Dimanche 6 avril 2008
Une nouvelle frontiere sinistre au milieu de gros camions, US$7 d'entree chacun, et hop, on saute dans notre premier bus au Nicaragua. 36 km jusqu'a Rivas. Le bus est bonde. On fait le voyage debout, ecrases contre la porte du fond. Ce qu'on voit de notre premiere heure dans ce pays, c'est la tole du bus scolaire et quelques nicaraguayens, tout aussi compresses que nous. Certains ont de beaux yeux marrons clairs, typiques parait-il de la region d'Esteli.

A la descente du bus, les chauffeurs de taxi se jettent sur nous. L'un d'eux nous reclame de l'argent pour avoir aide a descendre les sacs du bus. Un employe de la compagnie de transport public nous fait signe qu'il n'y a rien a payer, et se fait du meme coup traiter de "fils de pute" par cet aimable chauffeur.
Le harcelement continue. Les taxis nous proposent de 30 a 50 cordobas pour nous emmener au port de San Jorge, pretendant qu'il n'existe pas d'autre moyen de s'y rendre. On essaie de se renseigner, mais dans le fouilli qu'est la gare routiere de Rivas, ce n'est pas evident. Dans un moment de faiblesse, on finit par prendre un taxi ou plutot une epave toute cabossee, avec le pare-brise tellement fissure que meme Carglass n'y pourrait rien (oui, on fait dans la publicite en ce moment avec Franck). Au retour, plus avises, on prendra un mini-bus pour 5 cordobas, quand les chauffeurs de taxi proposeront US$ 50 a d'autres touristes voulant se rendre a Granada. (Pour info, 1 dollar = 19 cordobas).
En tout cas, pour ce qui est des taxis au Nicaragua, le ton est donne.

Une heure de ferry sur le lac Cocibolca et on debarque sur l'ile d'Ometepe, nee de l'eruption de deux volcans : le Conception au cone parfait et le Maderas couvert de foret humide.
On s'installe dans le village d'Altagracia. Le village des chaises a bascule comme je l'ai renomme. Peu importe, l'endroit ou vous vous trouvez, il y a toujours une chaise a bascule pour s'asseoir et regarder les gens passer... La vie y est tranquille, les gens se deplacent a velo, pas de touriste.

Deux journees a parcourir l'ile a velo.

C'est tres rural. Les gens ici vivent de la peche, de l'agriculture, des bananes, du riz, des haricots rouges ; les ingredients de base du plat typique qu'on mange quasiment a tous les repas depuis notre entree au Panama, peu importe son nom : comida corriente, gallo pinto ou casado.

On se rend sur la plage de Santo Domingo et dans les fermes ecologiques qui ont fleuri au pied du volcan Maderas. On comprend ou sont passes tous les touristes du ferry. Ils ont pris possession des hotels qui bordent la plage et des hamacs de ces fermes.
On visite celle d'El Zopilote qui fait sa propre culture de la banane, de cacao, son pain... On a l'impression d'etre en plein milieu d'une communaute hippie qui vit en toute autonomie.
On termine la journee par une petite baignade dans les sources thermales de l'Ojo de Agua. Heureusement, les eaux sont fraiches. Apres le velo, on a bien assez chaud comme ca.

Apres diner, on fait le tour du village, les os de poulet en main pour nourrir des chiens errants bien maigres au Nicaragua. On se retrouve devant une maison qui fete l'anniversaire de l'association des alcooliques anonymes. Celui-ci n'a pour le coup rien d'anonyme et regroupe une grande partie de la population. On nous invite a prendre place... Les alcooliques anonymes ? Franck a pris quelques bieres, OK et il m'est arrive de boire deux ou trois pina colada pendant le voyage, mais alcooliques non, on n'en est pas la quand meme. On decline l'invitation.

Le lendemain, on remonte en selle sur nos velos de l'enfer. Quelle galere ! Non seulement l'ile est bien vallonnee mais le velo nicaraguayen n'est pas des plus performants. Les vitesses ne sont pas indexees. De toute facon, il ne change de plateau que lorsqu'il le veut bien et m'oblige parfois a adopter la technique locale : quand ca monte, il faut pousser le velo. Au final, c'est la selle qui me lache. En essayant de la monter un peu, Franck reussit a la bloquer definitivement en position basse. Il reste 13 km a faire, la nuit tombe dans une heure, tout va bien. On decouvre du coup l'ile d'Ometepe by night. Un monde sans lumiere. Des gens qui marchent sur le bord de route, des enfants qui jouent, de nombreux velos qui comme nous circulent sans le moindre eclairage, des chevaux, anes et chats qui traversent la route - et quand le chat est noir, ce n'est vraiment pas facile de le voir - et quelques dos d'anes surprises a la fin des descentes. Aie, dur pour le coccyx !

Arrives a Altagracia, Franck estime qu'on a bien merite un bon repas. Je lui fais la demonstration que ce n'est pas possible puisqu'on a deja depense beaucoup d'argent : 50 de petit-dejeuner, 120 de velos, 20 d'entree a Charco Verde, 150 de chambre. Total : 340 cordobas, c'est-a-dire US$ 17 a nous deux... Bon, OK, la demonstration n'etant pas probante, on s'offre un bon resto. Enfin celui de l'hotel car c'est le seul endroit qui semble ouvert a Altagracia le dimanche soir pour manger. Choix limite...
Franck termine le sejour sur l'ile d'Ometepe avec trois gros poissons a manger. Moi avec le gallo pinto typique pour changer.
par Solene publié dans : Nicaragua
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Jeudi 3 avril 2008
Liberia. 150ieme jour de voyage. La moitie si nos calculs sont exacts. On fete ca par un apero dans la cour interieure de l'hotel. Pour l'occasion, j'ai meme trouve une Leffe blonde au supermarche. Une bonne surprise au milieu des bieres legeres plutot insipides qu'on trouve partout ici. Solene elle reste au Fresca, un soda au pamplemousse plutot bien reussi. On trinque. C'est quand meme quelque chose la moitie. On se dit aussi qu'on pourrait se filmer en train de faire un bilan de cette premiere partie de voyage. On prepare quelques questions : meilleur(s) endroits(s), meilleure(s) rencontres(s), meilleure(s) galere(s)...  C'est un principe, il n'y a que des rubriques "meilleur" dans ce voyage. So veut que ca reste spontane. Pas le droit d'y reflechir. C'est sans doute son cote "entretien de recrutement" qui ressort. Spontane, ca va l'etre. Quand on appuie sur STOP, 45 minutes se sont ecoulees, sans que l'on s'en rende compte. On avait visiblement envie de parler. Ce sera surement drole quand on regardera ca dans 5 mois, de retour en France.
Ainsi se termine le Costa Rica, demain on file au Nicaragua.

Effectivement, on a decide que ca suffisait le Costa Rica. L'avant veille, en arrivant de la cote pacifique, on a eu du mal a trouver quelque chose. On finit a 18 dollars pour une chambre dont les carreaux de la fenetre tintent toute la nuit avec les courants d'air. Le Costa Rica tient ses promesses : ce n'est pas donne.
On se renseigne pour aller au parc Rincon de la Vieja et son volcan actif. Pas de transport public. Il y en a bien un qui pourrait nous laisser a 6 km de l'entree du parc. Il nous reste 1h pour faire les courses, prendre la tente et y aller sur deux jours au moins. Le temps et l'envie nous manquent un peu. Le temps, c'est ca qui nous manque le plus en Amerique Centrale. On croise certaines personnes qui nous disent qu'on doit aller vite. C'est vrai. En meme temps ce sont les memes parfois qui restent 3 ou 4 mois dans des genres de communautes "hippies", sans un seul local. Qu'est ce qu'ils voient de plus du pays ou ils sont ?
Finalement, on se resout a prendre le transport propose par l'hotel, 15 dollars chacun pour une heure de 4x4.

