On y arrive avec d'autres voyageurs croises a Ometepe. Jamais on n'a eu autant d'etrangers avec nous dans un bus depuis l'Amerique du Sud. Du terminal, on arpente une rue tres animee :
vendeurs de viande, de produits de beaute, de DVD graves, de boissons dans des sachets plastiques fermes avec une paille, des echoppes de cordonniers, de reparateurs de bicyclettes. On retrouve un
parfum d'ambiance bolivienne. On puis on arrive a la place principale. Un tout autre parfum. De beaux batiments colores, des arbres, des kiosques a jus frais, une cathedrale imposante, des
restaurants et des bars en veux tu en voila. A des prix costariciens presque, avec les taxes qui vont avec. Les terrasses sont malgre tout bondees. On savait que Granada etait touristique, mais ca
depasse nos "esperances". C'est meme difficile de trouver une comida corriente a un prix decent. On se balade vers l'eglise de la Merced ou l'on peut monter au clocher apparemment. On se dit : "Il
ne manquerait plus que ce soit payant..." Ca ne rate pas. Le debut du tourisme au Nicaragua coincide avec la fin de l'ultime revolution sandiniste en 1989. Certaines villes se sont vite adaptees.
Vite mais avec style... Dans l'eglise de la Merced on peut lire : "Contribution pour aider a la maintenance de l'eglise". C'est vrai que la facade est bien mal en point.
Malgre tout on va y rester deux jours a Granada. A presque rien faire. Le premier jour parce qu'on a trouve un hotel sympathique avec une cour interieure ombragee et qu'on a surement besoin de
souffler un peu. Le deuxieme parce qu'on rencontre un francais, qui nous parle de son voyage ici. Quand on regarde la montre, il est bien trop tard pour partir a la laguna d'Apoyo. Comme il fait
deja bien chaud, on va boire un coup avec lui. Puis on le laisse, on doit quand meme mange notre pique-nique prevu pour notre excursion a la laguna. On le retrouve le soir pour la diffusion d'un
documentaire americano-canadien sur la feuille de coca et la cocaine en Bolivie et l'attitude du gouvernement americain vis a vis de tout ca. Sur son interventionnisme, on devrait plutot dire. Ca
nous rappelle le debut du voyage, les visages bien caracteristiques des boliviens. On comprend mieux l'arrivee d'Evo Morales au pouvoir. Sur ce, on va deguster une piña colada avec notre ami
girondin. Trop de lait de coco ? Pas assez ? L'eternel debat... mais tout le monde est d'accord ce soir. Pas assez !
Le lendemain, on se decide quand meme pour aller a la Reserve Naturelle du volcan Mombacho. Un bus puis une petite marche nous menent a l'entree. De la, des camions de la reserve menent a la
station biologique. C'est un peu cher mais 5km et 800 de denivele avec les camions et les voitures qui passent... on se laisse tenter, on aura plus le temps d'en profiter.
Arrives a la station "biologique", c'est un peu l'hallucination. Des antennes de telecommunications de partout et la station propose un hebergement a 30 dollars la nuit. Un seul sentier est
accessible seul, les autres obligatoirement avec un guide. On va parcourir le sentier d'El Crater qui propose une belle vue sur le cratere du Mombacho, peu a peu gagne par un bosque nuboso. C'est
la saison seche ici et c'est une des premieres fois qu'on voit une telle vegetation avec le soleil et le ciel bleu. Solene n'est pas mecontente de ca. Le panorama sur Granada, le lac Cocibolca et
ses Isletas nees de l'eruption du volcan vaut aussi le coup. Cote faune par contre, c'est le desert. La fin de la saison seche ne semble pas la bonne periode pour ca. A moins que la profusion des
antennes y soit pour quelque chose ? Du coup, les autres sentiers ne nous motivent guere vu le prix.
De toute facon, la question est vite reglee. Un incendie s'est declare sur la reserve et tous les guides y partent avec un equipement derisoire pour essayer de l'endiguer. Il ne nous reste plus
qu'a attendre pour redescendre. Le camion ne vient pas. Peut etre l'incendie. Seul un 4x4 arrive qui descend toutes les personnes qui avaient pris un tour pour venir ici. Le directeur me dit qu'il
ne nous avait pas vus. C'est impossible car Solene lui avait signifie qu'on etait deux a vouloir descendre. On peut comprendre qu'il ait un probleme d'organisation avec le feu mais nous mentir pour
preserver ses interets commerciaux, c'est plus difficile a accepter. On essaie de discuter mais il a vraiment un comportement limite. On attend deux heures de plus pour descendre. Apres une
discussion "courtoise" au guichet d'entree, on se fera rembourser la moitie du prix des entrees. Le Mombacho, c'est bien pour la vue mais au dela de ca, le business semble etre la premiere
preoccupation. La nature vient apres. Des endroits s'adaptent au tourisme avec moins de style...
