Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /Juil /2009 11:24
Combien de fois on a entendu ca avec les yeux ecarquilles qui allaient de pair alors qu'on etait au fin fond de l'Argentine ou de la Bolivie, et meme bien plus au nord d'ailleurs...

Il y a un an quasi jour pour jour on s'appretait a rentrer en Alaska sur une "bumpy road". La Freedom Mobile avait deja quelques milliers de miles de plus au compteur. J'y repensais ce matin sur mon velo en allant au boulot, alors voila...
C'est marrant comme on peut vivre pendant un an en se disant : "Il y a un an, on etait la !". Peut etre que dans deux ans je me dirai la meme chose d'ailleurs, tellement cette experience a marque.
La premiere image qui me vient en pensant Alaska c'est le coucher de soleil sur la toundra, qui avait deja un pied dans l'automne, avec ses couleurs magnifiques, assis sur notre butte en plein milieu du Denali qu'on allait quitter le lendemain. Oui ce soir la c'etait notre butte, personne d'autre a l'horizon... the wild. Juste apres viennent Valdez, Kenai, la pluie, le soleil, les "moose", les saumons, les grizzlis, Fairbanks, les aurora borealis...

Depuis la vie a repris ses droits, avec les bons moments, les moins bons, les satisfactions, les doutes. Tout ce qu'on s'etait promis de faire et qu'on n'a pas fait. C'est comme ca, le courant contraire est parfois fort.
Mais surement que les vents favorables emmagasines aident a le remonter plus facilement...

keep on looking
keep on searching
keep on moving
and you get a little further
keep on trusting
keep on hoping
keep on facing your faith just to keep on growing

just try...try..you just try

keep on wondering
you keep on asking
keep on reaching
keep on taking chances
keep on longing
you keep on dreaming
keep on doing what you do never give up believing

just try...try..you just try
you just try....try...just try

maybe your world shakes
you try to hold on
maybe your heart breaks
just keep on loving
maybe you'll find out
it's meant to be this way
maybe you'll learn this
or maybe we'll learn this

keep embracing each day keep on yearning
keep on making mistakes just to keep on learning
keep on giving, you keep on wanting
keep on fighting, just get up every morning
and try...try....just try
you just try...try....just try
you just try...you just try...just try

(Sidsel Endresen)
Par Franck - Publié dans : Après
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 22:00
Il est temps de fermer cette jolie parenthèse. Ce n'est pas facile. Je n'aurais peut-être pas dû tant attendre...

Nous n'avons finalement pas fini d'écrire tous les articles mais je tenais à celui-ci.

Tout avait commencé par une démission et un déménagement. Je ne voulais pas conclure cette aventure avant d'avoir retrouvé un emploi et un nouvel appartement. C'est chose faite. Je viens de valider ma période d'essai dans le Groupe Atlantic sur Lyon.

Depuis le retour, on m'a demandé de nombreuses fois ce que j'ai préféré. A chaque fois, j'y ai réfléchi mais je n'ai jamais trouvé de bonne réponse. Ce que j'ai préféré : le voyage, tout simplement.

Tellement de paysages différents, de bonheur, d'anecdotes et de rencontres inoubliables dans chaque pays... La découverte de la langue espagnol, le plaisir d'échanger en anglais...

Et aujourd'hui, beaucoup de photos, de souvenirs, les vêtements qui ont fait tout le voyage et qui se sont complètement détendus mais que pour autant, je n'arrive pas à jeter... Le Blue 600 et tout ce qu'on a acheté spécialement pour cette traversée... Sunburn de Muse, No alarms, No surprises de Radiohead... La plaque d'immatriculation de la Freedom Mobile...

Une partie de moi est restée de l'autre côté. J'ai aussi ramené une partie de cet autre continent ici, en France.

Un merci à tous ceux qui m'ont accompagnée pendant ces 10 mois. A ceux qui étaient là avant, pendant, après et qui sont là encore aujourd'hui.

Une page se tourne. Beaucoup d'émotions, un peu de tristesse et de nostalgie forcément, aucun regret.

Si vous hésitez à partir, j'ai envie de vous dire : N'hésitez plus, foncez. C'est une bien belle aventure !

Par Solène - Publié dans : Après
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 01:49

Je suis un petit peu "chose" au moment d'écrire ce message, parce que ca fait quelques mois que j'y pense et que je savais exactement ou ce serait. Voila j’y suis, la boucle est bouclée. Il y aurait tellement à en dire que je préfère n’en rien faire maintenant. Juste que si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seule seconde. Ce voyage nous a tant apporté… (So, je me permets de parler en ton nom aussi car je pense que tu seras d’accord avec cela également). On a même vu les aurores boréales, tout à la fin.

J’aime avant tout une course en montagne pour la beauté de la ligne. Là aussi je crois qu’on a tracé une belle ligne, comme on la voulait.

Je tiens à remercier quelques personnes.

So tout d’abord, sans qui je n’aurais sans doute pas fait ce grand saut dans cette fabuleuse aventure et qui aura été mon alter-ego durant ces 10 mois. Deux alter-ego pour partager les bons moments (et il y en a eu beaucoup), pour supporter les moins bons (et il y en a eu aussi), pour se remonter le moral, pour se soutenir dans les moments de fatigue, pour profiter surtout… Ah oui, deux alter-ego, ca s’engueule aussi parfois J.

Vous tous qui nous avez suivi sur le blog. On ne pensait pas susciter autant d’engouement. On était ravi, on aura essayé d’être à la hauteur.

Tous ceux qui auront pris le temps de m’envoyer des mails. On a beau vivre des moments exceptionnels, ça fait toujours plaisir d’avoir des nouvelles quand on est de l’autre coté. Je remercie en particulier une personne qui aura tenu la distance tout au long du périple.