De Liberia, on avait aussi envisage le volcan Tenorio et son rio Celeste pour sa couleur particuliere. Meme topo. En plus cher. Soit on loue une voiture, soit on prend un taxi a 60 dollars. On n'ira pas. Apres 5 mois, faire une collection de "cartes postales", ce n'est pas ce qui nous fait le plus envie. Je ne sais plus si je l'ai deja ecrit ici mais je reviens souvent a cette phrase. Faire le voyage est aussi important que ce qu'on y fait...
Et la nature comme elle est organise ici, tu payes et on s'occupe de tout, ca nous motive moins. Un peu parce qu'on en a vu beaucoup, et meme si on y passe encore des heures volontiers, on s'extasie parfois moins, c'est sur. Beaucoup parce qu'on aime l'histoire qui va avec : la lancha des indiens kunas aux San Blas, le camion du laitier de la sierra equatorienne, le voilier des Galapagos, la barque du retraite de Puerto Pisarro, la grele et la neige de Punta Union, le bus qui creve de la selva bolivienne, le camion des ouvriers du Cerro Otto a Bariloche. C'est plus ca pour nous le voyage, les histoires qui vont avec. Du coup, on a plus envie d'aller prendre l'atmosphere au Nicaragua.

Le parc Rincon de la Vieja ? Tres bien ceci dit. On prend place avec un americain, sa casquette de New-York vissee sur la tete, qui repond "Rob" quand le chauffeur lui demande en espagnol son pays d'origine et qui reviendra rouge comme une ecrevisse. Je n'exagere rien.
On parcourt un premier sentier ou l'activite volcanique se fait bien sentir : des puits boueux et bouillonnants, des fumerolles et des mares aux couleurs sulfureuses au milieu d'arbres aux racines tortueuses. C'est pratique pour escalader un peu.
On y croise des coatis qu'on n'avait plus vus depuis la premiere semaine en Argentine, des aguatusas dont Solene avait goute la chair, sans savoir exactement de quoi il s'agissait, dans la sierra equatorienne, des iguanes, des oiseaux et on arrive enfin a prendre un morpho en photo : un magnifique papillon bleu eblouissant mais trop souvent insaisissable.
On gagne ensuite la cascade d'El Cangrejo pour une baignade raffraichissante dans une eau presque celeste. On teste aussi la force de la cascade. Aussi bien que de la thalasso et pour bien moins cher. Vivifiant.
Le cratere du volcan ? On avait decide de ne pas y monter avec tous ceux qu'on devrait croiser dans le reste de l'Amerique Centrale...

par Franck publié dans : Costa Rica
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Lundi 31 mars 2008

Au culot, mais pas tres a l'aise quand meme. On a pris l'adresse que nous a donnee l'italien, nos petits sacs accompagnes de quelques sacs plastiques pour y ranger nos sandales et nos matelas, la tente et on est parti comme ca. On n'a prevenu personne, de toute facon, on n'avait pas de contact. On a pris le bus, on a marche une heure sur la plage, sur la route et on est enfin arrive sur la plage de Buena Vista.

On cherche un responsable et on se retrouve en face d'un certain Roy. En nous voyant debarquer, il nous observe l'air interroge sans rien dire, pas un mot, pas un sourire. Je souris et lui dis bonjour mais je n'obtiens pas plus de resultat. Je demande s'il parle anglais ou espagnol, mais toujours rien. Ca commence bien ! Une volontaire a cote repond : "espagnol". Franck prend le relais et explique notre rencontre avec Lucas, un volontaire qui a travaille la il y a quelques semaines et nous a conseille de venir. Lucas, c'etait le mot magique. Roy se deride un peu et nous explique que nous sommes les bienvenus, qu'il y a de la place et qu'on peut rester le temps que l'on souhaite. Ouf, pari gagne ! On est bien content.

C'est parti donc pour quelques jours en tant que benevoles pour un projet de sauvegarde des tortues marines :
http://asvocr.org/leer.php/58

Le premier contact avec l'equipe de volontaires est plutot froid. On avait deja constate en arrivant au volontariat pour les ours andins qu'il n'etait pas facile d'arriver dans une equipe deja constituee, mais cette fois-ci, c'est le groupe lui meme qui semble ni tres soude, ni tres bavard.

L'apres-midi est consacre a recuperer un maximum de sable et a l'apporter dans la "nurserie", l'endroit ou l'on enterre les oeufs des tortues en attendant leur eclosion. Creuser et porter des sacs de sable par 35 degres a l'ombre, on a connu plus facile, mais c'est pour la bonne cause. On arrive bientot a la saison des pluies et la pluie creuse le sable et risque a force de mettre les oeufs a jour. Il faut donc avoir une reserve suffisante pour s'assurer que ca ne se produise pas.

Le gros du travail se fait neanmoins la nuit. C'est a ce moment que les tortues viennent deposer leurs oeufs et que les bebes decident de sortir. Des gardes de deux heures sont donc organises pour surveiller les nids. Une patrouille sur la plage entre maree haute et maree basse est egalement prevue.

Les plannings sont rapidement faits. Je suis de surveillance a la nurserie de 20h a 22h et Franck prend les deux heures suivantes.
Ca ne me suffit pas. Etre la et avoir l'opportunite d'assister a la ponte de tortues est bien plus forte que le sommeil et je demande egalement si nous pouvons nous joindre a la patrouille sur la plage a 1h du matin. Aucun probleme me dit-on. Les chances sont faibles, ce n'est pas la bonne saison pour les tortues. Juin, juillet sont les meilleurs mois en fait. En ce moment, ils ont environ une a deux pontes par semaine, mais arrivent souvent apres et trouvent les nids sans avoir vu les tortues. On verra bien.

Je fais donc les deux premieres heures avec Maura, une hollandaise qui vient aussi d'arriver. On discute un peu. Elle me raconte ses autres benevolats au Costa Rica dans les parcs nationaux de Corcovado et d'Arenal, toujours avec la meme association, l'ASVO. On fait nos rondes toutes les 20 minutes avec une lumiere rouge pour ne pas deranger les tortues tres sensibles a la lumiere. Utiliser une lumiere normale risquerait de leur faire penser que nous sommes en plein jour et qu'il ne faut pas sortir. En tout cas, pas de succes, il ne se passera rien.
On va se coucher et on reveille Franck et Amy, une americaine qui ne voulait pas rentrer a l'universite tout de suite et qui a decide de partir voyager d'abord en promettant a son pere de se mettre aux etudes a l'age de 25 ans. Pas plus de succes pour eux.

Trois heures de sommeil plus tard pour moi, une heure pour Franck et nous voila en patrouille sur la plage, eclairee par la seule lumiere de la lune, a la recherche des traces qu'auraient pu laisser une tortue dans le sable. La encore, les lumieres d'une frontale les ferait fuir et elles pondraient leurs oeufs dans l'eau, les condamnant ainsi a la mort. Quelques centaines de metres plus loin, nous voyons apparaitre une trace devant nous. On la suit et au bout, on trouve la tortue en train de recouvrir son trou de sable, une tortue olivatre (lepidochelys olivacea). Elle vient de finir sa ponte et reprend tranquillement son chemin vers l'ocean. On l'accompagne jusqu'a l'eau, juste pour le plaisir. Rene, le local qui nous accompagne, fait un trou a cote du nid pour faire croire aux amateurs d'oeufs de tortues que ceux-ci ont deja ete preleves. Et oui, c'est une triste realite au Costa Rica et au Nicaragua, mais les gens ici mangent les oeufs parce qu'ils considerent qu'ils ont des vertus aphrodisiaques. Certains n'ont meme pas la patience d'attendre la ponte et attrapent les tortues a leur sortie de l'eau et les eventrent pour en recuperer les oeufs. C'est pour ca que le travail des associations ici prend tout son sens. Plus encore parait-il sur la plage de Matapalo (
http://asvocr.org/leer.php/59) ou ils ont jusqu'a 40 nids par nuit et ceux qui ne sont pas immediatement recuperes disparaissent.

