Vendredi 8 février 2008
Encore une nuit peu confortable jusqu'a Trujillo avec arrivee a 6h du matin. Difficile de faire autrement, c'etait le seul horaire. Chercher un hotel au reveil est peu agreable et tout parait cher sur la cote. On se pose au plus economique. 

Il s'en suit une somnolence jusqu'au debut d'apres-midi quand on se decide d'aller voir l'ocean de plus pres, a Huanchaco, une petite station balneaire qui semble etre appreciee des surfeurs. Petite jetee, ambiance de bord de mer, on en profite pour diner la. Une nouvelle occasion pour moi de deguster un cebiche : du poisson ou des fruits de mer marines dans du jus du citron, des oignons et beaucoup de feuilles de coriandre. Delicieux. Qu'est-ce que j'en aurais mange au Perou ! On flane un peu dans Trujillo en rentrant, une ville agreable avec ses facades de toutes les couleurs et une temperature ideale le soir.

Pour le lendemain, il y aurait bien la visite des ruines de Chan Chan, vestiges de la civilisation Chumi, mais avec les vieilles pierres, on va faire une pause pour le moment. On se contente de prendre le billet pour Tumbes (encore une arrivee a 6h du mat) et de mettre a jour le blog. Ben oui, c'est du boulot quand meme !

Tumbes. On prend les memes et on recommence : recherche de l'hotel les yeux encore embrumes. Nouvelle "sieste matinale". Ca commence a etre un peu fatiguant de bouger tout le temps. Physiquement et un peu moralement aussi car on n'a pas le temps de profiter de notre adaptation a chaque endroit. En meme temps, il faut avancer.

Du coup, on decide de s'arreter a Tumbes mais ce n'est pas evident de savoir ce qu'on peut faire. On est bien loin du "circuit touristique" ici, on le sent bien. Depuis Huaraz, on n'a plus parle a un seul gringo d'ailleurs. En fin d'apres-midi on prend un micro pour la plage de Zorritos. Petite baignade bien agreable dans l'ocean (de mots, de pensees...). Plage immense et personne. On a juste peur de deranger le millier, voire plus, de crabes qui sortent tous avec la maree en quete de nourriture. Avec la nuit, on prend un des derniers micro pour rentrer a Tumbes avant un nouveau cebiche excellent, mixte cette fois ci : poisson, calamars, concha negra (un coquillage typique des manglares du coin) et gambas. Solene s'en sort pas si mal avec son plat fetiche de secours, le lomo saltado : boeuf saute avec oignons, poivrons et frites (sautees aussi, un peu bizarre ca quand meme).

Pour notre dernier jour au Perou, on va a Puerto Pisarro pour visiter ses manglares, des mangroves en fait. Sur place on nous propose un tour pour 70 soles. On marche un peu vers le port et on croise Sergio qui nous propose quelque chose pour 30 soles. Ca tombe bien, comme ca on pourra manger aujourd'hui et prendre le bus pour l'Equateur avec les 80 soles (20 euros) qu'il nous reste en poche. Gestion toujours millimetree des derniers deniers avant de quitter un pays... parfois trop !

Nous voila donc partis dans la magnifique barque de Sergio pour un peu de cabottage dans les mangroves. Sergio et moi a la rame (l'union fait la force), Solene a la navigation. Au moins c'est sur on est tranquille et pas perturbes par le bruit du moteur, ni par le vent du a la vitesse d'ailleurs... Sergio est un retraite du ministere de la peche qui arrondit ses fins de mois de temps en temps. C'est cool finalement d'etre hors du circuit touristique parfois. On profite ensuite de ce charmant petit port ou les pelicans et les fregates n'arretent pas de voler autour des petites embarcations de pecheurs dans un magnifique balai aerien. C'est beau un oiseau qui plane. Si, si. Surtout quand on a l'apres midi devant soi.

Il faut finalement se resigner a rentrer a Tumbes. Ces derniers jours ont fait du bien car ils ont permis de decouvrir un "autre Perou". On se dit qu'on est peut etre trop reste dans le "classique" au debut et qu'on ferait surement autrement maintenant...

Dernier repas peruvien. Les finances ne permettent pas un dernier cebiche alors c'est riz a la cubaine avec ses delicieuses bananes frites (specifiques aux plats sales) que l'on peut trouver dans le nord peruvien. Arrive Antonio, un petit garcon de 8/9 ans qui veut nous vendre des bonbons :
 " - Non, pas de bonbons.
   - Je veux manger quelque chose.
   - Tu veux manger ?
   - Oui. "
Solene etait justement en train de caler sur sa porcion. J'en verse une partie dans mon assiette vide. Il s'assied et devore tout sans mot dire. Il met machinalement la main sur la bouteille de soda de Solene, se ravise, leve le nez, puis boit devant le signe de tete approbateur de Solene. Il repart sans dire merci, ca n'a pas l'air d'etre la culture ici mais visiblement content. On est sur qu'il avait faim.