Ceux qui ont assuré l’intendance ici : réception du courrier, paiement des factures, dépôt des chèques, déclaration d’impôts, …

Tous ceux qu’on a croisés et qui auront ajouté "ces petits riens" au voyage…

So enfin, à nouveau, pour ces 10 mois. Tout simplement.  

C’est pas tout ça mais je vais devoir vous laisser, du confit de canard maison et des pommes de terre à l’étouffée – comme j’aime - m’attendent. Après ces semaines de vadrouille, c’est presque le meilleur repas au monde…

Dans un moment comme celui-ci, rien de mieux que quelques mots de JLA pour conclure, depuis toutes ces années qu’il m’accompagne et encore tellement pendant ce voyage.

"Voilà c’est fini. Salut à tous. J’espère qu’on se croisera bientôt."

Par Franck - Publié dans : Après
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Jeudi 21 août 2008 4 21 /08 /Août /2008 17:28

Malgré les mésaventures récentes de deux français dans le parc du Denali qui se sont retrouvés à attendre cachés pendant 3/4 d'heure qu'un grizzli veuille bien s'écarter de leur tente, nous avons décidé nous aussi d'aller randonner seuls au milieu de la taïga et de la tundra pour un jour ou deux.

Il fait grand beau sur l'intérieur de l'Alaska.
La veille, le McKinley ou Denali (comme l'appellent les premiers autochtones), 6194 m, était visible depuis Anchorage. Quand on sait qu'il n'est possible de l'apercevoir que 20% de l'année, on se dit qu'on a vraiment de la chance.

12/08/08 - Parc National du Denali - Centre d'information de l'arrière-pays

En entrant dans le centre, nous sommes immédiatement accueillis par un ranger qui nous montre une carte découpéé en 43 zones représentant les 2 millions d'hectares accessibles aux visiteurs. Elle se retourne et nous montre un tableau répertoriant le nombre de places disponibles par zone.


                                                                                                                         
Alors, nous demande-t-elle, vous voulez réserver votre permis backcountry pour quelle zone ?

Euh... C'est tout ? Une carte pas très précise et un tableau plein de chiffres. C'est avec ça que nous devons décider où nous allons ?

On ne sait pas trop. On hésite. On erre. On tourne en rond dans le centre.

Un autre ranger vient à notre secours.
Le ranger : Alors vous avez décidé ?
Nous : Non
Le ranger : Combien de nuits vous voulez passer backcountry ?
Franck : Trois ou Quatre
Euh... J'ai dû rater un truc ? Je croyais qu'on avait dit un jour ou deux comme on est un peu fatigué en cette fin de voyage. Le ranger enchaîne. Bon, trois ou quatre alors. Bien sympathique, il nous conseille et nous bloque les zones 33 et 34 le temps que nous assistions à la vidéo de sécurité.

Un petit film obligatoire pour nous expliquer l'attitude à avoir face aux ours (ça, on commence à bien connaître), comment traverser un torrent, comment progresser sans sentiers, comment laisser le moins de traces possible... Et on est paré !

On récupère nos conteneurs à l'épreuve des ours dans lequel on glisse toute notre nourriture, le dentifrice, la crème solaire..., notre permis backcountry, une carte des zones 33 et 34, notre ticket à 29 dollars pour le Camper Bus et nous voilà partis...

On se fait déposer dans la zone 33.
Ca y est ! Nous sommes seuls pour 3 jours au milieu de l'immensité sauvage du Denali. On ne sait pas trop ce qui nous attend, mais le soleil est toujours avec nous et on vient d'apercevoir le sommet nord du McKinley et une mère grizzli suivie de son petit. De bons signes.

La progression est difficile. Entre arbustes, torrents, zones marécageuses, terrains glissants, mousses où l'on s'enfonce, boue, pas évident de trouver un passage. On essaie une colline, ça ne passe pas ; on essaie par le bord de l'eau, ça ne passe pas non plus... On cherche. On fait des tours et des détours. Parfois même, seules nos têtes dépassent des arbustes. Vitesse de progression : 1 mile (1.6 km) par heure. C'est pas rapide. On nous avait prévenus. On marche comme ça toute la journée, l'un à côté de l'autre, essayant de ne pas laisser de trace.

Au coucher du soleil, il faut trouver un emplacement pour la tente. Les données ne sont pas les mêmes au pays des ours. On ne cherche pas l'endroit le plus plat ou le mieux protégé du vent mais celui qui nous donnera la vue la plus étendue pour voir venir.
L'organisation prend du temps. Il faut manger à 100m de la tente, remettre la nourriture dans le conteneur et stocker le tout à 100m de la tente et de l'endroit où l'on a cuisiné. En s'assurant bien sûr que le vent ne ramène pas les odeurs sur la tente mais les en éloigne au contraire. Et c'est comme ça à chaque repas.
Alors quand des trombes et des trombes d'eau s'abattent sur nous le 2ème soir quelques secondes après que nous avons planté la tente, on s'enfonce dans le duvet en espérant que la météo nous laisse ressortir quelques instants pour manger un peu.

Les journées de marche se font dans l'ensemble par beau temps. Les fleurs, les plantes et la tundra revêtent déjà les couleurs d'automne. Les lièvres et les oiseaux reprennent leur couleur de camouflage blanche. Il paraît que d'ici deux semaines, ce sera déjà l'hiver sur le Denali. C'est la course contre la montre pour tous les animaux qui doivent faire leur réserve avant de s'endormir jusqu'au printemps prochain. On veille à ne pas les déranger. On fait des détours à la vue d'un caribou et on crie régulièrement "hey bear" (et l'ours) pour ne pas les surprendre.
Des morceaux de la chaîne d'Alaska apparaissent pour quelques secondes entre les nuages. Un beau sommet, bien enneigé, attire notre attention. Persuadés qu'il s'agit du McKinley, j'en fait une bonne vingtaine de photos et Franck, de longues minutes de film. On apprendra le jour suivant qu'il s'agit en fait du Mont Mather...