On continue notre exploration de la plage accompagnes de nos deux fideles compagnons : Violeta, la chienne du camp et son copain. Et la, le coup de bol incroyable, une tortue olivatre de nouveau est en train de sortir de l'eau. On se recule pour ne pas l'effrayer et on la laisse cheminer doucement vers le haut de la dune. Elle commence a creuser son trou avec ses nageoires arrieres. Elle est d'une habilete impressionnante. Elle creuse dans le sable, elle l'enleve, le pousse sur le cote et replonge pour continuer a oter le sable. Elle creuse jusqu'a environ 50 cm de profondeur et depose ensuite tous les oeufs. On peut alors s'approcher et l'eclairer toujours avec une lumiere rouge. En revanche, pas de flash possible, donc pas de photo de ce moment exceptionnel. Quand la ponte a commence, plus rien ne semble la deranger. Notre presence de meme que celles des chiens ne la perturbe absolument pas. On assiste donc a la ponte d'une centaine d'oeufs environ qui tombent 2 par 2. Tout est fini en 45 minutes environ. Quelle chance fabuleuse. C'est fou de voir ces tortues qui reviennent des dizaines d'annees plus tard pour pondre sur les memes plages que celles ou elles sont nees, guidees par on ne sait quoi... Quelle habilete et quelle force aussi pour deplacer sable humide et morceaux de bois comme elles le font...
Vers 3h du matin, on regagne notre lit. J'aurai bien du mal a trouver le sommeil apres un moment comme celui-ci.

Le lendemain, tout le monde nous fait remarquer la chance exceptionnelle que nous avons eu. On en est bien conscient de toute façon.

Au programme de la journee, remettre du sable dans la nurserie. Ca change pas trop au moins. L'organisation du travail n'est pas vraiment optimal. Roy, le responsable du camp, ne s'occupe de rien. Diego, son assistant, ne semble pas oser prendre beaucoup de decisions. Il faut dire que le Roy en question n'a pas l'air du genre facile. Et les benevoles, entre Sylvan qui joue les petits chefs, Amy qui ne veut pas trop se fatiguer et Myrthe trop arrogante pour arriver a s'integrer dans un travail de groupe... c'est pas gagne non plus. On essaie un petit peu de faire accelerer le mouvement avec l'aide de Maura mais ce n'est pas une grande reussite. C'est dommage. Ce qui pourrait etre fait en une journee le sera surement en une semaine. Mais sans personne pour manager, le resultat ne peut pas tellement etre different.

Les temps de repos sont occupes par de nombreuses discussions avec Thierry, un belge, bien sympathique et avec une bonne repartie, qui vient de passer 5 mois au Nicaragua, par un peu de lecture, d'ecriture ou de rafraichissement dans l'ocean... Pas trop dure la vie au camp.

Le planning de la nuit est etabli. Ronde a la nurserie pour Franck de minuit a 2h et patrouille sur la plage pour moi a 1h30.

Pour Franck, toujours rien a signaler du cote des bebes tortues.

De mon cote, en revanche, c'est different. Cette fois-ci, je suis partie en patrouille avec Diego et Rene. On trouve un nouveau nid et on decide de recuperer les oeufs. Je sonde avec un baton pour trouver l'endroit precis ou ils sont situes. Merci au GUM pour les stages avalanches. Il faudra rajouter une option nid de tortues au prochain. J'y vais avec precaution, j'ai un peu peur de les abimer. Une fois trouve, Rene creuse jusqu'aux oeufs et pendant ce temps, j'enfile un gant. Je vais les recuperer un a un. Ca me prendra un temps fou. Ils sont encore tout chauds. La coquille est molle, presque elastique. J'essaie d'etre le plus delicate possible. 86 oeufs au total dont un qui n'a pas ete fertilise, il n'a pas la meme forme, ni la meme consistance et un autre casse. Je prends le sac dans lequel je les ai deposes. Un grand moment de tension. 86 oeufs qui font leur poids dans un pauvre sac plastique que je ne peux pas porter par dessous de peur de les contaminer, et toute la plage a retraverser pour arriver au camp. Pourvu que le sac et les anses tiennent le coup.
Enfin, on arrive. Ils m'expliquent que je ne peux pas les deposer dans la nurserie. Qu'a cette epoque de l'annee, le gouvernement ne les autorise pas a prelever les oeufs sur la plage. C'est du grand n'importe quoi, le gouvernement au Costa Rica. Et c'est donc illegalement que les associations continuent leur travail de preservation durant cette periode. Afin que les oeufs soient proteges, on creuse donc un trou sur la plage juste devant l'entree du campement ou je redepose doucement tous les oeufs. Et voila, dans 45 jours environ, 85 bebes tortues olivatres devraient voir le jour.
Je retourne me coucher vers 3h et j'ai encore plus de mal que la nuit precedente a me rendormir.

5h10 du matin. Ca secoue. Je ne comprends pas tout de suite. Ca continue de me secouer. Mais toutes ces secousses ne collent pas avec mon reve alors j'ouvre les yeux. Thierry est la au bas de mon lit pour me dire de me lever. Il m'annonce qu'un bebe tortue vient de sortir et qu'ils vont la relacher. Je previens Franck qui nous rejoint.
Sylvan qui partageait la ronde avec Thierry me tend le gant pour que je puisse m'en occuper. Sans hesiter une seconde, je saute sur l'occasion. Merci Sylvan. Je la sors du nid et la depose dans un seau rempli de sable humide le temps de l'emmener sur la plage. Elle ne bouge quasiment pas, elle n'est pas tres en forme. Je vais sur le haut de la dune pour la liberer a l'endroit ou elle serait sortie si on n'avait pas touche au nid. Elle ne bouge toujours pas beaucoup et puis l'appel de l'ocean surement, elle finit par s'activer. Le bruit de la mer et sa couleur claire sont les elements qui permettent a la tortue de s'avoir quelle direction prendre. Son radar met neanmoins un peu de temps a se mettre en route et elle fait deux tours sur elle meme avant de prendre la bonne route. On est un peu soucieux de la voir ainsi. Doucement elle finit par arriver aux premieres vagues qui s'etendent sur la plage. La mer est forte et elle se fait balader la pauvre. Elle se retrouve sur le dos a plusieurs reprises. J'ai envie de l'aider, de la deposer un peu plus loin, apres les vagues, mais on ne peut pas intervenir. Proteger leurs nids, c'est deja les proteger de l'homme, des chiens et des oiseaux quand elles courent vers la mer. Maintenant, il faut leur laisser faire leur propre apprentissage meme si ca ne semble pas facile. En tout cas, elle n'abandonne pas, elle recommence encore et encore. Et a chaque fois, la mer la rejette.

Sylvan m'appelle, deux nouvelles tortues viennent de sortir. On recommence le meme processus mais c'est deux la sont bien plus vives et trouvent immediatement la direction de la mer. Elles luttent elles aussi cependant en arrivant sur les vagues.

Au bout d'1 heure 1/2, toutes trouvent le chemin de la mer et disparaissent vers le large. Un des moments les plus emouvants du voyage. Les statistiques donnent 1 tortue sur 1000 pour la survie. On augmente surement un peu les chances en protegeant les nids. J'espere qu'au moins une de ces trois la survivra.

