Samedi 1 mars 2008

Marre de la pluie, de la grisaille et du froid ? Preparez vos sacs et n'oubliez pas maillot de bain, palmes et creme solaire... Aujourd'hui, on vous emmene aux Galapagos.

On arrive en milieu de journee sur la petite ile de Baltra. L'aeroport est minuscule, une seule piste d'atterissage. Des la descente de l'avion, on penetre dans un autre monde. Un iguane terrestre est juste la, a nos pieds, a l'ombre d'un cactus. A l'ombre, oui, parce qu'ici, il y a un peu de soleil. Ca nous change du continent.
100 dollars de droit d'entree a payer, 6 seulement pour les equatoriens. Bienvenue dans l'archipel des Galapagos !

Premier contact avec Cesar, notre guide pour 5 jours, qui se presente comme une "espece endemique des iles". Quel sens de l'humour, ca promet !
On rencontre aussi les autres passagers du voilier : trois finlandais, deux australiens et une suisse. Tout le monde a a peu pres le meme age, ca a l'air plutot bien parti.

On rejoint rapidement le port pour embarquer. Sur le ponton, des lions de mer partout : sur les bancs, au sol, qui observent du coin de l'oeil ces nouveaux humains qui viennent les envahir. 
On saute dans l'annexe qui nous emmene au bateau. Le voila, le Merak, un sympathique petit voilier francais de 16m pour 8 passagers. A l'interieur, c'est petit, tout petit. Du bois partout. 
Distribution des cabines. Waouh, une fois nos gros sacs a dos poses au sol, plus de place pour marcher dans la chambre. Va falloir s'organiser surtout avec le grand sens du rangement de Franck. Au surprise, il fera attention presque tout le temps... Deux petits lits superposes en forme de trapeze, 30 cm au pied. Une petite lucarne qui donne sur le pont du bateau. Une fenetre au-dessus de ma couchette de 10cm sur 30. Voila a quoi ressemble notre 45eme lieu de vie depuis le debut du voyage.

Le temps d'enfiler le short et en route pour notre premiere visite, la plage de Bachas sur l'ile de Santa-Cruz. On a tout de suite la chance d'apercevoir lions de mer, iguanes marins, fous a pattes bleues et crabes aux couleurs vives orange, jaune et bleu.
Je ne peux m'empecher de penser a ce qu'a pu ressentir Charles Darwin en decouvrant ces iles et tous ces animaux, especes endemiques pour la plupart, qui l'ont inspire pour rediger sa theorie de l'evolution.
On prend le temps d'observer. Franck est captive par les fous a pattes bleues, pour la couleur de leurs pattes tout d'abord, si rare dans la nature et pour le spectacle qu'ils offrent en attaquant tous ensemble un banc de poissons. Ils referment leurs ailes et foncent tete la premiere comme des missiles dans l'eau. De mon cote, je suis fascinee par les iguanes marins, uniques au monde et tellement representatifs de l'evolution. Partout ailleurs, ce sont des animaux terrestres.
Le guide nous saoule un peu d'informations dans un anglais fatiguant. Dur pour Franck qui ne comprend pas qu'on s'acharne a parler anglais dans des pays hispanophones. 
Un premier bain dans l'ocean pacifique et retour sur le voilier ou un delicieux diner nous attend. 

Le vent se leve. Le bateau tangue, tangue de plus en plus. Pas evident l'equilibre, surtout dans la douche et aux toilettes.

Au milieu de la nuit, la pluie commence a tomber et c'est le reveil en catastrophe pour beaucoup. L'equipage qui dormait sur le pont rapplique vite fait a l'interieur. Edita, la suisse, sort recuperer ses vetements mis a secher dehors. Et nous, nous refermons fenetre et lucarne et essayons de colmater tant bien que mal les fuites... Pas la nuit la plus reposante.

Le lendemain matin, on accoste difficilement, apres un riche petit dejeuner, sur la cote decoupee de l'ile Mosquera.
L'ile est surpeuplee. Une colonie organisee par les lions de mer suivants leurs propres regles : De gros males qui se sont repartis le territoire et qui regnent sur des harems de 15 a 20 femelles ; des jeunes qui doivent rester sur le sommet de l'ile sans pouvoir approcher les femelles sous peine de se faire repousser ; des bebes qui tetent leur mere, les plus jeunes ont 2 mois et les plus ages 2 ans. Ce ne sont plus vraiment des bebes d'ailleurs, mais comme leur mere n'a pas eu d'autres portees, ils continuent a teter.
Ils se comportent comme si nous n'etions guere que des paparazzi un peu agacants. Ils nous surveillent du coin de l'oeil sans bouger. Seuls les males nous chargent parfois quand on s'approche un peu trop pres de leur harem... des fois qu'on veuille leur piquer une ou deux femelles !
Pour une premiere matinee, on n'est pas decu. Il n'est pas necessaire d'etre biologiste pour apprecier cet endroit, un des rares de la planete ou la presence humaine respecte encore une certaine discretion. 

Toutes nos journees s'organisent ainsi entre visites sur les iles pour observer la faune et snorkelling.

L'ile la plus exceptionnelle est certainement Espanola avec ses grandes plages de sable blanc et sa faune abondante. Les jeunes lions de mer font du surf sur les vagues ; les fous de Nasca et les fous a pattes bleues couvent un peu partout leurs oeufs ou nourrissent leurs nouveaux nes au duvet tout blanc ; les iguanes marins prennent un bain et reviennent se faire dorer au soleil et les crabes jouent les danseuses sur les rochers de lave.
Du haut des falaises, la vue est impressionnante. De l'ecume jaillit du soplador en contrebas tandis que des oiseaux tropicaux evoluent gracieusement dans les airs. 
L'ile est aussi reputee pour ses albatros qui font une halte ici lors de leur migration. Malheureusement, on n'en verra aucun. La majorite a apparemment ete decimee par des pecheurs peruviens.

Quant au snorkelling, meme si les fonds n'ont rien de comparable avec ceux de la Mer Rouge, on vit quand meme des moments inoubliables pres de l'ile de Floreana a Corona del Diablo. Un cone volcanique erode depasse au-dessus de l'ocean, un demi-cercle de roche dechiquetee ou l'on croise une faune marine des plus etonnantes : raie pastenague et raie leopard, requin corail, diodons, tortues, concombres et etoiles de mer, poissons perroquets divers... et surtout pour Franck et moi, un peu a l'ecart, quelques instants a nager avec un jeune lion de mer joueur et plutot curieux apparemment de nous entendre imiter son cri. Pas de temoin alentours et le ridicule ne tuant pas... on a tente.

On passe le reste de notre temps pieds nus sur le voilier a prendre le soleil, les cheveux au vent, a profiter de la navigation a la voile, a discuter... et pour Franck a essayer de tenir le cap...

Que les vacances sont douces !

C'est trop tot qu'on jette l'ancre a Puerto Ayora sur l'ile de Santa Cruz pour la derniere soiree sur le voilier. Jussi, le finlandais, a achete du vin chilien Concha y Toro et un alcool finlandais au gout de reglisse. L'ambiance est sympathique et on termine la soiree sur le pont. L'air est doux, le ciel degage et la lune pleine. 
C'est l'occasion pour Franck et moi d'un petit bilan personnel sur notre voyage en Amerique Latine qui touche a sa fin. Bilan que Franck conclura par :"Tellement de choses a faire dans la vie et le boulot est la plus chiante." Tout est dit ! Rien a ajouter !

Le lendemain matin, on dit adieu au Merak. Comme pour nous saluer un jeune requin marteau passe sous le voilier. Le seul et unique de tout le sejour.

Un rapide tour au Centre Darwin pour voir les tortues terrestres dont certaines atteignent les 250 kg et notamment Georges, dernier de son espece, age de 80 ans environ. Et c'est la fin. Nous sommes de nouveau seuls tous les deux.

Heureusement, les Galapagos ne s'arretent pas la. On s'est prevu trois jours supplementaires sur l'ile d'Isabela, la plus grande de l'archipel. 
Ce qui frappe en arrivant, c'est son petit port de peche colore et borde de mangroves ou se reposent de nombreux lions de mer. Ambiance des iles, paisible.

On s'organise quelques sorties notamment aux Tuneles et au volcan Sierra Negra. 
Les Tuneles sont des tunnels de lave baignes par l'ocean, un coin sympathique pour le snorkelling et l'occasion de voir les manchots des Galapagos et de nouveau des tortues de mer, raies, lions de mer...
Le Sierra Negra que l'on parcourt a cheval est un volcan actif dont la derniere eruption remonte a 2005. Son diametre de 10 km est le 2eme plus grand au monde. 

Le reste du temps, c'est repos, promenades au bord de mer et glaces systematiques au dessert. Grand luxe !

Tout aurait ete parfait si Franck ne s'etait pas blesse en faisant du snorkelling. Un gros torticolis, disons. C'est risque les vacances !

Il est temps de partir et de retrouver Quito sous la pluie. Dernier lever de soleil sur Isabela avec les fous qui nous survolent : derniere carte postale.
Les Galapagos, peut-etre la seule et unique fois de notre vie, c'est dur de s'en aller mais que c'etait bien !

