Dimanche 27 avril 2008
Quatrieme pays d'Amerique Centrale en un mois et demi.

On se presente aux bureaux d'immigration du Nicaragua et du Honduras. Que des mauvaises surprises : une taxe supplementaire rien que pour nous les etrangers et aucun nouveau tampon sur nos passeports. Les pays du Nicaragua, Honduras, Guatemala et El Salvador ont apparemment un accord qui permet de circuler entre ces 4 pays, moyennant quelques taxes d'immigration a chaque fois.
On est decu. En plus, ca fausse nos previsions de pages tamponnees.

Nous voila donc au Honduras. Un sentiment un peu mitige. Les voyageurs croises precedemment n'ont pas fait une tres bonne publicite a ce pays et ses habitants : insecurite, gens peu sympathiques et avares d'informations...

Ne voulant pas rester une heure et demi a attendre le bus direct pour Tegucigalpa, on opte pour la solution multi-stop El Paraiso / Danli / Tegucigalpa.

On en profite pour ecouter No surprises de Radiohead et Rainin' in Paradise de Manu Chao afin de respecter notre rituel d'entree dans un nouveau pays et de me remettre de ma grande depression due a l'absence de tampon sur mon passeport.

Les premiers paysages defilent sous nos yeux. Des pins, des pins et encore des pins. J'ai une pensee pour Pascal et sa nouvelle region. C'est pas ici qu'il faut venir faire du tourisme pour se changer des Landes. Mais rapidement, ma concentration se reporte sur la route. Une montee, un virage, zero visibilite...  Les moments ideaux pour doubler selon notre chauffeur. De toute facon, ca passe a trois, non ?

En tout cas, on arrive a Tegucilgalpa 5h30 apres notre entree dans le pays. Pas mal pour seulement 122 km. Ca promet pour les trajets a venir !

La nuit va bientot tomber et il faut que l'on se depeche de rejoindre le centre.
On finit par trouver le bon bus et c'est pas grace aux chauffeurs de taxis, toujours aussi pourris.

Imaginez notre arrivee a la capitale. C'est comme debarquer a Paris une demi-heure avant la nuit, sans aucun guide, sans information, demander aux parisiens de nous indiquer tout d'abord le centre-ville puis un hotel pas cher. Pas si facile !

En tout cas, ils s'en sortent plutot bien ces Honduriens et un "reggae man" nous aide rapidement a trouver un hotel. Ce n'est pas le plus propre, mais pour une fois, il n'y a pas de blatte qui traine, alors rien que pour ca, ce n'est pas si mal. Euh... sauf qu'on decouvrira un peu plus tard qu'il s'agit d'un hotel de passes... ben oui, on ne peut pas toujours avoir tout bon non plus.

Apres un mois et demi de comida corriente quasi non-stop, je saute sur l'occasion et on se fait une soiree double fast-food, Burger King et McDo pour le dessert. Franck est ravi. Surtout quand je l'entraine dans le meme plan des le lendemain matin pour le petit-dejeuner. On en profite pour lire les journaux mis a disposition. L'insecurite et les meurtres gratuits font quotidiennement les unes ici : un regard de travers, un desaccord... et un mort. Certaines zones semblent bien plus touchees comme San Pedro Sula qui denombrait 1513 meurtres sans raison en 2007. Ca fait froid dans le dos.

Nous, on a opte au dernier moment pour les coins paisibles du Honduras. La Moskitia pour commencer. Un mail de mon pere nous indiquait la route a suivre Tegucigalpa / Juticalpa / Trujillo / Iriona. On decide de ne pas aller jusqu'a Trujillo qui semble nous faire faire un detour. Mauvais calcul. Apres 3h30 de bus, on se retrouve coince a Juticalpa, une ville perdue au milieu de nulle part. Notre prochain bus ne part qu'a 5h le lendemain matin.
C'est le probleme quand on voyage sans guide, des fois, on se plante. Surtout au Honduras, ou les transports sont mal organises, ou il n'existe pas de gare routiere, ou les routes secondaires sont pourries et les gens incapables de vous renseigner sur les trajets et les horaires. D'autant plus, qu'ils ont tendance a inventer plutot qu'a avouer qu'ils ne savent pas.

On prend donc notre mal en patience. A part un gars bourre dont j'ai cru me debarrasser plus vite en lui disant que je ne parlais ni anglais, ni espagnol (encore un mauvais calcul, j'ai eu le droit a des chansons d'amours qu'il hurlait dans la rue. Au moins, on a bien fait rire les gens), les habitants, la ville et l'hotel sont plutot sympathiques. On nous observe beaucoup, c'est tout. On comprend vite que peu de touristes viennent se perdre ici.

Le jour suivant, c'est donc reveil a 4h15. Il ne faut pas rater le bus de 5h. On attend dans le noir, sur un trottoir au bord de la route, encore, et encore... Et bien, non, le bus ne passera pas. Heureusement, il y en a un autre, le seul autre de la journee. Et la bonne nouvelle, c'est qu'il s'arrete partout et qu'il va nous falloir plus de 8h pour arriver a Tocoa, notre stop avant de prendre la route de la Moskitia.
C'est donc une journee de bus, sur une route de terre qui nous permet de respirer de la poussiere tout du long. Certains locaux ralent puisqu'ils sont obliges de s'entasser dans le couloir du bus. Il fait tres chaud... Le bus ne cesse de klaxonner pour annoncer son arrivee dans chaque village. On s'arrete parfois tous les 30 metres pour deposer un tel ou un tel. C'est du service a domicile les bus ici. Ca sent un peu la Bolivie par moment. Heureusement, l'ambiance est sympathique. On profite des paysages du Honduras profond et des paysans sur leurs chevaux qui menent le betail.

En tout cas, on n'est pas mecontent quand on peut se poser enfin a Tocoa. Le lendemain, ce sera le debut d'une autre aventure a la Moskitia.
par Solene publié dans : Honduras
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