On quitte le pays sur cette image, representative des inegalites peruviennes.
par Franck publié dans : Perou
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Mardi 29 janvier 2008

Ca commence avec une arrivee a Huaraz a 5h30 du matin. On erre un peu en ville a la recherche d'une auberge ou se poser. C'est le prix a payer quand on voyage sans guide. On trouve finalement chez Olga, une petite grand-mere qui a quelques chambres a louer. 

Un peu de repos apres une bien mauvaise nuit dans le bus. Encore une ! Les routes de montagnes sont evidemment bien sinueuses et souvent mal entretenues avec de nombreux nids de poule... Pas facile pour trouver le sommeil.

Un petit tour dans Huaraz. L'ambiance est sympathique. On mange pour 3 ou 4 soles chacun dans des restaurants locaux et on offre un menu complet a une peruvienne qui reclamait quelques sous. Apres avoir dit son benedicite, elle nous remerciera 4 ou 5 fois... On a fait une heureuse aujourd'hui !

On se decide ensuite pour le fameux trek de 4 jours de Santa Cruz. On fait toutes les courses au supermarche puis on prepare nos affaires. Franck qui ne ressentait pas plus que ca le besoin d'aller en montagne, se montre en fait tout content et tout excite en faisant son sac. 

Reveil un peu tardif le lendemain matin et lever a 7h15. Le temps de faire notre toilette et on saute dans un micro en direction de Yungay. La concurrence entre les micros est feroce ce matin. 
Les micros ou collectivos sont des mini-bus utilises essentiellement pour de petits trajets. Les rabatteurs optimisent autant que possible chaque deplacement en remplissant le bus avec un maximum de passagers, assis ou non. 
Et ce matin, c'est la lutte : les rabatteurs crient "Caraz, Caraz, Caraz", les chauffeurs ne cessent de klaxonner pour interpeller d'eventuels passagers, ils se doublent, se redoublent pour etre en tete de file et donc a priori partir en premier, ils s'arretent meme au milieu de la route pour empecher les autres de passer... 
Apres ce balai matinal, on file vers Yungay.

A l'arrivee, apres avoir tente de nous faire payer notre trajet plus cher que les locaux, le rabatteur nous demande de payer les places pour les sacs a dos... Voila qui est nouveau. Ils ne savent vraiment plus quoi inventer pour arnaquer les gringos ! 
La, y'en a vraiment ras le bol ! Il aura le droit a un "non" ferme de Franck et moi en stereo ; il n'insistera pas trop longtemps. 

Nous sommes a 9h15 a Yungay et on apprend que le dernier micro de la matinee vient de partir. Le suivant part a 13h, sinon on peut toujours prendre un taxi pour 150 soles au lieu de 10 en micro... La bonne blague !
Ca ne nous arrange pas vraiment etant donne qu'il nous reste encore 3h de route, puis autant de marche avant d'atteindre le campement, mais on n'a pas le choix. On prend donc notre mal en patience, on dejeune en nourissant tous les chiens errants du coin, on discute avec une sympathique famille qui nous apprend quelques mots en quechua. 
Le Perou a apparemment deux langues officielles : l'Espagnol et le Quechua. En tout cas, les peruviens nous semblent souvent agreables quand ils n'ont pas l'habitude de voir des touristes et qu'ils n'ont rien a leur vendre... 
On essaie aussi d'aider un hollandais qui veut se rendre au lac un peu au-dessus et qui ne parle pas un mot d'espagnol et tres peu d'anglais.

Vers 12h30, on se rapproche du micro. On commence a le charger... et puis, on attend... encore et encore... Il n'est pas plein... Il manque 2 personnes... Vers 13h15, le chauffeur nous dit que l'on part d'ici un quart d'heure... On attend... encore... L'hollandais s'impatiente et les insulte ; belle ouverture d'esprit. C'est leur fonctionnement ici, ils ne partent que lorsqu'ils sont pleins ; c'est leur gagne pain, on peut le comprendre. Vers 13h40, on attend toujours... Meme les voyageurs peruviens s'en amusent : "Ahorita, ahorita et no sale" (tout de suite, tout de suite, et on ne part pas) nous dit une dame... Une heure plus tard, ca y est, on est parti !