PS : Choix difficile. Du coup, la galerie photos est plutot longue...

par Solene publié dans : Equateur
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Jeudi 28 février 2008
- Je vous assure ingenieur, j'ai essaye toute la journee mais je n'ai pas reussi.
- Oui ingenieur toute la journee mais la machine est trop petite.
- Mais demain ceux du consejo (equivalent DDE) y vont, avec une pelleteuse plus grande, ils vont le sortir de la.
- Oui ingenieur je vous tiens au courant. A demain.

C'est a peu pres la conversation qu'on pouvait entendre le soir de notre arrivee au seul telephone de Pucara. Il est situe dans une petite maisonnette prevue a cet effet, lieu de rencontre des villageois. C'est du materiel Alcatel soit dit en passant, dont des batteries que Don Felipe etait tout content de nous montrer.
En ces termes, Don Pablo faisait comprendre a l'ingenieur que le camion venu porter du ciment pour le chantier des canalisations d'eau de Pucara resterait ce soir bloque dans l'eboulement de la route.

Pucara. 1h de marche de Santa Rosa. 1h de marche d'Apuela. Un telephone. Oubliez le portable et sa connexion internet ou le dernier telephone Nokia, inutiles ici. Le coeur de la sierra et sa foret subtropicale humide qu'on atteint par 3h de bus depuis Otavalo puis 20 minutes a l'arriere d'une camionnette depuis Apuela, eboulement oblige.

La camionnette. Le seul moyen de transport pendant une semaine qu'on partage avec les locaux, des bidons de lait, des rondins de bois ou parfois un tas de sable et deux vaches, trois vaches et deux chevaux ou des dejections porcines... ca laisse plus de place mais on ne sait pas plus ou se mettre. Et le sac, je le pose ou?
Mais tout le monde s'aide, vous aide. "Oui il y a du monde la, mais serrez vous quand meme car il ne vaut pas mieux se tenir a la porte de derriere qui a tendance a s'ouvrir." Solene est bien contente du conseil. Tout le monde est la ? Vamos...

Une prise de contact rapide autour d'un repas simple, riz et lentilles, notre nourriture de base pour une semaine. Il ne faudra pas trop compter sur les extras. Il y a David, un anglais qui s'occupe du projet sur le terrain depuis 4 ans (Armando le fondateur du projet passant la majorite de son temps sur Quito maintenant), Celia la cuisiniere et les volontaires : Scott et Kate, australiens, Bosch, anglais, et Dorab canadien.
L'association tente de preserver l'ours andin ou ours a lunettes, menace d'extinction aujourd'hui. D'une part elle essaie de recuperer des animaux maltraites (zoo, cirques, particuliers) et de les rehabiliter a la vie sauvage dans un centre specialise avant de les relacher dans leur milieu naturel. D'autre part elle etudie le comportement de l'ours, ses deplacements afin de mieux le proteger. Pour cela, elle utilise notamment des colliers radios qui permettent de localiser les ours par telemetrie et triangulation. Actuellement, quatre ours sont ainsi suivis. Enfin, l'association mene une mission de sensibilisation aupres de la population locales car les ours ont parfois la facheuse tendance d'aller devorer les champs de mais. Et les cultivateurs a avoir la gachette facile. Pour etre plus persuasive, l'association essaie de les indemniser.

Permier jour, on va nettoyer le sentier de San Luis et ecouter les ours. C'est parti. Machettes a la main, bottes en caoutchouc aux pieds, deux bouts de pain, du thon en boite, trois biscuits et une pomme dans le sac. Pour le dejeuner aussi, c'est assez simple. Une bonne journee dans une foret subtropicale omnipresente a ecouter les ours et a se battre avec les bambous. En cet hiver 2007-2008, on n'aura pas trop manie les Quarks, mais la machette si. Sportif aussi. Pour le manche, je prefere le grip des Quarks. Moins agressif, il laisse moins d'ampoules...

Deuxieme jour. On fait deux groupes. Dorab, Bosch, Alberto (un local qui travaille regulierement avec l'association) et moi pour le debroussaillage. Solene, Kate, Scott et David pour la telemetrie. Activite differente mais on rentrera aussi mouilles les uns que les autres. Avec Bosch et Dorab, on sera bien content d'etre pris en stop, meme a 15 min de Pucara apres cette journee sous la pluie. La camionnette s'enlise dans le chantier des canalisations du village. Tout le monde aide. Tout le monde pousse. Dix minutes plus tard, la voie est libre. Poignees de main. Merci. Que le vaya bien...
Soiree sympathique avec tous les gamins qui viennent jouer au poker a la maison des ours avec comme mise des haricots blancs. L'essentiel est de jouer, pas de gagner et il se refilent des haricots les uns les autres quand ils sont en perdition.

Les deux prochains jours, c'est camping. Oui non, rien a voir avec la version Franck Dubosc. On prepare les sacs. On prend les tentes meme si a priori on n'en aura pas besoin. Pas plus mal avec la meteo du coin mais ca n'allege pas les sacs.
Ca commence par la camionnette du laitier. Une autre. Une derniere mais qui s'arrete bien vite pour cause d'eboulement. Les routes et les talus de terre souffrent beaucoup avec la pluie. Tout l'Equateur souffre d'ailleurs avec les pluies exceptionnelles de cette annee : une quinzaine de morts, des milliers de sinistres, des routes coupees, des centaines d'hectares de cultures inondees et perdues sur les regions cotieres. Ca fait les grands titres des journaux tous les jours. La sierra n'est pas en reste.
On poursuit par 4h de marche dans 20cm de boue bien souvent. Les bottes lisses nous jouent des tours, on est a 4 pattes dans du 20 degres...

On arrive enfin chez nos hotes. Une maison simple. Une cuisine avec les cochons d'inde qui vivent en liberte a meme le sol avant de finir en mets de choix. Avec les poules qui s'invitent aussi parfois. Avec le feu qui fait mijoter la soupe. L'eau courante ? Oui en prise directe du ruisseau, elle arrive au tuyau dehors au dessus du gros bidon. Ca sert aussi pour la douche. Pour les toilettes ? C'est ou on veut au dela des barbeles... avant il faut quand meme respecter l'espace des quatre cochons.

Mais on n'est pas venu que pour profiter du cadre enchanteur, sinon pour reactiver une cage. L'association devrait bientot recevoir un collier GPS et il faut donc capturer un ours pour l'utiliser. Les rejouissances du jour consistent a porter la cage dans un endroit opportun, sur le passage des ours. Les garcons portent un ou deux elements, des plaques de fer, accroches avec un bout de corde dans le dos. Les filles s'occupent de l'intendance : le dejeuner pour tout le monde, le materiel de telemetrie, les vetements et l'eau. On a l'impression d'etre des clandestins en train de porter je ne sais quoi d'illegal dans une foret reculee. Marrant mais ca n'a rien de facile : la boue, les hautes herbes, les arbres tombes. On a bien merite une petite pause pour jouer a Tarzan !
En deuxieme partie de journee, on pose la cage et on continue l'exploration de la foret, tres dense, pour trouver un emplacement adequat. La progression est difficile dans ce terrain pentu et glissant, les machettes indispensables et la pluie toujours la. C'est rien de dire qu'on se fraye un chemin dans la foret. Il nous faut traverser un ruisseau bien virulent. Bosch, peut etre pas assez mouille, ou plus surement a l'insue de son plein gre opte pour un bain raffraichissant. Je lui laisse.
On continue notre avancee et enfin on decouvre des traces d'ours : la mousse absente des arbres (l'ours se frotte), un poil, les restes de bambous (nourriture principale de l'ours), des traces de griffe sur les arbres. Ah oui, l'ours, on ne le voit jamais. Il a un odorat trop performant. David en a vu un seul en 4 ans en liberte, dans un champ de mais, mais il a vu juste pour ce chemin d'ours en haut de la colline. Il est trop tard pour emmener la cage jusque la. Une partie du travail est faite.

On rentre au "camping" et on passe la soiree comme la veille au coin du feu, a boire de l'eau de guayusa (plante pour la tisane) avec un peu de puro, l'alcool local de canne a sucre. On prend le temps.
On discute. Les gens ici vivent avec 3$ par jour, moins que le prix d'un menu chez Mc Do a Quito. Quelles disparites en Equateur. Dans tous les pays qu'on a traverses d'ailleurs. Bien sur on le sait mais on y est encore plus confronte en voyageant. Partager, ca fait longtemps qu'on ne sait plus ce que c'est. Moi y compris qui, en meme temps que je fais secher mes chaussettes et bottes au dessus du feu, pense a la chance que j'ai d'etre bien, de vivre en France, d'avoir un appartement et le confort qui va avec. Tout ca est bien complique. Que faire ? Aider quelques personnes ? C'est un debut mais quid pour toutes les autres ?
David essaie d'aider les locaux en les faisant travailler quand l'association a des ressources et en les payant plus de 3 fois le salaire journalier normal. Pourquoi pas seulement le double et permettre un travail plus regulier. Je ne sais pas. Tout le monde fait ses choix. Tout le monde a parfois ses incoherences. En tout cas la population semble l'apprecier, lui et l'association. Beaucoup de questions autour de ce feu. Peu de reponses.

On regagne Pucara le lendemain. L'etat du chemin ne s'est pas ameliore.