C'est la fin de notre court, trop court benevolat. Malgre un esprit de groupe quasi inexistant, c'est un de nos meilleurs souvenirs. On s'est vraiment senti utile cette fois-ci. En tout cas, une chose est sure, je recommencerai... A Matapalo peut-etre, en juin-juillet peut-etre...

par Solene publié dans : Costa Rica
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Jeudi 27 mars 2008

Ca devait etre une journee de transport, une de ces journees ou on traverse le pays de long en large et ou l'on n'arrive a destination qu'en fin d'apres-midi. On quittait donc Cahuita tot le matin et 1h30 de bus plus tard, a Puerto Limon, on embarquait dans un bateau a $35 / personne pour rejoindre Tortuguero. Cher, tres cher ! Sauf que cette fois-ci, ca en vaut la peine. Au lieu d'une dizaine d'heures de bus, on profite de quatre heures de navigation au milieu des canaux de Tortuguero. On retrouve un peu l'ambiance de la pampa bolivienne. Selon les endroits, les canaux sont plus ou moins etroits, la vegetation est luxuriante et le capitaine fait des pauses regulierement pour nous montrer la faune du coin : singes araignees, capucins, singes hurleurs, caimans, paresseux et une variete impressionnante de herons.

En posant le pied a Tortuguero, on se demande un peu ce qui nous attend. On est en pleine semaine sainte. Les cotes caraibe et pacifique ont vraisemblablement ete prises d'assaut par les gens de la capitale, San Jose. On finit par trouver une chambre pas trop chere mais assez miteuse. Rapport qualite / prix, je ne suis pas sure qu'on ait fait pire jusqu'a present. Le probleme du logement se regle donc bien plus facilement que nous ne l'avions imagine, mais tres vite, on se retrouve face a de nouvelles difficultes. Nous avions prevu de passer deux jours a Tortuguero et de repartir le vendredi pour les parcs nationaux de la cote pacifique : Manuel Antonio et Corcovado. On nous apprend que le vendredi saint, tout le pays est paralyse et qu'aucun bus ne roule. Tous nos plans se retrouvent alors perturbes. Comme on manque de temps en Amerique Centrale, ca ne nous arrange vraiment pas. On fait tourner les deux cerveaux a plein regime, enfin ce qu'il en reste apres 4 mois 1/2 de voyage et on evoque toutes les solutions possibles : partir plus tot, plus tard, changer de destination et se rendre a San Jose pour faire les volcans Arenal et Poas, tirer un trait sur Manuel Antonio, sur Corcovado... Une bonne prise de tete en tout cas. Un vrai dilemne. Que faire ? Que choisir ? A quoi renoncer ? On imagine pas a quel point il peut y avoir aussi des decisions difficiles a prendre en voyage. Franck, lui, compare ca aux choix a faire en montagne quand la meteo, le temps ou la fatigue s'en melent... et renoncer au sommet, c'est jamais facile. On passera la nuit la-dessus sans arriver a se decider.

Deux rencontres viennent quand meme animer un peu notre soiree : un guide local qui nous explique qu'il a une association qui essaie de proteger le lamantin et les tortues mais qu'il manque de fonds et d'education dans le pays... Je le trouve sympathique au premier abord. On le croisera deux fois par la suite et les deux fois il nous repetera la meme chose presque mot pour mot. De sympathique, il passera au rang de pitoyable, puis carrement lourd. En l'evoquant avec Franck, il m'avouera finalement avoir toujours eu un coup d'avance sur moi. Plus clairvoyant, le petit Franck... La deuxieme rencontre est celle que fait Franck avec un madrilene a l'hotel, plutot remonte contre tous ces pays comme le Perou ou le Costa Rica ou tout est cher meme si ca ne se justifie pas et ou comme il le dit si bien : "les gens sont sympathiques ? De la merde, oui, ils ne le sont que si tu payes." Il nous prete sa tondeuse pour faire une nouvelle coupe a Franck.
Le diner typique du Costa-Rica, le casado (riz, haricots, salade, bananes frites et viande ou poisson) et au lit.

Le lendemain matin, reveil a 5h00 pour aller faire un tour en barque dans les canaux. C'est le deluge, il tombe des cordes d'eau. L'observation de la faune dans ces conditions, non merci, on a deja vu ce que ca donnait a la pampa. On reste couche et on decide donc a ce moment la de rester une journee de plus que prevu pour faire notre tour le jour suivant si la meteo le permet.
Second reveil difficile. Entre les plans chamboules, la chambre miteuse et le tour de barque rate, quand ca veut pas, ca veut pas...

Je vais discuter un peu avec le proprietaire de l'hotel et pour la premiere fois depuis le debut du voyage, on me demande ou j'ai appris l'espagnol en me felicitant parce que je le parle tres bien. Pas peu fiere, je retourne plein de baume au coeur bouger Franck pour faire le Cerro Tortuguero, le plus haut sommet du coin, euh... un peu moins de 200 m d'ascension. Non, non, je n'a pas oublie de zero, le chiffre est bon.
La ou les tours proposent l'ascension a $20 / personne, nous on embarque sur un bateau-taxi pour $1 pour nous mener au pied. On rencontre alors la population locale, finalement assez peu habituee a croiser des touristes qui prennent le temps de s'arreter un peu et de discuter avec eux. Un moment amusant ou deux gars, meme s'ils avaient peut-etre un peu abuse de la biere, semaine Sainte oblige, nous posent de nombreuses questions sur notre pays, notre voyage... et nous salueront finalement au cri de "Costa Rica, Pura Vida". Le slogan du pays !D'autres rencontres encore avec des personnes a qui il faudra expliquer ce qu'est l'Europe ou une monnaie forte. Le niveau d'education ne semble pas le meme partout malheureusement.
La randonnee qui suit est sympathique : foret dense avec de nombreuses especes de vegetaux qui nous rappellent l'Amazonie bolivienne, des grenouilles rouges dont le venin peut tuer un humain et une vue spectaculaire sur la mer des caraibes et sur tous les canaux alentours entrecoupes de forets. Un mini amazone comme ils disent ici.

On enchaine sur la visite instructive du musee pour la sauvegarde des tortues. Le temps de comprendre un peu mieux ces animaux qui etaient deja sur terre il y a 200 millions d'annees, avant meme les dinosaures, et de realiser l'impact des activites et de la pollution humaines sur la survie des six especes de tortues marines. 
On termine la journee par une balade sur la plage de sable noir de Tortuguero en reflechissant au choix que nous avons fait, a ce que nous voulons faire ensuite... Je decide d'abandonner l'idee d'aller au parc de Manuel Antonio ou la frequentation touristique est forte et ou du coup, l'impact sur la faune devient trop important. On ressortira de toute cette discussion ce que j'appelle le paradoxe du voyageur, c'est-a-dire, faire la meme chose que tout le monde et ne voir que des lieux pervertis par le tourisme ou faire des choses differentes, moins connues et risquer a notre tour de pervertir ces lieux. Des hesitations, des questions que l'on s'est posees deja de nombreuses fois depuis le debut du voyage...

Le jour suivant, on se leve de nouveau a 5 heures du matin pour notre tour en barque. Le ciel est degage. On a bien fait de rester couche hier ! Trois heures a la rame au milieu des canaux pour observer une faune bien au rendez-vous : les trois especes de singe, une loutre, un caiman qui fait un bout de chemin avec nous, des herons toujours, des papillons morpho bleu et un toucan qui nous survole... Alors, dans les frustrations du voyage, en ce qui me concerne, on retrouve le toucan, le morpho bleu et le colibri. On a beau les voir, arriver a les prendre en photo releve de l'exploit !
Un moment agreable meme si un peu gache au debut par tous ces touristes dont les tours-operators organisent des excursions dans des bateaux a moteur. Dans un parc national, habitat du lamantin, espece en voie d'extinction, je ne comprends meme pas qu'ils puissent l'autoriser... mais l'argent, la encore, est surement plus fort.
La suite de la journee se deroule en douceur, promenade dans le parc, farniente, dejeuner frugal et petit en-cas avec un cake que je cederai volontiers a Franck en en voyant sortir une blatte. Il l'enfourne sans probleme en me disant : "Toutes les calories sont bonnes a prendre". Et bien, oui, parce qu'avec cette journee pas prevue au depart, on se debrouille une fois encore pour etre a court d'argent.

