Vendredi 30 mai 2008
Voyons voir ce que dit le guide. Oui, c'est une nouveaute pour le Mexique. On voyage avec un Lonely Planet, tout recent de 2007. On l'a echange juste avant de sortir du Guatemala contre un exemplaire de la collection "Blanche" d'Arlequin. Oui, celui-la aussi on l'avait trouve dans un exchange-book. On ne tombe pas toujours sur des chefs d'oeuvre de la litterature mais au moins ca fait de la lecture... sur qu'on n'a pas perdu au change en tout cas. Donc le guide dit que Merida a une vie culturelle et artistique riche. Si on allait voir ? En plus on y sera pour le week-end. C'est parti !

Merida, on pourrait croire que ca fait partie des villes "meme combat" (cf article Antigua, http://delotrolado.over-blog.com/article-19509580.html) avec ses beaux batiments coloniaux, ses restaurants, ses cafes et sa place principale tres animee. Des etrangers il y en a c'est sur, mais les citoyens de Merida frequentent davantage encore les endroits a la mode.
Merida est une ville qui a prospere avec l'or vert, c'est a dire l'industrie liee a la transformation du cactus henequen pour la fabrication de chapeaux, de hamacs. Elle est devenue aujourd'hui une plaque tournante de l'etat du Yucatan et ca se voit.
On se pose dans un hotel donnant sur le parque central qui propose un petit dejeuner gargantuesque que les occupants partagent a la meme table. Sympa.

Le menu culturel est, quant a lui, pantagruelique. En plus, on arrive en plein milieu des fetes de la ville. En amuse-gueules, on prend une seance de courts metrages mexicains. En entree, quelques danses de la noce maya actuelle - oui car les mayas ont des descendants dans le Yucatan - mais ce n'est pas vraiment notre tasse de the. On prefere se reserver pour la suite et notamment le plat de resistance : la Traviata de Verdi au theatre Peon Contreras.
Pour l'occasion, on sort nos tenues de gala. Pour moi, pantalon et tee-shirt de rando propres et mes baskets recousues par mes soins. Pour Solene, la robe. Classe. Elle hesite pour les chaussures par contre. Les baskets Columbia ou les sandales Decathlon a 2.50 euros en soldes. Ce sera finalement les sandales. "De toute facon tu n'as que ca comme chaussures ? Alors c'est tres chic ! " La ou le premier qui nous envoie le titre du film dont est tire cette replique gagne un visionnage en exclusivite des 10h de film du voyage. Chanceux. Eric G. et Julien L. n'ont pas le droit de participer. Trop facile pour eux.
En tout cas le plat de resistance passe comme une lettre a la poste, meme pour Solene dont la premiere experience a l'opera n'avait pas ete une grande reussite.

La visite du musee d'anthropologie sur les mayas et les oeuvres contemporaines du Paseo Montejo consituent un parfait trou gascon.
L'estomac repose, on peut attaquer le dessert : la visite de la ville avec la Casa Montejo, premiere maison de la ville fondee en 1549 par Montejo le Vieux, et le palais du gouverneur. Ses murs sont recouverts des peintures gigantesques de  Fernando Castro Pacheco qui retracent les evenements marquants du peuple maya dans la peninsule du Yucatan depuis son avenement jusqu'a la guerre des Castes en 1850 en passant bien sur par l'invasion espagnole. Tres interessant.

De peur de risquer l'indigestion, on quitte Merida, ville vraiment agreable et qui nous aura beaucoup plu. A recommander, surtout le week-end quand le centre, ferme a la circulation automobile, devient pietonnier.

On largue les amarres pour Campeche, une ville qui a prospere avec le bois de Campeche. Il permet l'elaboration des teintures bleue ou noire pour la soie et le coton. Couleurs difficiles a obtenir a l'epoque. Ici encore, le voyageur passe inapercu. Le centre ville aux couleurs vives et aux rues pavees est classe au patrimoine culturel de l'humanite. Y deambuler est d'autant plus agreable que les campechos en sont fiers et l'entretiennent avec soin.
Avec Campeche, on aborde un autre aspect du Mexique, les pirates. La ville, fondee par Montejo le jeune, a sucite bien des convoitises au XVIIieme siecle, subissant les attaques de Henri Morgan notamment. Ces menaces perpetuelles aboutissent a la construction de fortifications en 1686. Il en reste aujourd'hui 8 fortins ou baluartes dont un abrite le musee de la ville et quelques vestiges des 2.7 km de remparts qui reliaient ces fortins.

Ces deux escales dans des villes modernes nous ont vraiment plu. Il faut de tout pour faire un voyage. On est fin pret pour repartir a l'assaut des pierres mayas...
 
par Franck publié dans : Mexique
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Mardi 27 mai 2008
De nombreuses coccinelles circulent dans les rues. Beaucoup d'hommes portent la moustache. La vie nocturne semble etre plus animee qu'en Amerique centrale. Tout est cher a part peut-etre les entrees sur les sites archeologiques qui heureusement n'atteignent pas le prix de Tikal (allez, ce sera ma derniere pour le Guate). Les galettes, tortillas, tacos et autres burritas... se declinent sous toutes les formes. Les plats ont des saveurs plutot epicees. Le "chile" (piment) a fait son apparition. Et vue la temperature exterieure (35 degres facile quotidiennement), je ne vous dis pas les suees quand vient l'heure de manger...

Vous l'avez peut-etre devine, nous venons d'entrer au Mexique. Par Chetumal dans la peninsule du Yucatan. Une ville a l'americaine, reconstruite apres un ouragan en un quadrillage de larges boulevards.

On decide de s'y arreter pour visiter le musee de la culture maya. De belles maquettes des sites archeologiques, quelques informations notamment sur la cosmologie maya et ses 3 niveaux (le Ciel, la Terre et le monde souterrain, Xibalba, lui-meme divise en 9), des singes hurleurs en fond sonore... mais ce n'est pas ici qu'on en apprendra le plus sur cette civilisation.

On hesite un peu, on ne sait pas trop comment aborder ce pays gigantesque en seulement un mois. Tellement de choses differentes, de cultures, de paysages... a decouvrir. On decide finalement de commencer le Yucatan par les grandes civilisations. Parmi les nombreux sites, on choisit Tulum et Chichen Itza. On laisse donc de cote l'ambiance station balneaire qui sevit de Cancun a Xel-Ha. On revient des iles beliziennes alors on ne va pas trop abuser quand meme.

A Tulum, on se pose dans le tres populaire "Weary Traveler" en centre-ville.