Le chauffeur nous propose de cacher nos sacs a dos sous des plastiques pour que les gardes du parc ne les voient pas. On peut ainsi pretendre passer seulement la journee dans le parc et economiser 130 soles. Le tout en echange de l'habituelle "propina" evidemment. 
On saute sur l'occasion, enfin surtout moi, un peu plus roublarde peut-etre que Franck, qui se retrouve a mentir aux gardes du parc... et qui ne craquera pas meme quand le garde le menacera de devoir payer le double en cas de controle pendant le trek... enfin, il s'en est fallu de peu, hein, Franck ?

3 heures sur un chemin des plus inconfortables... Dur, dur... On a quand meme la chance de profiter de la vue degagee sur les sommets du Huascaran et du Chopicalqui... Superbes !

Nous sommes a 17h au depart du trek. On charge les sacs sur le dos, on serre la ceinture ventrale, on ajuste les bretelles et hop, on est parti.

Apres une heure de marche au milieu des petits villages, la pluie s'abbat sur nous. On laisse passer deux campings et vers 19h, alors que la nuit tombe, on decide de s'arreter et de monter la tente.

On reprend alors nos anciennes habitudes. Franck nous concocte un delicieux repas qui commence par une soupe de potiron Knorr et de mon cote, je nous prepare un petit nid douillet grace a nos duvets Blue 600 de Valandre...

On se couche a 22h et on passe notre nuit a ecouter attentivement la pluie tomber. A 5h45, le reveil sonne et la pluie redouble d'intensite. On reste bien au chaud en attendant l'accalmie vers 7h30 du matin. On sort alors pour preparer et prendre le petit dejeuner. Malheureusement, 3/4 d'heure plus tard, on se refugie a nouveau sous la tente pour se proteger de la pluie. On peut en ressortir vers 9h30... en tout cas pour 1/4 d'heure cette fois-ci... et c'est reparti pour la pluie.
On voit passer deux marcheurs qui finissent le trek en sens inverse, qui nous disent qu'il pleut beaucoup, qu'ils n'ont vu aucun sommet et qu'on a au moins 7h d'ascension avant d'atteindre le point culminant Punta Union et plus encore pour redescendre sur un camping...

Il faut se rendre a l'evidence, comme tout le monde nous l'a indique, ce n'est pas la saison pour etre dans la Cordillere. On renonce. Franck est plus que decu et me dit : "Renoncer, c'est difficile partout". Je trouve pour ma part que c'est encore plus difficile dans la Cordillere Blanche que dans les Alpes, parce qu'on y reviendra pas de si tot. On decide donc de faire demi-tour.

Pendant qu'on plie la tente, des enfants viennent nous reclamer pain et pates. Franck leur donne 1/3 de notre pain et plus de la moitie des pates prevus pour les repas suivants. Apres tout, si on rentre, on n'en a plus besoin.

Un morceau de ciel bleu apparait... Franck hesite encore, je le sens bien. Moi aussi. Et hop, sur un coup de tete, je lui dis : "on y va". Il nous manque maintenant pas mal de nourriture, tant pis, on partagera... A 11h30 donc, on part pour notre 2eme journee de trek.

On croise un couple d'allemands qui termine lui aussi son trek et nous annonce une dizaine d'heures pour monter a Punta Union et redescendre au camping. Pour eux, impossible a faire aujourd'hui dans le delai restant. On verra bien...

La pluie ne nous lache pas. Tout est dans la brume. Le chemin est detrempe et il faut sauter de pierre en pierre pour eviter de mettre les pieds dans l'eau... Comme dit Franck, ca ne facilite pas la progression... C'est un euphemisme !

En debut d'apres-midi, le soleil se montre et nous laisse a peine le temps de secher et d'avaler quelques gateaux avant de disparaitre a nouveau laissant place a une averse de grele... Dur, dur...A ce moment-la, on ne dit plus rien. On avance l'un derriere l'autre, la tete baissee. Franck se retourne de temps a autre pour etre sur que je suis toujours derriere, on se regarde alors avec un grand sourire comme pour rire ensemble de la galere dans laquelle on s'est mise et pour se donner mutuellement du courage. Puis, c'est de nouveau la pluie. De toute facon, maintenant on est trempe. Je me dis que meme mes pieds sont desormais mouilles et la, Franck me dit : "Je crois que j'ai les pieds mouilles". Pas de doute, on a bien signe pour la meme galere. 