Randonner après la pluie en revanche, c'est une vraie galère. Entre les mousses imbibées d'eau, les feuilles recouvertes de gouttes de pluie, les petits ruisseaux dissimulés un peu partout, on est vite trempé. Ce n'est même plus la peine de retirer les chaussures pour traverser les torrents. Quand c'est foutu, c'est foutu.

Le dernier repas est marqué par un geste d'une rare bravoure que je me devais de souligner. Alors que j'étais en train de rincer une bouteille de Pepsi dans la rivière, celle-ci m'échappe des mains et est très rapidement emportée par le courant. Au Denali où l'homme est un invité qui ne doit pas laisser son empreinte, ça ne fait pas terrible, terrible...
Mais heureusement, Franck était là. Dans un geste réflexe, il court et sans se poser de question, saute les deux pieds joints dans l'eau froide et boueuse, habillé de son dernier pantalon sec, de ses chaussettes et de ses sandales...
Will Smith et Bruce Willis réunis n'auraient pas fait mieux. La bouteille de Pepsi est sauvée ! You can be hero... Just one day ! (ou seulement quelques minutes d'ailleurs, c'est deja pas si mal ;-))

On termine notre expérience le 17 août à 5h du matin. On glisse nos pieds dans les chaussures non seulement mouillées mais aussi gelées. Autant mettre ses pieds dans un bac plein de glaçons. Dur, dur. Physiquement, un jour de plus dans l'arrière-pays aurait été difficile.

Et pourtant, quitter cet endroit est difficile. Le soleil se lève à peine, le ciel est dégagé, le McKinley se découvre, la faune s'anime, on ne croise pas un bus, les premières couleurs du matin... Comme le dit notre chauffeur, encore une belle journée au Denali. Dur de partir. Est-ce l'appel de la forêt de Jack London qui nous attire ? L'Into the Wild comme Chris McCandless ? Terminer sur quelques jours backcountry au Denali, c'est fort. On se sent loin de tout. Tout petit. Libre d'aller où l'on veut... et on a pas envie de s'éloigner de tout ça.
Ca sent aussi la fin de notre voyage. Grosse émotion.

Arrivés à Fairbanks, ce sont les premières aurores boréales de l'année qui nous saluent. On savait que ces aurores marqueraient la fin ; Franck l'avait dit dès le début. Encore de l'émotion. On reprend la route vers Anchorage. C'est la première fois depuis 10 mois qu'on retourne vers le sud, en sachant que cette fois, on n'ira pas plus haut au nord.

A Anchorage, on vend la voiture pour 200 dollars avec lesquels on s'offre un bon resto et c'est déjà le moment de reprendre l'avion pour l'autre côté.

Finir tout au nord, par l'Alaska, c'était finir en beauté la ligne que nous avons tracée sur le continent américain.

Par Solène - Publié dans : Alaska
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 24 juillet 2008 4 24 /07 /Juil /2008 23:19
Note : On profite d'une meteo mediocre pour mettre un peu le blog a jour et vous raconter la fin de la Colombie Britannique.

Ca y est ! Cette fois-ci, on y est. On y avait echappe jusqu'a present mais autour de la mi-juillet, ca n'a pas rate. Les Etats-Unis, on y etait un peu tot peut-etre. Les rocheuses canadiennes sous la pluie, ca n'avait pas attire les foules non plus. Mais les alentours de Vancouver sous un beau et grand ciel bleu, on aurait du s'en douter... les vacanciers sont de retour. Pour nous, c'est la galere !

On arrive sur la cote ouest par la "Sea and Sky Highway" (route entre ciel et mer), tres belle route panoramique mais qui semble beaucoup souffrir du froid l'hiver. Du coup, ce sont les suspensions ultra-souples de la Mercury Topaz et nos fessiers qui ont deguste.
Comme si ca ne suffisait pas, Vancouver accueille les JO d'hiver de 2010 et la route de Whistler a Vancouver est en travaux pour cause d'agrandissement. Trous, ralentissements, stops, cassures dans la voie, un ours noir qui traverse (drole d'endroit), la route 99 transformee en piste de karting avec ses plots rouges et blancs disposes etrangement.

C'est apres cette longue journee de voyage qu'on se pointe a 21h30 au camping. Insouciants. Les vacanciers, plus prudents, plus organises, sont arrives avant nous et nous, nous reprenons doucement notre "Freedom Mobile" pour quelques 50 kilometres en arriere, au camping precedent.
Encore une journee ou on dine et s'installe apres 22h30...

Enfin, Vancouver, on ne lui en veut pas. La ville est sympathique, entre ocean Pacifique et montagnes. La temperature est douce et agreable. Le quartier des affaires est borde par le port de plaisance d'ou decollent et se posent de nombreux hydravions. La ville se fait aisement a pied ou a velo... et la tres belle bibliotheque offre deux heures d'internet gratuites. Que demander de plus ?

Depuis notre arrivee aux Etats-Unis, on a fait tellement de bibliotheques municipales qu'on devrait maintenant etre capable d'en etablir un tableau comparatif.
De meme que pour les Mc Donald's egalement ou l'on se rend des qu'on a envie de varier un peu notre alimentation et de changer des pates a la tomate ou du riz aux haricots. Une alimentation saine et equilibree, quoi...
(Remarque du comite de relecture : le "on" ne serait pas un peu abusif la ? Ceci dit, ca a le merite d'etre le moins cher apres la cuisine au camping. J'ai ma dose pour les 15 ans a venir je crois...)
 