Ce soir, c'est l'anniversaire de Franck alors le budget, c'est no limit. On parcours la ville de long en large mais pas de bon restaurant francais comme nous l'aurions souhaite. On choisit finalement un italien, pas mauvais surtout pour les entrees, mais la cuisine n'est pas aussi fine que celle du restaurant du 1er mars a Quito. Dommage.

Le lendemain, direction la plage et les ruines de Tulum.

On se laisse vite prendre par la beaute de l'endroit. Les vestiges n'ont rien d'exceptionnels mais leur emplacement sur une plage bordee de palmiers et baignee par des eaux turquoises, en font un site superbe.

L'ambiance en revanche y est etrange. Evidemment l'endroit est bonde de touristes, mais la plupart se promene en maillot de bain. Drole d'image que tous ces gens qui deambulent en calecon ou bikini au milieu des ruines. Il faut dire que le site donne acces a une plage et que l'on peut sans probleme aller se baigner entre la visite de deux edifices.
Allez on avoue. Vue la temperature exterieure, nous ne resistons pas non plus a un petit bain.

Cote culture (bien oui, on bosse un peu aussi), on apprend que Tulum date de la fin de la periode postclassique (1200-1521).
A son apogee, elle fut une importante ville portuaire dont les remparts, plusieurs murailles de 7m d'epaisseur en moyenne, protegerent la ville durant les nombreux conflits qui opposaient les etats mayas.
La plupart des habitants vivaient en dehors de ces murailles. Les edifices servant en fait aux ceremonies et les palais a loger la classe dirigeante.
Tulum fut abandonnee relativement tard, environ 75 ans apres la conquete espagnole. La plupart des autres villes antiques avaient ete desertees bien avant l'arrivee des conquistadores.
Elle fut aussi utilisee comme refuge par les indiens lors de la guerre des Castes.

On y passe finalement toute la journee entre visite et baignade.

Le jour suivant, on part pour un des elements typiques du Yucatan, les Cenotes. Il en existe plus de 3000 dans la peninsule.
Les cenotes sont d'immenses trous naturels creuses par l'eau de pluie sur des terrains calcaires et qui continennent d'enormes quantites d'eau douce.
Les mayas veneraient ces impressionnants puits sacres qui leur fournissaient eau douce et representaient des portes conduisant aux differents mondes de l'au-dela. De nombreux sacrifices y etaient realises.

Aujourd'hui, on y fait de la plongee et du snorkeling. Du coup, on ne pouvait pas passer a cote et on s'est offert une baignade rafraichissante au Grand Cenote.
Un bel endroit, calme et reposant, ou l'on perd un peu le sens de l'orientation quand on s'enfonce dans les profondeurs et que l'on voit apparaitre nombre de stalagmites insoupconnes. A la surface, la lumiere qui filtre entre les grottes et les stalactites et se reflete sur l'eau est presque irreelle. Pour rajouter un peu a l'ambiance, des chauves-souris nous survolent et des petits poissons d'eau douce viennent voir de plus pres si nous sommes comestibles.
Une experience de snorkeling originale et agreable.

On attrape quelques tacos au mole (sauce elaboree a partir de chocolat, raisins, noix, amandes, bananes et un grand nombre de condiments...) dans une petite echoppe, preuve que meme sur la cote Caraibe du Yucatan, on peut manger local et pas cher ; puis on file prendre notre bus pour Chichen Itza.

Juste a temps pour profiter du spectacle son et lumiere devant El Castillo. L'occasion pour nous de decouvrir l'histoire du site maya le plus celebre et le mieux restaure de la peninsule du Yucatan qui fait desormais partie des 7 merveilles du monde moderne (on ne sait pas trop ce que c'est, mais comme on le voit partout depuis le Perou, on vous en fait part).

Pour vous en dire quelques mots, Chichen Itza date de la periode classique et etait au depart habitee uniquement par les mayas. Aux environs du IXeme siecle, la ville fut pratiquement abandonnnee, pour des raisons inconnues.
Repeuplee vers la fin du Xeme siecle, Chichen semble avoir ete envahie peu apres par les Tolteques venus de leur capitale, Tula, situee dans le haut plateau central, au nord de Mexico. Les Tolteques melerent leur culture a celle des Mayas et introduisirent le culte de Quetzalcoatl (ou Kukulcan en maya, le serpent a plumes).
Lorsqu'un chef maya decida de transferer la capitale politique a Mayapan, tout en conservant a Chichen Itza sa fonction de centre religieux, le declin de cette derniere commenca. Nul ne sait pourquoi elle fut abandonnee au XIVeme siecle.

Ce son et lumiere recree egalement le phenomene des equinoxes de printemps et d'automne. Les rayons de soleil forment un serpent d'ombre et de lumiere sur l'escalier nord d'El Castillo. A defaut d'etre la a la bonne date....

Le lendemain matin, on part pour la visite de jour.

De beaux edifices surtout El Palacio qui, pose au milieu de la pelouse, parait bien plus haut que ses 25m. Dommage qu'on ne puisse plus gravir les 91 marches depuis un accident en janvier 2006. On y retrouve de nombreuses representations de Chac-Mool, le dieu maya de la pluie et de Quetzalcoatl de meme que dans toute la cite.
Le jeu de balle, le plus grand de tout le Mexique, est impressionnant. Quelques reliefs retracent les regles de ce jeu et les sacrifices des equipes perdantes.
L'acoustique est etonnante sur ces vestiges, meme si Franck joue un peu le blase, genre normal entre deux murs...

Un grand site a parcourir, surtout en plein soleil, mais interessant meme si son environnement plutot sec n'en fait pas notre prefere.

Cote ambiance, on n'a jamais vu autant de monde. Toujours quelques touristes en maillot de bain meme si la mer est bien loin d'ici.
Une chaleur etouffante qui fait le bonheur des marchands de glaces, eau et autres sodas a prix exhuberants... Du coup, tout est permis pour se raffraichir un peu et de notre cote, on opte pour l'arrosage automatique des touristes et non pas des pelouses comme on pourrait le penser. Ce qui amuse beaucoup les responsables de l'entretien du parc.

Ce que Solene ne dit pas, mais heureusement que le comite de relecture est la pour le reveler, c'est qu'elle a aussi opte pour un sorbet citron vert...


Sinon, Chichen Itza se transforme dans certaines allees en un veritable marche de l'artisanat. Certains monuments sont a peine visibles caches derriere les etals. Les vendeurs vous sollicitent de toute part. Et ca, c'est plutot lourd. On est pas la pour faire nos courses d'artisanat soi-disant local mais en realite made in Asia ou Honduras.