On progresse a l'aveugle. On ne voit rien du chemin a plus de 100 metres, on n'a pas de carte precise du trek, on ne sait pas vraiment ou on est... C'est long, tres long... Je ne pense plus a rien d'autre qu'au pas suivant, puis au suivant... Ca occupe toutes mes pensees...

Et puis, voila, on arrive enfin a Punta Union, 4750m d'altitude. L'altitude d'ailleurs ne nous a pas du tout gene. On est plutot bien acclimate, on dirait. Le temps de quelques photos et c'est la neige qui s'y met. Decidement, on aura vraiment tout eu !

Pas le temps de trainer. Il est deja tard. Il faut se depecher de redescendre pour rejoindre le campement. Franck qui a le sac bien charge fatigue et a mal au dos. Je lui propose de le soulager un peu, mais rien a faire... Ah, les mecs... Et puis, au bout d'une heure de negociation, il finit par me donner la tente... Pour une fois que c'est moi qui peut l'aider !

On arrive avant la nuit au camping. On partage une soupe et un sachet de pates de 100 grammes. J'espere que les enfants profitent bien de la nourriture qu'on leur a donnee... Et rapidement, au dodo...

Lendemain matin, reveil a 6h30. Franck ouvre la tente et me dit de sortir vite, que tout est degage. J'ouvre alors la tente, je plonge mes deux pieds dans mes chaussures de trek, pour gagner du temps, je ne fais pas mes lacets et les entoure juste autour de mes chevilles et je bondis hors de la tente... J'essaie d'avancer le pied gauche sans succes, puis le pied droit, mais meme resultat... Mon corps, lui, en revanche, est bien parti et je m'allonge de tout mon long, avec evidemment la plus grande classe, dans l'herbe mouillee... Franck m'aide a me relever apres avoir detache le crochet de ma chaussure droite qui s'etait emmele avec mon lacet gauche... Une bonne rigolade apres, j'attrappe l'appareil photo, mais trop tard... l'Alpamayo vient tout juste de disparaitre dans les nuages...

On quitte le campement vers 9h apres avoir fait l'animation pour les vaches et chevaux du coin. Le chemin n'est plus du tout, un ruisseau a pris sa place et il faut encore une fois sauter de pierre en pierre pour progresser. Arrives dans une grande plaine, on perdra meme plus de 3/4 d'heure a essayer de traverser, mais sans succes. On finira chaussures aux mains...

On a le plaisir de dejeuner au soleil. Grand luxe !

Quelques heures plus tard, un panneau nous indique encore 9.5km avant le village et 3.7km avant le dernier camping. On a finalement decide de terminer le trek en 3 jours au lieu de 4. On se dit qu'on va regarder le temps qu'on met pour faire la distance jusqu'au camping pour avoir une idee de notre arrivee au village final. 

On croise en chemin un pauvre chien amaigri, affaibli et vraisemblablement mourrant. Je lui donne nos 100 grammes de jambon serrano restant et 300 grammes de fromage. Cette fois-ci, on a vraiment plus rien a manger. Franck me laisse faire patiemment. Je porte ensuite le chien pres d'un point d'eau. S'il n'a pas de maitre qui passe par la pour le recuperer, ce pauvre chien est condamne. On a essaye de lui donner une chance...
En tout cas, le temps que je passe a m'occuper du chien perturbe completement le chronometrage de Franck pour le camping...

2h15 plus tard, toujours pas de camping. On n'a jamais mis aussi longtemps pour faire 3.7km. Il pleut de plus en plus. Le chemin, ou plutot le ruisseau, est desagreable. La aussi, c'est long, tres long... Mes genoux souffrent... On fatigue...

Et puis vers 18h, on arrive au village. Le camping, on ne l'a jamais trouve...

Les habitants du village sont bien sympathiques. Un chauffeur de taxi qui descend sur Caraz propose de nous emmener pour 6 soles chacun. Vraiment pas cher, on accepte. On charge les sacs dans le coffre et on rejoint deux vieilles dames sur la banquette arriere. Le chauffeur s'arrete en chemin pour prendre un autre passager et trois sacs de mais de 80 kilos chacun. La voiture est plus que pleine. Mais le chauffeur s'arrete une nouvelle fois aupres de deux hommes et trois moutons. ????. Un des hommes proposent le toit de la voiture. Pour eux ou pour charger les moutons ??? Heureusement, notre chauffeur refuse et nous voila repartis sur une route sinueuse en pleine brume avec une visibilite a 10 metres environ, mais notre chauffeur est tres prudent. 

