plateau de pop-corn / soda taille XXXL et on paye desormais avec le fameux billet vert note "In god we trust".

Le ciel est bien gris, il pleut un peu. Beaucoup d'eboulements sur les routes. Le pays subit apparemment de nombreuses innondations, notamment sur la Cote Pacifique. On nous explique que c'est l'ete le plus pluvieux de ces 12 dernieres annees et c'est celui-ci que nous avons choisi pour une petite visite.
 Pas mal, non ?

Arrivee a Cuenca, on decouvre que c'est l'epoque du carnaval. Ambiance festive, un peu trop peut-etre pour nous et apparemment pour d'autres voyageurs egalement. Les touristes sont en effet la cible favorite des enfants et des plus grands pour le pistolet a eau, les seaux d'eau jetes depuis les balcons et la bombe de mousse. Sauf que quand on a nos sacs sur nous, le sens de l'humour nous fait un peu plus defaut. L'autre galere du carnaval est que tout est ferme et qu'on ne peut pas faire grand-chose.

En deux jours, nous avons aussi le droit a deux reprises a de la discrimination et des insultes racistes. On est vraisemblablement mal tombe, mais quand on arrive tout juste dans un pays, c'est difficile et on se pose beaucoup de questions sur ses habitants. Un jour, on nous annonce des prix hallucinants pour deux tomates en nous expliquant que les prix sont differents pour les gringos, que vu ou on vit, on n'en a rien a faire des prix... Et le lendemain, on se fait traiter sans raison de "gringos de merde"... On a chacun notre tour bien failli y perdre notre calme ; Franck dans le premier cas et moi dans le second.

Malgre cette arrivee difficile, on apprecie Cuenca. C'est une jolie ville, plutot agreable a vivre. Comme tout est ferme et que la meteo n'est pas avec nous, on en profite pour se faire notre premiere seance de cinema depuis le debut du voyage. Comme une envie de mener une vie a peu pres normale. "I am a legend" avec Will Smith. Notre choix est un peu limite. Il nous faut un film en anglais sous-titre en espagnol ou l'inverse pour satisfaire tout le monde. Pas si mal finalement. On sort contents de notre seance de cinema.

Depart quelques jours apres. On continue notre remontee sur Quito.

par Solene publié dans : Equateur
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