En tout cas, on a appris pas mal de choses sur la civilisation maya en quelques jours meme si de nombreux mysteres demeurent pour nous mais apparemment pour les archeologues aussi. Difficile de vous faire partager tout ca sur un blog sans se lancer dans des articles trop rebarbatifs. Alors, le mieux c'est que vous veniez voir par vous-meme comme ca vous pourrez nous aider a trancher. Laquelle des civilisations Inca ou Maya est la plus fascinante ?


par Solene publié dans : Mexique
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Dimanche 25 mai 2008

Note : Cliquez sur le titre pour lire l'integralite du texte

Frontiere Belize-Guatemala. Dans le bureau d'immigration, on discute deux minutes avec une irlandaise. On lui indique qu'il y a des minibus pour Flores a 30 quetzales a 200m de la. On fait les formalites usuelles. Quand on sort, elle est aux prises avec les chauffeurs de taxi qui l'ont convaincue que les minibus ne circulaient pas dans le sens frontiere-Flores. Je lui dis que si, les chauffeurs commencent a m'interpeller, peu contents de mon intervention, en me demandant de quoi je me mele. Ils ont mis son sac dans le coffre, trop tard. Elle m'avoue qu'elle va payer 40 dollars, soit 10 fois le prix du minibus... vraiment toujours tres serviables ces guatemalteques !

Nous on file du cote belizien. On a l'impression que c'est le jour et la nuit. On y parle anglais, l'ambiance est detendue et les gens sympathiques. Du chauffeur de taxi qui nous propose de nous mener a la ville suivante pour rattraper le bus qu'on vient de rater. A la dame qui vend des hamburgers dans le bus et qui sort en chantant "Bonne journee a tous les occupants de ce bus" avec sa voix tintee de gospel. En passant par le jeune, tres enthousiaste, qui nous dit de bien profiter de son pays. On se demande s'il va un jour s'arreter de parler.

On arrive juste a temps a Belize City pour boire des jus de fruits excellents et prendre le bateau pour Caye Caulker. On y retrouve avec plaisir les ingredients de certaines iles : rues de sable, cocotiers, calme...

On se pose a l'hotel, en bois, le moins cher qu'on trouve. Enfin, ici,  cette notion est toute relative mais pas de surprise, on le savait. Rien a voir avec le continent apparemment plus que bon marche.

Pour notre premiere journee sur l'ile, on va faire une journee de PMT comme disent les plongeurs, c'est a dire palmes-masque-tuba, a la reserve marine d'Hol Chan. Les fonds ici sont peu profonds et particulierement adaptes a cette activite. On y voit des raies leopards magnifiques, des raies pastenagues, des tortues, des requins nourrices, des merous enormes et un barracuda impressionnant qui va nous suivre toute la plongee. Nous aussi on va le suivre du coin de l'oeil parce qu'on n'est pas trop rassures a le voir a 3 ou 4m de nous quand on se retourne...


On essaie aussi de voir des lamantins mais ca ne sera pas pour cette fois-ci. Trois plongees dans une eau aux mille nuances de bleu entrecoupees de fruits frais sur le bateau. Ya pire...
Au retour, notre capitaine Harry part a la recherche de l'hippocampe avec succes. Il faut se depecher, l'espece est en voie d'extinction.



Pas decus de ce qu'on a vu, on decide d'aller sur l'atoll de Turneffe le lendemain. La encore, on est sous le charme : de beaux coraux en quantite et des poissons de recifs de toutes les couleurs dont beaucoup de bleus, ce qui ne gache rien.

On s'arrete le midi pour manger sur l'atoll ou vit un pecheur isole. Apparemment, il aime bien les coquillages. Pour nous, riz de coco, poulet epice, fruits frais, un verre de punch devant une eau turquoise. Pas de doute, on est bien dans les Caraibes.


Les deux journees se completent bien, on y a vu des choses differentes et la deuxieme plus grande barriere de corail nous aura enfin reserve de belles surprises.

Une derniere bouffee de cocotiers, de pelicans et de fregates planant dans les vents chauds, demain on reprend le bateau puis le bus pour le Mexique.

On n'oublie pas de s'acquitter de la taxe de 18 dollars chacun pour sortir. C'est presque une broutille vu tout ce qu'on a depense en deux jours au Belize. Neanmoins, il vous le rend bien.

 

 

 

par Franck publié dans : Belize
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Mardi 20 mai 2008
C'est non sans mal que nous arrivons enfin a El Remate.

Nous n'avons jamais reussi a prendre le bus de la Fuente del Norte de Coban a Flores. Pas d'agence d'information et de nombreux guatemalteques, chauffeurs de minibus pour la plupart, qui nous disent que ce service ne roule plus. Que des mensonges evidemment, mais comme nous etions presses et que nous n'avions pas envie d'attendre un hypothetique bus au milieu de nulle part, nous nous sommes resignes. Resignes a prendre l'une des navettes speciales touristes. Le Guatemala a tellement bien compris le tourisme. Ils ont de nombreuses agences qui vous proposent un service de navettes entre les principaux points touristiques contre deux fois le prix normal environ. Et ca marche tres fort ! En echange, pas de souci, pas de changement de gare routiere, pas d'attente...

Fatigues, nous nous offrons un delicieux diner en compagnie d'un sympathique couple suisse qui demarre son tour du monde (http://lespecs.blogspot.com/).

Le lendemain, nous decidons de nous la jouer routard et de rejoindre le site de Tikal en stop en prenant deux voitures de touristes successives. Il faut dire que les prix ont flambe. L'entree qui coutait 50 quetzales jusqu'a fin 2007, coute aujourd'hui 150 quetzales. Trois fois le prix ; dur, dur. Et pour ca, vous avez... euh... rien... l'entree du site, c'est tout... pas un depliant, pas un panneau explicatif...
Heureusement, les ruines au milieu de la foret sont magnifiques. Le temple I du haut de ses 54m est a couper le souffle, l'ascension du temple V, impressionnante et deconseillee si vous avez le vertige, le monde perdu, un petit havre de paix. Le tout baigne par la lumiere du soleil couchant. Quasiment seuls dans le parc anime par les nombreux perroquets, toucans, singes hurleurs et araignees. Nous en oublions nos 150 quetzales. Au moins, ils servent a proteger ce superbe environnement.

Le jour suivant, nous decidons de nous rendre au parc de Yaxha. Mais a la basse saison, rien d'organise. Du coup, soit nous payons une fortune, soit nous nous debrouillons par nous-memes. Nous optons finalement pour la location de velo. 35 km pour rejoindre Yaxha. Ca veut dire 35 autres pour le retour. Ca semble faisable.