Apres la visite de la ville, on se rend sur la fameuse ile de Vancouver. On embarque la Freedom Mobile sur un bateau ultra-luxueux de la BC ferry. Rien a voir avec le voilier des Galapagos, la barque des indiens Kunas ou le bateau de marchandises des San Blas... La, c'est un gros batiment flottant qui nous emmene au port de Nanaimo.

On est tout excite a l'idee du programme que l'on vient de se concocter pour la fin du Canada, mais a peine arrives sur l'ile, tout tombe a l'eau.
On avait prevu d'enchainer avec une traversee de 15 heures en ferry a travers le passage interieur de la Colombie-Britannique, jusqu'a Prince Rupert mais quand j'appelle pour reserver, on me dit que tout est complet pour les 15 prochains jours. Je hais les vacanciers prevoyants !
On reste assis sans bouger dans notre voiture pendant plusieurs minutes, sans rien dire. On accuse le coup. Un coup dur. A quoi va ressembler notre voyage si on doit desormais decider et s'y prendre a l'avance ? Notre liberte en prend un coup.
Il faut maintenant prevoir un retour a Vancouver et 1500 km de route supplementaire a parcourir en voiture. Comme s'il n'y avait pas assez de kilometres pour rejoindre l'Alaska !

Au bout de quelques instants, on se remet en chemin pour l'ouest de l'ile, la ou tout le monde va, a Tofino.

On attrape la derniere place au camping du parc national de Pacific Rim, ouf !
Ca nous permet de faire quelques economies dans un pays bien plus cher encore que les Etats-Unis, de profiter du programme du soir sur les loutres de mer presente par une biologiste locale et de faire une tres agreable promenade sur la plage decouvrant ainsi la vie intertidale. En gros, les coquillages, les anemones et les etoiles de mer exposes a l'air durant la maree basse, tres basse. C'est qu'on en apprend des choses ici entre les programmes des interpretes et les centres d'informations ! Surtout que vue la meteo de ce cote de l'ile, on est mieux en interieur. Dire qu'il fait grand beau a 50 kilometres de la...

Quant a Tofino dont tout le monde vante les merites ; nous, on a trouve ca "bien mais sans plus". Trop organise, impossible de louer un kayak sans guide ; un joli paysage mais pas si different d'ailleurs... Est-ce qu'on devient trop exigeants a force de voyager ou est-ce la deception du ferry qui nous a fait passer a cote de la magie de l'endroit ? On ne sait pas... C'est sur que pour les habitants de Vancouver, avoir de tels endroits accessibles pour le week-end, c'est une chance mais est-ce que ca vaut vraiment tout le bruit que les gens en font ?

En tout cas, en retrouvant le soleil de l'autre cote de l'ile, on retrouve aussi le moral et de nouvelles idees.

On ne peut pas faire le passage interieur en Colombie-Britannique et bien tant pis, on le fera en Alaska, de Prince Rupert a Juneau. Au milieu des glaciers, on se dit finalement que ca doit etre encore plus beau.

De retour a Vancouver, on fait un saut a la bibliotheque. Quelques heures plus tard, 733 dollars en moins sur le compte en banque, et une amende de 30 dollars pour stationnement impaye en plus, nous voila avec notre reservation pour l'Alaskan Inside Passage !

Les 1500 kilometres de route sont finalement vites avales.

Quelques ours noirs qui s'acharnent a traverser devant nous (bon, pour notre plus grand plaisir en fait).

Quelques echanges
bien interessants avec des canadiens qui pensent toujours qu'ils sont bien plus accueillants que les americains (ce qui, d'apres notre experience, nous semble faux).

On decouvre ainsi ce qu'ils appellent "the French immersion". Apparemment, il est tres a la mode dans le pays d'inscrire les jeunes enfants dans des ecoles francophones ou des centres educatifs pour apprendre le francais via de la mise en situation. Ils sont par exemple envoyes quelques jours en vacances dans une ferme dont les proprietaires ne parlent que le francais. Le succes est tel dans les provinces maritimes, de l'Ontario et de la Colombie Britannique que les parents font parait-il la queue et dorment meme dans la rue pour avoir une chance d'y inscrire leur progeniture.
Nos interlocuteurs semblaient neanmoins sceptiques pensant qu'il est quasi-impossible pour un francais de comprendre un quebecois. Quand meme, ils abusent un peu. C'etait bien des canadiens anglophones, pas de doute !

On evoque aussi avec eux les relations difficiles avec les natifs-americains qui reclament qu'on leur donne tout le territoire de la Colombie Britannique.

Une sympathique soiree en tout cas.

Nous voila donc a Prince Rupert. Prets a partir, installes pour la nuit au camping a cote du port, sous la pluie et avec un fort vent que la tente n'avait encore jamais eu a affronter jusque la, meme pas en Patagonie.

Par Solene - Publié dans : Canada
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 21:53

Un petit mot depuis la bibliotheque de Juneau, capitale de l'etat d'Alaska, accessible uniquement par air ou par mer. Nous, on a choisi le ferry et pour notre premiere journee de traversee sous le soleil, on n'a pas ete decu.

Mais la meteo n'est pas fabuleuse depuis. Quand j'ai demande a l'office de tourisme les previsions des jours a venir, elle n'a meme pas cherche a me les donner ; sa reponse : "L'ete n'est pas arrive jusqu'ici cette annee". Ca promet pour plus haut !

On reprend le ferry pour Haines cet apres-midi avant de rentrer au Yukon (Canada).

Plein de choses encore a decouvrir et vous faire partager mais les acces dans le Grand Nord deviennent de plus en plus difficiles a trouver.

A bientot on l'espere.