C'est la fete a Santa Rosa. Une camionnette y descend a 17h. J'hesite. Je vais finalement voir avec Kate tandis que Solene, Bosch et Scott se font une soiree pop corn-DVD sur le PC portable de David. Il ne se passe pas grand chose. C'est la fin du tournoi de volley, sport "national" (apres le foot) mais qui ici se joue a 3 contre 3 et avec un ballon de foot. Allez comprendre. Le tournoi de cuarenta commence. Il s'agit d'un jeu de cartes tres prise dans la sierra. Tous les hommes sont la, occupes. Les femmes pour l'instant absentes se reservent apparemment pour la soiree dansante qui commencera bien plus tard. Un peu a l'ecart, on decide de rentrer avec Kate. Il est 20h, il fait nuit, il pleut et il nous reste 1h de marche jusqu'a Pucara. Au bout de 30 minutes a la frontale, une camionnette s'arrete et nous prend. Cool.

Je mange, je ferme le sac et au lit. Demain il ne faut pas rater la camionette qui descend au marche a Apuela. On est a l'heure mais c'est plein a craquer, un peu plus on ne rentrait pas. Les locaux nous prennent les sacs, nous aident a monter. L'esprit de la sierra : des gens gentils avant tout. "Muy buena gente" comme aime dire David. Il n'a sans doute pas tort.
De la, il nous reste plus qu'a prendre la route pour Otavalo. A priori la route du haut est a nouveau praticable. Le chauffeur se renseigne a Apuela et decide de tenter. Praticable, c'est vrai. Enfin, quand on voit le bus qui frole le bord de la route en terre, avec juste a cote... un ravin de terre, on se demande comment tout ca tient et on finit par trouver les routes boliviennes plus que sures.

On ne sait pas trop si on aura permis a l'ours a lunettes de survivre car on a parfois l'impression que l'association manque cruellement de moyens et que c'est un travail de fourmi, de longue haleine mais on a passe une semaine super au final, pour tout un tas de raisons et on a un peu touche du doigt la vie de la sierra.

par Franck publié dans : Equateur
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Lundi 18 février 2008
Quito. Un nom qui me plait. Je ne sais pas pourquoi. Peut etre parce que ca paraissait loin au depart. Maintenant on y est. Deja, j'aurais presque envie de dire. Mais c'est pas tout ca, il ne faut pas trainer, on a a faire.

On doit organiser nos envies de "benevolat" et... les Galapagos. Eh oui, on a craque. "Es una locura" (une folie) comme on dirait ici. Une semaine la-bas va nous couter autant que l'Argentine, la Bolivie et le Perou reunis (grace aux sous d'Iberia, il faut le dire) mais apres 3 mois de voyage, on s'est dit qu'on avait bien merite de prendre une semaine de vacances. Non c'est vrai quoi, trop de voyage, et apres... Il faut pas pousser le bouchon trop loin, n'est ce pas Maurice !

Le carnaval nous a retardes et il faut maintenant faire le tour des agences de l'avenue Amazonas pour trouver une croisiere aux Galapagos. Ce n'est pas si evident entre les prix, les disponibilites et les dates qu'on nous propose pour le benevolat. On hesite un peu, juste une heure, et une opportunite qui nous permettait de concilier les Galapagos et le centre de secours d'animaux dont Solene avait envie nous file sous le nez. Dommage. On est un peu depite. Les agences ferment. Le lendemain, il faut prendre une decision rapide car il ne reste plus que deux possibilites pour un depart sur 5 jours a un prix abordable en fevrier. On choisit finalement de partir pour une croisiere sur un voilier de 8 personnes. On doute un peu qu'il utilise souvent la force d'Eole, ce n'est peut-etre que pour faire joli, mais dans l'esprit ca nous correspond plus. La croisiere s'amuse, ce n'est pas pour tout de suite, comme dit Solene.
On oublie les quatre retraits indecents pour payer tout ca cash (c'est oblige, una locura je vous dis) et on dit merci aux cartes dorees au passage, parce que sinon... En tout cas voila, on va partir aux Galapagos ! Manque plus que les palmes et le tuba, histoire d'alleger encore un peu le sac.

Il nous faut encore occuper la semaine precedente. Le lendemain soir, on recoit une confirmation pour aller dans une association (www.andeanbear.org) qui etudie l'ours andin, en voie de disparition. C'est a l'heure actuelle l'espece d'ours la plus menacee au monde. Ca nous permettra en plus de decouvrir le nord de l'Equateur et sa foret subtropicale humide... a la saison des pluies. Tant qu'a faire !
Finalement, tout ca ne se goupille pas si mal.

On peut enfin profiter de Quito. On fait la visite "traditionnelle" du centre historique. Joli. Des places, des eglises, des batiments. A force, on a l'impression de "connaitre". L'ambiance de Quito est pourtant sympa pour une capitale. C'est aere. Ca grouille moins qu'a La Paz par exemple. On a l'impression que ca va moins vite. Au centre culturel, on tombe sur une super exposition photographique des prix de la presse 2007. Il y a de tout : les horreurs de la guerre au Moyen-Orient, la spontaneite animale, l'instantane de la vie quotidienne. Pour la France, on a droit au fameux coup de boule en 6 cliches et aux tentes Quechua sous les tuyaux du Centre Pompidou. On peut mieux faire. Heureusement, des images hallucinantes de break dancers dans les rues parisiennes sont la pour redorer un peu le blason. On va finir la journee par une petite flanerie au parc la Carolina.

Le soir on s'offre une petite escale culinaire... suisse. Ben oui, il faut varier parfois. C'est la "Fondue au chocolat" qui nous a parle de suite. Apres celle d'Argentine, de Bolivie, on avait rate celle du Perou a cause d'un retour trop tardif du trek de Santa Cruz. En Equateur, on ne voulait pas commettre d'impairs. On se met en appetit avec des rostis tout a fait honorables avant de terminer sur cette delicieuse fondue au chocolat. Je vais meme demander une petite cuillere pour ne pas en laisser une miette. Comme quand j'etais petit et que je demandais de ne pas tout verser dans le moule a gateau. Le chocolat fondu de la casserole, c'est le meilleur.
On va retourner dans ce restaurant suisse deux jours apres pour une fondue de viande qu'on faisait cuire dans un bouillon avec des legumes : champignons, brocolis et choux-fleur. Different de la fondue bourguignonne mais tres bon egalement. Je compte sur nos lecteurs suisses (si, si, on en a) pour nous dire si c'est typique ou s'il s'agit d'une libre adaptation. Bien sur on ne part pas sans gouter a la fondue au chocolat. Ah bon, on l'avait deja goute ? Il doit s'agir d'une legere confusion alors...

Le lendemain on s'en va a la "Mitad del Mundo" ou il y a un musee a la latitude 0 degre, calcule par GPS. Il y a un autre musee, plus "officiel" pour les instances touristiques de l'Equateur mais la ligne est en fait decale de 7 secondes. C'est un francais, M. Condamine, qui s'etait quelque peu trompe dans ses calculs il y a quelques 270 ans.
Le plus surprenant est l'ecoulement d'un lavabo portable pour montrer l'inversion des forces de Coriolis. Le "tourbillon" est dans le sens horaire au sud, anti-horaire au nord et... inexistant sur la ligne d'equateur ! La surface de l'eau n'est animee d'aucun mouvement particulier. L'eau semble juste tomber tout droit. A voir. Et ce, seulement pour quelques metres de difference. Une autre experience etonnante est realisee sur notre force. Alors que Solene n'arrive pas a contrecarrer la force de mes deux bras dans chacun des hemispheres, je ne parviens pas a lui resister a cheval sur la ligne d'Equateur. On pourrait dire que c'est subjectif, et pourtant.

Pour notre dernier jour a Quito, on va visiter le musee de la Banco Central qui retrace l'histoire du peuple equatorien, depuis l'arrivee des premiers habitants du continent americain venus a pied d'Asie par le detroit de Bering, alors a sec, jusqu'a l'independance au 19ieme siecle. Tres interessant. De voir toutes les tribus qui ont peuplees l'Equateur, tribus qui semblaient tres avancees pour la confection de poterie, de ceramique, d'outils et le travail des metaux et de l'or en particulier. De (re)voir les productions plus basiques et pragmatiques, et pourtant posterieures des incas. On se rend bien compte que c'etait un peuple guerrier, politique et tres organise, ce qui lui a permis de dominer, au moins territorialement une grande partie de l'Amerique du Sud en son temps. Mais pour l'art... De voir aussi l'arrivee europeenne et tous ses symboles chretiens. Un changement radical. Pour quels effets ? Un tres beau musee en tout cas.

Bon c'est pas tout ca, mais il faut aller preparer les sacs et quitter l'ambiance quiteña, bien agreable au final. Demain on va sauver les ours !

ET VOUS, AU BOULOT ! 

(Qui va payer mon chomage apres, me glisse Solene en riant a cote de moi. En attendant, elle bosse aussi. Elle telecharge les photos. Il est 21h55 heure locale, on n'a pas encore mange, juste pour accompagner votre debut de semaine. On est vraiment trop gentil avec vous...)

par Franck publié dans : Equateur
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Lundi 11 février 2008

Comme prevu, on fait un petit detour sur Banos puisque le volcan Tungurahua s'est calme et que la route vient de re-ouvrir. Celui-ci a en effet eu une forte activite le mois dernier, menacant d'eruption. Il faut avouer qu'on espere bien avoir la chance de le voir et de l'entendre.