On ne sait toujours pas comment organiser la suite mais une discussion avec un italien, artiste jongleur, qui aurait bien plu a Florence, nous donne une bonne idee. La motivation est de nouveau a son comble.

par Solene publié dans : Costa Rica
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Mardi 25 mars 2008
Un coup de tampon, on quitte le Panama. On traverse a pied un pont vieillot au milieu de camions qui attendent pour qu'on passe. Un peu le bazar cette frontiere. Un autre coup de tampon, nous voila au Costa Rica. Bien sur on regarde le passeport pour voir si le nouveau motif est joli, si le prepose n'en a pas recouvert un autre. Autant au Panama ils n'avaient pas ete en reste pour cela, s'evertuant a camoufler la page namibienne de Solene, autant ici ils ont plutot assure. Mais on entre dans le sixieme pays depuis le debut. Passer la frontiere, ca devient presque comme acheter un ticket de bus...

Le bus qu'on attrape au vol d'ailleurs 300m plus loin. Cahuita, notre premier arret au Costa Rica. Deux petites heures de trajet et on debarque dans un terminal tout neuf. Il y a meme un plan a l'entree du village. Tout est fait ici pour faciliter la vie du vacancier, pour qu'il se sente bien. Oui, car depuis qu'on parcourt la cote caraibe, l'ambiance sent quand meme davantage les vacances qu'au fin fond du plateau andin ou sous les pluies de la cordillere. Mais Cahuita n'est pas encore Saint-Tropez, ca reste encore assez tranquille.

Nous devons chercher un endroit ou dormir. A priori, ca ne devrait pas etre facile. C'est la semaine sainte, ici aussi, et les ticos (habitants du Costa Rica) ont pour habitude de bouger cette semaine la. Ils prennent d'assaut tous les logements sur les cotes caraibe et pacifique. Le premier hotel est complet. Le suivant idem mais on a la possibilite de camper. Sinon on trouve une cabina (chambre) a 21 dollars. La difference est rude avec le Panama. On decide de planter la tente, pour 3 nuits, mais avec vue sur la mer des Caraibes. C'est deja ca !
Un peu de camping ne nous fera pas de mal malgre la tente qui se transforme vite en sauna sous ces latitudes tropicales....

Le lendemain, on laisse passer la pluie matinale, qui a aussi l'air de faire partie des tropiques avant d'aller au parc national de Cahuita. Les parcs sont faits pour preserver l'environnement mais avec la frequentation que certains subissent, on aurait parfois l'impression d'un effet inverse. Au moins, les constructions sont maintenues a l'ecart.
On y voit des singes hurleurs, des paresseux, un heron bleu, des centaines de crabes, des lezards et une vipere toute jaune, la plus dangereuse des alentours, mortelle si on n'administre pas un antidote dans les 90 minutes suivant la piqure. Celle-la ne bougeait pas.
On fait aussi la rencontre de singes capucins et d'un raton laveur bien mal habitues. Pas de doute, ce n'est pas leur curiosite naturelle qui les fait s'approcher trop de nous. Ce n'est presque pas de leur faute : on va voir un americain se faire prendre deux fois en cinq minutes des biscuits dans son sac par un tout jeune singe. Sans vouloir etre mechant, on en arrive a se demander lequel est le plus intelligent des deux.

Le chemin du parc qui longe la plage avec les cocotiers, les palmiers et juste derriere la foret qui vient mourrir pres de l'ocean est bien agreable en tout cas.

Pour le lendemain, on prevoit d'aller explorer les recifs coraliens du parc de Cahuita mais une mer trop agitee, rendant les fonds troubles, nous en empeche au dernier moment. On en profite pour mettre le blog a jour - on a un peu de retard - meme si on n'a jamais vu l'internet aussi cher qu'au Costa Rica. Decidemment, des que les gringos viennent en masse, les prix montent. Pour tout. D'ailleurs les gringos ce sont les americains, pas nous. Jacques Vabre nous avait menti...

Apparte : le comite de relecture, en l'occurence Solene, me precise que si l'on ne se souvient pas de la publicite, on ne comprend rien a cette derniere phrase. Explication. Il y a quelques annees, on voyait dans une pub pour le cafe "El Gringo" de Jacques Vabre un francais explorer les meilleures plantations. Ce n'etait donc pas possible vu sa nationalite. Voila c'est fait.

Autre apparte de Solene directement cette fois-ci : Merci Franck pour cette pertinente remarque !

On decide de ne pas rester plus a Cahuita. On a presque epuise les 178 plats de la carte du restaurant chinois et la mer n'a pas l'air de se calmer. Le snorkeling semble compromis pour le lendemain egalement. On va voir plus au nord sur la cote Pacifique encore, si on a plus de chance...
par Franck publié dans : Costa Rica
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Samedi 22 mars 2008
La gentillesse et l'accueil des panameens. C'est ce qui me marque le plus en voyageant dans ce pays. Ce n'est pas encore du niveau de l'Argentine, mais on s'en rapproche. Que c'est agreable apres des pays comme le Perou...

On s'en est bien rendu compte en arrivant a Boquete a la nuit tombee. Entre les americains toujours prets a vous aider et un panameen qui a fait le tour de tous les hotels pour nous en trouver un libre et pas cher, on peut dire que l'accueil a Boquete est agreable. Moins pour Franck qui est toujours un peu rebute par l'anglais. Tout comme le proprietaire de notre hotel, bien content de pouvoir parler notre langue. Il semble lasse de l'invasion des americains dans le coin et de la suprematie de l'anglais. C'est la faute de Napoleon, nous dit-il. C'est vrai qu'ils sont nombreux ici ces Americains !

Boquete, c'est surtout un petit detour pour faire le chemin des quetzals au milieu de la foret tropicale humide. Une demi-journee de marche a la recherche desesperee d'un des ces oiseaux. Pris par le temps, on se resigne a faire demi-tour sans n'avoir rien vu. Et puis quelques minutes plus tard, juste en face de nous, un quetzal s'envole et se pose sur un arbre.  Un vol colore de vert, bleu turquoise et rouge. Superbe ! On en aperçoit un autre quelques secondes plus tard. Le temps d'une photo et ils ont disparu. Ce sera les seuls et uniques de notre randonnee, mais au moins, on ne rentre pas bredouille.
Pour rejoindre Boquete, on se fait tres rapidement prendre en stop par deux sympathiques gars qui travaillent pour la television nationale, la chaine 3, et sont dans le coin pour un reportage. J'oublierai mon bob dans leur voiture. A rajouter sur notre liste des objets perdus depuis le debut du voyage : un cahier, une paire de chaussettes pour Franck et feu mon bob donc... En 4 mois 1/2, ca aurait pu etre pire...

Nous manquons definitivement de temps pour l'Amerique Centrale alors apres une longue et mure reflexion commune, nous avons decide de concentrer notre voyage sur des environnements que nous n'avons pas encore rencontres. Boquete et la foret tropicale humide, on connait, alors hop, on part le lendemain. 

Route vers Bocas del Toro en minibus et c'est notre premier accident. Deux camions se sont rentres dedans. Le mini-bus devant s'arrete a temps. Tout comme le notre. Manque de bol, le 4*4 derriere n'a pas la meme sagesse et nous fait tous jouer aux autos tamponneuses. Au total, six vehicules sont accidentes. Pas de blesse, tout va bien.
Apres avoir recupere non sans mal nos sacs coinces dans un coffre desormais impossible a ouvrir, nous continuons la route dans le mini-bus suivant, debout cette fois-ci... Il y en a pour 4 heures et on est dans une position plutot inconfortable. Il fait chaud. Dur, dur. Un gentil panameen me cede sa place au bout d'une heure ; ouf, je souffle. Quelques temps plus tard, ravitaillement. On s'arrete sur le bord de la route et de nombreuses vendeuses se precipitent pour proposer leurs produits... Franck, toujours debout au milieu de l'allee, fait l'intermediaire. De mon cote, je gagne un sac d'oranges offert par la mamie assise a cote de moi. Decidement, les panameens sont bien sympathiques.