Par Franck et Solene - Publié dans : Alaska
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 18 juillet 2008 5 18 /07 /Juil /2008 19:32
Les Rocheuses, c'est un nom qui etait rempli de mysteres pour moi. Un peu parce que c'etait des contrees lointaines, un peu parce que je ne m'y etais pas interesse plus que ca non plus. Petit, juste ce mot me faisait imaginer des montagnes hostiles et escarpees. Je vais retablir la verite de suite.
Le plus haut sommet des Rocheuses Canadiennes, le Mont Robson ne depasse pas les 4000m. Certains sommets formes de roche sedimentaire autour de Banff, ont des airs de barriere Est du Vercors. Ca casse un peu le mythe. Ceci dit,  il y a aussi de tres belles faces comme celle du Mont Temple, mon prefere, qui domine majestueusement Lake Louise de ses 3544m. Et les calottes glaciaires ont des epaisseurs impressionnantes vues les altitudes qui flirtent avec les 3200-3500m le plus souvent, pour les hauts sommets.
Manquent deux elements indissociables au paysage des Rocheuses Canadiennes, les lacs et les forets. Et la, on est servi ! Un tapis vert de pins, d'epinettes et de sapins recouvre les fonds de vallee et monte parfois haut sur les versants des montagnes. De cette maree vegetale, emergent des lacs aux couleurs presque irreelles : emeraude, "blue lagoon", opale laiteux. Ce sont les poussieres de roches, transportees par les ruisseaux de fonte, qui restent en suspens dans l'eau et jouent les magiciennes avec les rayons du soleil. Les lacs Peyto, Moraine, Louise et Emerald notamment valent vraiment le coup d'oeil.

Je vais arreter la la description ideale de papier glace. Oui, parce que le soleil manque parfois a l'appel. Sur la petite douzaine de jours passee dans les parcs de Banff, Jasper, Yoho, Revelstoke et Glacier, il nous a semble plus facile de voir des ours sur le bord de la route (5 ours noirs, 2 grizzlis) que d'avoir des jours de beau temps. Du coup, on a du jongler avec les previsions meteo, parfois bien approximatives, donnees par les parcs nationaux au Canada.
Ainsi, on a fait la promenade des Glaciers, qualifiee comme une des plus belles routes du monde, entre Banff et Jasper sous un ciel bien nuageux, parfois pluvieux. On a tout de meme pu profiter d'une eclaircie en arrivant au champ de glace de Columbia, d'une superficie de 325 km2. Ceci dit, sans chausser les crampons, on n'en apercoit que des langues glaciaires qui ont bien recule depuis leur maximum en 1844. Les personnes qui montent dans des bus 6 roues motrices pour aller admirer le glacier de plus pres, n'en voient pas davantage. La vue des sommets alentours ne gache rien au paysage en tout cas.

Notre opiniatrete a quand meme ete recompensee. On a pu faire par une meteo clemente la promenade de la vallee des Dix Pics au dessus du lac Moraine. Tres beau. On a aussi quitte le parc de Banff avec un temps magnifique et les faces platrees de neige fraiche tombee la veille en montant au Mont Fairview, 2744m, et sa vue superbe sur les Monts Temple et Lefroy. Une tres belle image de fin.
Ca nous aura valu la veille, une journee par 2 degres et pluie - neige fondue en soiree - a essayer de tuer le temps
au camping dans l'abri cuisine, ouvert aux quatre vents. C'est l'occasion de passer au centre des visiteurs de Lake Louise pour en apprendre un peu plus sur la formation des Rocheuses et se rechauffer un peu. Qu'il est bon de se glisser dans le Blue 600 le soir ! J'en connais qui ajoute quand meme une petite couche polaire par precaution...

Par Franck - Publié dans : Canada
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 20:21
Grand Teton / Yellowstone, ca faisait un moment que je les attendais. Des annees en fait. Des images de reportages tele sont restees dans ma memoire : des bisons dans la brume, des loups parcourant de grandes plaines enneigees, des oursons decouvrant le printemps...

On fait notre entree par le sud, par le parc de Grand Teton, nomme ainsi par des trappeurs venus du Canada francais.

L'image d'etendues sauvages en prend tout de suite un coup. Un petit aeroport ou aterrissent des moyens courriers se trouve au milieu. Mieux encore, une route departementale traverse tout le parc avec une limitation de vitesse a 55 mph (soit environ 90 kmh).
On hallucine un peu. C'est bizarre, je n'avais pas vu ca dans les reportages.
55 mph, c'est une aberration. C'est un peu mieux au Yellowstone, environ 70 kmh.
Une centaine de gros mammiferes meurent ecrases chaque annee ici. Forcement, comme les americains "super-sizent" tout, leurs vehicules n'echappent pas a la regle. 4*4, camping-car ou bus tout equipes pour le camping ne laissent que peu de chance a l'inconscient qui traverse sans regarder.
D'un autre cote, les mammiferes en question : ours, elans, bisons, daims ou wapitis entrainent aussi quelques dommages aux vehicules qui les percutent.
Penser qu'il est possible d'eviter un elan qui sort de nulle part quand on est a 90 kmh au volant d'un camping-car, je ne comprends pas. Le jour de notre arrivee, il y en a un qui a bien du essayer mais en vain. Un terrible accident qui a entraine la deviation de la route pendant plusieurs heures.

Nous, on joue la securite a environ 60 kmh et on fait des bouchons sur la route. On s'en moque, il y a marque "Arizona" sur notre plaque d'immatriculation ; ils ne savent pas qu'on est francais. J'imagine qu'ils doivent pester derriere. Moi, en France, je peste si quelqu'un roule a 90 sur une departementale, et pas qu'un peu. Mais la, c'est different, c'est pour la bonne cause, le bien-etre de la faune et celui de la Freedon Mobile. 