Arrives a Caraz, le chauffeur nous aide a nous renseigner aupres de differents terminaux de bus, mais il est trop tard et plus rien ne part sur Huaraz. Il faut donc rester dormir a Caraz. Toujours aussi surprenant, le chauffeur descend pour negocier les tarifs de notre hotel... Ca ne fonctionne pas, mais on a rarement croise quelqu'un qui se donne autant de mal pour nous au Perou. En plus, il nous fait un prix sur le trajet et nous ne payons que 10 soles. 

On trouve finalement une petite chambre pas chere qui fera parfaitement l'affaire pour une nuit. 

Le lendemain, retour a Huaraz. On s'organise pour repartir le soir meme sur la cote pacifique, a Trujillo. 

On passe a l'auberge pour deposer nos sacs mais Olga n'est pas la. Pas simple pour recuperer les affaires laissees chez elle. On la trouvera un peu plus tard. On passe chez elle vers 19h45 pour refaire nos sacs. Elle nous dit qu'elle s'en va a la messe et nous met rapidement a la porte. On se retrouve sous la pluie avec toutes nos affaires en vrac a la main. On trouve un petit abri sur un trottoir pour refaire nos sacs. C'est la misere !

Assez de pluie, direction la cote.

par Solene publié dans : Perou
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Jeudi 24 janvier 2008
Nasca et ses lignes. A peine descendus du bus, tout semble ficele. On est sollicite de toute part : "Taxi, pour l'aeroport, taxi, hotel...". On aimerait bien souffler de temps en temps. On file sans repondre et on trouve notre hotel tout seul. 

Un peu plus tard on visite le centre Maria Reich ou une dame qui, je cite, "vient du cosmos" essaie de continuer l'oeuvre de cette allemande qui a etudie les lignes et leur signification durant 47 ans, toute seule. Elle nous fait une presentation d'une heure. Carrement allumee la petit dame !

Finalement on ne va pas survoler les lignes de Nasca en avion. Marre de se conformer au petit train-train touristique classique et on prefere garder ces 40$ chacun pour une prochaine expedition dans la selva. En tout cas, ca pese un peu d'etre souvent consideree comme une personne pouvant payer. Comme nous disait un guide qui conduisait un couple de touristes sur les sites de Maras et Moray avec un 4x4 : "Tout est argent au Perou". C'est agacant. Agacant les 0.50 sol a payer aux wc publics dans le village paume de Santa Maria sur la route alternative du Machu Picchu. Un gamin du village me dit : "Ca ne se paye pas". Je vais lutter 30 min a parlementer, avec l'aide egalement de certains villageois. Mes progres en espagnol ne me permettront pas de comprendre le juron qui accompagnera la retrocession des 0.50 sol par la supposee "dame-pipi". Agacant la bouteille de vin la moins chere indisponible mais qui reapparait miraculeusement quand on s'est resigne a boire de l'eau. Agacant le menu a 6 soles en rupture mais que le peruvien peut commander quand il arrive 15 min plus tard... Du coup, tout se retrouve parfois fausse. Je vous rassure, ce n'est pas non plus toujours comme ca. Essayer de decouvrir un pays, j'ai l'impression que c'est a la fois connaitre ses richesses humaines et culturelles. Dommage qu'au Perou, selon les endroits, ca ne soit pas toujours possible. Est ce que ca le serait en France? Bonne question....

Du coup, on va voir les lignes depuis le mirador qui permet d'observer la figure des mains et celle de l'arbre. C'est bien mais on ne regrette pas notre choix. Soit disant que personne ne les touche... on est un peu sceptique sur leur conservation. On a lu un peu plus tard que Maria les avait au moins "depoussierees" dans les annees 50.

On file ensuite sur Pisco. On ne s'arrete pas puisqu'on prend un minibus pour Paracas, 3km plus loin, mais on peut quand meme se rendre compte des degats causes par le seisme du 15 aout 2008. L'eglise est par terre, certaines maisons aussi, des tentes par-ci par-la abritent des familles. Ca me fait penser aux images televisees de certains pays en guerre. Ici, ce n'est pourtant que la nature qui a oeuvre... Une personne du minibus entame la conversation. Il me parle d'abord de Zidane et Thierry Henri puis des 20% de la population qui ont quitte Pisco : ceux qui ont perdu famille et maison. Dur. 
Les gens sont gentils ici, ils discutent. Bizarre... ou pas.

Paracas, petit port de peche, des palmiers, des dunes... avant hier on etait avec les polaires a Cusco. Changement radical. "Chita a lo macho" dans un restaurant de poisson au bord de la plage pour moi. Il n'y a que Solene, qui n'apprecie pas vraiment les produits de la mer, qui souffre un peu. Les legumes ou la viande, ce n'est pas vraiment leur specialite ici.