Nous nous levons vers 5h00 du matin pour eviter la canicule. Premiere erreur : Meme a 7h du matin, la chaleur est deja insupportable.
Deuxieme erreur : La route que nous avions imaginee plate s'avere particulierement vallonnee. Ca monte, ca descend, ca monte, ca descend... En plus, les descentes ne permettent jamais de prendre suffisamment d'elan pour remonter. Franck en profite pour me rappeler mes cours de physique sur les frottements. Tres drole ! D'autant plus que mes freins s'actionnent d'eux-memes en permanence ; sans parler des vitesses qui n'en font qu'a leur tete. Ah, les velos d'Amerique Centrale. J'aurais du me souvenir du Nicaragua avant de me lancer la-dedans.
Troisieme erreur et oui, ce maudit proverbe "jamais deux sans trois" s'applique bien : Ne jamais croire un guatemalteque qui, pour vous vendre un service, en l'occurence une location de velo, a tendance a diminuer un peu les distances. En fait, c'est 45 km qui separent El Remate de Yaxha, soit 90 km en plein soleil.
Euh... et une seule bouteille d'eau chacun pour la journee. Tant qu'a se planter, autant le faire bien, non ?

Nous jetons l'eponge et nous nous faisons prendre par un bus, qui ne manque pas de nous arnaquer, pour terminer les 10 km de la route principale. Pas l'energie de discuter. Tant pis !

En tout cas, nous arrivons les premiers aux ruines de Yaxha et nous avons la chance de rester seuls durant toute la visite. Un site calme, bien agreable meme s'il n'a pas la grandeur de Tikal, des singes hurleurs endormis et de nombreux toucans que nous n'avions jamais eus la chance de voir d'aussi pres.
On est bien content de notre visite. Merci du conseil Sylvain.

Oui mais voila, maintenant, il faut reprendre le velo. Allez seulement 11 km de route en terre pour rejoindre la principale ou nous attrapons un minibus. Nous ne demandons rien ; les tarifs viennent de changer et sont donc affiches a l'interieur. Sauf qu'en descendant, ils nous demandent 50 quetzales au lieu des 16 prevus. C'est ecrit noir sur blanc mais ca ne leur pose pas de probleme. Ils y vont au culot. Sauf qu'aujourd'hui, nous en avons un peu marre de leur attitude, alors sans dire un mot, Franck monte sur le toit du minibus et me passe les velos (oups, 15 kg a bout de bras ; attention, ce n'est pas le moment de flechir et d'accrocher le vehicule), nous leur donnons les 16 quetzales et nous partons sur nos velos. Contents, pas contents, c'est pareil ; mais evidemment en tort, ils n'insisteront pas.

Avant l'hotel, nous faisons une petite pause rafraichissante devant une echoppe. Un enfant de 6 ans est tout heureux de nous montrer qu'il vient d'apprendre a lire. Moi, qui en espagnol n'arrive pas a rouler le r, j'en suis quitte pour un cours.

Le lendemain matin, nous delaissons notre jolie chambre et tous nos co-locataires : crapauds, grenouilles, moustiques, araignees, blattes et le petit dernier, le scorpion.

Et c'est sur une note bien guatemalteque que nous partons en direction du Belize. Pour la premiere fois, nous ne trouvons personne pour nous prendre en stop et nous deposer a l'embranchement de la route pour la frontiere. Quelques kilometres de plus a pied avec les sacs sur le dos.
Un premier minibus s'arrete et nous propose un prix bien trop eleve. Non merci, nous preferons rester assis sur le bord de la route. Le second minibus est le bon. Il nous arnaque aussi mais de peu cette fois-ci. Au moment de payer, nous lui faisons quand meme remarquer que ca ne correspond pas au prix affiche. La discussion s'installe entre le chauffeur et nous. Puis finalement, ce sont les passagers qui interviennent tous en coeur pour dire... que c'est normal que les etrangers payent plus, que c'est pas grave... Franck essaie de defendre notre point de vue, d'expliquer que c'est le meme bus, les memes sieges, le meme trajet... Pas moi, trop ecoeuree.

Nous descendons du minibus. Plus qu'un pont a traverser et nous entrons au belize. Ouf ! Le Guatemala ne va pas nous manquer.

Nous terminons ce pays sur le meme type d'arnaque que nous l'avons commence. Notre avis ne vaut que pour ce qu'il est, c'est-a-dire, dix jours dans les endroits les plus touristiques, mais c'est ici que nous avons rencontre les gens les plus filous de tout notre voyage. Perso, je ne le recommenderai pas.

par Solene publié dans : Guatemala
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Jeudi 15 mai 2008
Dans notre periple des sites les plus courrus du Guatemala, nous voila a Semuc Champey. A l'arrivee, le chauffeur du minibus propose de nous laisser a El Retiro, l'hotel a la mode de Lanquin. Ok, on va voir. C'est complet mais il reste des hamacs nous dit-on. Ca a beau etre l'endroit "in", on ne va pas faire n'importe quoi pour autant.
C'est d'ailleurs sans trop de regret qu'on regagne le village ou un gamin de 12 ans nous mene a une hospedaje bien tranquille. Il fait l'intermediaire avec notre hote qui parle mieux le quekchi que l'espagnol apparemment. Apres, il nous raconte qu'il ne va pas a l'ecole : le cout de l'inscription et l'achat de l'uniforme c'est trop pour lui. Des sandales c'est deja bien trop d'ailleurs...

Nous on file aux grottes de Lanquin. Les formations calcaires interieures ne sont pas exceptionnelles mais se laissent regarder tout de meme. C'est plutot pour les chauves-souris qui sortent par centaines de la grotte a la nuit tombee pour se nourrir que l'on est venu. Elles vont et viennent dans le noir. On les sent qui nous frolent par moment, on entend le bruit de leur vol et on peut meme les prendre en traite avec le flash de l'appareil photo. Et non elles ne s'accrochent pas dans les cheveux...

On rentre au village manger au comedor local. Des oeufs, du riz et des haricots rouges pour changer. On discute ensuite avec un jeune qui vend un peu de tout sur le marche la journee. Il nous parle de la criminalite dans le pays, de l'argent public mal utilise, des promesses politiciennes, des gens qui ne reflechissent pas au Guatemala. On ne peut pas verifier grand chose mais la description qu'il fait de son pays n'est pas flatteuse.

Le lendemain, notre hote - version masculine cette fois ci - est la alors qu'on petit dejeune tranquillement dans la cour de l'hospedaje. C'est son jour de repos et il en profite bien. Il ne fait absolument rien. Apparemment la semaine, il ne chaume pas avec sa plantation de 5 hectares de cafe. Il me parle du travail quotidien "muy duro". Le temps est agreable aujourd'hui me dit-il. C'est a dire qu'on a un peu de mal a s'en rendre compte en ce moment. On est juste avant la periode de semence du mais et les paysans brulent tout ce qu'il reste de la recolte precedente. Le ciel est envahi de fumee.