On a donc bien pris notre temps pour observer les animaux. Pas evident de s'y retrouver au debut. Daim, renne, caribou, cerf... En plus, la, les noms sont tous en anglais. C'est quoi exactement, un "elk" ou un "moose" ?
On a la chance de rencontrer un ranger qui parle francais et nous eclaire un peu. L'elk, c'est un wapiti en fait et le moose, un elan.
Je demande pour le caribou puisque plusieurs personnes nous en ont parle. Et bien, il n'y en a pas ici. Il faut aller bien plus au nord, au Canada ou en Alaska. Super, merci, on a l'air malins du coup avec nos questions.

Les routes panoramiques pour profiter du parc, ca fonctionne. Quand on voit une vingtaine de vehicules agglutines sur le bord de la route, c'est qu'il y a un ours noir, un grizzli, un loup noir ou parfois tout simplement des coyotes que certains confondent avec des loups gris.
On s'arrete aussi mais pas n'importe ou, sur les aires de parking uniquement. L'occasion de marcher un peu sur le bord de route et de mesurer l'impact des nombreuses voitures qui circulent. On comprend vite que les animaux se tiennent a plusieurs dizaines de metres du bord.
Le cote sympathique est qu'on trouve a chaque fois des passionnes avec des jumelles de professionnels qui nous proposent de jeter un coup d'oeil de plus pres et nous donnent les dernieres infos de la faune comme le deces du dernier loup blanc cet hiver.

Les points de vue sur le massif de Grand Teton qui se dresse au milieu de plaines et culmine a plus de 4000 metres valent aussi le detour. Franck y voit meme la Meije et le Rateau, c'est pour dire la beaute du site.

Mais bon, rien ne vaut la randonnee. Un peu plus "montagne" peut-etre a Grand Teton qu'a Yellowstone. De jolies vues sur les sommets alentours, sur le lac du Yellowstone, etre survoles par l'aigle symbole des Etats-Unis ou observer la faune de pres a l'ecart des voitures. On a la chance de se retrouver a proximite de plusieurs elans. On surprend meme une femelle malgre nous qui apres quelques secondes de doute decide de faire demi-tour. Euh... bonne idee.

On essaie autant que possible de respecter les distances de securite de 30 metres pour la plupart des animaux, a l'exception de l'ours ou on doit rester a 91 metres.
Le probleme, c'est qu'eux n'ont vraisemblablement pas eu les memes consignes.

On etait tranquillement en train de prendre notre petit-dejeuner au bord de la riviere. Je leve la tete et voit apparaitre 10 metres derriere Franck de grosses pattes poilues. Je lui dis : "On se casse." Le temps d'attrapper le maximum de nourriture etalee sur la table, de se refugier derriere la voiture et on regarde passer trois enormes bisons a un metre de notre aire de pique-nique. C'est que les bisons, avec leurs airs d'animaux prehistoriques, sont bien plus impressionnants qu'une vache. Et comme ils sont imprevisibles et chargent sans raison, mieux valait ne pas trainer. En revanche, enlever toute la nourriture, c'etait stupide ; ceux sont des herbivores pas comme les ours, mais bon dans la precipitation...

Nos journees sont bien remplies. Comme le dit Franck un peu exagerement : "On ne mange pas, on ne dort pas, mais on a de belles journees." (Que Jacqueline et mamie Jeannette se rassurent, il mange quand meme le petit).
On essaie en fait de se caler sur les horaires de la faune pour en voir le maximum. Lever vers 5h30-6h et on est rarement de retour au camp avant 21h. Et le soir en plus, quand on peut, on participe aux activites organisees par les rangers.

On en apprend tous les jours un peu plus :

Les loups empoisonnes par les rangers dans les annees 20 parce qu'ils pensaient que le public ne voudrait pas voir des predateurs en action. Loups finalement importes du Canada et re-introduits en 95/96. Ils sont au nombre de 200 environ aujourd'hui. Les coyotes par contre sont tres nombreux dans le parc, parce que plus intelligents, ils ont vite compris qu'il ne fallait pas toucher a la nourriture qu'on leur disposait.

Le feu considere ici comme faisant partie de l'ecosysteme et qu'ils laissent bruler sans intervenir. Certaines pignes de pins par exemple ne s'ouvrent et ne liberent leurs graines que par des chaleurs extremes comme celles d'un feu de foret. Une gestion qui les a aussi conduits au terrible incendie de 1988 qui ravagea plus d'un tiers du parc mais dont il semble s'etre bien remis aujourd'hui.

Le Yellowstone qui possede les deux tiers des geysers au monde, dont le plus grand previsible que nous avons vu entrer en eruption de nuit. Moins pratique pour ce rendre compte de la hauteur atteinte par l'eau mais impressionnant par l'epaisse masse qui est apparut dans la nuit et le bruit produit.
Le Yellowstone qui est aussi le premier parc national cree au monde. Inutile de dire que l'on sent poindre une legere fierte dans la bouche du ranger quand il nous l'annonce.

Et une soiree consacree aux ours egalement puisque nous avons desormais fait nos premiers pas en pays des ours. On respecte scrupuleusement toutes les consignes et on verifie tous les soirs ce que l'on met dans la tente. Pas de nourriture, pas de dentifrice, pas de baume a levres... L'ours est parait-il attire par tout ce qui est nourriture et odeurs. Alors on est prudent. C'est que la tente, ca fait pas un gros rempart. En respectant les consignes, y'a pas de raison qu'il vienne y renifler l'odeur de nos chaussettes... De toute facon, ca le ferait surement fuir immediatement.
On a aussi herite d'un spray au poivre anti-ours. Un allemand qui rentrait chez lui nous en a fait cadeau. Un beau cadeau quand on sait que le spray coute une petite fortune, 55 dollars. Meme si je doute qu'on l'utilise un jour. Il y a bien peu de chance qu'un ours attaque si on est prudent et quand bien meme, c'est le genre de gadget ou dans l'urgence, on oublie de verifier le sens du vent et ou l'on se retrouve le nez et les yeux qui piquent alors qu'on voulait gazer l'ours qui nous fonce dessus.