Arrives sur l'ile de Colon a Bocas del Toro, ca semble on ne peut plus touristique et on decide de fuir immediatement sur l'ile Bastimentos. C'est encore une fois de nuit qu'on arpente les rues, ou plutot la rue cette fois-ci, a la recherche d'un hotel. Tout est plein. Et ce sont, encore une fois, des locaux qui nous trouvent une petite chambre pas trop chere.
On descend ensuite pour diner dans un restaurant monte sur pilotis au-dessus de la mer des Caraibes. Ambiance des iles, tranquille, reggae et surf... et de nombreux touristes. On se sent en complet decalage et on a un peu de mal a apprecier. En tout cas, on voit mieux pourquoi Sylvain s'est plu ici... Enfin, je me comprends (Euh... Je crois que la je vais me defiler tout de suite. On m'a tres legerement souffle cette phrase)
On profite quand meme bien de notre diner. Une belle assiette de porc, de "patacones" c'est-a-dire de bananes vertes frites, de riz a la noix de coco avec des haricots et une salade de choux blanc et carottes, le tout legerement epice. Les iles, ça a du bon.

Le lendemain, ca ne s'annonce pas si facile. L'inconvenient de ne pas avoir de guide ; on ne sait jamais trop ce que l'on peut faire. On demande aux locaux et on opte finalement pour un peu de marche et farniente sur Wizard Beach. Hasard des rencontres, on retombe sur Luc, un suisse croise quelques jours plus tot a Panama. Luc qui a peur de l'avion et prefere traverser l'Atlantique en trois semaines sur un cargo tenu par des philippins sur le pont et des russes aux machines, plutot que de prendre un vol long courrier. En revanche, il n'hesite pas a prendre un petit coucou qui doit bien secouer pour faire Panama - Bocas, possible autrement en onze heures de bus. Enfin, comme le dit si bien Franck "tout le monde a ses contradictions".
On quitte la plage les derniers et on reprend le petit sentier survoles par des perroquets verts.

Le jour suivant, pas question de rester a ne rien faire, alors on s'organise un petit tour en bateau autour de l'ile de Bastimentos. Les dauphins viennent jouer autour du bateau, puis on fait halte a deux endroits pour faire du snorkeling. Peu de poissons, mais beaucoup de coraux. Franck, entre deux mots doux pour son masque de qualite mediocre, me dit que les fonds lui semblent plus colores que ceux de la Mer Rouge. Je ne parierais pas mon dejeuner la-dessus. D'autant plus, que de dejeuner on n'en a pas eu justement et comme on n'avait rien prevu... Au moins, on fait des economies comme ca !
On continue sur le village indigene dont l'entree est cachee derriere un etroit couloir de mangroves cotieres. On profite du paysage en attendant de voir apparaitre le village de la Quebrada de Sal. Un peu decus finalement. Je ne sais pas vraiment a quoi je m'attendais, mais pas a ca. Il y a cinq ans environ, cette communaute ne connaissait pas le tourisme. Aujourd'hui, ils en vivent et forcement, l'impact sur leur mode de vie est important.
Un dernier stop sur une belle plage de sable blanc et un peu de snorkeling sur des tombants de coraux. L'impression quand on passe au-dessus et qu'on s'enfonce dans les profondeurs le long de la paroi nous semble toujours aussi exceptionnelle.
Une journee bien remplie au final.

Etant trop tot dans la saison pour assister a la ponte des tortues, nous decidons de partir le lendemain matin.

On quitte le Panama sur deux images : celle d'un chauffeur de bus qui nous serre la main, nous aide a charger nos sacs sur le dos et nous souhaite un agreable voyage et celle de quatre gamins de 6-10 ans qui gagnent leur vie en cirant des chaussures et a qui nous offrons des assiettes de frites liquidees en un temps record. Ils nous remercient tous en partant...

par Solene publié dans : Panama
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Mardi 18 mars 2008
- Pourquoi on y va deja aux San Blas, Solene ?
- Parce que c'est paradisiaque, peu touristique et que c'est le territoire des indiens Kunas.

Objectivement, il n'y a que des bonnes raisons effectivement mais quand ca fait 5h qu'on attend, seuls sur le ponton du petit port de Miramar, une hypothetique barque d'indiens Kunas qui nous meneraient sur El Porvenir, on commence a douter.

Miramar. Apres 2h de bus pour Colon depuis Panama Ciudad, on prend un deuxieme "school bus" pour Miramar. Ils ont du lui enlever les amortisseurs. Pendant 3h, le coccyx se rappelle au bon souvenir de Solene. On passe par Portobelo, Nombre de Dios, Viento Frio. Autant de villages qui ont servi de ports de marchandises et de cibles pour les pirates des Caraibes, tels Sir Francis Drake, dans le temps. On arrive de nuit et on nous indique l'hospedaje de D'Agustin comme la moins chere. Ca tombe bien, c'est aussi le seul "restaurant" ouvert a cette heure ci. Je n'ai pas grand chose nous previent Agustin, qui pourtant parle peu. Il nous sert deux galettes et une saucisse a la friture. Pour presque rien par contre. Autant sa literie penche dangereusement, autant lui n'abuse pas sur les prix. Des moustiques nous tiennent compagnie.

On suit le conseil des villageois. On se leve tot car les barques kunas partent tot pour El Porvenir. 6h15 on parcourt le ponton. 13h15 on appareille enfin, avec la seule barque du jour... apres un petit dejeuner sur la plage, un dejeuner avec vue sur l'embarcadere, avec quelques dizaines de kilos de marchandises et quatre indiens kunas. On a bien failli partir avec la police qui venait chercher un detenu mais le bateau est arrive tard. Ils ne repartent que le lendemain. On est ici au rythme des iles. 3h de navigation dans la mer des Caraibes avec un moteur de 15ch nous attendent. On se dit qu'ils doivent avoir l'habitude...

Nous voila donc en route pour El Porvenir, la derniere ville sur le continent avant les 378 iles des San Blas selon la carte dont on dispose, un guide touristique du Panama, trouve a l'hotel.
" - Et tu as un adresse Solene a El Porvenir ?
  - Oui, j'avais note l'Hotel de l'Aeroport, a cote de la piste. Mais je ne sais pas ou est l'aeroport. "
On verra bien.

On arrive en vue d'El Porvenir. Ou est le continent ? C'est en fait une ile, et la piste de l'aeroport est en plein milieu, qui la parcourt sur sa longueur. Un macadam douteux, une manche a air, c'est l'aeroport d'El Porvenir. Quelques palmiers autour, une plage de sable blanc. Quelle surprise. On hallucine un peu, tout de suite conquis. C'est a la fois presque un gag et un endroit surprenant, paradisiaque effectivement, et perdu au milieu de rien. Waouh !
On discute un peu avec le kuna charge d'encaisser le droit d'entree sur le territoire. 35 dollars pour l'hotel, on trouve ca un peu cher. Ni une ni deux, un coup de fil et un kuna vient nous chercher pour nous emmener dans une famille. Arki, le chef de famille, n'est pas forcement le kuna le plus sympathique mais Karen, la petite, adorable, adopte Solene tout de suite et son epouse nous sourie tout le temps dans son costume traditionnel. Pour autant, ce n'est pas evident de communiquer. Elle parle beaucoup mieux le kuna que l'espagnol. C'est tres bien en tout cas d'etre la, dans cette maison typique. La fee electricite n'a pas encore remplace la lampe a petrole dans cette maison de bois et bambous, au toit de feuilles sechees, avec au sol, le sable tout simplement. Il y a un puits d'eau douce (ou viennent s'approvisionner aussi les voisins) pour remplir de grands seaux. Ce sont les reserves pour se laver les dents, se doucher (a l'aide d'un grand bol) ou faire la cuisine. Les toilettes ? C'est directement au-dessus de la mer. C'est triste a dire, et a voir, mais la mer est la poubelle des kunas. Tout y finit. D'un autre cote, leur seule solution serait de tout ramener sur le continent. Pas si evident certainement.