On arrive sur Banos dimanche en milieu d'apres-midi. Le carnaval bat son plein. Il faut etre bien sur ses gardes pour eviter les batailles de pistolet a eau et de mousse. Des kiosques a friandises ont fleuri un peu partout dans les rues. Des petites echoppes proposent cochons et cochons d'inde a la broche egalement. Et le soir, un orchestre rejoue tous les standards equatoriens (enfin, on imagine) et on a meme le droit a un feu d'artifice...

L'ambiance est detendue, sympathique ; l'hotel paisible mis a part les cris des perroquets en liberte dans la cour... On s'y plait tout de suite.

Malheureusement, le ciel est bien couvert. Impossible d'apercevoir le volcan et de toute facon, les bruits de la fete couvrent nettement celui qu'il pourrait faire. 

Pour se remonter le moral, on fait la razia au supermarche de Banos : olives vertes et vin blanc doux de Mendoza pour l'apero, fruits, legumes, tout ce qu'il faut pour preparer d'excellentes pates a la carbonara, tablettes de chocolat, pain et nutella... En Equateur, comme en Argentine, on retrouve des cuisines a disposition dans toutes les auberges, alors on en profite. Se mitonner ses propres petits plats, ca fait du bien. 
C'est aussi l'occasion d'echanger un peu plus avec les autres voyageurs et ce soir la, ce sera avec un sympathique israelien qui vient de passer deux mois dans une communaute aborigene dans le nord-est de l'Equateur. Interessante experience mais il n'a pas eu grand-chose a manger et est vraiment squelettique.

Le lendemain, Franck a mis le reveil a 6h pour jeter un coup d'oeil a la meteo et voir si par chance, le volcan est decouvert. Mais c'est un nouvel echec. Le ciel est encore une fois bien gris.

On dort encore un peu avant de prendre le bus pour aller marcher dans la foret subtropicale humide aux alentours. On commence par le sentier des 12 cascades, seuls au milieu d'une vegetation dense et de nombreux papillons de toutes les couleurs. C'est bien agreable de se trouver a nouveau dans la nature. Ca nous avait manque ! 
On termine ce chemin par un petit rafraichissement dans la cascade del Rocio.

On remonte ensuite sur la route principale a toute vitesse. Il parait qu'il faut que j'augmente ma VO2 max... Je vous laisse deviner d'ou vient cette drole d'idee...

Sur la route, a peine le temps de tendre le pouce qu'un pick-up nous prend en stop et fait un petit detour pour nous deposer au sentier suivant, a la cascade el pailon del diablo. Bien serviables les gens du coin...

On termine notre petite excursion sur cette jolie cascade avant de rentrer sur Banos.

A la descente du bus, je me retourne ; le ciel est enfin decouvert et laisse apparaitre un champignon de fumee noire qui emane du volcan Tungurahua. 
On reste quelques minutes a observer ses frequentes explosions. Au fur et a mesure que la nuit tombe, on voit apparaitre en plus de la fumee, des jets de pierres de lave.

Sans hesiter, on file voir une agence pour prendre un tour qui monte au mirador en face du volcan. Le ciel est bien degage, depart prevu a 21h soit 2 heures plus tard. Si tout se passe bien, on devrait avoir la chance d'assister a quelques petites explosions de lave. 

Et bien non ! Pas de chance ! A 21h, le brouillard recouvre a nouveau tout le paysage. 
Le bus nous monte jusqu'a 3800m d'altitude, mais en vain, on ne voit rien du tout. Comme dit Franck, ca nous permet au moins d'entretenir nos globules rouges. Ouais, maigre satisfaction...
On attend 2 heures autour d'un feu de camp, mais pas de cone a l'horizon, ni de lave qui en jaillit... En revanche, on entend parfaitement chacune des explosions. Enfin, quand les Equatoriens et les anes du coin veulent bien se taire un peu... Un bruit sourd, proche du tonnerre, resonne a intervalle regulier.

On remonte dans le bus pour Banos et puis sur la descente, tout d'un coup, le ciel se degage autour du volcan. Il est 23h15 et on assiste a de nombreuses explosions avec des jets de lave qui nous semblent de plus en plus puissants. Certains equatoriens presents avec nous disent que le volcan est tres agite. Vraiment tres impressionnant !

Malheureusement, les maigres performances de nos appareils photos ne nous permettent pas d'immortaliser ce moment.

On se couche donc vers 00h15 avec les grondements du volcan en fond. 

Une nuit agitee. La porte de notre chambre ne cesse de vibrer, de cogner a chaque nouvelle explosion. Mais vers 5h du matin, les vibrations que le volcan provoque dans notre chambre me reveille. Ses grondements se font entendre en continu. Franck ouvre les yeux a son tour. 

Impossible de se rendormir. J'ecoute le volcan et hesite quelques instants avant de sortir voir de quoi ca a l'air. Quatre nouvelles explosions plus fortes encore. On saute du lit a toute vitesse, on s'habille et on decide de filer rapidement a la sortie de la ville d'ou on a vue sur le volcan Tungurahua.

En sortant de la chambre, on croise une voyageuse allemande qui me dit qu'elle a fait son sac et qu'elle est prete a partir. Le proprietaire de l'hotel, lui aussi sur le pied de guerre, me montre le champignon de fumee au-dessus de nos tetes et m'explique que depuis 23h hier soir, les gens commencent a evacuer la ville. Il me dit qu'il faut maintenant que les touristes evacuent, que ca devient dangereux et rajoute : "Vous allez voir le volcan. Vous avez votre appareil photo au moins parce qu'on ne voit pas ca tous les jours."

On court vite, vite a la sortie de la ville. Quelqu'un nous crie: "Pour le volcan, c'est au fond de la rue. Beaucoup de lave, beaucoup de lave !"

On arrive au point de vue, mais on ne voit plus rien. La fumee qui sort du volcan recouvre tout le cone. 
Un coup d'oeil autour de nous. On est a la sortie qui sert en cas d'evacuation de Banos. Des gens sont installes un peu partout sur le trottoir. Les enfants sous les couvertures, les sacs au pied, chiens et perroquets a la main. Tous ecoutent la radio pour prendre les dernieres informations sur l'evolution de la situation. 

On retourne a l'hotel pour preparer notre sac et partir nous aussi au plus vite sur Quito. On rencontre notre ami israelien qui sort de sa chambre et constate que le tonnerre fait beaucoup de bruit ce matin. Franck lui explique qu'il s'agit en fait du volcan. "Ah bon ?"
 
On est pret a 8h et en arrivant a la gare routiere, un gars arrete un bus et nous dit que c'est le dernier qui part, qu'ils vont barrer la route. On ne sait pas si c'est vrai ou pas, mais on monte dans le bus plein a craquer et on fera donc une partie du voyage debout ou plutot assis dans le couloir.

On constate effectivement sur la route qu'ils sont en train de la fermer et que se rendre sur Banos ne semble plus possible. 

On a quitte Banos alors que le volcan etait en alerte orange. Depuis celui-ci est passe en alerte rouge, fait la une des journaux quotidiens et a entraine l'evacuation d'un grand nombre de personnes. 

Pas facile la vie au pied d'un volcan actif. 

par Solene publié dans : Equateur
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Samedi 9 février 2008

Nouveau changement de pays. Direction l'Equateur. Un pays qui m'attire depuis longtemps, un tout petit territoire et tellement d'ecosystemes differents : les Andes et l'avenue des volcans dont certains sont encore actifs, la foret subtropicale et la jungle amazonienne, les iles Galapagos, la cote pacifique et les mangroves...

L'arrivee en Equateur promet encore plus d'imprevus que d'habitude. A chaque nouvelle frontiere, de toute facon, c'est l'inconnu. On ne sait jamais trop ce qui nous attend de l'autre cote. 

Mais cette fois-ci, apres 3 mois de voyage on se dit qu'on va essayer de voyager differemment et de consacrer un peu de temps a du benevolat. Le probleme, c'est qu'emportes dans le tourbillon du voyage, nous n'avons encore pris aucun contact.

Il faut donc s'organiser un peu pour trouver un projet qui concilie les attentes de Franck et les miennes. On decide de monter sans plus attendre a Quito, la capitale. Deux stops rapides pour couper un peu le voyage : la ville de Cuenca tout d'abord et Banos ou le volcan Tungurahua semble s'etre calme depuis quelques jours tout juste.

Des le passage de la frontiere, on sent un petit d'air d'Etats-Unis souffler ici. De nombreux 4*4 dans les rues, le retour des McDonald's / KFC / Burger King, des cinemas multi-plex avec le plateau de pop-corn / soda taille XXXL et on paye desormais avec le fameux billet vert note "In god we trust".

Le ciel est bien gris, il pleut un peu. Beaucoup d'eboulements sur les routes. Le pays subit apparemment de nombreuses innondations, notamment sur la Cote Pacifique. On nous explique que c'est l'ete le plus pluvieux de ces 12 dernieres annees et c'est celui-ci que nous avons choisi pour une petite visite.
 Pas mal, non ?

Arrivee a Cuenca, on decouvre que c'est l'epoque du carnaval. Ambiance festive, un peu trop peut-etre pour nous et apparemment pour d'autres voyageurs egalement. Les touristes sont en effet la cible favorite des enfants et des plus grands pour le pistolet a eau, les seaux d'eau jetes depuis les balcons et la bombe de mousse. Sauf que quand on a nos sacs sur nous, le sens de l'humour nous fait un peu plus defaut. L'autre galere du carnaval est que tout est ferme et qu'on ne peut pas faire grand-chose.