De retour a Granada, on va quand meme laisser notre dollar chacun pour la renovation de l'eglise de la Merced et monter au clocher. La lumiere du couchant, les couleurs de la ville, les toits de
tuile, le lac au fond nous laissent une belle derniere image de Granada qui est definitivement une jolie ville. Definitivement touristique aussi...
Cote pile, Masaya.
Un saut en bus depuis Granada. On a un peu de mal a trouver un hotel. Ici ils se comptent sur les doigts de la main. On trouve finalement l'hotel Central, conseille par une quebecoise a
Granada. Une chambre toute simple mais avec une tele. La premiere depuis Quito. C'est quand meme bien TV5 Monde meme si cette fois-ci on rate les informations televisees francaises. Vous
voulez des nouvelles de la Suisse ?
Avec les conseils du propietaire de l'hotel, on file a la laguna d'Apoyo. On se fait deposer sur le bord de la route en bus et on monte au village de Catarina. Il offre une tres jolie vue sur cet
ancien cratere, rempli d'eau aujourd'hui. Tranquillite. On achete des fruits a une vieille dame. On rencontre une suisse dont la mere est nicaraguayenne et qui est venue six mois ici, chez sa
tante, pour parfaire son espagnol. Elle nous aborde de suite, toute contente de pouvoir parler un peu francais. On laisse l'apres-midi s'effilocher la, a regarder les nicas profiter du lieu eux
aussi et les acrobaties d'un parapentiste.
Au retour, on tombe sur le meme bus, les memes gars qui nous reconnaissent. L'un d'eux me tappe sur l'epaule comme pour dire : "Comment ca va, c'etait bien ?". Amical en tout ca. Solene n'est pas
jalouse. Depuis notre entree au Nicaragua, elle ne compte plus les sourires charmeurs, les clins d'oeil et les mots doux. Elle doit correspondre au type...
On regagne l'hotel. "Como estan ? Mucho gusto" (Comment ca va ? Enchante). On ressort pour aller manger."Como estan ? Mucho gusto". La
meme personne devant chez elle. La chemisette repassee. La barbe de trois jours poivre et sel impeccable. La trentaine. On s'arrete et on va discuter la un moment de notre voyage, de la ville, de
la region. Il ne manque pas de saluer aussi des locaux qui passent pendant notre conversation. Charmante personne.
Le lendemain, on file au volcan Masaya. Un bus nous depose encore au bord de la route et on continue a pied. 6km jusqu'au volcan, en pleine chaleur. Avec une cote raide me dit d'ajouter Solene...
Le centre des visiteurs est tres bien fait avec beaucoup d'informations et de nombreuses maquettes explicatives. On reprend notre route jusqu'au cratere. On croise la lave noire de la coulee de
1772. Peu avant la cote terminale, une famille nicaraguayenne nous charge a l'arriere de son pick-up. C'est bien plus frais et facile comme ca. On les remercie. Ils nous souhaitent de profiter de
notre sejour dans leur pays.
Des qu'on s'approche du cratere, des gaz attaquent la gorge. Odeur d'amoniaque, de chlore. Les fumees forment un gros champignon. Tout le monde tousse un peu. C'est quand meme impressionnant de se
retrouver au bord d'un volcan actif. Ca vit. Ca bouge. Ca fait du bruit.
On va ensuite faire le tour d'un ancien cratere, inactif. C'est le repere des vautours. Ils surveillent la laguna de Masaya, une ancienne caldera comme Apoyo.
On entame la descente a pied, non sans avoir repere un "school bus" marque Eglise Lutherienne. Ils nous rattrappent bientot. On tente le stop. Il nous prend. C'est un groupe d'americains ici pour
une semaine venus confronter leur point de vue avec des membres de l'eglise lutherienne locale. La, ils font un peu de tourisme. Par chance, ils vont aussi visiter le marche d'artisanat de Masaya.
Du coup, on se fait deposer a quatre cuadras de notre hotel. Service presque a domicile.
Samedi soir a Masaya. On fait comme de nombreux locaux. On va manger une pizza et boire un pepsi-cola sur la place tres animee. Ca change de la comida corriente. Ce n'est pas si mal pour une fois.
On fait ensuite un tour pres du manege, propulse a la force humaine ici. Pas de lumieres clignotantes, pas de musique ni de queue de Mickey a attraper. Le sourire des enfants est le meme par
contre.
On y croise aussi Monsieur "Mucho Gusto" qui flane lui aussi, avec un ami. Ils nous demande comment s'est passee notre journee. Son ami nous pose des questions. Il repond a notre place, il se
souvient de tout ce qu'on lui a dit hier au soir. Un autre "bon oeil" du voyage peut etre...
On regagne l'hotel, s'abrutir un peu devant la television. Rien d'extraodinaire a Masaya. Tout de bien.
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