Le lendemain on va faire un tour dans ces iles. C'est vraiment l'image parfaite qu'on se fait des iles paradisiaques. Palmiers, eau d'un bleu transparent, sable fin. Rien ne manque. On jouerait bien les Robinson Crusoe quelques temps ici. On va sur l'ile Kuanidup qu'Antoine a qualifie de "plus belle ile du monde" dans un de ses livres sur les iles. On va aussi plonger sur l'epave de l'ile Achutupu. On se croirait dans un aquarium geant avec tous les poissons qui evoluent dans la structure rouillee. Solene sort de l'eau en disant qu'elle passe le niveau 3 de plongee des qu'elle rentre !
On rentre un peu tard car on a eu un petit probleme mecanique qui nous a oblige a attendre 3h sur l'ile Kuanidup. Sur l'ile la plus belle du monde, ce n'est vraiment pas de chance. Dur...
Arki parait contrarie. On ne sait pourquoi. Peut etre notre retard ou la reunion du village ou il se rend ce soir. Le ciel, lui par contre, est toujours aussi magnifique. Il y a peu de lumiere alentour. Un dernier regard a Orion avant d'aller se coucher. Ici, on vit au rythme du soleil.

Malgre tout, le lendemain on se leve encore plus tot que lui, a 4h45. Comme vous le savez aussi bien que nous maintenant, les barques kunas partent tot le matin. 5h30 d'El Porvenir. Oui mais voila, aujourd'hui c'est dimanche et la mer est bien agitee. Les barques kunas vont rester dormir.
Ca nous laisse le temps d'assister a l'aterrissage et decollage des trois "coucous" venus transporter quelques touristes, de petit dejeuner puis dejeuner a l'hotel de l'aeroport, de lire, d'ecrire, de se baigner un peu et de discuter avec un italien qui a traverse l'Atlantique  pour la premiere fois en catamaran. Etre ici donne envie d'acheter un voilier un jour...
Ca nous laisse aussi le temps de discuter avec les Kunas et d'en apprendre un peu plus sur leur histoire, leurs coutumes, leur vie aujourd'hui et les problemes avec le gouvernement panameen. Eux ne resistent pas a nous demander le pourquoi de Kuanidup ? Une ile c'est une ile non ? Allez leur expliquer apres...

Vers 13h, ils apercoivent un gros bateau de marchandises qui fait route sur Miramar. Ils nous avertissent. On tente notre chance, c'est bon. 3h de navigation bien agitee malgre la taille du bateau. On se croirait dans un chalutier breton, le soleil et les palmiers en plus. Pour passer le temps, les marins jettent des lignes pour pecher. Avec succes. Ce soir, ils partageront un bien beau barracuda et quelques cierras.
On arrive a Miramar. Les gens nous reconnaissent et nous demandent comment c'etait. Ils sont vraiment tres sympas ici. Un petit diner dans le restaurant tout simple d'une colombienne (c'est aussi sa maison) tres accueillante pour rester dans le ton.

Pourquoi il faut y aller aux San Blas deja ?
Parce que c'est vraiment paradisiaque, peu touristique encore et authentique. Au fin fond du Panama. Il y a bien la solution d'y aller en avion mais ca devient trop simple et on passe a cote d'autres choses. C'est la fin du week-end. Demain on retourne voyager...

par Franck publié dans : Panama
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Jeudi 13 mars 2008

Le 03.03.08, 16h30. Notre avion aterrit enfin a l'aeroport de Panama. Nos premiers pas en Amerique Centrale. De retour dans l'hemisphere nord aussi. Il fait chaud, tres chaud. Ca nous change de Quito. Fini la saison des pluies pour nous. Ici, on est dans la saison seche qui dure de decembre a mars seulement.

Il y a quelques mois encore, avant de preparer ce voyage, le Panama, on n'en savait pas grand chose en dehors du canal, mais aujourd'hui, on a bien hate de decouvrir ce pays.

Sauf que pour rejoindre la ville depuis l'aeroport, ca ne semble pas si simple. Un policier nous conseille vivement, pour ne pas dire fermement, de prendre un taxi a 30 dollars. $30 ? Non, merci. Il y a bien un bus, oui, mais pas adapte aux sacs a dos parait-il... Pour plus d'informations, il faudra aller ailleurs.

On sort de l'aeroport, on traverse un grand boulevard, un rond-point et avec l'aide des panameens, on finit par trouver un bus qui va a la capitale, Panama Ciudad. Pour $1 seulement, c'est mieux ! 

Les bus ici sont pour la plupart des bus scolaires americains, les bus jaunes, repeints de plein de couleurs et de dessins varies. Les chauffeurs, plutot jeunes dans l'ensemble, conduisent pied au plancher en ecoutant du reggaeton. Avec les fenetres ouvertes, au moins, ca nous fait un peu d'air.

Direction la ville, donc. Pas d'information dans le bus. On demande le centre-ville, la place principale, mais a priori, ici, ca ne fonctionne pas comme ca. Tout est organise en quartiers. Pas simple pour choisir un endroit ou se poser dans une ville de 700 000 habitants. Les embouteillages nous laissent le temps de discuter avec les panameens assis a cote de nous et de choisir le quartier de Calidonia pour chercher un logement. Calidonia, situe entre le quartier financier de Via Espana et ses nombreux gratte-ciel d'un modernisme agressif ou on trouve quantite de publicites pour les investisseurs potentiels et les retraites en recherche d'un lieu de residence secondaire, et le vieux quartier de San Felipe. Le tout entoure de nombreux quartiers peu frequentables.

A la descente du bus, meme s'il n'est que 18h, dans le secteur ou nous sommes, deux panameens nous conseillent de prendre un taxi. On ne discute pas et on saute dans le premier qui passe pour trouver une auberge. On ne va pas risquer de tout se faire voler pour $1.50. Bien prevenants et bien sympathiques en tout cas les gens ici.

Le soir, pour diner, pas evident. Pas beaucoup de restos et tout semble bien mort. On se rabat sur un McDo. On sent qu'on a encore fait un pas vers les Etats-Unis ici. Quasiment que des fast-foods dans la rue et l'apparition de nouvelles chaines pas rencontrees jusqu'alors comme Dunkin' Donuts ou Baskin-Robbins...

Un peu plus tard, on croise un boxeur qui se presente comme le "Tyson du Panama". Il faut reconnaitre qu'il en a un peu le physique. Il nous explique que mieux vaut ne pas trop s'aventurer dehors apres 20h et decide de nous raccompagner. Peu avant d'arriver a notre hotel, il nous reclame de l'argent pour avoir assure notre securite. Au moins, il y a des choses qui ne changent pas de l'Amerique Latine ! On refuse, on parlemente... et un garde de securite qui passait par la s'approche et nous sort de cette discussion de sourds. Tyson s'en va. Et le garde nous glisse "Mefiez-vous, au Panama, personne n'est l'ami de personne."