En deux jours, nous avons aussi le droit a deux reprises a de la discrimination et des insultes racistes. On est vraisemblablement mal tombe, mais quand on arrive tout juste dans un pays, c'est difficile et on se pose beaucoup de questions sur ses habitants. Un jour, on nous annonce des prix hallucinants pour deux tomates en nous expliquant que les prix sont differents pour les gringos, que vu ou on vit, on n'en a rien a faire des prix... Et le lendemain, on se fait traiter sans raison de "gringos de merde"... On a chacun notre tour bien failli y perdre notre calme ; Franck dans le premier cas et moi dans le second.

Malgre cette arrivee difficile, on apprecie Cuenca. C'est une jolie ville, plutot agreable a vivre. Comme tout est ferme et que la meteo n'est pas avec nous, on en profite pour se faire notre premiere seance de cinema depuis le debut du voyage. Comme une envie de mener une vie a peu pres normale. "I am a legend" avec Will Smith. Notre choix est un peu limite. Il nous faut un film en anglais sous-titre en espagnol ou l'inverse pour satisfaire tout le monde. Pas si mal finalement. On sort contents de notre seance de cinema.

Depart quelques jours apres. On continue notre remontee sur Quito.

par Solene publié dans : Equateur
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Vendredi 8 février 2008
Encore une nuit peu confortable jusqu'a Trujillo avec arrivee a 6h du matin. Difficile de faire autrement, c'etait le seul horaire. Chercher un hotel au reveil est peu agreable et tout parait cher sur la cote. On se pose au plus economique. 

Il s'en suit une somnolence jusqu'au debut d'apres-midi quand on se decide d'aller voir l'ocean de plus pres, a Huanchaco, une petite station balneaire qui semble etre appreciee des surfeurs. Petite jetee, ambiance de bord de mer, on en profite pour diner la. Une nouvelle occasion pour moi de deguster un cebiche : du poisson ou des fruits de mer marines dans du jus du citron, des oignons et beaucoup de feuilles de coriandre. Delicieux. Qu'est-ce que j'en aurais mange au Perou ! On flane un peu dans Trujillo en rentrant, une ville agreable avec ses facades de toutes les couleurs et une temperature ideale le soir.

Pour le lendemain, il y aurait bien la visite des ruines de Chan Chan, vestiges de la civilisation Chumi, mais avec les vieilles pierres, on va faire une pause pour le moment. On se contente de prendre le billet pour Tumbes (encore une arrivee a 6h du mat) et de mettre a jour le blog. Ben oui, c'est du boulot quand meme !

Tumbes. On prend les memes et on recommence : recherche de l'hotel les yeux encore embrumes. Nouvelle "sieste matinale". Ca commence a etre un peu fatiguant de bouger tout le temps. Physiquement et un peu moralement aussi car on n'a pas le temps de profiter de notre adaptation a chaque endroit. En meme temps, il faut avancer.

Du coup, on decide de s'arreter a Tumbes mais ce n'est pas evident de savoir ce qu'on peut faire. On est bien loin du "circuit touristique" ici, on le sent bien. Depuis Huaraz, on n'a plus parle a un seul gringo d'ailleurs. En fin d'apres-midi on prend un micro pour la plage de Zorritos. Petite baignade bien agreable dans l'ocean (de mots, de pensees...). Plage immense et personne. On a juste peur de deranger le millier, voire plus, de crabes qui sortent tous avec la maree en quete de nourriture. Avec la nuit, on prend un des derniers micro pour rentrer a Tumbes avant un nouveau cebiche excellent, mixte cette fois ci : poisson, calamars, concha negra (un coquillage typique des manglares du coin) et gambas. Solene s'en sort pas si mal avec son plat fetiche de secours, le lomo saltado : boeuf saute avec oignons, poivrons et frites (sautees aussi, un peu bizarre ca quand meme).

Pour notre dernier jour au Perou, on va a Puerto Pisarro pour visiter ses manglares, des mangroves en fait. Sur place on nous propose un tour pour 70 soles. On marche un peu vers le port et on croise Sergio qui nous propose quelque chose pour 30 soles. Ca tombe bien, comme ca on pourra manger aujourd'hui et prendre le bus pour l'Equateur avec les 80 soles (20 euros) qu'il nous reste en poche. Gestion toujours millimetree des derniers deniers avant de quitter un pays... parfois trop !

Nous voila donc partis dans la magnifique barque de Sergio pour un peu de cabottage dans les mangroves. Sergio et moi a la rame (l'union fait la force), Solene a la navigation. Au moins c'est sur on est tranquille et pas perturbes par le bruit du moteur, ni par le vent du a la vitesse d'ailleurs... Sergio est un retraite du ministere de la peche qui arrondit ses fins de mois de temps en temps. C'est cool finalement d'etre hors du circuit touristique parfois. On profite ensuite de ce charmant petit port ou les pelicans et les fregates n'arretent pas de voler autour des petites embarcations de pecheurs dans un magnifique balai aerien. C'est beau un oiseau qui plane. Si, si. Surtout quand on a l'apres midi devant soi.

Il faut finalement se resigner a rentrer a Tumbes. Ces derniers jours ont fait du bien car ils ont permis de decouvrir un "autre Perou". On se dit qu'on est peut etre trop reste dans le "classique" au debut et qu'on ferait surement autrement maintenant...

Dernier repas peruvien. Les finances ne permettent pas un dernier cebiche alors c'est riz a la cubaine avec ses delicieuses bananes frites (specifiques aux plats sales) que l'on peut trouver dans le nord peruvien. Arrive Antonio, un petit garcon de 8/9 ans qui veut nous vendre des bonbons :
 " - Non, pas de bonbons.
   - Je veux manger quelque chose.
   - Tu veux manger ?
   - Oui. "
Solene etait justement en train de caler sur sa porcion. J'en verse une partie dans mon assiette vide. Il s'assied et devore tout sans mot dire. Il met machinalement la main sur la bouteille de soda de Solene, se ravise, leve le nez, puis boit devant le signe de tete approbateur de Solene. Il repart sans dire merci, ca n'a pas l'air d'etre la culture ici mais visiblement content. On est sur qu'il avait faim.

On quitte le pays sur cette image, representative des inegalites peruviennes.
par Franck publié dans : Perou
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Mardi 29 janvier 2008

Ca commence avec une arrivee a Huaraz a 5h30 du matin. On erre un peu en ville a la recherche d'une auberge ou se poser. C'est le prix a payer quand on voyage sans guide. On trouve finalement chez Olga, une petite grand-mere qui a quelques chambres a louer. 

Un peu de repos apres une bien mauvaise nuit dans le bus. Encore une ! Les routes de montagnes sont evidemment bien sinueuses et souvent mal entretenues avec de nombreux nids de poule... Pas facile pour trouver le sommeil.

Un petit tour dans Huaraz. L'ambiance est sympathique. On mange pour 3 ou 4 soles chacun dans des restaurants locaux et on offre un menu complet a une peruvienne qui reclamait quelques sous. Apres avoir dit son benedicite, elle nous remerciera 4 ou 5 fois... On a fait une heureuse aujourd'hui !

On se decide ensuite pour le fameux trek de 4 jours de Santa Cruz. On fait toutes les courses au supermarche puis on prepare nos affaires. Franck qui ne ressentait pas plus que ca le besoin d'aller en montagne, se montre en fait tout content et tout excite en faisant son sac. 

Reveil un peu tardif le lendemain matin et lever a 7h15. Le temps de faire notre toilette et on saute dans un micro en direction de Yungay. La concurrence entre les micros est feroce ce matin. 
Les micros ou collectivos sont des mini-bus utilises essentiellement pour de petits trajets. Les rabatteurs optimisent autant que possible chaque deplacement en remplissant le bus avec un maximum de passagers, assis ou non. 
Et ce matin, c'est la lutte : les rabatteurs crient "Caraz, Caraz, Caraz", les chauffeurs ne cessent de klaxonner pour interpeller d'eventuels passagers, ils se doublent, se redoublent pour etre en tete de file et donc a priori partir en premier, ils s'arretent meme au milieu de la route pour empecher les autres de passer... 
Apres ce balai matinal, on file vers Yungay.

A l'arrivee, apres avoir tente de nous faire payer notre trajet plus cher que les locaux, le rabatteur nous demande de payer les places pour les sacs a dos... Voila qui est nouveau. Ils ne savent vraiment plus quoi inventer pour arnaquer les gringos ! 
La, y'en a vraiment ras le bol ! Il aura le droit a un "non" ferme de Franck et moi en stereo ; il n'insistera pas trop longtemps. 

Nous sommes a 9h15 a Yungay et on apprend que le dernier micro de la matinee vient de partir. Le suivant part a 13h, sinon on peut toujours prendre un taxi pour 150 soles au lieu de 10 en micro... La bonne blague !
Ca ne nous arrange pas vraiment etant donne qu'il nous reste encore 3h de route, puis autant de marche avant d'atteindre le campement, mais on n'a pas le choix. On prend donc notre mal en patience, on dejeune en nourissant tous les chiens errants du coin, on discute avec une sympathique famille qui nous apprend quelques mots en quechua. 
Le Perou a apparemment deux langues officielles : l'Espagnol et le Quechua. En tout cas, les peruviens nous semblent souvent agreables quand ils n'ont pas l'habitude de voir des touristes et qu'ils n'ont rien a leur vendre... 
On essaie aussi d'aider un hollandais qui veut se rendre au lac un peu au-dessus et qui ne parle pas un mot d'espagnol et tres peu d'anglais.

