Lundi 12 mai 2008
Le voyage c'est aussi : avancer, faire, defaire et refaire le meme sac a dos, partir parfois des le lendemain parce que des villes comme Tocoa ne sont que des lieux de passage sans interet. Mais ce matin-la, je n'avais pas envie, pas l'energie. Alors on a traine et vers 14h, on s'est decide a prendre un bus en direction de La Ceiba. Officiellement 2h de route ; en fait, 3h30. On se renseigne un peu pour se rendre a Chachahuate, un petit village garifuna sur une ile paradisiaque. Comme toujours au Honduras, les informations sur les transports divergent et on rate finalement le dernier bus pour Nueva Armenia. Pris par le temps, on abandonne finalement Chachahuate et on se rabbat sur l'ile d'Utila, la mecque de l'apprenti plongeur, apres une nuit dans la peu sympathique ville de La Ceiba ou il ne fait pas bon trainer le soir.

Utila, ce n'est pas la meilleure idee du voyage. Tout le systeme est bien huile. Les agences vous poussent toutes a passer votre open water (le systeme PADI qui permet de plonger jusqu'a 18 metres sans instructeur) et ne proposent des logements bon marche qu'aux plongeurs. " Mais si, vous avez bien un jour de plus". "C'est vraiment dommage de ne faire qu'une plongee". "Pas de snorkeling ici, c'est trop profond". "Avec ce que vous avez deja fait, c'est dommage de ne pas passer l'open water"... On se demande vraiment ce qu'on est venu faire la.
On finit par negocier une premiere sortie en bateau avec deux sites de snorkeling et le jour suivant, les cours theoriques et deux plongees de decouverte.

Le lendemain matin, on part donc pour la deuxieme plus grande barriere de corail apres l'Australie ; mais la sortie snorkeling s'avere decevante. De jolies formes de coraux, mais ce sont des coraux durs, plutot sombres et il y a peu de poissons.
Je vais voir la responsable du club de plongee. Pas tres a l'aise puisque je dois lui annoncer qu'on a change d'avis et qu'on veut s'en tenir la. Je lui explique qu'on n'est pas seduit par les fonds d'Utila, qu'en comparaison de la Mer Rouge ou des Galapagos, ici, c'est plutot triste. Et la, elle me dit qu'elle est originaire des Galapagos et qu'elle se demande regulierement pourquoi elle ne travaille pas sur ses iles natales dont les fonds lui semblent aussi bien plus riches. Hop, je saute sur l'occasion. On annule tout et on rentre immediatement sur La Ceiba.
On se tient a ce qu'on s'etait dit au debut de l'Amerique Centrale : Ca nous plait, on reste ; Ca ne nous plait pas, on trace. Meme si c'est toujours un peu difficile de renoncer. On se dit qu'on a peut-etre pas eu de chance, pas plonge aux meilleurs endroits, que l'on passe a cote de quelque chose...

Le jour suivant, on se laisse tenter par un bus grand luxe et bien plus cher de la compagnie Hedman Alas pour eviter d'avoir a traverser San Pedro Sula qui fait toujours autant parler d'elle pour ses meurtres gratuits et violents. Le dernier en date : une fete d'anniversaire en plein apres-midi qui s'est terminee en carnage.
On arrive a Copan Ruinas en fin d'apres-midi. Un joli petit village tranquille aux rues pavees.
Comment peut-il y avoir autant de contrastes entre ces villes ?

Le matin on se reveille aux aurores pour aller a l'entree des ruines puisque Franck a lu sur un blog qu'on pouvait y apercevoir des perroquets.
On ne sait pas trop encore ce que l'on va faire : visiter les ruines ou entrer tout de suite au Guatemala.
On arrive les premiers sur le site et effectivement de nombreux aras sont la pour nous accueillir. Ils sont vraiment superbes et peu farouches ce qui nous semble un peu louche quand meme.
Le site est desert, la faune se reveille. Je ne resiste pas a l'envie de me promener a l'interieur. Le Guatemala, ce sera pour demain. On file chercher nos billets. Oups, l'addition est salee. US$ 15 / pers pour les ruines et si on veut visiter tout le site, c'est US$ 40 / pers. Euh, les ruines, ce sera suffisant.
A peine quelques pas au milieu du parc et on decouvre des bacs remplis de tortillas et de bananes pour nourrir les oiseaux. On se disait aussi, des aras qui restent la bien gentillement a l'entree pour accueillir les visiteurs...
On a la chance de rester seuls tous les deux pendant plus d'une heure au milieu des vestiges mayas qui datent essentiellent des annees 700-800 apres J.C. Tout est paisible, a part peut-etre les perroquets qui nous survolent dans une veritable cacophonie. Les sculptures sont belles et travaillees, rien a voir avec les incas. Une toute nouvelle civilisation a decouvrir, mais pour ca, bien d'autres sites nous attendent.

Histoire de bien remplir notre journee a Copan Ruinas, on fait un tour au parc aux oiseaux (http://www.macawmountain.com) l'apres-midi. Il s'agit d'un parc qui recupere des oiseaux en mauvais etat de sante afin de leur offrir une vie meilleure. Malheureusement, il n'y a pas de programme de remise en liberte prevu. Quand on sait que des aras par exemple vivent environ 80 ans, c'est dur ; mais on nous explique que si on les relachait, ils seraient aussitot recaptures pour le commerce illegal. Un tour guide bien instructif en tout cas et quand on voit l'etat dans lequel ils recuperent les perroquets, pas de doute qu'ils sont bien soignes dans ce parc. Un moindre mal surement...

C'est sur cette agreable journee que l'on termine le Honduras. Un pays qui nous a surpris apres tout ce qu'on nous en avait dit. Les locaux que nous avons rencontres se sont montres bien sympathiques et toujours prets a nous aider meme a la capitale. On se dit que nous n'avons peut-etre pas fait le meme Honduras que tout le monde. Tant mieux.
par Solene publié dans : Honduras
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