Le lendemain, on part pour la visite incontournable, le Canal de Panama et les ecluses de Miraflores dotees d'une plate-forme qui presentent leurs activites. 
Sur la terrasse, on peut voir passer d'enormes batiments qui naviguent dans cette voie d'eau etroite, entouree de foret. Spectacle impressionnant. D'autant plus qu'on la chance de voir passer deux "Panamax", bateaux de 32m de large construits specialement pour traverser le canal dont les ecluses ont une largeur de 33m. Faut pas se rater ! 
On y apprend aussi des informations surprenantes. Pour la traversee, un pilote forme specialement doit etre a la barre. Le canal ne pourrait pas fonctionner sans les 9 mois de saison des pluies au Panama. Environ 12 000 bateaux traversent le canal et on compte une vingtaine d'accidents chaque annee. Son chiffre d'affaires est de 3 millions de dollars par jour. Ils n'acceptent de paiement ni par CB, ni par cheque. Les bateaux ont besoin d'environ 8h pour parcourir les 80km qui separent les deux oceans, mais avec l'attente pour les ecluses, ils y passent en moyenne 24h. La traversee des ecluses de Miraflores prend entre 30 et 40 minutes environ. Les bateaux qui contournent par l'Amerique du Sud au lieu de prendre le canal depensent trois fois plus d'argent...

Le jour suivant, on visite le Casco Viejo. Ancien quartier colonial compose essentiellement aujourd'hui de vieux batiments decrepits avec de grands balcons. C'est aussi le secteur ou se trouve le palais presidentiel a 100 ou 200m d'immeubles en ruine. Etrange...

On en profite aussi pour completer notre connaissance sur le canal en visitant le musee qui lui est consacre : 
Suite au Congres International de Paris de 1879, Ferdinand de Lesseps commenca la construction d'un canal a niveau. Un francais visionnaire, Godin de Lepinay, avait annonce que seul un canal a ecluses pourrait fonctionner, mais personne n'osa contredire de Lesseps, apres son succes avec le canal de Suez. 
Les francais creuserent jusqu'en 1904 mais ce fut un echec eclabousse en plus par un scandale financier et de la corruption. Les americains prirent la suite.
La construction des ecluses commenca en 1909 et dura 4 ans. 
Au total, avec la terre et les gravats retires, on aurait pu construire 63 pyramides de Gizeh ou une muraille de Chine de 2500 miles de long contre 1500 pour la vraie.
L'ouverture officielle du canal eut lieu en 1914.
Cote record, Richard Halliburton traversa le canal a la nage du 14 au 23 aout 1928 en payant un droit de $0.36 pour son poids d'environ 75 kilos. A l'oppose, le paquebot de croisiere Rhapsody of the Seas paya le 23/05/97 un droit de $153 662.66.
Les americains ne cederent l'administration du canal aux panameens que le 31/12/99 suite aux accords conclus en 1977.

L'histoire de ce pays est indissociable de celle du canal et si aujourd'hui, le Panama est un veritable melting-pot, c'est parce que des travailleurs et des aventuriers sont venus du monde entier pour se lancer dans l'aventure du canal.

17h. Fin de la journee. Tout ferme. Il est temps de rentrer. On se depeche de parcourir la tres animee Avenida Central ou un garde de la securite nous dit a nouveau d'etre prudents dans ce secteur.
Quelques minutes plus pard, une fille ouvre le sac de Franck pour y voler mon appareil photos. Franck l'a sentie. Rate ! Ouf ! C'est bien la premiere fois que ca nous arrive...

par Solene publié dans : Panama
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Jeudi 13 mars 2008

On voulait mettre des photos a chaque pays et puis finalement on s'est laisse prendre de court.
On a quand meme immortalise le moment du depart d'Amerique du Sud a Quito. 

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Remarquez le nouveau bracelet de Solene...


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Et nous a l'escale a Bogota, prets a attaquer la derniere ligne droite.... 

par Solene et Franck publié dans : C'est nous !
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Lundi 10 mars 2008
A peine revenus des Galapagos, on cherche un medecin car mon cou ne va pas mieux, au contraire. Ca va etre l'occasion de tester notre assurance voyage et le systeme medical equatorien. On ne se refuse aucune experience. Pour l'identification du mal, sorte de gros torticolis, et le remede, une injection d'un produit relaxant, c'est assez similaire a ce qu'on peut avoir en France en pareil cas. Pour la guerison par contre, on a quelques doutes. La gene et les douleurs vont durer bien plus que les 3 jours predits par le medecin traumatologue. Bien bien plus. J'espere que ca ne sera bientot plus qu'un mauvais souvenir.

Mon etat physique va nous donner une excellente excuse pour finir en roue libre L'Equateur et l'Amerique du Sud. La meteo, execrable cette annee, ne nous donne pas plus l'envie de bouger. Seule la selva aurait pu nous motiver, mais il ne nous reste pas suffisamment de jours d'ici le vol pour le Panama.

Apres quatre mois par monts et par vaux, ne "presque rien faire" et trouver une simili routine fait du bien aussi. Petit-dejeuner devant Friends a 9h30 (meme si avec le cable americain, c'est presque une epreuve : 10 min de serie pour autant de publicite), aller acheter des croissants ou des pains au chocolat dans une boulangerie qui fait des bonnes viennoiseries, passer du temps sur internet, ecrire des articles, lire et discuter. Avec une irlandaise qui se pose elle aussi a Quito et qui n'a pas trop le moral car son amie a du repartir precipitamment au pays, son frere de 20 ans ayant surement ete enleve. Avec Francois, un breton, qui attend lui aussi son depart pour le Panama ou il devrait retrouver sa copine et faire sa vie. Avec un canadien et sa magnifique guitare Taylor. Avec un finlandais et son chapeau. Avec Antoine et Alain enfin, http://www.cyclocanciones.fr , deux tres sympathiques francais qui tentent d'allier musique et pedalage dans leur periple americain. Il finissent la partie Sud a Quito et decollent bientot pour le Panama - decidemment - d'ou ils vont remonter dare dare vers le Mexique. Ils on pris un peu de retard sur le planning...

Des soirees agreables, presque tranquilles. On va quand meme visiter le Musee de la Ville pour constater l'influence francaise en Equateur fin 19ieme-debut 20ieme et se balader dans les marches artisanaux environnants. On craque aussi au supermarche : un blanc moelleux vendanges tardives ; de quoi faire une salade aux pommes, noix et supremes d'orange ; des toasts de chevre et de jambon Serrano ; des yaourts et du chocolat pour le dessert... une note qui s'approche ni plus ni moins d'une note de "Carrefour Meylan" mais en voyage, ce n'est pas habituel. Vous l'aurez compris, on a beau aimer decouvrir la cuisine locale, le gout francais est quand meme bien ancre en nous, et a juste titre !

Apparte : pendant que je redige cet article, Solene me lit a voix haute un passage de l'Epouse  hollandaise, de Eric McCormack, tres bon livre soit dit en passant. "Je ne suis pas de ceux qui peuvent passer une vie entiere dans le meme endroit a faire les memes choses. Je veux que ma vie soit une aventure meme si ce n'est pas toujours drole". 
A mediter...


On va avoir tout le temps de choisir le restaurant ou on va feter l'anniversaire de Solene. La Boca del Lobo. La note remporte haut la main le high score mais Solene va passer la soiree a encenser tout ce qu'elle mange : une tarte au camenbert, noix et pommes, un carpaccio de boeuf et une crepe au Nutella, le tout precede d'une excellente Pina Colada... entre ca et le tres joli bracelet en argent (qui va super bien avec son bronzage precise-t-elle) que je lui ai offert, elle aura certainement un bon souvenir de son anniversaire equatorien.

Pour finir sur une note d'actualites, c'est au kebab du coin qu'on va ecouter en direct le discours du President equatorien denoncant les agissements colombiens contre les FARC sur le territoire national. On aura le lendemain, la vision colombienne lors de notre escale a Bogota : les journaux, la tele a l'aeroport ne parlent que de ca et les gens sont tous tres attentifs. Heureusement qu'on n'a pas eu assez de temps pour aller dans la selva a Campo Agrio. Ici ils parlent de risque de guerre, ca a l'air tendu. Tout va bien dans le meilleur des mondes...

Au revoir l'Amerique du Sud !
par Franck publié dans : Equateur
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