On se decide a monter a l'arriere d'un pick-up pour se rendre aux piscines naturelles de Semuc. Une formation calcaire assez particuliere. Les piscines forment un pont, ou plutot un tunnel vue la longueur, au-dessus de la riviere qui devient ainsi souterraine sur 300m environ. Le vert emeraude des piscines est tres beaux, surtout depuis le mirador qu'on atteint par un sentier "fabrique" mais sympathique. Beau point de vue.
Au lieu d'aller nous baigner, on part a la chasse au papillon. En effet on a rencontre un morpho - ce superbe specimen bleu dont on parle souvent - plutot docile. Malgre notre prudence extreme, le resultat sur les supports numeriques n'est pas encore probant mais ca nous aura bien amuse en tout cas... mais c'est moins rafraichissant que la baignade.
par Franck publié dans : Guatemala
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Lundi 12 mai 2008
Note : Comme nous avons accumule un peu de retard dans la redaction du blog, aujourd'hui vous avez le droit a deux articles sur le Guatemala l'un juste derriere l'autre. Quelle chance !

Les chicken bus. C'est comme ca qu'ils nomment les bus scolaires americains ici. Est-ce que c'est parce qu'ils sont jaunes comme des poussins ? Ou parce que l'interieur ressemble a un elevage de poules en batterie et qu'on s'y entasse de la meme facon ? Il y a de la place pour deux personnes, on s'y serre a trois. En tout cas, il n'y a pas plus rapide. Ils ne respectent rien. Ils doublent toutes les files de voitures, un coup sur la voie de gauche, un coup par le bas-cote en terre. Ils passent en slalomant au milieu des travaux meme quand ce n'est pas leur tour, en evitant une pelleteuse, puis une autre. Il faut dire que tout est en travaux ; ils sont en train de faire une quatre voies. Ce qui ne semble nullement ralentir notre chauffeur de chicken bus.

Et oui, c'est par ce moyen de transport local anime que nous avons decide de rejoindre le lac Atitlan. Apres une longue hesitation sur notre lieu de villegiature en bordure de lac (le village de San Marcos ou celui de Santa Catarina...), nous avons finalement opte pour le plus simple, la ville tres touristique, nous a-t-on dit, de Panajachel. Et c'est vrai que les rues centrales sont touristiques. On ne compte plus les boutiques d'artisanat et les restaurants. Les vendeuses nous interpellent en espagnol tout d'abord "De quel pays vous venez ?" et hop, enchainent sans la moindre hesitation en francais "Beau textile, pas cher, cadeau pour la belle-mere". Et bien oui, mais je n'en ai pas de belle-mere, alors non merci.
Maman, pas de chance, on ne m'a rien propose pour ma mere, alors pas de textile du Guatemala pour toi.
En dehors de ca, Panajachel hors saison n'est pas si desagreable. On n'y croise pas grand monde a l'exception d'un bus tout entier de touristes francais en voyage organise de quatre jours au Guatemala ! Quatre jours pour un pays et nous qui nous plaignions de manquer de temps.

Le lendemain, on se leve tot pour profiter du panorama sur le lac. Une jolie vue qui vaut surtout pour les sommets des volcans qui entourent l'etendue d'eau : le San Pedro, le Toliman et l'Atitlan. "Il est beau ce lac, non, Franck ?" "Ouais, bof..." Ceux qui savent, comprendront.
On a de la chance de les voir degages parce qu'une heure plus tard, tous seront entoures de nuages et ne reapparaitront plus de tout notre sejour.

On enchaine avec le marche de Solola a 10km de la. Le vendredi, c'est le jour du grand marche et celui-ci est parait-il tres typique et bien moins touristique que celui de Chichicastenango. Effectivement, ca se confirme. On ne croise que cinq autres touristes pour des centaines de locaux. Etonnant que les tours-operators ne proposent pas encore cette visite.

On deambule dans les ruelles agitees du marche. On se fait bousculer dans tous les sens. Les descendantes des mayas ne sont pas tres grandes mais ne se laissent pas marcher sur les pieds pour autant. Elles poussent, encore et encore. Franck, bien eduque, s'arrete regulierement pour les laisser passer ; du coup, on avance pas tres vite. Ah, si il avait grandi comme moi dans le midi, on aurait pas ce probleme la.
Un marche bien colore. Tous, hommes et femmes, portent la tenue typique de la region. Des etals de fruits, de legumes, de fleurs, de poissons et de piments seches, d'iguanes cuits aussi. Des bouchers qui suspendent leurs morceaux de viandes a l'air libre ; pas de controle des services veterinaires ici.
On s'achete des tortillas de mais noir, des tamales, du fromage et des fraises. Ce midi, on dejeune local.

La journee defile tranquillement au bord du lac. Demain, il faut reprendre le chicken bus.
par Solene publié dans : Guatemala
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Lundi 12 mai 2008
A la frontiere du Guatemala, on prend un minibus pour 25 quetzales chacun. Malgre la hausse du carburant et donc des transports, on sent bien que ce n'est pas le prix normal mais on laisse courrir. On n'a pas toujours envie de lutter, c'est un peu fatiguant a force. En regardant ce que payent les locaux, on sait qu'on a raison. Le ton du Guatemala est donne...

A Chiquimula, on prend un bus pour Guatemala Ciudad, le terminal de la zone 4. La, il nous faut changer de terminal pour aller a Antigua. La course de taxi, a 30 quetzales, nous parait un peu chere. On se rendra compte plus tard que c'est le prix, ou pas loin. Tout augmente ici aussi. Nous voila donc partis a pied, sans trop savoir ou aller. Deux personnes, plutot serviables, nous indiquent un carrefour ou on peut prendre un bus de ville pour 1 quetzal. On marche 5 cuadras et on monte dans un bus rouge, non sans avoir redemande au chauffeur, qui nous depose a un rondpoint. Une centaine de metre plus loin, on monte dans notre bus pour Antigua qu'un mecanicien avec du cambouis jusqu'au coude nous arrete gentiment en nous avertissant de nous mefier des voleurs. Le lendemain, un jeune homme va se faire abattre de 16 balles par les "hommes de securite" charges de veiller sur les commerces du terminal de la zone 4. Ca ne change pas trop du Honduras. Les guatemalteques ne sont pas tendres entre eux et ont la gachette facile. Hormis la capitale, qu'on ne va que traverser, les zones que l'on va visiter sont par contre tranquilles.