Vers 12h30, on se rapproche du micro. On commence a le charger... et puis, on attend... encore et encore... Il n'est pas plein... Il manque 2 personnes... Vers 13h15, le chauffeur nous dit que l'on part d'ici un quart d'heure... On attend... encore... L'hollandais s'impatiente et les insulte ; belle ouverture d'esprit. C'est leur fonctionnement ici, ils ne partent que lorsqu'ils sont pleins ; c'est leur gagne pain, on peut le comprendre. Vers 13h40, on attend toujours... Meme les voyageurs peruviens s'en amusent : "Ahorita, ahorita et no sale" (tout de suite, tout de suite, et on ne part pas) nous dit une dame... Une heure plus tard, ca y est, on est parti !

Le chauffeur nous propose de cacher nos sacs a dos sous des plastiques pour que les gardes du parc ne les voient pas. On peut ainsi pretendre passer seulement la journee dans le parc et economiser 130 soles. Le tout en echange de l'habituelle "propina" evidemment. 
On saute sur l'occasion, enfin surtout moi, un peu plus roublarde peut-etre que Franck, qui se retrouve a mentir aux gardes du parc... et qui ne craquera pas meme quand le garde le menacera de devoir payer le double en cas de controle pendant le trek... enfin, il s'en est fallu de peu, hein, Franck ?

3 heures sur un chemin des plus inconfortables... Dur, dur... On a quand meme la chance de profiter de la vue degagee sur les sommets du Huascaran et du Chopicalqui... Superbes !

Nous sommes a 17h au depart du trek. On charge les sacs sur le dos, on serre la ceinture ventrale, on ajuste les bretelles et hop, on est parti.

Apres une heure de marche au milieu des petits villages, la pluie s'abbat sur nous. On laisse passer deux campings et vers 19h, alors que la nuit tombe, on decide de s'arreter et de monter la tente.

On reprend alors nos anciennes habitudes. Franck nous concocte un delicieux repas qui commence par une soupe de potiron Knorr et de mon cote, je nous prepare un petit nid douillet grace a nos duvets Blue 600 de Valandre...

On se couche a 22h et on passe notre nuit a ecouter attentivement la pluie tomber. A 5h45, le reveil sonne et la pluie redouble d'intensite. On reste bien au chaud en attendant l'accalmie vers 7h30 du matin. On sort alors pour preparer et prendre le petit dejeuner. Malheureusement, 3/4 d'heure plus tard, on se refugie a nouveau sous la tente pour se proteger de la pluie. On peut en ressortir vers 9h30... en tout cas pour 1/4 d'heure cette fois-ci... et c'est reparti pour la pluie.
On voit passer deux marcheurs qui finissent le trek en sens inverse, qui nous disent qu'il pleut beaucoup, qu'ils n'ont vu aucun sommet et qu'on a au moins 7h d'ascension avant d'atteindre le point culminant Punta Union et plus encore pour redescendre sur un camping...

Il faut se rendre a l'evidence, comme tout le monde nous l'a indique, ce n'est pas la saison pour etre dans la Cordillere. On renonce. Franck est plus que decu et me dit : "Renoncer, c'est difficile partout". Je trouve pour ma part que c'est encore plus difficile dans la Cordillere Blanche que dans les Alpes, parce qu'on y reviendra pas de si tot. On decide donc de faire demi-tour.

Pendant qu'on plie la tente, des enfants viennent nous reclamer pain et pates. Franck leur donne 1/3 de notre pain et plus de la moitie des pates prevus pour les repas suivants. Apres tout, si on rentre, on n'en a plus besoin.

Un morceau de ciel bleu apparait... Franck hesite encore, je le sens bien. Moi aussi. Et hop, sur un coup de tete, je lui dis : "on y va". Il nous manque maintenant pas mal de nourriture, tant pis, on partagera... A 11h30 donc, on part pour notre 2eme journee de trek.

On croise un couple d'allemands qui termine lui aussi son trek et nous annonce une dizaine d'heures pour monter a Punta Union et redescendre au camping. Pour eux, impossible a faire aujourd'hui dans le delai restant. On verra bien...

La pluie ne nous lache pas. Tout est dans la brume. Le chemin est detrempe et il faut sauter de pierre en pierre pour eviter de mettre les pieds dans l'eau... Comme dit Franck, ca ne facilite pas la progression... C'est un euphemisme !

En debut d'apres-midi, le soleil se montre et nous laisse a peine le temps de secher et d'avaler quelques gateaux avant de disparaitre a nouveau laissant place a une averse de grele... Dur, dur...A ce moment-la, on ne dit plus rien. On avance l'un derriere l'autre, la tete baissee. Franck se retourne de temps a autre pour etre sur que je suis toujours derriere, on se regarde alors avec un grand sourire comme pour rire ensemble de la galere dans laquelle on s'est mise et pour se donner mutuellement du courage. Puis, c'est de nouveau la pluie. De toute facon, maintenant on est trempe. Je me dis que meme mes pieds sont desormais mouilles et la, Franck me dit : "Je crois que j'ai les pieds mouilles". Pas de doute, on a bien signe pour la meme galere. 

On progresse a l'aveugle. On ne voit rien du chemin a plus de 100 metres, on n'a pas de carte precise du trek, on ne sait pas vraiment ou on est... C'est long, tres long... Je ne pense plus a rien d'autre qu'au pas suivant, puis au suivant... Ca occupe toutes mes pensees...

Et puis, voila, on arrive enfin a Punta Union, 4750m d'altitude. L'altitude d'ailleurs ne nous a pas du tout gene. On est plutot bien acclimate, on dirait. Le temps de quelques photos et c'est la neige qui s'y met. Decidement, on aura vraiment tout eu !

Pas le temps de trainer. Il est deja tard. Il faut se depecher de redescendre pour rejoindre le campement. Franck qui a le sac bien charge fatigue et a mal au dos. Je lui propose de le soulager un peu, mais rien a faire... Ah, les mecs... Et puis, au bout d'une heure de negociation, il finit par me donner la tente... Pour une fois que c'est moi qui peut l'aider !

On arrive avant la nuit au camping. On partage une soupe et un sachet de pates de 100 grammes. J'espere que les enfants profitent bien de la nourriture qu'on leur a donnee... Et rapidement, au dodo...

Lendemain matin, reveil a 6h30. Franck ouvre la tente et me dit de sortir vite, que tout est degage. J'ouvre alors la tente, je plonge mes deux pieds dans mes chaussures de trek, pour gagner du temps, je ne fais pas mes lacets et les entoure juste autour de mes chevilles et je bondis hors de la tente... J'essaie d'avancer le pied gauche sans succes, puis le pied droit, mais meme resultat... Mon corps, lui, en revanche, est bien parti et je m'allonge de tout mon long, avec evidemment la plus grande classe, dans l'herbe mouillee... Franck m'aide a me relever apres avoir detache le crochet de ma chaussure droite qui s'etait emmele avec mon lacet gauche... Une bonne rigolade apres, j'attrappe l'appareil photo, mais trop tard... l'Alpamayo vient tout juste de disparaitre dans les nuages...

On quitte le campement vers 9h apres avoir fait l'animation pour les vaches et chevaux du coin. Le chemin n'est plus du tout, un ruisseau a pris sa place et il faut encore une fois sauter de pierre en pierre pour progresser. Arrives dans une grande plaine, on perdra meme plus de 3/4 d'heure a essayer de traverser, mais sans succes. On finira chaussures aux mains...

On a le plaisir de dejeuner au soleil. Grand luxe !

Quelques heures plus tard, un panneau nous indique encore 9.5km avant le village et 3.7km avant le dernier camping. On a finalement decide de terminer le trek en 3 jours au lieu de 4. On se dit qu'on va regarder le temps qu'on met pour faire la distance jusqu'au camping pour avoir une idee de notre arrivee au village final. 

On croise en chemin un pauvre chien amaigri, affaibli et vraisemblablement mourrant. Je lui donne nos 100 grammes de jambon serrano restant et 300 grammes de fromage. Cette fois-ci, on a vraiment plus rien a manger. Franck me laisse faire patiemment. Je porte ensuite le chien pres d'un point d'eau. S'il n'a pas de maitre qui passe par la pour le recuperer, ce pauvre chien est condamne. On a essaye de lui donner une chance...
En tout cas, le temps que je passe a m'occuper du chien perturbe completement le chronometrage de Franck pour le camping...

2h15 plus tard, toujours pas de camping. On n'a jamais mis aussi longtemps pour faire 3.7km. Il pleut de plus en plus. Le chemin, ou plutot le ruisseau, est desagreable. La aussi, c'est long, tres long... Mes genoux souffrent... On fatigue...

Et puis vers 18h, on arrive au village. Le camping, on ne l'a jamais trouve...