Le lendemain, on va visiter les iles Ballestas. Super mais trop court. Dauphins, manchots de Humboldt, une colonie impressionnate de lions de mer avec tous ses petits, une loutre de mer, des pelicans, toute sorte de mouettes et de cormorans, des iles avec des grottes et des arches. Un decor sauvage avec plusieurs centaines d'oiseaux qui volent tout autour sans arret. Ca a un gout de trop peu, comme dirait Solene. 
La journee se poursuit avec la visite de la reserve de Paracas : le desert, l'ocean bleu, des plages rouges dues a l'oxyde de fer, des falaises. Un paysage auquel je ne m'attendais pas au Perou. 
Un cebiche de poisson dans une petite gargotte a 5m de l'eau. Tranquille cette petite escapade a l'ocean. Ca a des petits gouts d'Equateur.

Un gouter sur la terrasse de l'hotel, des palmiers, l'ocean, le coucher de soleil avant d'aller prendre le bus pour Huaraz, 3090m, au pied de la Cordillere Blanche, une des plus belles au monde parait-il. Ce n'est pas vraiment la periode avec des pluies probables, mais on verra bien. Quoi qu'il en soit, demain, on remet les polaires...

par Franck publié dans : Perou
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Dimanche 20 janvier 2008
Pachacutec, 9eme empereur inca, est-il a l'origine du Machu Picchu ? Ce site etait-il utilise comme reserve de culture pour la region de Cusco, comme universite agricole, comme lieu de residence pour les femmes choisies ou etait-ce tout simplement un village normal ? Cusco a-t-elle ete volontairement dessinee pour representer un puma ? Les incas pouvaient-ils vraiment predire la meteo a 40 jours a l'aide du soleil ?
Apres 10 jours passes dans la region de Cusco, dans la vallee sacree et au Machu Picchu, le mystere reste entier.

Une journee de repos qui fait suite a une nuit pourrie dans le bus, et c'est plein de curiosite que nous entamons notre visite des sites incas.

Pour cela, il faut investir 70 soles chacun dans le boleto turistico. Tout ici est fait pour que le touriste soit oblige de depenser un maximum d'argent. Impossible de prendre une entree pour le site qui nous interesse, c'est forcement le boleto pour 16 sites plus ou moins pertinents.

On est donc parti pour la tournee des musees de la ville avec un interet particulier pour le monument de Pachacutec et l'histoire des 13 empereurs incas et pour le musee de Koricancha, le temple du soleil.

Apres tous ces efforts, on a bien merite nos megas jus de fruits a Yajuu, ma nouvelle maison. On teste plein de nouveaux gouts : tumbo, lucuma, maracuya... et le top du top, orange / granadilla.

Le soir, nous retrouvons Servane et Vincent avec qui nous avions passe le jour de l'an et nous decidons de partir le surlendemain pour le Machu Picchu par la route alternative : Cusco - Santa Maria - Santa Theresa - Hydroelectrica - Aguas Calientes.

Juste avant, une journee sur les sites incas alentours : Sacsayhuaman, Qenko, Pukapukara et Tambomachay. 

Sur le site de Sacsayhuaman, nous avons la chance de rencontrer Carlos, un etudiant peruvien a l'Alliance Française qui souhaite devenir guide touristique. A force d'etre sollicites pour tout et n'importe quoi, on se montre d'abord mefiants puis on comprend rapidement que Carlos est bien content de pratiquer un peu son français et puis c'est tout. On a donc le droit a une mini visite guidee du site. Un moment sympathique meme si nous n'avons jamais reussi a voir le lama forme par les pierres...

Puis visite des ruines suivantes que l'on rejoint a pied malgre les incitations des locaux pour prendre minibus ou chevaux... 
Leurs notions du temps et des distances varient considerablement des notres...

On termine la journee avec une visite guidee de Pukapukara et Tambomachay pour s'impregner un peu mieux des sites et ne pas faire que passer devant de vieilles pierres...

Nouvelle soiree avec Servane, Vincent et Javier, cette fois-ci, un espagnol rencontre une premiere fois en Argentine puis a plusieurs reprises par la suite. Javier voyage dans l'esprit routard le plus pur et dort de temps en temps chez l'habitant dans des villages peu habitues aux touristes. Il a notamment passe une nuit sur les iles Uros du lac Titicaca et nous confirmera le cote business de ces indiens aymaras qui enfilent leur tenue traditionnelle a l'arrivee des bateaux de touristes... 
Soiree hamburgers donc avant le grand depart pour le Machu Picchu...