1h15 plus tard, nous voila a Antigua avec son marche anime, ses rues pavees et ses maisons colorees. La ville parfaite pour le voyageur en quete d'exotisme mais avec tout le "confort de la maison" quand meme : bars, restaurants et agences de voyage. Cusco, Cuenca, Granada, Antigua... meme combat.

Le lendemain on va faire l'excursion phare depuis Antigua. J'ai nomme le volcan Pacaya et sa lave en fusion. A l'entree du parc national, le chauffeur du minibus nous dit : "Donnez moi les 40 quetzales pour l'entree, ca evite de faire la queue." Mouais, s'il le dit.
On commence l'ascension avec notre guide du village sur un bon rythme, histoire que les moins alertes du groupe, en l'occurrence un sympathique couple bresilien, grimpent sur un cheval-taxi que les gamins proposent juste derriere nous. Ils ont bien compris comment fonctionnent le tourisme au Guatemala.
Ceci dit, la lave en fusion c'est effectivement beau et spectaculaire. Tres chaud egalement. Impossible de s'approcher trop longtemps. On fait juste les malins le temps de prendre la photo qui va bien. Le Pacaya, c'etait a faire, on l'a fait.
Au retour, je demande a notre chauffeur les tickets du parc. Il me donne deux vieux billets, avec 2500 numeros d'ecart. On a parfois tendance a se dire qu'on devient trop mefiant a force de voyager mais la, c'est fort quand meme. Mais ca ne derange pas les autres participants apparemment. Une fois arrives et tout le monde parti, on lui demande d'ou viennent ces tickets qui n'ont pas l'air d'avoir ete achetes aujourd'hui. Il nous explique que ce sont les gardes du parc qui les lui ont donnes, ceci-cela... On lui en met plusieurs couches, histoire de bien lui faire comprendre ce qu'on pense, et on lui dit qu'on passera a l'agence le lendemain pour demander des explications. Rien a faire, il ne semble pas ciller. Mais qui voit-on devant la porte de notre hospedaje qui nous attend bien gentiment ? Notre aimable chauffeur avec les 80 quetzales de l'entree. "J'ai eu les gardes du parc (a 21h10 comme le fait remarquer Solene), ils vont me donner des tickets neufs, il n'y a pas de probleme. Surtout si quelqu'un vous demande demain, vous dites que je vous ai rendu le montant des entrees". Et de se fendre d'une poignee de main cordiale. Ceux la, on ne pensait pas les recuperer quand meme. Ca sert parfois d'avoir progresse en espagnol.

Du coup, nous aussi on profite du "confort comme a la maison" et on va manger dans une creperie, tenue par des francais, pour feter les 6 mois de voyage, jour pour jour, depuis le depart. On est enthousiaste sur la crepe au chocolat en dessert... un regal. Le supplement bananes marinees dans le brandy pour moi, ne gache rien non plus. On est par contre plutot mitige sur l'honnetete des guatemalteques...
par Franck publié dans : Guatemala
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Lundi 12 mai 2008
Le voyage c'est aussi : avancer, faire, defaire et refaire le meme sac a dos, partir parfois des le lendemain parce que des villes comme Tocoa ne sont que des lieux de passage sans interet. Mais ce matin-la, je n'avais pas envie, pas l'energie. Alors on a traine et vers 14h, on s'est decide a prendre un bus en direction de La Ceiba. Officiellement 2h de route ; en fait, 3h30. On se renseigne un peu pour se rendre a Chachahuate, un petit village garifuna sur une ile paradisiaque. Comme toujours au Honduras, les informations sur les transports divergent et on rate finalement le dernier bus pour Nueva Armenia. Pris par le temps, on abandonne finalement Chachahuate et on se rabbat sur l'ile d'Utila, la mecque de l'apprenti plongeur, apres une nuit dans la peu sympathique ville de La Ceiba ou il ne fait pas bon trainer le soir.

Utila, ce n'est pas la meilleure idee du voyage. Tout le systeme est bien huile. Les agences vous poussent toutes a passer votre open water (le systeme PADI qui permet de plonger jusqu'a 18 metres sans instructeur) et ne proposent des logements bon marche qu'aux plongeurs. " Mais si, vous avez bien un jour de plus". "C'est vraiment dommage de ne faire qu'une plongee". "Pas de snorkeling ici, c'est trop profond". "Avec ce que vous avez deja fait, c'est dommage de ne pas passer l'open water"... On se demande vraiment ce qu'on est venu faire la.
On finit par negocier une premiere sortie en bateau avec deux sites de snorkeling et le jour suivant, les cours theoriques et deux plongees de decouverte.

Le lendemain matin, on part donc pour la deuxieme plus grande barriere de corail apres l'Australie ; mais la sortie snorkeling s'avere decevante. De jolies formes de coraux, mais ce sont des coraux durs, plutot sombres et il y a peu de poissons.
Je vais voir la responsable du club de plongee. Pas tres a l'aise puisque je dois lui annoncer qu'on a change d'avis et qu'on veut s'en tenir la. Je lui explique qu'on n'est pas seduit par les fonds d'Utila, qu'en comparaison de la Mer Rouge ou des Galapagos, ici, c'est plutot triste. Et la, elle me dit qu'elle est originaire des Galapagos et qu'elle se demande regulierement pourquoi elle ne travaille pas sur ses iles natales dont les fonds lui semblent aussi bien plus riches. Hop, je saute sur l'occasion. On annule tout et on rentre immediatement sur La Ceiba.
On se tient a ce qu'on s'etait dit au debut de l'Amerique Centrale : Ca nous plait, on reste ; Ca ne nous plait pas, on trace. Meme si c'est toujours un peu difficile de renoncer. On se dit qu'on a peut-etre pas eu de chance, pas plonge aux meilleurs endroits, que l'on passe a cote de quelque chose...

Le jour suivant, on se laisse tenter par un bus grand luxe et bien plus cher de la compagnie Hedman Alas pour eviter d'avoir a traverser San Pedro Sula qui fait toujours autant parler d'elle pour ses meurtres gratuits et violents. Le dernier en date : une fete d'anniversaire en plein apres-midi qui s'est terminee en carnage.
On arrive a Copan Ruinas en fin d'apres-midi. Un joli petit village tranquille aux rues pavees.
Comment peut-il y avoir autant de contrastes entre ces villes ?