Une fabuleuse semaine passee dans ces parcs de Grand Teton / Yellowstone qu'il est difficile de quitter. Ca ne se fera d'ailleurs pas sans l'achat pour Franck de son troisieme camalot aux Etats-Unis, tout beau, tout bleu. Je me demande si la raison de cette derniere folie n'est pas juste pour la belle couleur bleue de la piece. Ils ne sont pas mauvais niveau marketing chez Black Diamond non plus. En meme temps, il faut reconnaitre que les prix en US dollars identiques a ceux en euros sont plutot tentants quand on connait le change (1 euro = 1.57 dollars).
Et c'est sans parler des Levi's 501, 75 euros en France, 43 dollars aux Etats-Unis.
Pas si cher finalement les Etats-Unis...

J'ai failli oublier la suite de notre grand feuilleton de l'ete, les aventures de la Freedom Mobile. Au dernier episode, elle a evidemment encore fait des siennes. C'est donc sur des a-coups et un ralenti inquietant que nous quittons le Yellowstone. On a vraiment eu peur qu'elle nous lache du jour au lendemain, mais un passage chez le garagiste a Helena nous a "rassures". Un cylindre est vraisemblablement endommage et un petit changement de bougie nous l'a remise en pleine forme pour le moment. Il faudra surement renouveler l'operation, mais elle devrait nous mener au bout. Petite decouverte apres avoir nettoye l'ancienne bougie du tas d'huile qui l'encombrait, elle est toute neuve. Tiens, tiens...

Par Solene - Publié dans : Etats-Unis
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 00:43

Ca y est, on a une nouvelle mission pour le voyage : emmener la Mercury Topaz a Anchorage. En Ameriques du Sud et Centrale, notre mission etait de conserver avec nous appareils photos, camescope et lecteur MP3. On l'a bien remplie. Pour celle-ci, on va voir.

Oui, car la "Freedom Mobile" est un peu capricieuse et a tendance a s'arreter quand il fait trop chaud. Avec les temperatures de 40-42 degres qu'on a eues, ca n'a pas aide. Des que le thermometre s'affole, elle fait une consommation d'huile vraiment extraordinaire et on pense que la moindre baisse de niveau conduit a une surchauffe du moteur (que la jauge de temperature n'indique jamais), une dilation des pieces et un arret du moteur a cause de frottements trop importants.
Avant de comprendre tout cela, on a eu droit a un remorquage en arrivant a Grand Canyon, plante au milieu de rien, et a deux arrets forces sur la route de Monument Valley et celle du parc national de Zion. Maintenant, on essaie d'etre prevoyant en roulant tot le matin ou tard le soir et en s'arretant regulierement pour reposer le moteur. Bien sur, on ne se deplace pas sans notre bidon de cinq litres d'huile... Ca met un peu de piment, sinon ce serait trop simple les Etats-Unis... Et puis, ca permet a Solene d'ameliorer ses capacites respiratoires vu qu'elle fait tous les trajets en apnee en guettant le moindre signe de faiblesse de la voiture. Du coup pour cruiser, on cruise... On ne risque pas les exces de vitesse.
Ca ne nous empeche pas de profiter des grands espaces traverses par des routes souvent rectilignes. On voulait du changement, on en a.

Meme si l'arrivee a Grand Canyon a ete un peu mouvementee, on s'est laisse gagner les deux jours suivants par la beaute du site. "Grand" prend ici tout son sens et les couleurs des levers et couchers de soleil sont vraiment agreables. On oublie que l'on a devant nous des millions d'annees de geologie pour juste contempler. C'est tres beau, mais se lever a 4h30 du matin, ca fatigue un peu a force.

On file ensuite sur Monument Valley pour un coucher de soleil "western". Un decor de film certes (rendu celebre par le realisateur John Ford), mais dont l'ambiance ne laisse pas indifferent, surtout lorsqu'on s'y balade a pied. Il faut l'avouer, on a un peu de mal a s'habituer aux "scenic roads" (routes panoramiques) a l'americaine : je descends de ma voiture, je fais une photo, je remonte, je m'arrete a nouveau, je prends une photo depuis l'interieur (car ici, c'est moins joli quand meme), etc...

Dans ces terres de l'ouest, le calumet de la paix est bel et bien enterre et les indiens navajos exploitent bien les richesses de leur territoire. Ils ont meme compris le tourisme a la perfection a Antelope Canyon ou, pour 31 dollars, vous pouvez vous agglutiner pendant une heure avec deux cents autres personnes dans ce petit canyon etroit. Malgre tout, les formes arrondies et les couleurs du sandstone (roche de sable) sont magiques. Les effets de lumiere que produit le soleil en penetrant au-dessus, presque mystiques.

On poursuit notre exploration du Plateau du Colorado par le parc national de Zion et ses falaises de sandstone verdonesques qui ne laisse pas de marbre le grimpeur qui sommeille en vous (ou plutot, petite correction du comite de lecture, le grimpeur qu'est Franck). Sauf qu'ici, les hautes falaises sont dans des teintes rouges pour la plupart. Une touche de couleur qui ne gache rien lorsque les rayons du soleil jouent avec ces parois. 

Nous finissons notre tournee de l'ouest americain par Bryce Canyon bien aide par la Freedom Mobile qui nous hisse aux 2700 metres d'altitude du parc. C'etait le prefere de Solene avant de venir, c'est toujours son prefere en repartant. Elle y a largement depasse son quota photos.
C'est vrai qu'il est tres beau avec ses formes si particulieres telles qu'aiguilles, arches et fenetres et sa multitude de couleurs, du blanc au rouge en passant par le jaune et le violet. Les cycles de gel et degel font ici un travail d'erosion minutieux : de l'orfevrerie. Des sentiers tortueux permettent de penetrer au coeur de ce magnifique univers. Une tres belle derniere image du sud-ouest americain.

