Dimanche 6 avril 2008
Une nouvelle frontiere sinistre au milieu de gros camions, US$7 d'entree chacun, et hop, on saute dans notre premier bus au Nicaragua. 36 km jusqu'a Rivas. Le bus est bonde. On fait le voyage debout, ecrases contre la porte du fond. Ce qu'on voit de notre premiere heure dans ce pays, c'est la tole du bus scolaire et quelques nicaraguayens, tout aussi compresses que nous. Certains ont de beaux yeux marrons clairs, typiques parait-il de la region d'Esteli.

A la descente du bus, les chauffeurs de taxi se jettent sur nous. L'un d'eux nous reclame de l'argent pour avoir aide a descendre les sacs du bus. Un employe de la compagnie de transport public nous fait signe qu'il n'y a rien a payer, et se fait du meme coup traiter de "fils de pute" par cet aimable chauffeur.
Le harcelement continue. Les taxis nous proposent de 30 a 50 cordobas pour nous emmener au port de San Jorge, pretendant qu'il n'existe pas d'autre moyen de s'y rendre. On essaie de se renseigner, mais dans le fouilli qu'est la gare routiere de Rivas, ce n'est pas evident. Dans un moment de faiblesse, on finit par prendre un taxi ou plutot une epave toute cabossee, avec le pare-brise tellement fissure que meme Carglass n'y pourrait rien (oui, on fait dans la publicite en ce moment avec Franck). Au retour, plus avises, on prendra un mini-bus pour 5 cordobas, quand les chauffeurs de taxi proposeront US$ 50 a d'autres touristes voulant se rendre a Granada. (Pour info, 1 dollar = 19 cordobas).
En tout cas, pour ce qui est des taxis au Nicaragua, le ton est donne.

Une heure de ferry sur le lac Cocibolca et on debarque sur l'ile d'Ometepe, nee de l'eruption de deux volcans : le Conception au cone parfait et le Maderas couvert de foret humide.
On s'installe dans le village d'Altagracia. Le village des chaises a bascule comme je l'ai renomme. Peu importe, l'endroit ou vous vous trouvez, il y a toujours une chaise a bascule pour s'asseoir et regarder les gens passer... La vie y est tranquille, les gens se deplacent a velo, pas de touriste.

Deux journees a parcourir l'ile a velo.

C'est tres rural. Les gens ici vivent de la peche, de l'agriculture, des bananes, du riz, des haricots rouges ; les ingredients de base du plat typique qu'on mange quasiment a tous les repas depuis notre entree au Panama, peu importe son nom : comida corriente, gallo pinto ou casado.

On se rend sur la plage de Santo Domingo et dans les fermes ecologiques qui ont fleuri au pied du volcan Maderas. On comprend ou sont passes tous les touristes du ferry. Ils ont pris possession des hotels qui bordent la plage et des hamacs de ces fermes.
On visite celle d'El Zopilote qui fait sa propre culture de la banane, de cacao, son pain... On a l'impression d'etre en plein milieu d'une communaute hippie qui vit en toute autonomie.
On termine la journee par une petite baignade dans les sources thermales de l'Ojo de Agua. Heureusement, les eaux sont fraiches. Apres le velo, on a bien assez chaud comme ca.

Apres diner, on fait le tour du village, les os de poulet en main pour nourrir des chiens errants bien maigres au Nicaragua. On se retrouve devant une maison qui fete l'anniversaire de l'association des alcooliques anonymes. Celui-ci n'a pour le coup rien d'anonyme et regroupe une grande partie de la population. On nous invite a prendre place... Les alcooliques anonymes ? Franck a pris quelques bieres, OK et il m'est arrive de boire deux ou trois pina colada pendant le voyage, mais alcooliques non, on n'en est pas la quand meme. On decline l'invitation.

Le lendemain, on remonte en selle sur nos velos de l'enfer. Quelle galere ! Non seulement l'ile est bien vallonnee mais le velo nicaraguayen n'est pas des plus performants. Les vitesses ne sont pas indexees. De toute facon, il ne change de plateau que lorsqu'il le veut bien et m'oblige parfois a adopter la technique locale : quand ca monte, il faut pousser le velo. Au final, c'est la selle qui me lache. En essayant de la monter un peu, Franck reussit a la bloquer definitivement en position basse. Il reste 13 km a faire, la nuit tombe dans une heure, tout va bien. On decouvre du coup l'ile d'Ometepe by night. Un monde sans lumiere. Des gens qui marchent sur le bord de route, des enfants qui jouent, de nombreux velos qui comme nous circulent sans le moindre eclairage, des chevaux, anes et chats qui traversent la route - et quand le chat est noir, ce n'est vraiment pas facile de le voir - et quelques dos d'anes surprises a la fin des descentes. Aie, dur pour le coccyx !

Arrives a Altagracia, Franck estime qu'on a bien merite un bon repas. Je lui fais la demonstration que ce n'est pas possible puisqu'on a deja depense beaucoup d'argent : 50 de petit-dejeuner, 120 de velos, 20 d'entree a Charco Verde, 150 de chambre. Total : 340 cordobas, c'est-a-dire US$ 17 a nous deux... Bon, OK, la demonstration n'etant pas probante, on s'offre un bon resto. Enfin celui de l'hotel car c'est le seul endroit qui semble ouvert a Altagracia le dimanche soir pour manger. Choix limite...
Franck termine le sejour sur l'ile d'Ometepe avec trois gros poissons a manger. Moi avec le gallo pinto typique pour changer.
par Solene publié dans : Nicaragua
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