Le matin on se reveille aux aurores pour aller a l'entree des ruines puisque Franck a lu sur un blog qu'on pouvait y apercevoir des perroquets.
On ne sait pas trop encore ce que l'on va faire : visiter les ruines ou entrer tout de suite au Guatemala.
On arrive les premiers sur le site et effectivement de nombreux aras sont la pour nous accueillir. Ils sont vraiment superbes et peu farouches ce qui nous semble un peu louche quand meme.
Le site est desert, la faune se reveille. Je ne resiste pas a l'envie de me promener a l'interieur. Le Guatemala, ce sera pour demain. On file chercher nos billets. Oups, l'addition est salee. US$ 15 / pers pour les ruines et si on veut visiter tout le site, c'est US$ 40 / pers. Euh, les ruines, ce sera suffisant.
A peine quelques pas au milieu du parc et on decouvre des bacs remplis de tortillas et de bananes pour nourrir les oiseaux. On se disait aussi, des aras qui restent la bien gentillement a l'entree pour accueillir les visiteurs...
On a la chance de rester seuls tous les deux pendant plus d'une heure au milieu des vestiges mayas qui datent essentiellent des annees 700-800 apres J.C. Tout est paisible, a part peut-etre les perroquets qui nous survolent dans une veritable cacophonie. Les sculptures sont belles et travaillees, rien a voir avec les incas. Une toute nouvelle civilisation a decouvrir, mais pour ca, bien d'autres sites nous attendent.

Histoire de bien remplir notre journee a Copan Ruinas, on fait un tour au parc aux oiseaux (http://www.macawmountain.com) l'apres-midi. Il s'agit d'un parc qui recupere des oiseaux en mauvais etat de sante afin de leur offrir une vie meilleure. Malheureusement, il n'y a pas de programme de remise en liberte prevu. Quand on sait que des aras par exemple vivent environ 80 ans, c'est dur ; mais on nous explique que si on les relachait, ils seraient aussitot recaptures pour le commerce illegal. Un tour guide bien instructif en tout cas et quand on voit l'etat dans lequel ils recuperent les perroquets, pas de doute qu'ils sont bien soignes dans ce parc. Un moindre mal surement...

C'est sur cette agreable journee que l'on termine le Honduras. Un pays qui nous a surpris apres tout ce qu'on nous en avait dit. Les locaux que nous avons rencontres se sont montres bien sympathiques et toujours prets a nous aider meme a la capitale. On se dit que nous n'avons peut-etre pas fait le meme Honduras que tout le monde. Tant mieux.
par Solene publié dans : Honduras
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Samedi 3 mai 2008
Tocoa, 9h. Aujourd'hui on entame notre route vers la Moskitia, en "school bus" americain toujours. On a delaisse l'option pick-up, plus rapide mais plus onereuse aussi. Apres 30 min, on voit un panneau : Iriona, 86 kms. C'est notre destination. C'est juste qu'il faudra 5h pour les parcourir ces 86 kms. Il y a eu quelques pluies dernierement et la route de terre n'est pas en si bon etat. Mais meme a cette vitesse, on va reussir a se prendre le talus (sans gravite) en decouvrant au detour d'un virage le bus de 8h tombe en panne. Evitement reussi, ou presque.
A mi-parcours, on se demande encore si on est au Honduras. On se trouve ici sur les terres des Garifunas, des descendants d'esclaves africains dont le bateau s'etait echoue sur l'ile de Saint Vincent. Chasses pas les anglais, ils se sont installes sur les cotes du Honduras et celles du Belize et Guatemala egalement. Dans le bus on se croirait plutot en Afrique du coup avec tous les gens qui montent. Tous parlent le garifuna, un dialecte dont on ne comprend pas un seul mot. On est tout de suite dans l'ambiance. Ca me fait penser aux vocalises de Sidsel Endresen sur l'album Out Here. In There. Solene croit entendre Donald Duck parler. Malheureusement, on ne pratique ni l'un, ni l'autre.

Une fois a Iriona, on prend une lancha pour remonter une riviere jusqu'a Sangrelaya. On s'arrete ici pour aujourd'hui. Un gamin nous conduit a notre logement. On ne fait pas les difficiles, le choix est restreint. Pour avoir la chambre, il va falloir attendre que le proprietaire soit rentre de l'ecole. On a le temps de marcher jusqu'a la plage. Sur le chemin du retour, Alicia nous salue de loin. Alicia c'est la bonne femme noire. Sourire et corpulence genereux, la bonne mama. Elle nous donne deux chaises. On discute. Elle nous offre deux galettes avec du fromage fait maison. On apprend nos premiers mots de garifuna. En partant, on veut lui acheter un petit quelque chose car elle a un petit magasin. De l'eau ? Oui j'en ai et voila qu'elle nous donne deux grands verres d'eau de pluie dont elle se sert pour sa consommation personnelle. Genereuse de coeur aussi.
On regagne l'hotel et deux dames nous conduisent au seul comedor du village. C'est sur leur chemin...

Le lendemain, on va voir l'etat de la maree. On peut marcher 4h jusqu'a Batalla, le long de la plage. On est accompagne par Abrahan, un jeune handicape qui va nous suivre partout desormais. Sur le plage, on discute avec un pecheur qui repare ses filets. Sur le chemin du retour, Alicia nous fait signe a nouveau de loin. Elle est en train d'ouvrir deux noix de coco pour qu'on en boive l'eau et qu'on mange la chair. Discussion et rires a nouveau. Il fait trop chaud pour partir marcher desormais. On decide d'attendre les pick-up (delaisses la veille) en provenance de Tocoa. Manque de chance, ils sont tous pleins aujourd'hui. On attend en vain jusqu'a 16h sur la plage avec Abrahan qui veille sur nos sacs ou qui fait des petits tours avec notre tente sur le dos. Ca le fait beaucoup rire. Quatre petites garifunas jouent autour de nous et nous tiennent compagnie egalement.
Ce soir, on mange chez Alicia. C'est plus sympa qu'au comedor. Je filme toute la petite famille. Les enfants ne se lassent pas de se voir. On promet d'envoyer le DVD de tout ca a notre retour. Alors qu'on dort tranquillement, Solene est reveillee a 2h20 par quelqu'un qui est en train d'ouvrir la porte par la fenetre cassee. Elle me reveille. On bouge. L'intrus disparait. Bizarre dans ce village pourtant si calme. On a un peu de mal a retrouver le sommeil mais rien de grave au final.

On change notre strategie pour gagner Batalla : depart matinal par la plage. Abrahan nous escorte. Je lui confie mon petit sac a dos. Il a un sourire jusqu'aux oreilles mais bien vite le poids du sac, sa sandale cassee et ses difficultes physiques l'empeche d'avancer. Je le deleste. On va avoir toutes les peines du monde a le convaincre de se retourner un peu plus loin.
Apres 2h de marche, l'embouchure du Rio Tocamacho est en vue. On croise un garifuna qui chasse l'iguane. Voyant sa machette, j'essaie de faire tomber une noix de coco avec un bout de bois. On manque d'eau. On n'en a meme pas du tout. On ne trouve que des sodas ici et a force le sucre, c'est dur... Me voyant faire, il me propose d'aller me les chercher. Ni une, ni deux, le voila 5 ou 6m plus haut a decrocher les noix. Bien plus efficace que le bout de bois. Chacun sa discipline de predilection. Ils nous les ouvre avec sa machette. On peut se desalterer ce qui nous fait du bien vue la chaleur.
Pour traverser l'embouchure, deux cavaliers arrives au moment opportun, nous font signe de passer pres de la mer et pas dans la riviere. Ils nous surveillent. On s'eloigne un peu trop neanmoins et on mouille nos pantalons et moi le bas de mon sac a dos. A l'endroit apparemment plus calme ou on voulait traverser, on aurait eu de l'eau jusqu'aux epaules. Pendant qu'on remet nos chaussures, une voiture arrive. Le chauffeur propose de nous conduire a Batalla. Ca bouge bien a l'arriere du pick-up et on frole l'eau a toute vitesse. A Batalla, on est assailli par les lancheros qui veulent nous mener en bateau dans les divers villages du rio. On hesite. Solene discute avec un homme plus sympa qui lui apprend que les garifunas compte comme les francais parce qu'ils avaient, sur l'ile de Saint Vincent, un professeur francais qui leur avait appris comme ca. Marrant. On traverse avec sa lancha jusqu'a Palacios, juste en face de Batalla pour une journee tranquille le lendemain. On se fait tres bien au rythme local finalement. Observer toucans, perroquets, pelicans et fregates, lire un peu, laver du linge, discuter. La journee passe tres vite. Loin de toute agitation. Des hommes ont le pistolet a la ceinture. On se demande bien pourquoi meme s'il parait qu'il y a des narcos-trafiquants dans le coin.
En fin d'apres-midi, on prend une lancha pour Rais Ta. Une chambre en bois sur pilotis, un eclairage a la bougie et un grand saut pour faire la toilette... ici le calme derangerait presque la tranquillite.

Le lendemain, on marche 5h aller-retour pour gagner l'embouchure du Rio Platano, plus loin sur la cote. On traverse les villages misquitos, des indiens qui ont toujours habites ici, jamais envahis par les espagnols. Ca se voit. Ils sont forcement bien differents des garifunas. C'est etonnant de constater comme les ethnies de la Moskitia, meme proches, ont conserve leurs particularites. On est a quelques kilometres a vol d'oiseau de Tocoa et pourtant on se croirait au bout du monde. Ici un bateau (dont le proprietaire est misquito) passe tous les 15 jours pour ravitailler les villages. Les femmes lavent le linge dans le rio. Les enfants de 3 ou 4 ans plongent nus la tete la premiere dans l'eau. Le grand frere de 6 ans, aux commandes de la pyrogue, vient nous voir pour savoir si on veut traverser. Les gamins fuient en riant quand Solene leur montre l'ecran de l'appareil photo. Ils reviennent ensuite amuses. Il n'y a que mon bob qui depasse quand je leur montre le film sur l'ecran du camescope. L'espagnol, ils l'apprennent a l'ecole mais la ils commentent tout en misquito, entre eux. On ne comprend rien. Cinq hommes tirent un filet a la main, du rio jusqu'a la mer, pour trois poissons. C'est pas grave, ils recommencent, il faut nourrir le village. On se croirait en plein milieu d'un reportage de Thalassa. Rien de tres connu ici, les paysages n'ont presque rien d'exceptionnel mais l'accueil et la vie des gens nous marquent vraiment. Un voyage different...

Pour entrer un peu plus au coeur de la Moskitia, on decide d'aller le lendemain a Las Marias sur 3 jours. On prend le temps qu'on n'a pas. Si ce n'est pas du luxe ca !
Quatre heures de lancha pour remonter le Rio Platano. A la tombee du jour on assiste au manege habituel des toucans et perroquets verts qui regagnent leur logis pour la nuit. On ne les aura jamais vus aussi bien qu'ici. Et puis, allonge dans le hamac, on surveille la pleine lune qui se leve au-dessus de la foret.
Le lendemain, on va faire une balade dans la foret avec Elias, notre guide. On n'est pas dans une zone de foret primaire. Pour ca on n'a pas encore vu mieux que l'Amazonie. Malgre tout, il nous montre quelques plantes medicinales et une liane dont on peut boire l'eau. Souvenir. Mais ce n'est pas le plus important, la Moskitia est placee sous le signe de l'echange. Elias nous parle des indiens Tawakhas et Pechs qui vivent dans la Moskitia egalement. Il nous apprend qu'a 29 ans, il entame sa premiere annee de college (equivalent 6ieme chez nous) car le programme vient d'arriver pour la premiere annee a Las Marias. Il travaille avec des livres a trous : 12 a remplir au cours de l'annee. Pour l'anglais, il ne sait pas trop encore comment ils vont faire. Les deux professeurs ne parlent pas non plus anglais... Il nous demande ensuite si les dinosaures existent encore. Si c'est vrai qu'il y a des parties de la Terre ou la mer se transforme en glace. Si des hommes et des animaux vivent la-bas. Toutes les reponses l'etonnent. Il est bien perplexe quand on lui explique que la-bas, le soleil ne se couche pas pendant 6 mois et que la nuit dure autant ensuite. Ce n'est pas que je n'ai pas confiance, nous dit-il, mais c'est tres difficile a imaginer pour moi. Pour nous aussi d'ailleurs.

Le lendemain, ils nous faut regagner Rais Ta ou on passe notre derniere nuit au calme. Lever a 2h30 pour prendre la lancha. On parcourt le rio avec la pleine lune, de nuit, pour arriver a Batalla au lever du jour. On y voit un chauffeur tout fier d'exhiber un iguane femelle, les pattes retournees et attachees dans le dos. Touchez, nous dit-il, elle a au moins 40 oeufs dans le ventre. On fait une grimace. Solene regrettera de na pas avoir defendu davantage le respect de la vie animale. Une femelle pleine, ca ne se fait pas, soupire-t-elle. Elle a bien raison mais pour eux, tout ca est normal, il ne comprendrait pas.
Le pick-up qui nous conduit a Iriona aborde la plage avec les couleurs rougeoyantes du petit matin et les barques des pecheurs garifunas qui profitent d'une mer calme. On ne pouvait pas souhaiter meilleures images pour quitter la Moskitia.

PS : Je vous conseille la photo 34 de la galerie, une des plus belles prise par Solene a mon avis.
par Franck publié dans : Honduras
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