Les habitants du village sont bien sympathiques. Un chauffeur de taxi qui descend sur Caraz propose de nous emmener pour 6 soles chacun. Vraiment pas cher, on accepte. On charge les sacs dans le coffre et on rejoint deux vieilles dames sur la banquette arriere. Le chauffeur s'arrete en chemin pour prendre un autre passager et trois sacs de mais de 80 kilos chacun. La voiture est plus que pleine. Mais le chauffeur s'arrete une nouvelle fois aupres de deux hommes et trois moutons. ????. Un des hommes proposent le toit de la voiture. Pour eux ou pour charger les moutons ??? Heureusement, notre chauffeur refuse et nous voila repartis sur une route sinueuse en pleine brume avec une visibilite a 10 metres environ, mais notre chauffeur est tres prudent. 

Arrives a Caraz, le chauffeur nous aide a nous renseigner aupres de differents terminaux de bus, mais il est trop tard et plus rien ne part sur Huaraz. Il faut donc rester dormir a Caraz. Toujours aussi surprenant, le chauffeur descend pour negocier les tarifs de notre hotel... Ca ne fonctionne pas, mais on a rarement croise quelqu'un qui se donne autant de mal pour nous au Perou. En plus, il nous fait un prix sur le trajet et nous ne payons que 10 soles. 

On trouve finalement une petite chambre pas chere qui fera parfaitement l'affaire pour une nuit. 

Le lendemain, retour a Huaraz. On s'organise pour repartir le soir meme sur la cote pacifique, a Trujillo. 

On passe a l'auberge pour deposer nos sacs mais Olga n'est pas la. Pas simple pour recuperer les affaires laissees chez elle. On la trouvera un peu plus tard. On passe chez elle vers 19h45 pour refaire nos sacs. Elle nous dit qu'elle s'en va a la messe et nous met rapidement a la porte. On se retrouve sous la pluie avec toutes nos affaires en vrac a la main. On trouve un petit abri sur un trottoir pour refaire nos sacs. C'est la misere !

Assez de pluie, direction la cote.

par Solene publié dans : Perou
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Jeudi 24 janvier 2008
Nasca et ses lignes. A peine descendus du bus, tout semble ficele. On est sollicite de toute part : "Taxi, pour l'aeroport, taxi, hotel...". On aimerait bien souffler de temps en temps. On file sans repondre et on trouve notre hotel tout seul. 

Un peu plus tard on visite le centre Maria Reich ou une dame qui, je cite, "vient du cosmos" essaie de continuer l'oeuvre de cette allemande qui a etudie les lignes et leur signification durant 47 ans, toute seule. Elle nous fait une presentation d'une heure. Carrement allumee la petit dame !

Finalement on ne va pas survoler les lignes de Nasca en avion. Marre de se conformer au petit train-train touristique classique et on prefere garder ces 40$ chacun pour une prochaine expedition dans la selva. En tout cas, ca pese un peu d'etre souvent consideree comme une personne pouvant payer. Comme nous disait un guide qui conduisait un couple de touristes sur les sites de Maras et Moray avec un 4x4 : "Tout est argent au Perou". C'est agacant. Agacant les 0.50 sol a payer aux wc publics dans le village paume de Santa Maria sur la route alternative du Machu Picchu. Un gamin du village me dit : "Ca ne se paye pas". Je vais lutter 30 min a parlementer, avec l'aide egalement de certains villageois. Mes progres en espagnol ne me permettront pas de comprendre le juron qui accompagnera la retrocession des 0.50 sol par la supposee "dame-pipi". Agacant la bouteille de vin la moins chere indisponible mais qui reapparait miraculeusement quand on s'est resigne a boire de l'eau. Agacant le menu a 6 soles en rupture mais que le peruvien peut commander quand il arrive 15 min plus tard... Du coup, tout se retrouve parfois fausse. Je vous rassure, ce n'est pas non plus toujours comme ca. Essayer de decouvrir un pays, j'ai l'impression que c'est a la fois connaitre ses richesses humaines et culturelles. Dommage qu'au Perou, selon les endroits, ca ne soit pas toujours possible. Est ce que ca le serait en France? Bonne question....

Du coup, on va voir les lignes depuis le mirador qui permet d'observer la figure des mains et celle de l'arbre. C'est bien mais on ne regrette pas notre choix. Soit disant que personne ne les touche... on est un peu sceptique sur leur conservation. On a lu un peu plus tard que Maria les avait au moins "depoussierees" dans les annees 50.

On file ensuite sur Pisco. On ne s'arrete pas puisqu'on prend un minibus pour Paracas, 3km plus loin, mais on peut quand meme se rendre compte des degats causes par le seisme du 15 aout 2008. L'eglise est par terre, certaines maisons aussi, des tentes par-ci par-la abritent des familles. Ca me fait penser aux images televisees de certains pays en guerre. Ici, ce n'est pourtant que la nature qui a oeuvre... Une personne du minibus entame la conversation. Il me parle d'abord de Zidane et Thierry Henri puis des 20% de la population qui ont quitte Pisco : ceux qui ont perdu famille et maison. Dur. 
Les gens sont gentils ici, ils discutent. Bizarre... ou pas.

Paracas, petit port de peche, des palmiers, des dunes... avant hier on etait avec les polaires a Cusco. Changement radical. "Chita a lo macho" dans un restaurant de poisson au bord de la plage pour moi. Il n'y a que Solene, qui n'apprecie pas vraiment les produits de la mer, qui souffre un peu. Les legumes ou la viande, ce n'est pas vraiment leur specialite ici.

Le lendemain, on va visiter les iles Ballestas. Super mais trop court. Dauphins, manchots de Humboldt, une colonie impressionnate de lions de mer avec tous ses petits, une loutre de mer, des pelicans, toute sorte de mouettes et de cormorans, des iles avec des grottes et des arches. Un decor sauvage avec plusieurs centaines d'oiseaux qui volent tout autour sans arret. Ca a un gout de trop peu, comme dirait Solene. 
La journee se poursuit avec la visite de la reserve de Paracas : le desert, l'ocean bleu, des plages rouges dues a l'oxyde de fer, des falaises. Un paysage auquel je ne m'attendais pas au Perou. 
Un cebiche de poisson dans une petite gargotte a 5m de l'eau. Tranquille cette petite escapade a l'ocean. Ca a des petits gouts d'Equateur.

Un gouter sur la terrasse de l'hotel, des palmiers, l'ocean, le coucher de soleil avant d'aller prendre le bus pour Huaraz, 3090m, au pied de la Cordillere Blanche, une des plus belles au monde parait-il. Ce n'est pas vraiment la periode avec des pluies probables, mais on verra bien. Quoi qu'il en soit, demain, on remet les polaires...

par Franck publié dans : Perou
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Dimanche 20 janvier 2008
Pachacutec, 9eme empereur inca, est-il a l'origine du Machu Picchu ? Ce site etait-il utilise comme reserve de culture pour la region de Cusco, comme universite agricole, comme lieu de residence pour les femmes choisies ou etait-ce tout simplement un village normal ? Cusco a-t-elle ete volontairement dessinee pour representer un puma ? Les incas pouvaient-ils vraiment predire la meteo a 40 jours a l'aide du soleil ?
Apres 10 jours passes dans la region de Cusco, dans la vallee sacree et au Machu Picchu, le mystere reste entier.

Une journee de repos qui fait suite a une nuit pourrie dans le bus, et c'est plein de curiosite que nous entamons notre visite des sites incas.

Pour cela, il faut investir 70 soles chacun dans le boleto turistico. Tout ici est fait pour que le touriste soit oblige de depenser un maximum d'argent. Impossible de prendre une entree pour le site qui nous interesse, c'est forcement le boleto pour 16 sites plus ou moins pertinents.

On est donc parti pour la tournee des musees de la ville avec un interet particulier pour le monument de Pachacutec et l'histoire des 13 empereurs incas et pour le musee de Koricancha, le temple du soleil.

Apres tous ces efforts, on a bien merite nos megas jus de fruits a Yajuu, ma nouvelle maison. On teste plein de nouveaux gouts : tumbo, lucuma, maracuya... et le top du top, orange / granadilla.

Le soir, nous retrouvons Servane et Vincent avec qui nous avions passe le jour de l'an et nous decidons de partir le surlendemain pour le Machu Picchu par la route alternative : Cusco - Santa Maria - Santa Theresa - Hydroelectrica - Aguas Calientes.

Juste avant, une journee sur les sites incas alentours : Sacsayhuaman, Qenko, Pukapukara et Tambomachay. 

Sur le site de Sacsayhuaman, nous avons la chance de rencontrer Carlos, un etudiant peruvien a l'Alliance Française qui souhaite devenir guide touristique. A force d'etre sollicites pour tout et n'importe quoi, on se montre d'abord mefiants puis on comprend rapidement que Carlos est bien content de pratiquer un peu son français et puis c'est tout. On a donc le droit a une mini visite guidee du site. Un moment sympathique meme si nous n'avons jamais reussi a voir le lama forme par les pierres...

Puis visite des ruines suivantes que l'on rejoint a pied malgre les incitations des locaux pour prendre minibus ou chevaux... 
Leurs notions du temps et des distances varient considerablement des notres...

On termine la journee avec une visite guidee de Pukapukara et Tambomachay pour s'impregner un peu mieux des sites et ne pas faire que passer devant de vieilles pierres...

Nouvelle soiree avec Servane, Vincent et Javier, cette fois-ci, un espagnol rencontre une premiere fois en Argentine puis a plusieurs reprises par la suite. Javier voyage dans l'esprit routard le plus pur et dort de temps en temps chez l'habitant dans des villages peu habitues aux touristes. Il a notamment passe une nuit sur les iles Uros du lac Titicaca et nous confirmera le cote business de ces indiens aymaras qui enfilent leur tenue traditionnelle a l'arrivee des bateaux de touristes... 
Soiree hamburgers donc avant le grand depart pour le Machu Picchu...

Le lendemain, RDV a 7h du matin a la gare routiere. 7h de bus pour Santa Maria, une route qui serpente en permanence au-dessus d'un precipice. 
On parle souvent de la route de la mort en Bolivie, mais les routes peruviennes semblent malheureusement tout aussi dangereuses et meurtrieres. 
Au retour, un minibus fera une chute de 100m et huit morts. En passant devant, on se demandera tous pourquoi on n'a pas pris le train a 31 dollars comme tout le monde...
Depuis Santa Maria, c'est 3h de minibus jusqu'a Hydroelectrica sur une petite route de terre, toujours aussi sympathique.
On termine la journee avec 2h30 de marche le long de la voie ferree jusqu'a Aguas Calientes, de nuit et sous des trombes d'eau... On arrive trempes a 20h15 apres un petit detour : "derecho", ca veut dire "tout droit", n'est-ce-pas Franck ?

Reveil a 4h du matin, il pleut toujours abondamment. On abandonne l'idee de monter au Machu Picchu a pied. Depart donc a 5h30 en bus. 
On arrive sur le site, tout est dans la brume.

Servane est fatiguee. On entame donc a deux, Franck et moi, l'ascension du Wayna Picchu. On a alors le privilege d'etre parmi les premiers a apercevoir le Machu Picchu apres que la brume se soit levee. Magique !

Le Machu Picchu nous fascinait depuis longtemps. On n'a pas ete deçus, surtout la derniere heure quand les touristes avaient quasi tous deserte le site.

Seul bemol : l'ecoute des guides touristiques nous donnera nombre de versions differentes sur l'histoire du site. 
Que connait-on vraiment du Machu Picchu et des incas ? 
Le Perou est un pays plein de legendes, de mythes, et les incas se transmettaient tout de maniere orale... Difficile aujourd'hui de savoir et de comprendre...

Retour a Cusco le jour suivant : depart a 5h30 du matin, 2h30 de marche, 3h de minibus avec 200m de course a pied au milieu des eboulis et 7h de bus... Le Machu Picchu par la route alternative, c'est sport et ça se merite !

On enchaine ensuite avec la visite de deux autres sites : Pisaq et Ollantaytambo. La balade s'avere agreable et les sites bien conserves mais le manque d'informations ou pire encore les informations contraires donnees par les guides pesent beaucoup a Franck. Il a un peu de mal a apprecier le Perou pour l'instant.

Pour le reconcilier, on part une journee hors des sentiers touristiques. On se fait deposer entre Ollantaytambo et Urubamba et c'est parti pour un jour a pied : visite des salineras de Maras et des terrasses de culture concentriques de Moray. 

A part quelques locaux apparemment un peu trop habitues aux touristes qui nous reclament une "propina" (pourboire) pour qu'on les prenne en photo, pas un touriste, que des paysans bien contents de nous saluer, de discuter un peu et de nous indiquer le chemin et des horaires exacts pour une fois, quelques anes et moutons aussi, un dejeuner a 2 soles dans le seul boui-boui de Maras ou il est possible de manger, le bapteme de la nouvelle pelleteuse du village et le discours du maire, un groupe de villageois qui repare un reservoir d'irrigation et nous demande de les prendre en photo pour que l'on garde un souvenir d'eux et nous invite a boire la chicha, un muletier qui a vraisemblablement trop abuse de la chicha en question, un garde de Moray qui nous fait gentiment un tarif etudiant (tout se negocie au Perou)...

Une excellente journee, tout seul, a pied, riche en rencontre avec les paysans du coin au milieu des champs de petits pois, de feves, de pommes de terre et des montagnes alentours. Paisible. Mission accomplie...
par Solene publié dans : Perou
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Mardi 15 janvier 2008
Arequipa, une autre ville blanche, mais au Perou. On y arrive au lendemain d'un seisme de 4.7 sur l'echelle de Richter. La region est coutumiere du fait. On aura rate ca. Tant mieux...

Arequipa possede de tres beaux monuments construits avec le sillar, une pierre volcanique extraite dans la region, qui donne un cachet particulier au centre historique. La plus belle place principale depuis le debut du voyage (a mon avis, Solene la classe dans le top 3, elle) avec la cathedrale dont une des tours a ete reconstruite suite a un tremblement de terre en 2001, l'eglise de la Compañia et son cloitre aux trois patios du XVII siecle, les palmiers, les albizias en fleur et les batiments a double arches qui la bordent tout autour.

On a plutot l'impression d'une ambiance nord-africaine quand on improvise un petit dejeuner sur la terrasse du toit de l'hotel avec vue sur les palmiers, les sommets alentours et les coupoles du monastere Santa Catalina. Gateau au chocolat (bon en plus), jus d'oranges et mangue fraiche. Ca va...

On se prend tres vite a flaner dans cette ville surtout que la cuisine peruvienne nous offre un choix plus large que sa voisine bolivienne. On va notamment diner dans une creperie, tenue par un suisse : un cidre des Asturies et des vrais crepes a la farine de ble noir. Solene revit ! Le cidre espagnol ne vaut peut etre pas le cidre breton artisanal, mais la crepe chocolat-amandes ne la laisse pas de marbre...

On rencontre Francois, un bordelais qui vient d'ouvrir un bar a vins francais, on parcourt le marche ou on goute aux mangues peruviennes (et on a du mal a retrouver le gout poivre des mangues "peruviennes-francaises", etrange) ; au pacay, une gousse de 10-15 cm ou l'on mange une sorte de coton sucre qui la remplit ; au pepino-melon qui un gout de melon avec une pointe de concombre comme son nom espagnol l'indique ; au tuna blanca, ben pour ca il faut venir sur place...

On visite aussi le musee des Sanctuaires Andins, sur les enfants incas qui etaient sacrifies sur les sommets pour apaiser les Apus, dieux des montagnes, qui "punissaient" les incas au travers des catastrophes naturelles. Juanita, la momie la mieux conservee, une jeune fille noble de 13 ans, a ete ainsi rejoindre l'autre monde sur le volcan Ampato a quelques 6300m, au plus pres du dieu Inti ou dieu Soleil, habillee d'une tunique de laine et chaussee de sandales vers 1550. Interessant. Impressionnant. Un peu terrifiant aussi. La civilisation inca n'aura exerce son hegemonie sur l'Amerique du Sud que durant un siecle, mais elle n'en n'est pas moins captivante et mysterieuse.

D'Arequipa, on file vers le canyon de Colca avec Marine une francaise rencontree dans la pampa bolivienne et retrouvee ici. C'est le deuxieme plus profond au monde apres son voisin, moins touristique, le Cotahuasi. A moins que ce ne soit un bon montage marketing comme pour les iles Uros. Quoiqu'il en soit, le Grand Canyon arriverait derriere. Le point le plus eleve est la Cruz del Condor et ses 1400m de denivelle.
On arrive a Cabanaconde, au bord du canyon. Beau point de vue sur la riviere, 1100m plus bas.  Un bon moyen pour se degourdir les jambes et apprecier la vue d'en bas, d'autant que je suis seul. Solene et Marine ont choisi d'aller admirer les profondeurs depuis un autre mirador, celui de San Miguel. Elles vont voir un condor a quelques metres au dessus de leur tete. Tres impressionnant parait-il avec ses 3m d'envergure et son bruit de planeur. Pour moi la vue en contre-plongee. Bof... les pentes ne sont pas regulieres et ce n'est donc pas si impressionnant. Je me souviens de petits matins dans les Ecrins ou j'avais un peu plus l'impression de gaz... mais c'etait un bon petit challenge de fin d'apres-midi, tout en souplesse bien sur, avec arrivee a 3200m.

19h, nuit noire a Cabanaconde et coupure d'electricite. On va parcourir le village a la frontale a la recherche d'un endroit ou manger. On va finalement trouver un petit resto tres sympa ou on va debuter a la bougie et manger de l'alpaga (enfin surtout moi) avant de finir avec le retour de l'electricite et un bon Pisco Sour peruvien.

Le lendemain matin, le plan etabli pour aller observer le vol des condors a la Cruz homonyme est un peu contrarie par la pluie. On n'a pas vraiment envie de se mouiller, les condors non plus, et on va prendre le bus suivant. On arrive un peu en retard par rapport au beau temps mais on va quand meme voir des condors. Ouf! On ne pouvait quand meme pas quitter l'Amerique du Sud sans un vrai vol de condor.

Retour a Arequipa pour une journee de repos dans cette ville bien agreable avant de partir pour Cusco et son Machu Picchu. Juste avant le bus, on va manger un dernier arroz chaufa, une sorte de riz cantonnais, pour 3 sols
 (0,75 euros) et on s'offre une derniere crepe chocolat au Zig-Zag. On a un peu de mal a quitter la douceur d'Arequipa...
par Franck publié dans : Perou
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