A noter que tous les parcs nationaux que l'on a visites disposent d'un service de navette gratuit pour parcourir les differents points de vue. Ca nous arrange, on pose la voiture au camping et on ne la touche plus. Oui, car il y a des routes dans les parcs nationaux, on est quand meme aux Etats-Unis.
Les rangers organisent aussi des activites educatives et ludiques plusieurs fois par jour. Certes l'entree est payante, mais les services offerts sont de qualite.

Vu que l'on passe un peu de temps au camping, on a decide d'abandonner le mode bivouac. Les pates dans le mug avant d'y verser le the, ca va bien pour la Cordillere Blanche...
Du coup, Solene mange dans l'assiette plastique d'une asian salade Mc Do et moi dans le couvercle. On a fait de la recuperation avant de quitter Tucson. On a aussi achete une lampe a gaz chez Wal-Mart (un supermarche tres populaire aux Etats-Unis), c'est plus agreable pour diner a la nuit tombee. On a failli en heriter d'une apres avoir raconte notre periple a un californien qui nous a dit vouloir investir dans notre voyage et nous offrir sa lampe. Il avait du nous voir manger comme des malheureux avec nos frontales aux piles fatiguees le premier soir a Grand Canyon. Manque de chance, quand il est alle la chercher, elle a refuse de fonctionner. C'est l'intention qui compte !

PS : On vient d'arriver a Salt Lake City apres 280 miles et un depart tres matinal (4h30) avec un arret pour controler la voiture tous les 80 miles et ajouter de l'huile. Aucun souci.
Avec les 10 litres d'huile achetes aujourd'hui au Wal-Mart (en tout 23 litres en une semaine), on devrait etre pare pour poursuivre notre voyage. Jusqu'ici tout va bien...

PS-2 : Pour les photos il va peut etre falloir attendre un peu, on vous ecrit d'une borne de l'office de tourisme de Salt Lake City... l'acces internet c'est toujours la joie ici !

Par Franck - Publié dans : Etats-Unis
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /Juin /2008 21:59

Ca y est, on a achete notre liberte. Ca n'a pas de prix me direz vous sans doute, et vous aurez raison, mais pour 1500 dollars (soit 1000 euros tout compris, au lieu de 2500 euros la location environ sur 70 jours), une voiture pour l'Amerique du Nord, ca facilite bien la vie.
Tout ce qu'on avait pu lire sur des forums internet nous aurait plutot incite a renoncer avant d'essayer - ce qu'ont du se contenter de faire tous ceux qui donnent ces si precieux conseils - mais on ne s'est pas resigne si facilement. Le resultat est qu'on peut acheter, enregistrer, immatriculer et assurer une voiture aux Etats-Unis avec la seule adresse du motel ou l'on reside. Pas si dur finalement, meme si avec le week-end au milieu les reponses ont tarde a venir.

Le plus delicat aura ete d'acheter la voiture. Ici a Tucson, notre seul moyen d'avoir acces a internet, c'est la bibliotheque municipale. C'est gratuit certes, mais il faut attendre des creneaux disponibles sur les machines. Sinon il y a du WIFI partout et gratuit egalement mais vu qu'on n'a pas de PC portable...
Du coup, ce n'est pas le plus pratique pour consulter les petites annonces sur www.craigslist.org. Quand en plus on se rend compte qu'il faut 1h30 en bus pour aller voir une voiture, autant pour revenir, on se dit que ce n'est pas gagne. Le reseau de bus, quand bus il y a, n'est pas le moyen de transport privilegie ici, ca se sent de suite. De plus, les annonces interessantes ont l'air de partir rapidement. Alors, comme dit "le patineur" : je ne choisis pas moi, je prends ce qui depasse. (Encore une reference de film a trouver Flo si tu veux, mais ce n'est pas plus facile...).

On jette donc notre devolu sur une americaine, Mercury Topaz, boite automatique bien sur, interieur rouge qui dechire comme dit Solene. Pas de quoi faire les fous du volant, mais nous on s'en fiche, on veut juste "cruiser" jusqu'en Alaska, le soleil rouge orange dans le coin en bas a gauche du pare-brise, la musique country  (pour quelques semaines) dans les oreilles...

Entre toutes nos demarches, on a carbure pour mettre le blog a jour depuis la bibliotheque, mais vu qu'on a prevu de pas mal camper dans les parcs nationaux accessibles seulement en voiture (Grand Canyon, Monument Valley, Zion, Bryce Canyon, Grand Teton et Yellowstone entre autres...) et que les cybercafes ne sont pas legions, on ne sait pas trop quand on pourra donner d'autres nouvelles. Mais ne vous inquietez pas, on pense a vous et on fait le plein d'images et de soleil avec des temperatures qui frolent les 42 degres pour l'instant...

Et puis ca devrait bien se passer, les americains sont d'une gentillesse extreme jusqu'a present, toujours prets a nous aider, parfois un peu naifs mais bon... On associe trop souvent, et moi le premier, les americains aux agissements hegemoniques de leur gouvernement mais ils sont bien differents. Quand on voit comme ils sont a disposition ici a Tucson, une ville de plus d'1 million d'habitants, je pense que beaucoup de nos compatriotes pourraient en prendre de la graine de ce point de vue... Remerciement tout special a Malyssa, qui nous a assure la voiture et a ete parfaite pour tout !
La voiture roule bien pour l'instant, esperons qu'elle tienne jusqu'a Anchorage maintenant...

Ah oui, ABR 8716, c'est le numero de notre plaque. Etat d'Arizona.


Mise en place de la nouvelle plaque.
Par Franck - Publié dans : Etats-Unis
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés