Vendredi 7 décembre 2007

03/12/2007. La Quiaca. 3640m d'altitude. On traverse la frontiere a pied pour rejoindre la Bolivie, occasion de repenser a toutes ces petites choses qui ont fait l'Argentine.

Les rues. Toutes les villes sont organisees en cuadras de 100m et les principaux axes portent souvent le meme nom. San Martin en tete puis viennent souvent Mitre, Roca, Rivadavia, Sarmiento, Lavalle, Belgrano et Yrigoyen. Du coup, on n'a jamais l'impression de changer de ville, ou presque. C'est plus facile pour retenir les noms. De toute facon, les argentins sont toujours la pour nous aider, nous donner un renseignement avec gentillesse des qu'on ouvre un plan dans la rue.
En effet, en Argentine, le touriste est roi. Les argentins nous prennent facilement en stop ; au maximum, trois voitures passent devant nous sans nous prendre. 
Dans les bus, un chauffeur a meme demande une fois aux locaux de nous ceder leur place. On a finalement partage.
Les enfants sont heureux de nous accompagner dans la rue, de discuter un peu et les adolescents nous saluent.
On a l'impression que c'est dans leur culture de tout faire pour le bien-etre du touriste.
En tout cas, ils nous ont semble bien sympathiques, meme si une francaise croisee a Salta et qui essayait de faire sa vie la-bas, nuancait un petit peu. Selon elle, des qu'on n'apporte plus d'argent, ils sont moins sympathiques, font beaucoup de promesses qu'ils ne tiennent pas et ne sont absolument pas ponctuels.

Pour les comprendre, il faut quand meme s'habituer a l'accent argentin. La sonorite "ch" remplace le "ll" un peu partout, avec des nuances quand meme en fonction des regions. Mais quand dans le nord-ouest, meme le "rr" ou les "s" tendent vers "ch", ca devient tres drole...

Une petite faim... mince, il doit etre trop tard pour manger ! Et non. La question serait plutot : "Quand ne peut-on pas manger en Argentine ?" Le repas du soir est plutot vers 22h, mais a toute heure de la journee, on peut trouver sandwichs de lomito, milanesa, empanadas de toute sorte... Pas la peine de vanter le bife de lomo, la viande est toujours trendre mais souvent un peu trop cuite. Dans le nord-ouest, on voit apparaitre les humitas et les talames a base de mais blanc. Pour le dessert, on ne conseille pas le quesillo au miel : un fromage version mozarella seche ni sale ni sucre avec un miel trop ecoeurant. En roue de secours, il y a toujours le dulce de leche a toutes les sauces (croissants, pancakes, gateaux secs, quesillo aussi...). Ah non ? Ca non plus, Solene ? 
Ensuite, il faut prevoir 10 minutes pour quitter le resto. Le temps que le serveur aille chercher de la monnaie dans un magasin a cote. Ils n'ont jamais de monnaie ! Nous, non plus, forcement. Meme pour rendre 1.25 pesos, ils demanderont le compte juste, surtout dans les petites echoppes. 

Ca ne nous empeche surement pas de profiter de la diversite des paysages (montagnes, pampa, forets, lacs, desert, bord de mer et plateau andin), ni de la faune (baleines, elephants et lions de mer, condors, guanacos, nandus, perruches...), ni de la flore. Un regal !

Bien sur, il ne faut pas rechigner sur les heures de bus, le moyen le plus pratique pour se deplacer dans le pays. A la Quiaca, il y a un panneau : Ushuaia 5125 km. Ca donne une idee des distances. De nuit, pas de probleme. Seule la bourse decide entre le semi-cama, le coche-came et l'ejecutivo, ou l'on dort allonge avec un service de bord tip-top. Enfin, nous, on ne peut pas vraiment le decrire. En revanche, ne pas oublier la polaire parce que la climatisation est souvent trop forte.

Pour finir, plus typique encore que le gaucho sur son cheval ou le tango, il y a la veritable institution nationale : le mate. A croire que l'argentin ne quitte jamais sa maison sans un thermos d'eau chaude, sa yerba mate et sa bombilla. Il ne manque pas a l'occasion de nous faire gouter en prevenant "un poco amargo" (un peu amer).

par Solene et Franck publié dans : Argentine
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Mardi 4 décembre 2007
Deux jours de repos a Salta, jolie petite ville de 470 000 habitants, dans le nord-ouest du pays. On a pris un peu plus le temps de flaner dans les rues animees, de se faire tout beau, tout propre, de manger au resto ou on a essaye une specialite locale : la parrilla (arrivee aux tripes et a la langue, j'ai jete l'eponge), de grignoter un morceau sur la place...

Puis, on a loue une voiture a la journee pour faire la Valles Calchaquies jusqu'a Cachi, petit village pittoresque situe a 2210m d'altitude. Jolis paysages traverses, tres varies et une belle surprise : los colorados proposes ni par les agences, ni par les guides et pourtant qui meritent le detour ; sans oublier la longue ligne droite tant appreciee par Franck, la "recta Tin-Tin".

On est ensuite redescendu un peu au sud, a Cafayate pour faire la quebrada de las conchas (ou quebrada de Cafayate). C'est une sorte de canyon qui represente differentes couches sedimentaires formees par le meme mecanisme que celui explique par Franck dans son post precedent et mis a jour apres que la mer se soit retiree il y a 2 millions d'annees.

A Cafayate, soiree bien agreable en compagnie d'un couple d'equatoriens, dont le mari est professeur de salsa et d'un francais qui travaille pour la tele, pour Dechavanne et qui effectue un tour du monde. Echanges sur un peu tout : le cout de la vie au Chili et en Argentine, la geologie dans la region, les Galapagos, les fruits en Equateur, les decouvertes et gouts musicaux de chacun... Et comme nous avions un professeur de salsa avec nous, la soiree s'est terminee sur la terrasse de l'hotel par une heure de cours de salsa. Et en plus, on a gagne une invitation a diner a Quito au mois de fevrier !

Le lendemain, grand beau. On met nos velos dans le bus et on se fait deposer a 50km de Cafayate pour faire la quebrada a notre rythme. L'erosion et l'oxydation des minerais donnent aux paysages des couleurs et des formes assez spectaculaires. 
Il est 14h, il fait tres chaud, on est en plein soleil, il nous reste 30km de route vallonnee a faire et Franck creve... Nous n'avons ni pompe a velo, ni rustine, ni chambre a air de rechange, rien... mais il en faut plus pour arreter Franck. Il enleve la chambre a air et on poursuit notre chemin avec pour Franck, un plus d'energie a depenser pour compenser les "quelques" frottements supplementaires dus a l'absence de chambre a air . Dur, dur, quand meme !!!
Comme une galere n'arrive jamais seule, loi de Murphy oblige, 8km avant Cafayate, un gros orage s'abat sur nous. Cote positif de la chose, il fait moins chaud ! 
On souffre encore 5km et des locaux s'arretent pour charger nos velos et nous-memes a l'arriere de leur vieux pick-up. Grand luxe, ils nous pretent meme un epais cire jaune (peut-etre pas Guy Cotten comme Bastien, le parisien) pour se proteger de la forte pluie, puis de la grele qui s'acharnent sur nous. Les branches des arbres tombent, les rues se remplissent de 25cm d'eau environ... Nos sauveurs nous deposent a l'abri, a 3 "cuadras" de notre auberge. 
Le spectacle de la pluie devalant les rues de Cafayate amuse beaucoup les locaux. La pluie ne tombe que rarement la-bas, alors c'est un moment de fete. 
On reste nous aussi quelques instants contempler l'eau qui coule. Etant bien mouilles, le froid ne tarde pas a nous gagner et nous nous decidons a remonter sur nos velos pour rejoindre l'auberge, mais attention, sans mettre le pied a terre pour ne pas se retrouver les pieds dans l'eau.
Un peu sport pour Franck avec l'eau qui s'engouffre dans le pneu. 
A la fin de la journee, on est extenue !

Pour finir notre sejour en Argentine, nous sommes ensuite remontes plus au nord pour visiter les petits villages au-dessus de Jujuy : Purmamarca et la montagne aux 7 couleurs, las salinas grandes,Tilcara et la forteresse prehispanique Pucara. Une journee un peu differente des quebradas visitees ces derniers temps.

Depart de l'Argentine le 03/12, direction la Bolivie. Depart retarde d'ailleurs pour cause d'effondrements des routes, emportees par des coulees de pierres et de boue, apres les fortes pluies de la soiree.

par Solene publié dans : Argentine
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Mardi 4 décembre 2007
Depuis San Agustin del Valle Fertil, on a visite les parcs de Talampaya et Ischigualasto. On y a vu des paysages particuliers, comme en temoigne la galerie photo, et on a ete interesse par l'interet geologique que constituent ces deux parcs (voir precisions plus loin).

Le lendemain, on s'est fait deposer a 80 km de San Agustin sur la route de la Rioja, a l'arret de "La Torre". Ambiance Bagdad Cafe pour ce boui-boui en bord de route par 35 degres a l'ombre... mais de l'ombre, il n'y en a pas. Ca ne nous empeche pas de faire 3 km a pied pour aller essayer de visiter le parc d'El Chifflon. Apres 1h15 d'attente a la petite cabane d'accueil, on va renoncer. Le garde revient juste de son repas et devant son enthousiasme debordant et le temps qu'il nous reste avant de prendre le bus, on se dit que ca n'en vaut pas la peine. Retour donc a "La Torre" apres une vaine poursuite des perruches de Patagonie pour prendre une photo de pres. On y trouve un autre garde du parc, occupe a regarder un match de football. On parvient quand meme a savoir que les formations geologiques d'El Chifflon sont les memes que celles de Talampaya et Ischigualasto, mais la les 7 couches sont empilees.
De la Rioja, on prend les deux dernieres places pour Salta et une nouvelle nuit de bus. On a la chance de voir deux superbes films argentins. Le premier, avec comme acteur principal l'equivalent national de Jean Lefevre et le deuxieme avec toute l'equipe au complet "des charlots". Ainsi, il n'y a pas qu'en France qu'on a droit a ca. Mais le cinema argentin, c'est aussi "Historias minimas" et "Bonbon El Perro"...

Et maintenant, quelques precisions sur les parcs de Talampaya et Ischigualasto. S'il y a des erreurs manifestes, peut etre que notre specialiste geologie, Bastien, voudra bien corriger.

Il y a en Argentine 34 parcs nationaux dont 9 font partie du patrimoine mondial. Parmi ces 9, les parcs d'Iguazu, des Glaciers dont le Perito Moreno et Talampaya / Ischigualasto font partie du patrimoine mondial naturel.

Les parcs de Talampaya et Ischigualasto constituent le seul endroit au monde ou l'on peut observer des couches de la periode triassique qui a dure 50 millions d'annees environ. Celle-ci fait partie de l'ere mezoique qui a commence il y a envrion 250 millions d'annees et qui se caracterise par le developpement des premiers reptiles dont les dinosaures.

Il y a environ 70 millions d'annees, lorsque les Andes se sont formees par la collision de plaques tectoniques, a 300 km de la, sur le site actuel de Talampaya et Ischigualasto, les roches sedimentaires de la periode triassique sont remontees a la surface par une faille de l'ecorce terrestre. Ces roches sedimentaires se composent de 7 couches distinctes dues aux changements climatiques en ces lieux durant la periode triassique.

Talampaya
Les deux couches les plus anciennes, 1 et 2, sont visibles a Talampaya. Un cours d'eau a forme un canyon aux superbes tons de rouge, de 150 a 180m de haut. Ce parc est aussi connu pour ses petroglyphes que les hommes ont commence a graver dans la pierre il y a 2500 ans et jusqu'au siecle dernier. Ils representent des scenes de la vie quotidienne comme l'elevage des lamas et des guanacos et aussi de la vie mystique de ces temps anciens.
On a pu aussi y observer la faune locale : condors, maras (lievre de Patagonie), nandus, guanacos, jotes ou vautours, loros barranqueros ou perruches de Patagonie de couleur jaune et bleue. La flore est egalement presente bien qu'il ne pleuve pas plus de 100mm par an. Les arbustes et les cactus sont nombreux. L'algarrobo est le seul veritable arbre qui arrive a se developper dans cet environnement. Les specimens de Talampaya ont entre 250 et 300 ans. On a pu aussi remarquer le Brea, un arbuste dont les feuilles sont trop petites pour realiser la photosynthese. Le bois des branches se pare donc d'une couleur verte pour participer a la tache.

Ischigualasto
Les 5 couches superieures (3,4,5,6,7), plus recentes, ont glisse les unes sur les autres comme des biscuits pour se retrouver juxtaposees a 70 kms de la environ a Ischigualasto.
On y visite les 3 couches les plus recentes (5,6,7), les deux autres etant moins interessantes, d'un point de vue touristique certainement, sur un parcours de 40km environ. Le parc d'Ischigualasto est aussi appele "Valle de la Luna" pour ses paysages caracteristiques.

La couche 5 presente des fossiles de feuille (photo) et du carbone notamment, temoins d'un paysage de savane avec vegetation et points d'eau.

La couche 6 est composee d'argile impermeable principalement. Elle presente beaucoup de couleurs egalement dues a la presence de souffre, de fer, de cuivre et les formes particulieres sculptees par le vent et l'eau au fil des siecles comme le "sous-marin" et le "champignon".
C'est dans cette couche qu'a ete trouve le plus vieux fossile de dinosaure, de 90cm environ, qui vivait il y a 230 millions d'annees. Ce secteur est toujours l'objet de fouilles et de decouvertes importantes ces 30 dernieres annees. Les scientifiques operent des prelevements une fois par an dans des gisements connus et mis a nu par le vent. Il est en effet impossible de creuser. Les fossiles, trop fragiles, se briseraient automatiquement. Ils obtiennent ainsi suffisamment de materiaux a etudier le reste de l'annee.

La couche 7, la plus recente, est rouge en raison des oxydes de fer et d'un climat plus sec.

Ces precisions sont peut etre un peu longues mais on a trouve vraiment interessant et assez unique de contempler les entrailles de la Terre qui se sont formees il y a 250 millions d'annees. On est peu de chose...
par Franck publié dans : Argentine
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Samedi 24 novembre 2007
Nouveau depart. Nouvelle arrivee a Junin de los Andes cette fois-ci. On a nos petites habitudes maintenant : on cherche l'office de tourisme, on recupere infos et carte, on traverse la ville de long en large pour trouver l'auberge qui va bien, on pose les sacs et on essaie d'organiser la suite. Et la suite la, c'est d'aller randonner quelques jours dans le parc national Lanin. 
Encore un peu en avance sur la pleine saison, deux sentiers seulement sont faisables. On part le mardi midi pour le parc. Apparemment, pas de bus retour avant le vendredi... pour faire deux sentiers... on risque de trouver le temps un peu long... Tant pis, on part quand meme, on essaiera de rentrer en stop. 

Arrives au parc, grand moment de solitude. Tres peu de monde, c'est le jour de repos du garde du parc, pas de carte precise ni des sentiers, ni des campings ouverts...
On se pose finalement dans un camping a priori ouvert meme si on ne verra jamais le proprietaire.

Une premiere demi-journee qui se termine a 22h, apres 7h de marche pour trouver la cascade et se tromper 2 fois de chemin, le tout, dans la joie et la bonne humeur. Heureusement, Franck avait encore l'energie pour nous preparer une delicieuse recette de Bruno : polenta, lard et pruneaux. Ca fait du bien !

Le lendemain, direction la base du volcan Lanin. Montee bucolique au milieu des forets d'araucarias, toujours tout seul... et plutot tranquille pour moi puisque Franck s'est propose de jouer le sherpa pour reposer mon dos et surtout mon coxis, encore un peu douloureux.

De retour de cette agreable journee, sur le sentier qui longe la route, on entend une voiture passer. Je me precipite pour faire du stop ; le gars s'arrete... Le pauvre n'a apparemment pas vu Franck arriver derriere en courant avec le gros sac a dos ; du coup, il nous fera la remarque. 
En tout cas, un chauffeur bien sympathique, qui travaille comme ingenieur naval a Buenos Aires et qui connait meme Grenoble puisqu'il a postule il y a quelques temps dans une entreprise du coin et n'a jamais eu de reponse. Les recruteurs en France... vraiment pas tres serieux !!!
On abuse un peu et on profite de sa gentillesse pour lui demander de nous attendre au camping le temps de ranger et de demonter la tente (chose faite en un temps record, mais avec la perte d'une sardine, ce qui traumatise un peu Franck... pour ceux qui le connaissent quand il perd quelquechose ;-)).

On termine la journee bien content de nos 16h de rando au parc et surtout de cette parfaite gestion du temps ! Ju, Sof... si vous lisez ce post, je crois qu'on a fait aussi bien que vous. 

Petit tour au terminal de bus de Junin. Nouvelle zone d'ombre. On veut se rendre a San Agustin, mais les agents des differentes compagnies de bus ne savent nous renseigner que sur leur destination directe ; des qu'il faut transiter par une autre ville, y'a plus personne. 

Nouveau depart de Junin donc et 30 heures de bus plus tard, nous voici tout juste arrives a San Agustin de la Vallee Fertil (le nom complet a son importance. J'en connais deux qui ont failli se retrouver dans un autre San Agustin, a quelques centaines de kilometres de la), le ventre vide (on a en effet saute sur le 1er prix sans se demander pourquoi ce bus etait moins cher... nos estomacs eux peuvent maintenant vous l'expliquer).

L'aventure continue...

par Solene publié dans : Argentine
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Lundi 19 novembre 2007
San Martin de los Andes. La Colorada. C'est notre auberge pour quelques jours. On pose les affaires et, comme on est fatigue, on se pose aussi dans un resto le soir. Le meilleur depuis le debut, enfin c'est seulement le deuxieme. On se regale mais Solene sort affolee (tout est relatif) par la note. 35 euros pour un diner, on est hors budget. Elle decide qu'on ne mangera plus pendant trois jours!

Le lendemain au petit dejeuner, c'est une joyeuse cacophonie. Un argentin qui parle trois mots d'anglais, un americain, un israelien parlant trois mots d'espagnol, Solene et ses deux semaines d'espagnol et moi. Ca se transforme vite en cours multilingue ou j'essaie d'assurer la liaison entre l'anglais et l'espagnol. Je vous laisse imaginer le resultat...
Le temps est a nouveau maussade. Ca nous donne une bonne excuse pour se poser. Vers 14h, Solene me parle avec envie des "panchos" (hot-dog) de l'argentin. Il nous en propose. Solene decline par politesse mais je la trahis. On en mangera chacun un avec un brin de culpabilite. On se doute qu'il ne roule pas sur l'or. C'est un menuisier qui habite a 1h30 de Buenos Aires mais il n'y a jamais mis les pieds. "Trop cher" nous a t'il dit. On decide qu'on lui offrira quelque chose en retour. Malgre de nombreuses tentatives le lendemain avec une salade, du chocolat, des "panchos", ... rien a faire. Pire, on s'enfonce avec une malheureuse question. "Qu'est ce que le fiambre?" On se retrouvera a gouter chacun une moitie de sandwich. Bien joue!

Le lendemain, on marche jusqu'a un mirador sur le lac Lacar. Ces vues sont toujours aussi belles. On traverse ensuite une communaute d'indiens Mapuche pour gagner Playa Islita, deserte. Rien d'autre a faire que regarder. Profiter. Prendre le temps...

Le soir, tout le monde se retrouve dans la cuisine. Notre menuisier argentin. Un chilien qui vit a Stockholm. La proprietaire de la Colorada, Maria Teresa, une avocate qui a quitte Buenos Aires pour changer de vie. Son accolyte receptionniste. Solene et moi. On part dans de longues discussions sur tout (mais pas n'importe quoi) et il est amusant de constater que les preoccupations sont les memes parfois : pouvoir d'achat, centralisation, richesse du pays, ...
La proprio offre la biere, elle nous prete ses VTT pour le lendemain, il suffit juste que je change une chambre a air. On gagne ainsi la location de deux velos. (Elle me prete aussi son PC pour que je tappe ce post). Vers 1h, on decide de tous aller prendre un verre en ville. Solene et notre menuisier declare forfait. L'auberge est ouverte depuis un mois mais l'ambiance est bien la.

Aujourd'hui on prend donc les velos pour gagner un autre mirador. Comme toujours, vue superbe mais meritee : une montee de 5km sur une piste forestiere parfois bien raide. On fait une boucle, et quelques kilometres de piste supplementaires, pour revenir par les berges du lac immensemment bleu, les sommets enneiges au fond, la foret et les genets en fleur. On va rester sur cette image du lac Lacar. Demain on part pour Junin de los Andes, plus au nord du parc national pour un petit trek autour du volcan Lanin.

Cette fois-ci on a bien pris le temps. Les rencontres, les echanges, l'ambiance tout autant que le paysage marqueront notre passage a San Martin de los Andes. La Colorada, c'est un peu chez nous maintenant...


par Franck publié dans : Argentine
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Vendredi 16 novembre 2007
Lacs, montagnes, forets de sapins, chalets de bois, Saint-Bernard, fondue et chocolat... Non, nous ne sommes pas en Suisse, mais bien a Bariloche. 

Temps maussade a notre arrivee, pluie prevue le lendemain, comme mon pere me le confirme d'ailleurs par mail... On fait le tour de l'office de tourisme, du bureau du parc Nahuel Huapi et du club Andino. On apprend que la neige est toujours presente autour de 1600m et que la plupart des refuges sont fermes. (Enfin, apparemment en France, vous n'en manquez pas non plus. Merci pour les mails et photos qui nous tiennent informes.)
Ce qu'ils nous proposent ? Des excursions organisees, des points de vue sur le lac accessible en telepherique... Bariloche, c'est pas gagne !

Le lendemain, on se decide a faire le Circuito Chico conseille la veille (une belle route bitumee) mais pour nous, ce sera a pied. On va finalement marcher pendant 7 heures avec un ciel qui se degage petit a petit. En fait, on decouvre de nombreux sentiers qui s'ecartent du circuit. Le plus marquant, celui du Cerro Llao Llao, nous offre une vue superbe sur le lac Nahuel Huapi ; d'autres en longent les berges. A la fin de la journee, quasi au bout du circuit, un chauffeur de minibus s'arrete, nous attend et propose de nous descendre a Bariloche. On decline. On n'aurait pas du. On continue a marcher pour gagner inutilement Colonia Suiza, comme on nous l'avait indique. Ce n'est pas le bon chemin, on y rate le bus 10 de 5 minutes. Il est 20h, le prochain est dans 2 heures. On continue donc a pied. 3 voitures passent puis un argentin nous prend en stop et nous emmene sur la route principale a 21h05. Le bus 20 passe 3 minutes plus tard. Ouf ! Super journee sur ces chemins decouverts petit a petit ou l'on se retrouve quasiment tout seul.

Jour suivant. Grand beau. On va parcourir les autres points de vue sur le lac, depuis les sommets alentours. On reste fideles a notre methode, c'est-a-dire autant que possible a pied. Le bus 20 nous amene au bas du Cerro Campanario. On voit bien le telepherique mais pas le sentier. Un argentin nous l'indique, en precisant qu'il faut marcher, marcher. Apres une marche harrassante... de 25 minutes... nous voila au sommet avec une belle vue a 360 degres.

On enchaine ensuite avec le Cerro Otto. Le chemin s'avere etre en fait une route forestiere que l'on partage avec les voitures... On mange de la poussiere. On aurait du s'en douter, celui-la, on nous l'avait bien indique. A mi-chemin peut-etre, j'arrete une voiture qui nous monte au sommet. Comme le telepherique est en travaux, peu de monde la-haut. Tant mieux ! La vue sur tout le lac est a couper le souffle. Neanmoins, il faut se resoudre a redescendre les 7 km. Au bout de 3 km, on entend le camion des ouvriers. Franck l'arrete et on finit le reste de la descente dans la benne. Ces petits riens qui font aussi le voyage. Franck, tout content, essaie de prendre des photos. Il en reussira une superbement cadree... de mes chaussures... Moi, un peu moins fiere, c'est un peu la route de la mort en camion. Les gars, tout sourire, nous laissent a deux rues de notre hotel. Le soudeur avait vraiment une bonne tete. "Le bon oeil du voyage" selon Franck.

On nous avait parle d'argentins arrogants, on les trouve toujours adorables et prets a nous aider.

Une fondue au chocolat pour finir le sejour en beaute.

On quitte Bariloche, direction San Martin de Los Andes. On quitte aussi Bastien, rencontre une 1ere fois a Buenos Aires et retrouve par hasard... Ses pates collantes, ses steacks trop cuits... On a partage de bons moments, a table notamment...

par Solene publié dans : Argentine
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Mardi 13 novembre 2007

On a du mal a quitter la cote atlantique. Du coup, on change un peu nos plans. Direction Trelew, un peu plus au sud encore, pour aller voir "Las Toninas" ou dauphins de Commerson. 
Quel contraste avec Puerto Madryn. Julian, le beau Labrador de notre hotel El Refugio n'est plus la et la ville bien moins accueillante. C'est cher, pas tres beau et souvent delabre meme dans le centre. C'est pourtant la capitale de la province du Chubut. 

Le lendemain, on part pour Puerto Rawson avec deux bus. On n'y croise que des locaux. 1h15 pour faire 17 km : on a visite toutes les rues de la ville. Pourtant, on ne sera pas seul. "Loin de la" commente Solene en faisant son lit pendant que je redige ce post. En effet, c'est sans compter sur un groupe de Madrilenes, en Argentine pour deux semaines, en excursion organisee forcement ce jour-la. Vouloir prendre le temps ne suffit pas. On a beau essayer de decouvrir par soi-meme, on retombe souvent dans un circuit d'excursions minutees pour certaines activites. Ca ne nous correspond pas, mais difficile de faire autrement. Je me pose, du coup, des questions sur le voyage. Son but. La facon de voyager. 

On est venu pour les dauphins, ils sont au rendez-vous. Ce sont de petits cetaces d'1m50 maximum, noirs et blancs, ressemblant a des bebes orques, extremement vifs et rapides. Ils sont par consequent bien plus difficiles a voir que les baleines. Ils n'en sont pas moins captivants pour autant. C'est au premier qui avertira les autres sur le bateau. Promis Camille, Solene s'est bien appliquee pour les photos meme si le resultat est moins flagrant. 
On voit aussi une colonie de lions de mer au port et des flamants roses profitant de la maree basse. 

Le soir, on se decide enfin a prendre la direction de San Carlos de Bariloche. Au revoir l'Atlantique, bonjour les Andes. On sent bien qu'on laisse derriere nous un environnement qui nous a beaucoup plu. On s'endort avec les vagues, on se reveille avec la neige, 15 h de bus plus tard. Celle-ci est bien plus presente que les annees precedentes a la meme periode. Ca complique la donne pour randonner.
On est bien en Patagonie par contre. 5 degres a 18h. Moi qui n'ai pris qu'une polaire coupe-vent sans manches, la Gore-Tex est mon amie, le vent patagonien n'etant pas une legende.

Je trouve du chocolat "amargo" a 70% et Solene, enfin, de la confiture de calafate (fruit proche de la myrtille), decouverte il y a 3 ans lors de notre precedent voyage. Les specialites culinaires patagoniennes ont du bon !

par Franck publié dans : Argentine
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Vendredi 9 novembre 2007

(Titre a prononcer avec l'accent argentin : "bachenas", n'est-ce-pas, Mag ?)

Ah, la Patagonie... Il y a 3 ans deja, on avait adore cette region... Il fallait vraiment revenir pour combler les manques et voir la Peninsule Valdes...

A peine arrives a Puerto Madryn, on se sent chez nous. L'hotel El Refugio est bien sympathique, ambiance multi-culturelle au diner (israeliens, canadiens, australiens...). Quelques mots echanges avec un couple de Vancouver et je leur propose rapidement de se joindre a nous pour les 2 jours dans la reserve de Valdes ; bien contente de pouvoir parler anglais et avec des canadiens en plus ! 
Et puis, ce voyage, c'est ça pour nous aussi ; des rencontres, des moments partages avec des personnes croisees au detour d'un hotel, d'un bus...
Bon, le lendemain matin, je m'en mordais un peu les doigts, apres les avoir attendus pendant une heure... finalement, peu importe...

Comme le disait un guide qui accompagnait un groupe d'adolescents en excursion : "Il faut du temps pour observer la nature", alors c'est ce qu'on a essaye de faire : prendre le temps, attendre que les touristes en bus repartent pour nous laisser seuls avec la faune, et on a pas ete deçu. De toute façon, moi, je pourrais camper des semaines sur la plage a observer la faune dans son habitat naturel.

Vous aurez remarque au passage, que nous, nous ne sommes pas des touristes ; comme l'a justement decrit Kate, la canadienne, nous, nous sommes des voyageurs ;-)

On a donc pris un petit zodiac pour s'approcher au plus pres des baleines franches australes, mais finalement, c'est elles qui sont venues a nous jusqu'a pousser notre embarcation. Spectacle fascinant, meme le guide n'en revenait pas de tout ce qu'on a vu. Franck au camescope, moi, a la photo ; on est plutot fier du resultat. 
Et le lendemain, on a observe tranquillement la vie des elephants de mer a Punta Cantor, pendant que les groupes de touristes s'enchainaient. 

Franck, je pense au retour, va se reconvertir dans le documentaire animalier... il n'a pas lache le camescope et il a assure !

Seul regret : on a rate la maree haute et donc les attaques des orques sur la plage pour attrapper les jeunes lions de mer, spectacle unique au monde, parait-il, mais bon, tant pis... Les canadiens m'ont dit qu'on pouvait aller voir les orques sur l'ile de Vancouver, alors voila, le rendez-vous est pris...

En tout cas, on est bien heureux de ces 2 jours ! 

10 jours deja que nous avons quitte la France. Que le temps passe vite ! On savoure l'idee d'avoir 9 mois et demi devant nous...



par Solene publié dans : Argentine
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Mardi 6 novembre 2007
Les grandes villes, ce n'est pas vraiment notre fort. Cependant, on avait besoin de souffler un peu avant de rentrer vraiment dans ce voyage : deux fois un jour et demi au final, avec notre excursion a Puerto Iguazu entre deux.

Des l'arrivee, on s'est senti un peu agresse par la pollution, a la fin aussi d'ailleurs, mais on s'est peu a peu habitue a cette ville d'Amerique Latine. Peut etre parce qu'on a bien apprehende les lieux. Oui car on a une technique bien a nous pour parcourir une ville.

D'abord, quoiqu'il arrive, on marche. On trouve un pauvre plan publicitaire et on marche. Meme a Puerto Iguazu avec un plan de 2cm par 2cm, Solene trouve l'hotel. Au bout d'un certain temps, on se dit qu'on pourrait peut-etre essayer autre chose. 
On teste donc le metro. Pas vraiment developpe pour une agglomeration de cette importance mais pratique quand les distances s'allongent, comprenez plus de 3 ou 4 kms, pour rentrer le soir. 
Si le metro vient a manquer, il y a le bus. Mais n'ayant aucun guide sur nous, on est bien avance. Alors ca c'est tres simple, pour ca il y a les argentins. Il suffit de demander a n'importe lequel d'entre eux qui vous indiquera "dos cuadras" plus loin l'arret et le numero de bus qui vont bien.

Ainsi, on a decouvert une ville eclectique avec des coins sympas, des parcs fleuris, des immeubles haussmaniens, des bus, des bus. Les docks de Puerto Madero reconvertis en quartier a la mode avec les anciennes grues de dechargement laissees la pour decoration et leur "Puente de la Mujer". Les ruelles colorees et trop touristiques du Caminito (la place du Tertre argentine). Des rues parfaitement carrees avec leurs panneaux publicitaires comme a Time Square d'apres Solene. Gotan Project inondant les rues pietonnes. Le quartier boheme de San Telmo le dimanche, un verre de jus d'oranges pressees a la main et ecoutant un ensemble de cuivre revisitant "Libertango" de Piazzolla. Le quartier des affaires et ses golden boys qui mangent sur le pouce des empanadas et un soda, fument une cigarrette avant de repartir travailler. On y croise aussi des personnes qui font les poubelles a partir de 17h pour essayer de gagner je ne sais quoi...

On a trouve ça bien sympathique au final. On s'habitue vite mais le chant des baleines s'est fait entendre. Un retour au pas de course a l'hotel, pour cause de metro en panne, en passant une derniere fois Plaza de Mayo, on met les sacs sur le dos et on monte dans le bus 22 Quilmo-Retiro, stoppe a un feu (meme pas un arret officiel) pour gagner juste a temps le terminal de bus. Qu'est ce qu'on maitrise les transports a Buenos Aires ! 

Direction la Peninsule Valdes, 1500 km et 18h de bus au sud de Buenos Aires.


PS : 2700 pages vues sur le blog depuis le 30/10. Ca fait plaisir de voir que vous nous suivez. Meme si on n'a pas le temps de repondre a tous vos messages, mails ou commentaires, on est ravi de les lire.

par Franck publié dans : Argentine
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Lundi 5 novembre 2007
Apres un long repos d'un jour et demi a Buenos Aires, direction le nord...

35h de bus aller/retour, des cars de touristes, un hotel Sheraton en plein milieu du site, des animations superflues pour les "aventuriers de l'extreme" (s'approcher des chutes en bateaux, descente en rappels, escalade artificielle, safari "ecologique"), voila pour les mauvais cotes...

Sinon le parc national des chutes d'Iguazu a la frontiere du Bresil et de l'Argentine, c'est aussi un moment privilegie peu avant la fermeture du site, lorsque le touriste presse a deserter les lieux, ou l'on decouvre une foret luxuriante, la puissance des chutes, le reveil de la faune. On s'impregne petit a petit de cette ambiance. Les averses de pluie rajoutent au caractere sauvage du site, dixit Franck ; "temps de merde" aurais-je plutot tendance a dire. 

Le lendemain, du cote bresilien, c'est le ciel bleu qui nous accompagne. C'est agreable aussi !

Franck a prefere le cote argentin, plus au coeur des chutes ; moi, plutot le cote bresilien pour les vues d'ensemble et le soleil ! La gorge du diable par contre fait l'unanimite.

Ca valait bien 35h de bus... meme si le 1er soir, on est tombe de sommeil sans manger. Pour l'ambiance de Puerto Iguazu by night, ne comptez pas sur nous !

Si, si, on va se poser, on vous dit.

PS : Les photos sont en ligne dans la galerie.
par Franck et Solene publié dans : Argentine
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