Le lendemain, RDV a 7h du matin a la gare routiere. 7h de bus pour Santa Maria, une route qui serpente en permanence au-dessus d'un precipice. 
On parle souvent de la route de la mort en Bolivie, mais les routes peruviennes semblent malheureusement tout aussi dangereuses et meurtrieres. 
Au retour, un minibus fera une chute de 100m et huit morts. En passant devant, on se demandera tous pourquoi on n'a pas pris le train a 31 dollars comme tout le monde...
Depuis Santa Maria, c'est 3h de minibus jusqu'a Hydroelectrica sur une petite route de terre, toujours aussi sympathique.
On termine la journee avec 2h30 de marche le long de la voie ferree jusqu'a Aguas Calientes, de nuit et sous des trombes d'eau... On arrive trempes a 20h15 apres un petit detour : "derecho", ca veut dire "tout droit", n'est-ce-pas Franck ?

Reveil a 4h du matin, il pleut toujours abondamment. On abandonne l'idee de monter au Machu Picchu a pied. Depart donc a 5h30 en bus. 
On arrive sur le site, tout est dans la brume.

Servane est fatiguee. On entame donc a deux, Franck et moi, l'ascension du Wayna Picchu. On a alors le privilege d'etre parmi les premiers a apercevoir le Machu Picchu apres que la brume se soit levee. Magique !

Le Machu Picchu nous fascinait depuis longtemps. On n'a pas ete deçus, surtout la derniere heure quand les touristes avaient quasi tous deserte le site.

Seul bemol : l'ecoute des guides touristiques nous donnera nombre de versions differentes sur l'histoire du site. 
Que connait-on vraiment du Machu Picchu et des incas ? 
Le Perou est un pays plein de legendes, de mythes, et les incas se transmettaient tout de maniere orale... Difficile aujourd'hui de savoir et de comprendre...

Retour a Cusco le jour suivant : depart a 5h30 du matin, 2h30 de marche, 3h de minibus avec 200m de course a pied au milieu des eboulis et 7h de bus... Le Machu Picchu par la route alternative, c'est sport et ça se merite !

On enchaine ensuite avec la visite de deux autres sites : Pisaq et Ollantaytambo. La balade s'avere agreable et les sites bien conserves mais le manque d'informations ou pire encore les informations contraires donnees par les guides pesent beaucoup a Franck. Il a un peu de mal a apprecier le Perou pour l'instant.

Pour le reconcilier, on part une journee hors des sentiers touristiques. On se fait deposer entre Ollantaytambo et Urubamba et c'est parti pour un jour a pied : visite des salineras de Maras et des terrasses de culture concentriques de Moray. 

A part quelques locaux apparemment un peu trop habitues aux touristes qui nous reclament une "propina" (pourboire) pour qu'on les prenne en photo, pas un touriste, que des paysans bien contents de nous saluer, de discuter un peu et de nous indiquer le chemin et des horaires exacts pour une fois, quelques anes et moutons aussi, un dejeuner a 2 soles dans le seul boui-boui de Maras ou il est possible de manger, le bapteme de la nouvelle pelleteuse du village et le discours du maire, un groupe de villageois qui repare un reservoir d'irrigation et nous demande de les prendre en photo pour que l'on garde un souvenir d'eux et nous invite a boire la chicha, un muletier qui a vraisemblablement trop abuse de la chicha en question, un garde de Moray qui nous fait gentiment un tarif etudiant (tout se negocie au Perou)...

Une excellente journee, tout seul, a pied, riche en rencontre avec les paysans du coin au milieu des champs de petits pois, de feves, de pommes de terre et des montagnes alentours. Paisible. Mission accomplie...
par Solene publié dans : Perou
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Mardi 15 janvier 2008
Arequipa, une autre ville blanche, mais au Perou. On y arrive au lendemain d'un seisme de 4.7 sur l'echelle de Richter. La region est coutumiere du fait. On aura rate ca. Tant mieux...

Arequipa possede de tres beaux monuments construits avec le sillar, une pierre volcanique extraite dans la region, qui donne un cachet particulier au centre historique. La plus belle place principale depuis le debut du voyage (a mon avis, Solene la classe dans le top 3, elle) avec la cathedrale dont une des tours a ete reconstruite suite a un tremblement de terre en 2001, l'eglise de la Compañia et son cloitre aux trois patios du XVII siecle, les palmiers, les albizias en fleur et les batiments a double arches qui la bordent tout autour.

On a plutot l'impression d'une ambiance nord-africaine quand on improvise un petit dejeuner sur la terrasse du toit de l'hotel avec vue sur les palmiers, les sommets alentours et les coupoles du monastere Santa Catalina. Gateau au chocolat (bon en plus), jus d'oranges et mangue fraiche. Ca va...

On se prend tres vite a flaner dans cette ville surtout que la cuisine peruvienne nous offre un choix plus large que sa voisine bolivienne. On va notamment diner dans une creperie, tenue par un suisse : un cidre des Asturies et des vrais crepes a la farine de ble noir. Solene revit ! Le cidre espagnol ne vaut peut etre pas le cidre breton artisanal, mais la crepe chocolat-amandes ne la laisse pas de marbre...

On rencontre Francois, un bordelais qui vient d'ouvrir un bar a vins francais, on parcourt le marche ou on goute aux mangues peruviennes (et on a du mal a retrouver le gout poivre des mangues "peruviennes-francaises", etrange) ; au pacay, une gousse de 10-15 cm ou l'on mange une sorte de coton sucre qui la remplit ; au pepino-melon qui un gout de melon avec une pointe de concombre comme son nom espagnol l'indique ; au tuna blanca, ben pour ca il faut venir sur place...

On visite aussi le musee des Sanctuaires Andins, sur les enfants incas qui etaient sacrifies sur les sommets pour apaiser les Apus, dieux des montagnes, qui "punissaient" les incas au travers des catastrophes naturelles. Juanita, la momie la mieux conservee, une jeune fille noble de 13 ans, a ete ainsi rejoindre l'autre monde sur le volcan Ampato a quelques 6300m, au plus pres du dieu Inti ou dieu Soleil, habillee d'une tunique de laine et chaussee de sandales vers 1550. Interessant. Impressionnant. Un peu terrifiant aussi. La civilisation inca n'aura exerce son hegemonie sur l'Amerique du Sud que durant un siecle, mais elle n'en n'est pas moins captivante et mysterieuse.

D'Arequipa, on file vers le canyon de Colca avec Marine une francaise rencontree dans la pampa bolivienne et retrouvee ici. C'est le deuxieme plus profond au monde apres son voisin, moins touristique, le Cotahuasi. A moins que ce ne soit un bon montage marketing comme pour les iles Uros. Quoiqu'il en soit, le Grand Canyon arriverait derriere. Le point le plus eleve est la Cruz del Condor et ses 1400m de denivelle.
On arrive a Cabanaconde, au bord du canyon. Beau point de vue sur la riviere, 1100m plus bas.  Un bon moyen pour se degourdir les jambes et apprecier la vue d'en bas, d'autant que je suis seul. Solene et Marine ont choisi d'aller admirer les profondeurs depuis un autre mirador, celui de San Miguel. Elles vont voir un condor a quelques metres au dessus de leur tete. Tres impressionnant parait-il avec ses 3m d'envergure et son bruit de planeur. Pour moi la vue en contre-plongee. Bof... les pentes ne sont pas regulieres et ce n'est donc pas si impressionnant. Je me souviens de petits matins dans les Ecrins ou j'avais un peu plus l'impression de gaz... mais c'etait un bon petit challenge de fin d'apres-midi, tout en souplesse bien sur, avec arrivee a 3200m.

19h, nuit noire a Cabanaconde et coupure d'electricite. On va parcourir le village a la frontale a la recherche d'un endroit ou manger. On va finalement trouver un petit resto tres sympa ou on va debuter a la bougie et manger de l'alpaga (enfin surtout moi) avant de finir avec le retour de l'electricite et un bon Pisco Sour peruvien.

Le lendemain matin, le plan etabli pour aller observer le vol des condors a la Cruz homonyme est un peu contrarie par la pluie. On n'a pas vraiment envie de se mouiller, les condors non plus, et on va prendre le bus suivant. On arrive un peu en retard par rapport au beau temps mais on va quand meme voir des condors. Ouf! On ne pouvait quand meme pas quitter l'Amerique du Sud sans un vrai vol de condor.

Retour a Arequipa pour une journee de repos dans cette ville bien agreable avant de partir pour Cusco et son Machu Picchu. Juste avant le bus, on va manger un dernier arroz chaufa, une sorte de riz cantonnais, pour 3 sols
 (0,75 euros) et on s'offre une derniere crepe chocolat au Zig-Zag. On a un peu de mal a quitter la douceur d'Arequipa...
par Franck publié dans : Perou
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